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Bigwhy? Finest?

Fanzine Enthousiaste & Curieux

ROLLING IN THE DUB/ Dj Shepdog

Publié le 17 Août 2017 par bigwhy dans hip hop, reggae, mashup, 2011

(2011)

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Salomé (24)

Publié le 17 Août 2017 par bigwhy dans art, erotisme, histoire, salomé, femme fatale

(Lovis Corinth 1903)

(Lovis Corinth 1903)

Dans son extraordinaire roman À rebours (1884), Huysmans décrit maintes oeuvres littéraires et artistiques, et notamment les deux œuvres de Moreau que Flaubert admirait tant. Le héros du roman, Des Esseintes, est un décadent reclus dans sa fastueuse demeure, entouré de livres rares (à lire les pages fameuses sur Baudelaire) et d’objets d’art, parmi lesquels les deux toiles de Moreau (on passe sur la description de la tortue à la cuirasse glacée d'or qu'aucun lecteur d'À rebours ne peut oublier). La princesse symbolise le Mal pour Des Esseintes. Ceux qui ont lu le livre et connaissent le personnage ne s'étonneront pas que cela le fascine...

Avec Mallarmé, la figure symbolique de Salomé évolue encore. L’idée de Mallarmé était de composer une œuvre qui illustrerait un nouveau type de vers. Il veut en effet « peindre, non la chose, mais l’effet qu’elle produit ».

L’inachèvement de ce poème, intitulé Hérodiade, incita peut-être Oscar Wilde, qui avait rencontré Mallarmé, à écrire sa propre version de l’histoire, et cela en français (le texte sera traduit en anglais peut-être par Wilde, aujourd'hui encore l'incertitude demeure sur l'identité du traducteur). Les textes de Huysmans et de Flaubert avaient en outre éveillé son intérêt pour ce thème. Wilde envisagea Salomé de la même façon que Des Esseintes : « Sa soif de plaisir doit être infinie, et sa perversité sans limite. »

« Ma Salomé, a dit en outre le grand écrivain irlandais, est une sœur de Salammbô ». Dans une perspective plus large, on voit que le personnage de Salomé a inspiré les plus grands (Massenet, Laforgue, Apollinaire se sont également penchés sur son histoire), et la princesse vivant au Ier siècle fut finalement une des premières femmes fatales de l’ère moderne, grâce au génie de ceux qu'elle a fasciné.

(Franz Paul Guillery 1862-1933)

(Franz Paul Guillery 1862-1933)

(Ariel Agemian 1904- 1963)

(Ariel Agemian 1904- 1963)

(Achille Parachini 1888-1970)

(Achille Parachini 1888-1970)

(Jakob Smits 1913)

(Jakob Smits 1913)

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Publié le 17 Août 2017 par bigwhy dans art

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CHICK HABIT/ April March

Publié le 16 Août 2017 par bigwhy dans pop, cover, 1996, bande originale

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Salomé (23)

Publié le 16 Août 2017 par bigwhy dans art, erotisme, histoire, salomé, femme fatale

(Albert Aublet)

(Albert Aublet)

La Salomé moderne naît avec Salammbô de Flaubert (1862), au style si singulier, intense et coloré (« Ça s’achète cher, le style », la lecture de cette oeuvre permet de mieux comprendre cette phrase de Flaubert, à noter que ce livre traduit le besoin de Flaubert de s'évader, pour ne pas dire s'extirper, littérairement de la société contemporaine qui lui a imposé un procès pour Madame Bovary, livre accusé d' « outrage à la morale publique et religieuse et aux bonnes moeurs »). Le peintre Gustave Moreau (dont le musée est un des lieux parisiens les plus fascinants que je connaisse), qui avait déjà abordé le thème de Jean-Baptiste dans plusieurs de ses tableaux, admira le roman. La lecture de Salammbô le fit passer du Baptiste à Salomé : il réalisa plus de soixante études de la princesse.

Curieux jeu d'inspiration mutuelle, Flaubert fut à son tour impressionné par certaines de ces œuvres de Moreau et il revint à ce thème. Il écrivit sa version de l’histoire de Salomé (Hérodias, qui figure dans le recueil intitulé Trois Contes, 1877) l’année où Moreau présenta L'Apparition au Salon. Son intérêt se dirigea bientôt sur les rapports d’Hérode et d’Hérodias, et surtout sur la jalousie que ressent cette dernière à l’égard de sa fille. Car Hérode voit Salomé, et il tombe sous son charme : elle lui rappelle Hérodias jeune.

« Sans fléchir ses genoux en écartant les jambes, elle se courba si bien que son menton frôlait le plancher ; et les nomades habitués à l'abstinence, les soldats de Rome experts en débauches, les avares publicains, les vieux prêtres aigris par les disputes, tous, dilatant leurs narines, palpitaient de convoitise. Ensuite elle tourna autour de la table d'Antipas, frénétiquement, comme le rhombe des sorcières ; et d'une voix que des sanglots de volupté entrecoupaient, il lui disait - « Viens ! viens ! » - Elle tournait toujours ; les tympanons sonnaient à éclater, la foule hurlait. Mais le Tétrarque criait plus fort « Viens ! viens ! Tu auras Capharnaüm ! la plaine de Tibérias ! mes citadelles ! la moitié de mon royaume ! » Elle se jeta sur les mains, les talons en l'air, parcourut ainsi l'estrade comme un grand scarabée ; et s'arrêta brusquement. Elle ne parlait pas. Ils se regardaient. Un claquement de doigts se fit dans la tribune. Elle y monta, reparut ; et, en zézayant un peu, prononça ces mots, d'un air enfantin.- « Je veux que tu me donnes dans un plat... la tête... » Elle avait oublié le nom, mais reprit en souriant : « La tête de Iaokanann ! » Le Tétrarque s'affaissa sur lui-même, écrasé. »

Les manières enfantines de Salomé, son zézaiement, tranchent avec la lascivité de sa danse. Voilà qui a dû troubler plus d’un lecteur... Flaubert retrouve avec ce conte le style flamboyant (si différent du style « éteint », comme il disait lui-même, d'autres de ses textes) qui caractérise Salammbô.

 

(Gustave Doré)

(Gustave Doré)

(Alexandre Bida)

(Alexandre Bida)

(A. H. PAYNE 1850)

(A. H. PAYNE 1850)

(F. Markham Skipworth  1897)

(F. Markham Skipworth 1897)

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Publié le 16 Août 2017 par bigwhy dans art, erotisme

"La toilette d'Esther"  Theodore Chasseriau 1842

"La toilette d'Esther" Theodore Chasseriau 1842

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Salomé (22)

Publié le 15 Août 2017 par bigwhy dans art, erotisme, salomé, histoire, femme fatale

(Renata Similkova)

(Renata Similkova)

Les figures de femme fatale empruntées à la mythologie, comme Méduse, le Sphinx (ou plutôt les sphinges), Médée, les sirènes, ou encore les vampires (qu’on pense au Vampire de Baudelaire) obsèdent nombre d’écrivains de la seconde moitié du XIXe siècle. Ces femmes à la beauté sensuelle et inquiétante, aux pulsions parfois meurtrières, s’opposent à l’image tout aussi répandue de la mère modèle.

Parmi ces femmes fatales, Salomé, princesse de Judée, a cristallisé les passions de grands écrivains et artistes. Sur la demande de sa mère, Hérodiade, Salomé danse devant son beau-père Hérode Antipas pour obtenir la tête de saint Jean-Baptiste. D’un côté, elle représente la sexualité mortelle (sa mère Hérodiade, qui la manipule en vue de se venger de Jean-Baptiste, est d’ailleurs elle-même une femme fatale), d’un autre elle conserve une certaine innocence, un côté enfantin (cf. la pièce Salomé d'Oscar Wilde, avec le passage où Salomé a pour caprice de voir de près « la chair très froide, comme de l'ivoire » de Jean-Baptiste). Les Évangiles la peignent plutôt comme une jeune fille irresponsable. Voilà une ambiguïté à même de créer un personnage voluptueux, troublant, dont l'orientalisme ajoute au désir qu'elle suscite.

 

(Gustav Adolf Mossa)

(Gustav Adolf Mossa)

(Maxwell Armfield)

(Maxwell Armfield)

(hisha kate lee)

(hisha kate lee)

(Guillaume Sorel)

(Guillaume Sorel)

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Publié le 15 Août 2017 par bigwhy dans vintage girl, pin up, photography

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WATER NO GET ENEMY/ Ceux Qui Marchent Debout

Publié le 14 Août 2017 par bigwhy dans cover, world music, groove, 2003

(2003)

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Salomé (21)

Publié le 14 Août 2017 par bigwhy dans art, erotisme, salomé, histoire, femme fatale

(Hannibal King)

(Hannibal King)

Toutefois, la Salomé des Symbolistes génère tout autant un sentiment de répulsion que de fascination. Elle devient dès lors paradoxalement une sorte d’Idéal féminin en raison même de son pouvoir érotique. Et c’est en toute logique qu’elle se substitue à la figure – beaucoup trop matérialiste à leur goût – de la Femme mariée et de la Mère, tant mise en avant par leurs prédécesseurs, comme Michelet dans son essai La Femme (1859) ou Balzac dans sa Physiologie du mariage (1829).

En somme, la fugitive figure biblique de Salomé s’est enrichie au fil des siècles grâce à un imaginaire principalement littéraire et pictural. La seconde moitié du XIXe siècle se révèle capitale car elle produira les œuvres littéraires qui constituent pour tous les artistes le corpus à imiter et à transcender. La danse que Salomé exécute recèle pour les créateurs qui la célèbrent mille facettes, qui toutes symboliseraient « la tentative surhumaine » – et donc fatalement impossible – « de vouloir posséder l’être de l’autre ». C’est à cette caractéristique essentielle que Marc Bochet associe « la permanence du mythe » et sa « continuelle modernité ».

(Andre Hofer)

(Andre Hofer)

(melody Shi)

(melody Shi)

(John Buckland-Wright 1926)

(John Buckland-Wright 1926)

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