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Bigwhy? Finest?

Fanzine Enthousiaste & Curieux

Articles avec #usa catégorie

Weird Vintage Cars: Tucker Torpedo

Publié le 19 Juillet 2016 par bigwhy dans weird cars, 50's, USA, film, film complet, VO, biographie

Weird Vintage Cars: Tucker Torpedo

Réalisé 40 ans après le lancement raté de la Tucker Torpedo, Le film "Tucker, un homme & son rève" m'a fait découvrir une histoire fascinante sur l’industrie automobile, mais aussi sur un personnage visionnaire & incompris, profondément en avance sur son temps. La Torpedo n'est que l'exemple plus connu de sa production ( je vous montrerais prochainement les autres!)

Preston Tucker – Homme de mécanique
Bien sûr, au-delà de la voiture, existait d’abord un homme plein d’idées, entrainé par sa passion. Ainsi, même si Preston Thomas Tucker a donné beaucoup de son temps aux forces de l’ordre (à titre de policier), c’est sa passion pour la mécanique qui l’a emportée. Passionné de voitures depuis son tout jeune âge, il acquiert de vieilles voitures dès l’âge de 16 ans, qu’il retape pour son bon plaisir. Peu de temps d’après, il est déjà à l’emploi de la Cadillac Motor Company de Detroit, où il travaille à titre d’homme d’usine. Au fil des ans, il travaillera sur l’une des chaines de montage de la Ford Motor Company, pour ensuite vendre des Studebaker, des Dodge, des Pierce Arrow, et même des Stutz.

Tucker s’impliquera également très fortement dans les fameux 500 miles d’Indianapolis, où il travaillera avec son bon ami Henry Miller, au perfectionnement de plusieurs éléments mécaniques des voitures de course. C’est aussi à Indianapolis qu’il fera la rencontre des frères Chevrolet, qui contribueront plus tard au développement de la Tucker Torpedo 1948.

Après la guerre…la sécurité
C’est suite au développement du Tucker Combat Car et d’une tourelle de combat militaire que Preston Tucker se lance dans l’élaboration d’une voiture dite futuriste. Il faut dire qu’au milieu des années 40, le développement automobile est à l’arrêt quasi complet, puisque le pays monopolise alors ses énergies dans la fabrication d’armement militaire. Il s’agissait donc d’une occasion en or pour un individu aussi opportuniste, sachant qu’il pourra prendre une longueur d’avance sur les grands manufacturiers automobiles.

Preston Tucker souhaite donc offrir une voiture performante, efficacement sur le plan énergétique, mais également plus sécuritaire que toute autre automobile vendue en Amérique du Nord.

Équipée d’un moteur à six cylindres de type Boxer originalement développé pour de l’équipement aérien, la voiture se dote aussi d’un phare central directionnel, d’un pare-brise éjectable, de freins à disques, d’un tableau de bord rembourré et de ceintures de sécurité. Sur le plan de l’ingénierie, on se démarque aussi par une suspension indépendante aux quatre roues et par une ligne à ce point aérodynamique qu’elle pourrait même se comparer avantageusement à celle de plusieurs voitures contemporaines. Cette dernière contribue d’ailleurs à ses aptitudes routières, puisqu’en plus d’être rapide, la voiture propose une meilleure maniabilité que la plupart de ses rivales.

Conspiration contre la révolution
Bien sûr, l’annonce de l’arrivée sur le marché d’une automobile aussi élégante que révolutionnaire ne fait pas le bonheur des grands constructeurs américains. Et puisque ceux-ci bénéficient de l’aide des gouvernements de plusieurs façons, ils possèdent tout le pouvoir nécessaire pour mettre des bâtons dans les roues d’un individu dont les moyens financiers sont loin d’être aussi élevés que ses ambitions.

On fera donc tout à Detroit pour que la Tucker, qui doit être construite dans ce qui constitue la plus grande usine de Chicago, ne puisse voir le jour. L’accès à l’acier deviendra ainsi une embûche sérieuse, tout comme le manque de soutien de certains membres de la direction de la Tucker Corporation, qui iront même jusqu’à porter des accusations de nature criminelle contre Preston Tucker. On mettra notamment sur table une utilisation frauduleuse de fonds des investisseurs et des futurs concessionnaires.

Ainsi, on parviendra à stopper la production des voitures après que seulement 37 d’entre elles n’aient été construites. Or, le contrat de la Tucker Corporation stipule qu’il faut assembler un minimum de 50 véhicules un an après la date de possession de l’usine, pour atteindre le statut de constructeur automobile. Tenace, Preston Tucker réussira à convaincre quelque 300 employés (la plupart sans salaire) d’assembler à la main les 13 voitures manquantes. L’exercice sera réussi, mais on aura tout de même raison de l’entreprise qui sera détruite en raison de mauvaise publicité entourant le procès de M. Tucker.

Fait intéressant, après l’acquittement de Preston Tucker aux accusations de détournement de fonds, de publicité mensongère, d’atteindre aux règlements de la commission sur la surveillance de la bourse et d’escroquerie, il invite les jurés à prendre place à bord des huit Tucker stationnées devant le palais de justice. Il prouvera ainsi que la voiture est belle et bien réelle, et qu’il s’agit d’un modèle révolutionnaire. Ainsi, à défaut de pouvoir poursuivre son aventure en construisant des milliers de voitures, Preston Tucker connaîtra néanmoins son heure de gloire.

L’après-Tucker…
D’une rare beauté, la Tucker constitue non seulement une des voitures les plus importantes de l’histoire automobile nord-américaine, mais aura aussi eu une influence des plus importantes pour le développement des voitures d’après guerre, à l’échelle mondiale. À preuve, les ceintures de sécurité ont toujours leur place aujourd’hui, tout comme les freins à disques et les phares directionnels, qui sont même toujours considérés comme une caractéristique de luxe, plus de 60 ans après.

Weird Vintage Cars: Tucker Torpedo
Weird Vintage Cars: Tucker Torpedo
Weird Vintage Cars: Tucker Torpedo
Weird Vintage Cars: Tucker Torpedo

(film complet VO)

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Bookcrossing: LE JEUNE HOMME A LA TROMPETTE de Dorothy Baker

Publié le 15 Juillet 2016 par bigwhy dans livre, biographie, jazz, USA

Bookcrossing: LE JEUNE HOMME A LA TROMPETTE de Dorothy Baker

Le roman d'un génial musicien de jazz, mort avant trente ans. On reconnaîtra dans Rick Martin un modèle légendaire, le fameux trompette Bix Beiderbecke. À travers la vie tragique de son héros, Dorothy Baker a écrit des pages sur le jazz qui restent inégalées.

Comme l'indique le titre, dans son roman , Le Jeune Homme à la trompette, Dorothy Baker met en scène un personnage de couleur blanche qui consacrera sa courte existence à l'apprentissage et à la pratique de la musique jazz, au contact de musiciens noirs-américains. Dans cet extrait, le narrateur nous décrit comment Rick Martin se rend régulièrement à l'arrière d'un club de Los Angeles, accompagné de son ami Smoke Jordan. Soir après soir, il vient écouter l'orchestre deJeff Williams et apprend les secrets du jazz. Dans cet extrait proposé à l'analyse, nous nous demanderons si le récit de l'apprentissage musical du protagagoniste n'est pas destiné à faire la lumière sur un phénomène culturel et artistique correspondant à l'émergence du jazz américain au début du XXe siècle. Ainsi, ce texte qui s'inscrit dans un cadre romanesque réel, est également un récitinitiatique. Il est enfin, le témoignage d'une forme de la modernité.

Romancière américaine, Dorothy Baker née Dorothy Dodds dans le Montana, a grandit en Californie. En 1930 elle se marie avec le poète Howard Baker.

En 1938, elle publie Young Man with a Horn, traduit en français par Boris Vian (Le jeune homme à la trompette, Gallimard, 1951). Ce roman inspiré par la vie du cornettiste de jazz Bix Beiderbecke a été adapté au cinéma par Michael Curtiz avec Kirk Douglas, Lauren Bacall et Doris Day.
Avec son mari, elle adapta pour Broadway son second roman Trio qui fit scandale à cause de son thème principal, l'homosexualité féminine - le spectacle fut rapidement retiré de la scène sous la pression des lobby protestants.
En 1962 elle écrit Cassandra at the Wedding, roman sur la gémellité inspiré par les deux filles du couple Baker.
Dorothy Baker décéda d'un cancer à Terra Bella (Californie) en 1968.

Bookcrossing: LE JEUNE HOMME A LA TROMPETTE de Dorothy Baker
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Film a voir: MILES AHEAD de Don Cheadle (2015)

Publié le 15 Juillet 2016 par bigwhy dans film, jazz, biographie, Bande annonce, bande originale, USA

Film a voir: MILES AHEAD de Don Cheadle (2015)

Fin des années 70, à l'apogée de sa carrière, Miles Davis, précurseur du jazz moderne, disparaît de la scène pendant 5 ans. Isolé chez lui, il souffre d'une douleur chronique à la hanche. Son talent est mis à mal par les drogues et analgésiques. Et les fantômes de son passé ne tardent pas à venir le hanter.

Lorsque le rusé Dave Braden (Ewan McGregor), un journaliste musical, fait le forcing dans la maison de Davis, une complicité va s'installer entre les 2 hommes et, ensemble, ils vont tenter de récupérer une cassette volée avec les dernières compositions du musicien.

Le comportement imprévisible de Davis est alimenté par les souvenirs de son mariage raté avec la belle et talentueuse Frances Taylor (Emayatzy Corinealdi), danseuse de son état, qui fut sa muse. C'est durant cette relation qu'il a composé plusieurs morceaux remarquables tels que l'incroyable "Sketches of Spain et "Someday My Prince Will Come". Leur idylle sera cependant de courte durée, leur mariage de 9 ans étant ponctué de relations extra-conjugales et de maltraitance. Frances fut même contrainte à fuir pour sa sécurité, la santé mentale et physique de Miles se détériorant rapidement.

Vers la fin des années 70, miné par le regret et la perte de Frances, Davis tend à s'autodétruir
e avant de trouver son salut dans son art.

Dix ans de travail acharné. C'est le temps qu'il a fallu à Don Cheadle, acteur chevronné, pour réaliser son premier film, Miles Ahead. En 2006, lorsque Miles Davis est intronisé au Rock'n'Roll Hall of Fame à titre posthume, l'acteur, fan du célèbre trompettiste, se lance dans l'écriture d'un biopic. Seul, prêt à porter la casquette de l'acteur, du scénariste et du réalisateur, il se débrouille comme il peut pour mener à bien son projet. Rien n'épuise sa détermination. Il atteint la somme suffisante pour financer son film grâce à la plateforme participative Indiegogo, et va même jusqu'à apprendre à jouer de la trompette pour interpréter lui-même certains morceaux.

Miles Ahead, à l'image de son réalisateur, est un film audacieux. Son scénario a tout de suite séduit Ewan McGregor. L'acteur de Moulin Rouge campe le rôle d'un reporter du magazineRolling Stone, qui s'immisce de manière intempestive dans la vie de Miles Davis. Centré sur les années soixante-dix, la fiction retrace une période de paralysie artistique dans la vie du trompettiste et sa tentative pour récupérer un enregistrement qui a été volé chez lui... Le film n'a pas encore de date de sortie en France, mais la bande-annonce haute en couleur laisse présager un bon moment de jazz en perspective.

Film a voir: MILES AHEAD de Don Cheadle (2015)
Film a voir: MILES AHEAD de Don Cheadle (2015)
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Film a voir: FRIDA de Julie Taymor (2002)

Publié le 4 Juillet 2016 par bigwhy dans film, art, biographie, Bande annonce, USA, mexique

Film a voir: FRIDA de Julie Taymor (2002)

« Qui a envie d'aller voir une histoire d'amour
entre une infirme poilue et un peintre bedonnant
qui sue ? »

Adapté du roman de Hayden Herrera

En 1922, à Mexico, la jeune Frida Kahlo est victime d'un violent accident d'autobus : sa colonne vertébrale est gravement touchée. Elle a dix-huit ans... Durant sa longue convalescence, elle s'initie à la peinture. A peine remise, elle se rend chez le célèbre peintre mexicain Diego Rivera pour lui présenter ses premiers travaux. Diego est grand séducteur et il tombe immédiatement sous le charme de cette jeune femme si belle et surtout si impétueuse. Il discerne dans ses peintures un talent qui ne demande qu'à s'épanouir. Sans attendre, il décide de l'épouser. A eux deux, ils révolutionnent la peinture de leur temps et sont vite reconnus à travers le monde. Malgré leurs styles si différents, ils partagent les même idéaux politiques et militent activement, ce qui les amène d'ailleurs à héberger Léon Trotsky, exilé au Mexique, avec qui Frida aura une relation. Séparée de Diego qui l'a trompé avec sa propre sœur, elle multiplie les aventures amoureuses, affichant franchement sa bisexualité, ce qui fait évidemment scandale... Elle divorce puis se remarie avec Diego avec qui elle passera le reste de sa vie.

« Un parallèle s'établit entre le film et un tableau de Khalo,
c'est coloré et intense, avec cette puissante humanité qui tran
s
paraît. »

Incarnée avec conviction par Salma Hayek, qui trouve-là son plus grand rôle (après l'aberrant « Mystères de l'Ouest », « Traffic » et le plus étonnant « Dogma » mais pour un rôle quand même guigné par Jennifer Lopez et même Madonna...), le film repose sur ses épaules et c'est sans surprise qu'elle se retrouve nominée pour les Oscars américains (meilleure actrice) en mars 2003, devenant ainsi le première mexicaine a briguer la plus grande des récompenses pour une actrice de cinéma. Il faut dire qu'elle a elle-même porté le projet pendant 7 ans (Frida... « fait partie de ma vie ») avant de trouver les financiers prêts à mettre de l'argent dans un film parlant d'une mexicaine morte il y a 50 ans. On apprendra qu'elle a même financé le film sur ses propres deniers et que la maison de production, Disney's Miramax Films, l'aura payé seulement 2000 $ pour sa prestation alors qu'elle en vaut au moins 100 fois plus (elle avoue elle-même ne pas avoir gagné d'argent avec ce film). Mais n'est-ce pas là le plus grand rôle qu'elle pouvait espérer, elle, enfant du Mexique (née à Coatzacoalco, Veracruz, en 1966), première actrice mexicaine en 75 ans à se retrouver sur la plus haute marche d'Hollywood ? Le film remportera finalement deux Oscars, mais pour la musique et l'image...

« Ce film n'est pas un acte héroïque, juste un défi personnel.
Je suis mexicaine et je le reve
n
dique. »

En grande partie réalisé au Mexique, à Puebla et aux alentours de Mexico, le film est un grand moment de nostalgie pour ceux qui ont connu le Mexique d'avant le tourisme de masse : les rues de Mexico, les intérieurs des maisons, les vues de Teotihuacán, les canaux de Xochimilco... Le film ne se prive pas d'user voire d'abuser d'effets visuels dont chacun sera seul juge mais après tout n'est-ce pas là la magie du cinéma que de nous faire croire à ce qui n'existe pas, sauf en rêve... Et du rêve, il en a. Regardez ces tableaux de Frida prendre corps et s'incarner sous vos yeux grâce à la magie du cinéma... Et cette lumière, si belle lumière du Mexique, qui donne aux images de ce film une douceur trompeuse, d'autant plus que les personnages sont souvent filmés de très près, comme si on était leur interlocuteur. Avec l'appui du président Fox, le film pourra être tourné dans la Casa Azul (La Maison de Bleue du quartier de Coyoacán), où vécu le couple à partir des années 40. L'endroit est féérique. La scène de l'accident, le voyage à New-York, les tableaux qui s'animent,...Tout est parfaitement réalisé. Mais ne vous vous trompez pas, il s'agit bien d'une histoire d'amour qui vous attend en allant voir ce film qui, je l'espère, aura autant de succès en France qu'il en a eu outre-Atlantique.

Film a voir: FRIDA de Julie Taymor (2002)
Film a voir: FRIDA de Julie Taymor (2002)
Film a voir: FRIDA de Julie Taymor (2002)
Film a voir: FRIDA de Julie Taymor (2002)
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Bookcrossing: NEUROMANCIEN de William Gibson

Publié le 1 Juillet 2016 par bigwhy dans livre, science fiction, cyber punk, USA

Bookcrossing: NEUROMANCIEN de William Gibson

Le livre & l'auteur fondateur du CYBER PUNK, prix Hugo en 1985, sans cela y aurait il eu des Matrix , par exemple?

« Science-fiction à court terme qui explore les retombées des technologies de pointe, notamment l'informatique, dans tous les aspects de la vie quotidienne. Ambiance marquée par la culture rock et flirt fréquent avec le polar. »

Récompensé dès sa sortie par les prix Hugo, Nébula et P K Dick, ce roman se passe entre Hong Kong, Atlanta et Londres.

Chase est un ancien pirate de la matrice, cet univers qu'il définit comme « une hallucination consensuelle ». Après la destruction de son système nerveux par un de ses employeurs, il survit désormais grâce à l'alcool et aux drogues et trempe dans plusieurs trafics d'organes et de matériel informatique. Alors qu'il s'apprête à franchir le point de non retour dans cette spirale d'autodestruction, il se voit offrir une nouvelle naissance : la possibilité de retourner dans la matrice « pour l'exultation désincarnée » qu'elle procure, « le corps, c'est de la viande »..

Un futur proche. Case est un hacker professionnel dont la spécialité est de connecter son cerveau directement à la matrice pour se balader dans le réseau mondial comme dans un univers réel. Mais il a un jour la mauvaise idée de vouloir doubler ses employeurs, des individus à l'honnêteté douteuse, qui se vengent en lui bousillant le système nerveux... plus question pour Case de retourner dans le cyberspace, jusqu'à ce qu'il reçoive la proposition alléchante d'Armitage et de Molly, qui lui offrent un nouveau système nerveux clé en main. Une seule condition : en échange, il devra réaliser pour leur compte et celui du mystérieux Muetdhiver un petit travail que seul un pro du cyberspace comme lui peut mener à bien. Case accepte avec empressement, sans se douter qu'il se lance bille en tête dans une affaire bien moins nette et plus dangereuse qu'il ne l'escomptait.

Avalanche de prix pour ce premier roman : Hugo, Nebula, Philip K. Dick... cela surprendra peut-être le lecteur qui découvre Neuromancien au XXIe siècle : les concepts audacieux et novateurs de 1983 (année d'écriture du roman) sont presque devenus des pont-aux-ânes de la science-fiction, vulgarisés par la littérature (beaucoup), le cinéma (énormément), et tout simplement les faits réels avec l'essor des autoroutes de l'information (n'êtes-vous pas connecté au réseau, vous qui me lisez ?). Quand il apparaît de surcroît, au bout de quelques chapitres, que le décor et l'univers de Neuromancien comptent davantage que l'intrigue (une bonne série B, sans plus) ou les personnages (falots ou caricaturaux), on comprend vite que la lecture du roman a perdu beaucoup de son charme en l'espace d'une petite vingtaine d'années. A l'instar de tout ce qui est estampillé « années 80 » (du rock FM aux yuppies), Neuromancien s'altère aujourd'hui de rides précoces, perceptibles jusque dans certains tics stylistiques : la multiplication des phrases courtes, sans sujet ni verbe, simulant une écriture instinctive et nerveuse, était à l'époque le summum d'une « branchitude » aujourd'hui insupportablement datée.

Il n'en reste pas moins que ce livre a eu le mérite d'ouvrir une brèche par laquelle se sont engouffrés nombre d'auteurs et de scénaristes. Première manifestation et emblème du courant cyberpunk, Neuromancien est simplement arrivé au moment où la science-fiction avait désespérément besoin de nouveaux thèmes et de nouvelles têtes, ce qui explique sans doute qu'il ait été porté au nues, en son temps, par la critique et le public. Mais aujourd'hui que la baudruche cyberpunk s'est en partie dégonflée, force est de constater que ce culte excessif a causé à l'auteur plus de tort qu'autre chose, car ce premier roman a contribué à l'affubler d'une étiquette dont ses entretiens récents montrent qu'il a encore de la peine à se débarrasser.

Comme le hula-hoop, le disco ou la collection de pin's, Neuromancien est appelé tôt ou tard à revenir à l'ordre du jour... attendons plutôt ce moment-là pour le (re)découvrir. Provisoirement, il ne suscite qu'un intérêt d'ordre historique, sauf pour les nombreux nostalgiques des années-chrome, qui le dégusteront sans modération, en accompagnement d'un bon vieil album de Billy Idol.

(Noosphere)

Bookcrossing: NEUROMANCIEN de William Gibson

William Gibson est né en 1948 à Conway, près de Myrtle Beach en Caroline du Sud. Il a six ans lorsque son père (employé à la construction du complexe de recherche atomique de Oak Ridge) meurt en s'étouffant accidentellement. Sa mère décide alors de revenir s'installer dans sa famille, en Virginie. William Gibson vit ce déménagement comme un bond en arrière dans le passé. Introverti et assez mal intégré à la communauté locale, il devient un lecteur acharné et travaille à se créer ce qu'il appellera plus tard « une personnalitélovecraftienne ».

Sa mère a beaucoup de mal à l'élever seule. Surmontant avec difficulté son veuvage, elle décide en 1963 d'envoyer son fils en pension, à des milliers de kilomètres de chez lui, en Arizona. Un nouveau traumatisme que Gibson surmonte, une fois encore, par la lecture. Par hasard, en croyant acheter un roman de SF, il découvre les auteurs de la beat generation. En lisant Kerouac, Ginsberg, Burroughs, il va découvrir la contre-culture.

En 1966, sa mère meurt à son tour. Gibson a 18 ans, et voit ainsi se matérialiser l'une de ses pires angoisses. Désormais orphelin, il quitte l'école sans même passer son diplôme de fins d'études, et survit en revendant aux citadins des brocantes qu'il va chiner à la campagne.

En 1968, il s'enfuit au Canada pour éviter d'être envoyé au Viêt Nam et s'installe en 1972 à Vancouver. Il y reprend mollement ses études, voyage beaucoup et se marie. En 1977, ses études sur le point de s'achever, il voit sans grand enthousiasme la perspective d'avoir à se lancer dans le monde du travail. C'est à cette époque qu'il redécouvre sa vieille passion pour la SF, qui vient se greffer sur l'émergence d'une mouvance culturelle nouvelle : le punk. Il décide de devenir écrivain.

Désillusion, défiance du capitalisme, constat d'échec patent de la Contre-Culture, tout cela va l'entrainer vers une fiction sombre, en accord avec sa vision du monde. Une vision qu'il n'est pas le seul à avoir. D'autres jeunes auteurs partagent son point de vue. Comme lui ils portent un regard très critique sur la SF. Fédérés autour du fanzine Cheap Truth, édité et distribué gratuitement par Bruce Sterling, un mouvement informel se crée. Si tous les intervenants signent sous pseudonymes, on y retrouve des plumes comme Pat Cadigan, Rudy Rucker, Marc Laidlaw, Lewis Shiner, et Sterling lui-même, qui se retrouve, de fait, la tête pensante du mouvement.

Gibson, comme les autres, commence à écrire des nouvelles qui attirent l'attention. Ses premiers écrits sont des histoires futuristes sur des sujets comme l'influence de la cybernétique et de la réalité virtuelle alors émergente sur la race humaine dans un futur imminent. Surfant sur les styles punk et gothique de l'époque. La thématique du bidonville underground high-tech apparaît dès les Fragments of a Hologram Rose en 1977. Dans les années 1980 ses fictions se développent sur le mode du film noir ; des nouvelles publiées dans le magazine Omni commencèrent à esquisser les thèmes qu'il développera dans son premier roman, Neuromancien

C'est Gibson, avec Neuromancien, qui décroche le premier un immense succès littéraire. Succès qui va faire de lui la figure de proue du Cyberpunk. Neuromancien fut le premier roman à gagner les trois prix littéraires majeurs de la science-fiction : le prix Nebula, le prix Hugo et le prix Philip K. Dick. Les deux romans suivants complétèrent ce qui sera sa première trilogie communément appelée Sprawl Trilogy : Comte Zéro et Mona Lisa s'éclate. La seconde trilogie de William Gibson, appelée Bridge trilogy, se situe dans la ville de San Francisco dans un futur proche, mais évite les thèmes récurrents de l'auteur tels que la transcendance technologique, physique et spirituelle pour aborder un genre plus factuel que la première trilogie. Les trois romans de cette seconde trilogie sont : Lumière virtuelle, Idoru et All Tomorrow's Parties.Constatant une certaine cohérence dans les thématiques, ce mouvement informel va prendre, sous la plume des critiques de l'époque, et notamment de Gardner R. Dozois, le rédacteur en chef de Asimov SF magazine, le nom de « Cyberpunk ».

Plus récemment, William Gibson s'est quelque peu éloigné du genre des dystopies fictionnelles qui le rendirent célèbre pour davantage privilégier un style d'écriture plus réaliste, troquant les sauts narratifs caractéristiques de sa première manière contre un flux d'écriture plus continu. Mais il se focalise toujours sur les changements technologiques et leurs conséquences funestes et moins prévisibles sur la société.

Parallèlement à ses œuvres publiées par les moyens conventionnels, il écrivit Agrippa (en) (A Book of the Dead), un poème électronique publié en 1992. Ce poème traitait de la nature éthérée des souvenirs (le titre faisant référence à un album photo), écrit en 1992 pour un livre d'artistes conçu en coopération avec le peintreDennis Ashbaugh (en) et l'éditeur Kevin Begos. Le livre était composé d'une disquette auto-effaçante conçue pour ne permettre qu'une seule lecture de l'œuvre. Comme William Gibson l'avait dit dans son blog, la disquette devait se « manger elle-même » après avoir été lue. Ensuite, le poème a été publié sur internet. William Gibson commença à rédiger son blog à partir de 2003 qui resta actif jusqu'en 2005, avec une seule grosse coupure. Gibson écrivit également quelques éléments d'anticipation pour Alien³ dont certains furent intégrés au film du même nom.

Deux de ses nouvelles ont été portées à l'écran : Johnny Mnemonic en 1995, avec Keanu Reeves et New Rose Hotel en 1998, avec Christopher Walken, Willem Dafoe et Asia Argento. William Gibson écrivit également en collaboration avec son ami Tom Maddox deux épisodes de la série X-Files : Clic mortel (Kill Switch)(saison 5) et Maitreya (First Person Shooter) (saison 7). Il fit par ailleurs une apparition à l'écran dans la mini-série Wild Palms, une série largement influencée par l'œuvre de Gibson et d'autres auteurs cyberpunk.

William Gibson, inventeur du terme cyberespace a reçu à ce titre un doctorat honorifique de sciences humaines, décerné par l'université de Coastal Carolina (en), àConway1.

No Maps for These Territories, un documentaire de Mark Neale, centré sur la vision du monde de William Gibson, a inauguré le 21 siècle, au Festival international du film de Vancouver, en octobre 2000.

Bookcrossing: NEUROMANCIEN de William Gibson
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Pin Up: Joi Lansing

Publié le 29 Juin 2016 par bigwhy dans pin up, vintage girl, 50's, 60's, USA

Pin Up: Joi Lansing

Joi Lansing naquit Joy Brown à Salt Lake City, Utah, le 6 avril 1928 de Jack Glenn Brown, un vendeur de chaussures et Virginia Grace Shupe, une femme au foyer. Elle devait plus tard être connue sous le pseudonyme de Joyce Wassmansdorff, qui était le nom de son beau-père. La famille déménagea à Los Angeles en 1940. Adolescente, elle commença à servir de modèle et à 14 ans, signa un contrat avec la MGM. Elle termina ses études secondaires à l’école du studio.
Actrice et mannequin, Joi Lansing était souvent castée dans des rôles similaires à ceux joués par ses contemporaines, Jayne Mansfield et Mamie Van Doren. Elle était souvent habillée dans des tenues très collantes et des bikinis qui mettaient en valeur ses formes généreuses, mais elle ne posa jamais nue. Joi Lansing pratiquait le yoga pour se relaxer et était une mormonne convaincue qui ne buvait et ne fumait pas.
La carrière de Joi Lansing commença en 1948, et en 1952 elle décrocha un rôle non crédité dans un film de la MGM, Chantons sous la pluie. Son nom figura en haut de l’affiche de Hot Cars (1956). Dans la première scène du film d’Orson Welles, La Soif du Mal (1958), elle interprétait Zita, la danseuse qui mourait à la fin de la célébre première scène de poursuite, tout en criant à un garde frontière, "Je continue d’entendre ce bruit d’horloge dans ma tête!" Joi Lansing eut un bref rôle, celui de la petite amie d’un astronaute dans le film de science-fiction de 1958, Queen of Outer Space. Durant les années 1960, elle fut la vedette de courts films musicaux pour le système des vidéo-jukebox, appelés Scopitone. Parmi ses chansons, figuraient "The Web of Love" et "The Silencers".
En 1964, le producteur Stanley Todd discuta d’un projet de tournage avec Joi Lansing, provisoirement intitulé Project 22, avec des tournages prévus en Yougoslavie et avec en vedettes, George Hamilton et Geraldine Chaplin. Le film ne fut jamais réalisé.
Joi Lansing incarna "Lola" dans Les Inséparables (1965) avec une distribution qui comprenait Frank Sinatra, Deborah Kerr et Dean Martin. Elle était auparavant apparue dans un autre film avec Frank Sinatra, Un trou dans la tête et une comédie avec Dean Martin, Qui était donc cette dame ? Elle refusa la chance qui lui fut donnée de remplacer Jayne Mansfield dans The Ice House (un film d’horreur) et à la place apparut dans Hillbillys in a Haunted House, en remplacement de Mamie Van Doren. Son dernier film fut Bigfoot (1970).
Joi Lansing apparut dans The Adventures of Wild Bill Hickok, It's a Great Life, I Love Lucy, Where's Raymond?, Noah's Ark, State Trooper, The People's Choice, Richard Diamond, Private Detective, Sugarfoot, Bat Masterson, This Man Dawson, Maverick, Petticoat Junction, The Mothers-in-Law, The Adventures of Ozzie and Harriet et eut un rôle récurrent dans The Beverly Hillbillies.
Elle figura parmi plusieurs actrices et mannequins glamour qui auditionnèrent pour le rôle de Sheena, Queen of the Jungle; parmi les autres compétitrices se trouvaient Debra Paget, Anita Ekberg, Laurette Luez et la strip-teaseuse Lilly Christine. Le rôle échut finalement à Irish McCalla.
En 1957 elle incarna Vera Payson dans un épisode de Perry Mason, intitulé "The Case of the Crimson Kiss." Elle est peut-être surtout connue pour son rôle de Shirley Swanson dans Le Bob Cummings Show ou Love That Bob (1956–1959). Elle y apparut dans plusieurs épisodes dans le rôle d’une mannequin à forte poitrine qui était une mine d’or pour le photographe, Bob Collins, interprété par Bob Cummings. La série compta 173 episodes. Elle apparut aussi dans le rôle titre de Superman's Wife, un épisode de 1958 de The Adventures of Superman.
Ce qui fut ironiquement le meilleur rôle de Joi Lansing fut probablement le dernier que l’on ait vu d’elle —le rôle principal de The Fountain of Youth, un épisode pilote invendu, honoré par l’octroi d’un Peabody Award, réalisé par Orson Welles pour la Desilu en 1956 et diffusé à une seule occasion au Colgate Theatre, deux ans plus tard. Ce film d’une demi-heure reste accessible à la vue du public au Paley Center for Media de New York City et Los Angeles.
Durant la saison 1960-1961 de la série western Klondike, Joi Lansing apparut dans le rôle de Goldie avec Ralph Taeger, James Coburn et Mari Blanchard. En 1960, elle apparut dans le rôle d’un personnage sans nom dans l’épisode intitulé "Election Bet" de la série Bonne chance, Mr. Lucky. En mai 1963, Joi Lansing apparut dans Falcon Frolics '63. L’émission honorait les hommes stationnés sur la Vandenberg Air Force Base. Avant 1956, elle avait figuré au générique de plus de 200 émissions télévisées.
Elle apparut dans 5 épisodes de The Beverly Hillbillies dans le rôle de "Gladys Flatt," l’invraisemblable épouse glamour du musicien de bluegrass Lester Flatt.
Elle prétendit qu’ Ozzie Nelson était l’acteur qui avait le plus de sex appeal parmi tous ceux avec qui elle avait travaillé. Les deux protagonistes interprétèrent une scène d’amour au Fireside Theater drama. Le show était organisé par Jane Wyman. Joi Lansing était quelquefois surnommée la Marilyn Monroe de la télévision.
Joi Lansing fit son apparition dans le divertissement en night club en 1965. Elle avait repris le chant au cours d’une grève d’acteurs au début des années 1960. En mai 1965, elle enregistra son premier album. Il fut composé d’une suite de chansons conçues spécialement pour elle par le compositeur Jimmie Haskel et l’actrice Stella Stevens. Joi Lansing se produisit au Fiesta Room de Las Vegas, Nevada, en juillet 1966. Figuraient également à l’affiche Red Buttons et Jayne Mansfield.
Le 7 août 1972 Joi Lansing décéda d’un cancer du sein au St. John's Hospital de Santa Monica, California où elle avait été initialement traitée chirurgicalement plus tôt dans l’année. Elle est enterrée au Santa Paula Cemetery de Santa Monica.

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Film Culte: THE BIG LEBOWSKI de Joel & Ethan Coen

Publié le 18 Juin 2016 par bigwhy dans film, culte, comédie, USA, Bande annonce, philosophie, reflexion

Film Culte: THE BIG LEBOWSKI de Joel & Ethan Coen

Spécial 18 joints! Si Je devais emmener un film sur une ile déserte! Un médicament contre le cafard & une philosophie de vie: A voir & a revoir c'est Absolument Culte!

Sorti en 1998, The Big Lebowski met en scène, sur une trame empruntée au Grand Sommeil de Raymond Chandler, les aventures picaresques du Dude, un personnage d’apparence minable sorti de sa routine (joint-cocktail-bowling) par un acte sacrilège : un malfrat, le confondant avec un homonyme, s’est permis d’uriner sur son tapis persan, celui « qui harmonisait la pièce ».


Après avoir fait quelques emplettes dans une supérette, Jeff Lebowski, dit «le Dude», rentre tranquillement chez lui, où il se fait passer à tabac par des inconnus. Ceux-ci lui demandent d'éponger sans tarder les dettes de sa femme puis urinent sur son tapis préféré. Or, non seulement «le Dude» n'est pas marié, mais il n'est pas près de l'être : il ne sait rien faire d'autre que jouer au bowling avec ses copains, siroter des cocktails et fumer des joints. Le paresseux personnage, qui a l'habitude de traîner en tongs de plastique et tee-shirt négligé, comprend que ses agresseurs ont commis une méprise. Ils le prennent, de toute évidence, pour le vieux milliardaire de la ville, marié à une jeune femme frivole et dépensière. Jeff est bien décidé à demander réparation pour son tapis souillé...

Après Fargo, thriller stylisé au pays des ploucs, les frères Coen ont trimbalé leur barnum sous le soleil d'une Californie ­désenchantée. Leur jubilation narquoise éclate dès qu'entrent en scène Jeff ­Lebowski, alias le Dude, semi-clodo à ­bedaine, bermuda et barbe à poux, et ses deux acolytes, Pieds Nickelés genre Beach Boys sur le retour. Le moindre ­détail de leur panoplie témoigne d'une pratique affectueuse de la caricature. Cette pâte humaine bien sentie fait que la profusion des accessoires bizarres et des rebondissements rocambolesques passe comme une lettre à la poste.

Curieusement, le côté foire du Trône de toute l'affaire n'entame jamais l'humanité des personnages. Aux basques d'un trio de glandeurs emmené par un Jeff Bridges empâté comme il faut, les Coen pouffent comme des collégiens. Ça ­débloque de partout, mais, selon leur ­recette habituelle, avec une précision d'horloger suisse et un sens aiguisé du ­détail qui tue. Sorti en même temps que Jackie Brown, de Tarantino, The Big ­Lebowskiaffirmait une tendance du cinéma américain : sa grandeur peut se trouver dans des films mineurs, bricolés par des enfants du rock. — François Gorin

Film Culte: THE BIG LEBOWSKI de Joel & Ethan Coen
Film Culte: THE BIG LEBOWSKI de Joel & Ethan Coen

LE DUDEISME : LA RELIGION INSPIRÉE DE THE BIG LEBOWSKI

Et si un film pouvait inspirer une religion ? C’est le cas de The Big Lebowski (1998), le film légendaire des frères Coen. Malgré son flop au Box-Office américain, le métrage a inspiré deux types de culte radicalement différents : le Lebowski Fest qui existe depuis 2002 et la religion Dudeïste créé en 2005. D’un côté, des fans relativement normaux, adeptes de la bières et du re-re-revisionnage du film, de l’autre, une religion avec ses prêtres, ses textes sacrés et même, son Dudely Lama, toujours en peignoir brun, lunettes noires et cheveux longs, à l’image du Dude, le personnage central de The Big Lebowski que les Dudeïstes doivent prendre en exemple. Et oui, après l’Imitation de Jésus Christ, un des grands textes chrétien du XIVeme siècle, voici l’imitation de Lebowski.

Créé par Oliver Benjamin, journaliste et fan de The Big Lebowski, le Dudeïsme aspire donc à imiter le Dude, dont les mantras sont « Going with the flow », « Taking it easy » ou « The Dude Abides, que l’on pourrait respectivement traduire par « Laisse-toi aller », « L’important, c’est de se la couler douce » et « Le Dude reste le Dude ». Mais le Dudeïsme est-il une vraie religion ? Du Discordianisme à laChurch of the Flying Spaghetti, les religions-canular sont légions et s’amusent à détourner les dogmes religieux pour provoquer et donner à penser. Cependant, le Dudeïsme ne s’inscrit pas tout à fait dans leur sillons même s’il parodie les mormons américains dans l’intitulé complet de sa religion : la Church of the latter Day-Dude parodiant en effet la Church of Jesus-Christ of Latter-Day Saints, nom complet des mormons).

Au contraire, le Dudeïsme se réfère très sérieusement au Taoïsme et au Bouddhisme Zen jusque dans son logo (croisement du Yin-Yang et du jeu de bowling cher au héros du film). Si vous vous rendez sur le site du Dudeïsme, vous pourrez lire le Dudespaper, commander l’un des livres de la sagesse Dudeïste comme le « Take it Easy Manifesto » ou le « Dude De Ching » (référence au Tao Te Ching) et même… rejoindre l’un des 160 000 prêtres dudeistes. On vous rassure, c’est très facile !

Qu’est-ce que le Dudeïsme ?

Le Dudeïsme est l’incarnation moderne d’une philosophie ancienne qui a toujours vécu dans l’ombre des idéologies les plus répandues. En effet, à travers toutes les époques, la culture dominante a mis en valeur le travail, le conformisme, les bien matériels et les récompenses statutaires, allant jusqu’à promettre une vie après la mort. Le Dudeïsme, quant à lui, est une alternative qui cherche à donner un sens à cette vie et trouver comment nous pouvons vivre en harmonie avec autrui et avec la nature, tout en donnant une vision pragmatique et réaliste du monde. Le Taoïsme, le Bouddhisme, la Chrétienté et l’Hindouisme ont tous commencé en étant d’authentique Dudeïsme avant d’être récupéré par les grandes puissances qui les transformèrent en quelque chose de complètement différent de ce qu’elles souhaitaient être à l’origine.

Film Culte: THE BIG LEBOWSKI de Joel & Ethan Coen
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Nanard: MOTORPSYCHO de Russ Meyer (1965)

Publié le 16 Juin 2016 par bigwhy dans film, trash, 60's, USA, pin up, vintage girl

Nanard: MOTORPSYCHO de Russ Meyer (1965)

film complet

“ Des boobs, du rock, des "bécanes", des bad guys. Pas de doute c'est bien un film de Russ Meyer.

Dans un coin paumé de la Californie, trois voyous en moto agressent un pêcheur sous les yeux de sa femme avant de la violer. Leur soif de violence est telle qu’ils vont continuer à semer la terreur, s’attaquant ensuite à la femme d’un vétérinaire qui, devant l’impuissance de la police, décide de retrouver les trois délinquants pour se faire justice lui-même…

Les membres du groupe norvégien Motorpsycho (post précédent) ont choisi leur nom après avoir vu ce film lors d'une projection spéciale de trois films de Russ Meyer.

Nanard: MOTORPSYCHO de Russ Meyer (1965)
Nanard: MOTORPSYCHO de Russ Meyer (1965)
Nanard: MOTORPSYCHO de Russ Meyer (1965)

Russ Meyer.

À lui seul, ce nom déclenche des visions de courbes vertigineuses, cascades de chevelures furieuses et visages de femmes à la beauté hypnotique. La sensualité déborde, dès que l’une de ses muses anatomiques crève le champs de la caméra. Telle est la marque d’un auteur: un seul plan suffit à reconnaître toute une oeuvre, même si l’on n’en connaît rien ou presque.

L’image la plus vivace de Motorpsycho! est sans doute celle de la sculpturale Haji, “la sorcière cajun”, moulée dans une robe crayon au décolleté plongeant, des yeux comme des flèches et des sourcils s’étirant à l’infini.

Strip-teaseuse et danseuse burlesque d’origine Canadienne, découverte par Russ Meyer dans un club de Malibu, elle a 19 ans quand elle accepte le rôle de Ruby Bonner (à une lettre près “Érection Écarlate”). Magnifiée par la photo en noir et blanc et de longs plans en contre-plongée, elle est l’agent provocateur qui défie les lois de la gravité – “cantilevered lady” (femme en porte à faux) comme Meyer aime appeler ses actrices.

Pour le cinéaste, longtemps considéré aux États-Unis comme un réalisateur mineur et l’apôtre d’un cinéma érotique bon marché, faire des films est un aphrodisiaque. Le désir est son principal moteur de création, l’ingrédient indispensable à la naissance d’un film: il pense à des idées excitantes, les griffonne sur un carnet qu’il passe à un scénariste.

Russ Meyer est habité par une énergie hors du commun, une boulimie de vie et de cinéma, qui le conduit à réaliser plus de vingt films à partir de 1959. Œuvres qu’il produit, photographie et monte la plupart du temps lui-même, souvent avec de très petits budgets. C’est un cinéma qui émoustille, qui titille les sens, et rappelle au passage aux spectateurs qu’ils sont bien vivants. Sans doute l’antidote aux horreurs qu’il a filmées en tant que cameraman de guerre dans les années 40. Charles Napier, qui apparait dans plusieurs de ses films, résume: “travailler avec Russ Meyer, c’est comme se retrouver simultanément sur la ligne de front en Normandie pendant la seconde guerre mondiale, et passer le week-end dans un bordel.

Virtuose pour transformer ses productions modestes en succès commerciaux, il applique les recettes des films d’exploitation, qui traitent de sujets tabous ou controversés pour remplir drive-ins et grindhouses. Vite tournés pour être vite rentables. Son indépendance financière lui offre une grande liberté de ton, et la possibilité d’explorer des sujets plus complexes et plus sombres, comme avec Motorpsycho! en 1965.

Motorpsycho! sort sur les écrans dix ans après The Wild One, considéré comme le tout premier film de motard, et un an avant The Wild Angels de Roger Corman, qui inaugure la mode des biker flicks au cinéma. Souvent programmé aux côtés de son chef d’œuvreFaster, Pussycat! Kill! Kill! (dans lequel joue Haji), et dont il dit: “J’avais fait (un film) dans lequel les mecs tabassaient les gonzesses, alors j’ai pensé “pourquoi ne pas en faire un où les femmes tabassent les hommes?”.

Motorpsycho! s’ouvre sur une scène bucolique, dans laquelle un pécheur se concentre sur sa ligne et délaisse sa très belle et jeune femme.

Sous des faux airs de comédie sexy, l’intrigue tourne vite au cauchemar: une suite de saynètes, dans lesquelles trois voyous sur petites cylindrées (Brahim sur 1964 Honda CT 200 , Dante sur 1965 Honda Trail 90 et Slick sur 1963 Honda C 105 H) bastonnent, tuent et violent à tout va.

La seconde partie du film mélange western traditionnel et film de vengeance, et culmine avec une confrontation sanglante sur fond de désert californien.

Plus politique qu’il n’y parait, Motorpsycho! ébauche aussi une critique sociale de l’Amérique des années 60. Brahim (Steve Oliver), le leader du gang, revient du Vietnam. Sa folie et sa violence questionnent déjà, dix ans avant la fin du conflit, la façon dont le pays traite ses vétérans. Également sur la sellette, la misogynie ordinaire de l’époque. Morceau choisi: dans l’ambulance qui conduit à l’hôpital Gail Maddox (Holle K Winters) violée et battue, le shérif local (joué par Russ Meyer) balance: “Elle sera sur pied d’ici une semaine ou deux. Après tout, il ne lui ait rien arrivé qu’une femme ne soit faite pour supporter”.

Il y a sans doute quelque chose de grotesque chez ses trois beatniks qui sèment la terreur à mobylette. Avec Russ Meyer, l’humour et le second degré ne sont jamais très loin. C’est avant tout dans notre propre incapacité à reconnaître que le mal absolu peut être improvisé et inconséquent que le malaise se créée. La trajectoire deBrahim, Slick et Dante préfigure l’ultra-violence d’Orange Mécanique, Les Chiens De Paille, La Dernière Maison Sur La Gauche, et plus tard Funny Games. Le spectateur, plus que jamais voyeur, oscille en permanence entre excitation et dégoût. Après tout, le film est assez chaste, et il faut bien que l’un des protagonistes prenne de force ce qu’il/le spectateur convoite, pour en voir un peu plus.

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Film a voir: THE TRIP de Roger Corman (1967)

Publié le 15 Juin 2016 par bigwhy dans film, psychedelique, 60's, USA

Film a voir: THE TRIP de Roger Corman (1967)

(film complet en VO)

L'un des grands films LSD de la côte Ouest, en prélude au choc Easy Rider. Comme le dit l'affiche de l'époque : « Listen to the Sound of Love. Feel Purple. Taste Green. »

A la fin des années 60, les films de Corman ont pour ambition de jeter un regard sur une certaine contre-culture émergente et s’orientent vers des sujets plus controversés. Il faut dire qu’il est bien entouré, Corman travaille avec une écurie d’acteurs qui incarnent encore aujourd’hui des figures emblématiques de cette époque du cinéma américain. L’aura « culte » du film, si je puis dire, doit beaucoup à cela. The Trip est par ailleurs basé sur un scénario écrit par Jack Nicholson qui avant de devenir la star que l’on connaît écrivit quelques films pour la firme et eut même ses premières expériences de réalisateur. Le scénario aurait des échos autobiographiques pour Nicholson se retrouvant à la fois dans la situation du personnage principal confronté à la crise de son couple (Nicholson venait alors de séparer de sa première épouse) et puisant dans ses expériences personnelles avec le LSD. La légende prétend même que Corman et les comédiens principaux auraient eux aussi essayé le LSD, histoire de se documenter.

Le héros, Paul Groves, interprété par Peter Fonda, est un publicitaire cynique et désabusé, miné par l’échec de son couple et en pleine procédure de divorce. Par le biais d’un ami qui fréquente une communauté dirigée par un gourou interprété par Dennis Hopper, il a l’occasion de faire sa première expérience hallucinatoire assistée sous LSD. Désirant tenter le coup pour, dit-il, peut-être découvrir quelque chose sur lui-même, il accepte. Et.. c’est tout. C’est ça qui constitue par ailleurs la première originalité du film. Le déroulement du récit se limite au « trip », le personnage de Peter Fonda absorbe sa dose puis il hallucine pendant la quasi-totalité du film. Ce « trip » est donc aussi une errance dans laquelle le personnage se perd sans but précis, le seul véritable événement scénaristique étant le moment ou il finit par échapper à la surveillance de son ami. La trame reste ainsi particulièrement ténue et The Trip ne raconte donc rien d’autre que ce que suggère son titre. Le point de vue de la mise en scène est ambigu puisque le trajet du héros est néanmoins structuré par son interaction avec d’autres personnages (dans un premier temps, son ami qui est censé l’assister dans son trip puis plus tard d’autres rencontres hasardeuses) qui fournissent en quelque sorte des points de vue extérieurs. La narration est pourtant perturbée par l’insertion de séquences clairement oniriques et surréalistes dans lequel nous explorons les fantasmes de Paul. Il se voit alors faire l’amour à son épouse dans une scène à l’érotisme apaisé et planant. Mais le voyage prend vite une tonalité plus cauchemardesque, il se retrouve alors marchant dans la forêt croisant des créatures toutes droites sorties d’un roman de Tolkien puis errant dans des châteaux lugubres qui évoquent les décors des adaptations de Poe (ça tombe bien, Corman le roublard réutilise ici ses propres décors). Puis ce sont des images douloureuses de sa femme le trompant avec un autre homme qui surgissent et le précipitent dans la paranoïa.

Pour traduire les effets hallucinatoires du LSD, Corman expérimente toute une série d’effets visuels allant de la projection lumineuse et stroboscopique sur les décors et les acteurs à des séquences kaléidoscopiques voire carrément abstraites sans oublier cette scène d’errance urbaine et nocturne, montée comme un crescendo hystérique sur une bande son free jazz. Cela dit, le film n’en laisse pas une impression persistante de kistcherie, celle-ci étant à double détente. Esthétiquement, The Trip semble compiler tous les clichés liés au psychédélisme, c’est d’ailleurs ce qui fait son charme certes, mais du coup, on a du mal à prendre le film au sérieux. Par ailleurs, la seconde partie du film évolue sur un ton plus léger qui n’exclue d’ailleurs pas l’humour (voire la scène très amusante du lavomatic), mais surtout le film s’achève définitivement sur une note plus apaisée. Et malgré son aspect chaotique et déstructuré, The Trip apparaît très lisiblement comme un récit initiatique à la morale typiquement « peace and love ». Dans sa volonté de témoigner de son époque, Corman nous présente un personnage sans but ni valeurs, perdu dans un monde superficiel (mais aussi une Amérique avec le Viet Nam pour hors champ), qu’on pourrait par ailleurs rapproché du personnage de David Hemmings dans le Blow Upd’Antonioni (le personnage de Peter Fonda n’exerce d’ailleurs pas le métier de publicitaire pour rien). Il est là le propos de Corman et c’est en cela que son film tranchait clairement avec d’autres films sur un thème similaire. On y a vu la matrice du drugsploitation movie mais ce n’en est pas un car faire l’apologie ou au contraire condamner l’usage du LSD n’intéresse dans tous les cas pas du tout Corman (en ce sens, c’est l’antithèse de tous les films que nous avons évoqués sur le sujet, genre Reefer Madness). Ce point de vue amoral était sans doute pour l’époque une des grandes audaces du film. Elle fit d’ailleurs peur à la production qui força Corman à accompagner la projection d’un message d’avertissement, histoire de ne pas heurter les sensibilités.

http://seriebis.over-blog.com/ Ludo Z-Man

Film a voir: THE TRIP de Roger Corman (1967)
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Film a voir: DIG! de Ondi Timoner (2004)

Publié le 10 Juin 2016 par bigwhy dans film, documentaire, biographie, rock, Bande annonce, USA

Film a voir: DIG! de Ondi Timoner (2004)

Comme le Brian Jonestown Massacre passe bientot en ville, c'est la bonne occaz de revoir ce documentaire assez bien foutu!

Le portrait croisé, filmé sur sept ans, de deux groupes de pop psychédélique aux destins divergents : The Dandy Warhols et The Brian Jonestown Massacre. Proches au début, les deux groupes deviennent peu à peu rivaux, les premiers obtiennent le succès et les seconds passent leur temps à saboter leur carrière. En revanche, si c'est le leader des Dandy Warhols qui se prête au jeu, comme narrateur en voix off, c'est plutôt le groupe d'Anton Newcombe, leader charismatique et cyclothymique du B.J.M, qui est valorisé dans le film, à la fois pour son incroyable productivité (en 1996 le groupe sort trois albums autoproduits) et pour ses frasques à répétition - violentes bagarres sur scènes, conflits d'ego à répétition, problèmes de drogue...

A ma droite, Courtney Taylor et ses Dandy Warhols, de Portland. A ma gauche, Anton Newcombe et son Brian Jonestown Massacre, de San Francisco. On est en 1995, et aucun des deux groupes n'a encore percé. Leur style musical a un air de famille : néosixties à embardées psychédéliques frotté de dépression postpunk (BJM) ou de pose glam (DW). Mais ce qui les lie est plus complexe : Newcombe et Taylor sont frères ennemis, l'un se nourrissant de la créativité de l'autre et l'autre essayant de puiser l'énergie de l'un. La lutte est sans suspense, et les amateurs en connaissent l'issue. Les Dandys ont gagné, même s'ils sont devenus depuis des outsiders (et bientôt des has been ?). Ondi Timoner a pris un parti courageux et inédit : traquer sans relâche les faits et gestes de ses cobayes, sur une période de sept ans. Avec voracité documentaire et neutralité de rigueur. Elle n'a cependant pas pu ne pas voir ce qui crève l'écran : Newcombe semble avoir endossé la panoplie du loser mythique avant même de maîtriser ses instruments. Taylor paraît prêt à tout pour arriver à ses fins. Le prétendu génie du premier, vanté ici et là, saute moins aux yeux que son terrible caractère. L'arrogance du second, transpirant même dans l'éloge du rival déchu, ne le rend pas plus sympathique. Compatissant sur le sort du pauvre Newcombe, la réalisatrice donne au nanti Taylor le douteux privilège de conter l'histoire en off. Le music business les a départagés, était-ce la peine d'en rajouter ? Fort en matériau brut sur l'ordinaire du rock, Dig ! laisse un goût amer : sa quête de vérité finit par témoigner d'une impuissance face aux clichés - celle de ses sujets mais la sienne aussi.

François Gorin

Film a voir: DIG! de Ondi Timoner (2004)
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