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Bigwhy? Finest?

Fanzine Enthousiaste & Curieux

Film à Voir: LES VIRTUOSES de Max Herman (1997)

Publié le 30 Juin 2016 par bigwhy dans film, comédie, social, politique, UK, Bande annonce

Film à Voir: LES VIRTUOSES de Max Herman (1997)

Parfaitement d'actualité en cette période de Brexit & d'abandon des classes laborieuses par les élites. Tout cela a commencé avec Tahtcher & la greve des mineurs...............

A première vue, raconté en deux mots, Les Virtuoses s’inscrit dans la lignée des films britanniques de veine sociale à la Ken Loach : dans les années quatre-vingt, à Grimley, une ville minière du Yorkshire, la mine va fermer, mettant au chômage la plupart des hommes. Le chef d’orchestre de la fanfare locale, Danny, tente de persuader les mineurs qui s’époumonent sous ses ordres que cela vaut la peine de continuer. A sa femme qui s’énerve de le voir abandonner la lutte syndicale pour souffler dans son tuba, un mineur répondra timidement : « Au moins, là, les gens nous écoutent... » La musique, refuge de la dignité des mineurs. On voit déjà à peu près la leçon que le film va nous asséner, mais on va quand même le voir, histoire de faire notre devoir en nous coltinant la dure réalité, et de payer notre tribut, une fois de temps en temps, à un cinéma qui ne nous raconte pas d’histoires, qui nous empêche de nous en raconter.


Or, Les Virtuoses nous prend à revers. Certes, Mark Herman ne fait pas de cadeau. Il ne triche pas. Il montre la dureté de la vie des mineurs, les humiliations et le mépris dont ils sont victimes de la part de la compagnie qui exploite la mine, le dénuement des pavillons de brique mitoyens, les poches toujours à sec, la nécessité de compter chaque pièce, l’angoisse de l’avenir, les dettes, les créanciers sans pitié, les humiliations, les foyers détruits par les horaires de travail décalés... Mais il ne montre pas que cela. Parce que la vie, ce n’est pas que cela. Il pointe l’horreur, mais aussi les moyens par lesquels on peut résister, garder sa dignité d’être humain : la solidarité, l’amitié, l’autodérision (« Je suis mineur, dit Phil à une bourgeoise de la ville. Mais si, vous savez bien... Dinosaures... Brontosaures... Mineurs... »), l’humour (on rit sans cesse dans Les Virtuoses), et les bulles que l’on peut se ménager à l’intérieur de cette horreur pour essayer d’être heureux malgré tout - la musique pour Danny le chef d’orchestre, l’amour pour Andy et Gloria comme pour les autres couples... Le film tire sa force de l’oscillation permanente des personnages entre euphorie et désespoir. Grâce à ce constant souci d’équilibre, il cesse d’être un documentaire sur des animaux curieux décimés par le thatchérisme, et atteint l’universel.

Dans Télérama, Ulysse, l’icône qui résume l’opinion du journaliste en tête de chaque critique de film, fait la fine bouche à propos des Virtuoses à sa sortie en France, en juin 1997. En lisant l’article, on découvre que la seule réserve émise concerne le fait que le réalisateur ait « greffé sur cette chronique ouvrière une love story cousue de fil blanc, en vue sans doute de toucher un plus large public ». Ainsi, il faudrait choisir : soit on fait un film « social » - une « chronique ouvrière » -, soit on fait un film d’amour - mais pas les deux à la fois... Ce cloisonnement est absurde. On ne le retrouve pas dans la vie. L’imposer, c’est condamner le cinéma à être éternellement incomplet, amputé, c’est lui ôter toute capacité rassembleuse et maintenir ce fossé calamiteux entre « grand public » et « intellos ». Cette réserve concernant la love story a d’ailleurs disparu sous la plume des critiques de l’hebdomadaire au fur et à mesure que le succès public du film se confirmait. Comme Youssef Chahine dans Le Destin, Mark Herman détourne la forme hollywoodienne pour la mettre au service d’un sujet qui l’est beaucoup moins. Les Virtuoses est un film généreux : il montre un désastre dans toute son étendue, des vies brisées, des dignités confisquées, parce que cela s’est réellement produit et continue de se produire, mais sans en rajouter. Il est significatif que Danny, mineur à la retraite qui crache du charbon dans son mouchoir et se sait condamné à brève échéance, ne meure pas dans le film et ait le bonheur de voir son entreprise aboutir - on savait pourtant depuis Au nom du Père qu’en général, lorsqu’il interprète un rôle de père tragique, Pete Postlethwaite (prodigieux comédien qui se commet en chasseur-baroudeur dans The Lost World-Jurassic Park II) meurt à la fin... Ici, il n’en est rien, et le film se termine sur l’image du visage de Danny victorieux, la tête haute, les yeux brillants.

Dignité : le mot, ici, prend tout son sens, tout son poids, de façon éclatante. Les mineurs des Virtuoses font la conquête du spectateur, ils forcent l’admiration parce que chacune de leurs répliques provoque le rire comme un coup de chapeau, surprend, épate. Au moment où Andy (Ewan McGregor) se fait traiter de « briseur de grève » par l’un de ses compagnons parce qu’il a couché avec Gloria, qui travaille pour la direction de la mine, les autres mineurs tentent de calmer le jeu, et le compagnon reprend : « Okay, Andy, je retire ce que j’ai dit. T’es juste un sale con. » Le spectateur imagine que la scène va se conclure classiquement par une empoignade, une bagarre. Mais Andy, après un silence, serre les poings et répond calmement, avant de quitter la salle : « Je préfère. »

« A l’homme qui se rebelle et qui lutte, la télévision préfère l’homme à terre », écrivent Gilles Balbastre et Joëlle Stechel dans leur article « Le monde du travail interdit de télévision », paru dans Le Monde diplomatique. Heureusement le cinéma est là, parfois, pour combler ce vide dans notre représentation du monde.

Film à Voir: LES VIRTUOSES de Max Herman (1997)
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One track a day: FEEL LIKE JUMPING by Marcia Griffiths

Publié le 30 Juin 2016 par bigwhy dans musique, video, reggae, jamaique

One track a day: FEEL LIKE JUMPING by Marcia Griffiths

Aujourd'hui, c'est une femme que l'on met à l'honneur. Il s'agit de la grande Marcia Griffiths avec son tube "Feel Like Jumping", histoire de se mettre bien en forme.

Enregistré en 1968 à Studio One, "Feel Like Jumping" est le premier hit de Marcia, qui deviendra plus tard membre des I-Threes, les choristes de Bob Marley. Le riddim vous dit quelque chose ? Normal, il s'agit du Boops Riddim, plus connu sous le nom de 54-46, celui-là même du tube de Toots and The Maytals.

Marcia Llyneth Griffiths, née le 23 novembre 1949 à Kingston en Jamaïque, est une chanteuse de rocksteady et de reggae mondialement célèbre. Elle est surnommée la "Reine du Reggae".

Marcia commence tôt sa carrière musicale en 1964 à l'âge de 11 ans. Son premier hit " Feel Like Jumping " sort en 1968. C'est son compagnon, Bob Andy, qui écrit les textes de ses chansons. Entre 1970 et 1974 elle forme d'ailleurs avec lui le duo Bob & Marcia qui signe sur le label Harry J. Leur reprise de la chanson de Nina Simone "Young, Gifted and Black " (" jeunes, doués et Noirs ") va les rendre célèbres, notamment en Angleterre1. En 1974 Marcia intègre les I-Threes, le groupe de choristes qui accompagne Bob Marley & The Wailers. À la fin des années 1990, elle réintègre parfois le groupe pour les nombreuses tournées qu'il effectue dans le monde entier, et chante plusieurs titres en solo lors de ces concerts.

En 1988, sa chanson Electric Boogie (écrite par Bunny Wailer) est à ce jour la plus grande vente d'une artiste féminine de reggae.

Elle participe en 2014 à l'album de Groundation a A Miracle.

One track a day: FEEL LIKE JUMPING by Marcia Griffiths
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Pin Up: Joi Lansing

Publié le 29 Juin 2016 par bigwhy dans pin up, vintage girl, 50's, 60's, USA

Pin Up: Joi Lansing

Joi Lansing naquit Joy Brown à Salt Lake City, Utah, le 6 avril 1928 de Jack Glenn Brown, un vendeur de chaussures et Virginia Grace Shupe, une femme au foyer. Elle devait plus tard être connue sous le pseudonyme de Joyce Wassmansdorff, qui était le nom de son beau-père. La famille déménagea à Los Angeles en 1940. Adolescente, elle commença à servir de modèle et à 14 ans, signa un contrat avec la MGM. Elle termina ses études secondaires à l’école du studio.
Actrice et mannequin, Joi Lansing était souvent castée dans des rôles similaires à ceux joués par ses contemporaines, Jayne Mansfield et Mamie Van Doren. Elle était souvent habillée dans des tenues très collantes et des bikinis qui mettaient en valeur ses formes généreuses, mais elle ne posa jamais nue. Joi Lansing pratiquait le yoga pour se relaxer et était une mormonne convaincue qui ne buvait et ne fumait pas.
La carrière de Joi Lansing commença en 1948, et en 1952 elle décrocha un rôle non crédité dans un film de la MGM, Chantons sous la pluie. Son nom figura en haut de l’affiche de Hot Cars (1956). Dans la première scène du film d’Orson Welles, La Soif du Mal (1958), elle interprétait Zita, la danseuse qui mourait à la fin de la célébre première scène de poursuite, tout en criant à un garde frontière, "Je continue d’entendre ce bruit d’horloge dans ma tête!" Joi Lansing eut un bref rôle, celui de la petite amie d’un astronaute dans le film de science-fiction de 1958, Queen of Outer Space. Durant les années 1960, elle fut la vedette de courts films musicaux pour le système des vidéo-jukebox, appelés Scopitone. Parmi ses chansons, figuraient "The Web of Love" et "The Silencers".
En 1964, le producteur Stanley Todd discuta d’un projet de tournage avec Joi Lansing, provisoirement intitulé Project 22, avec des tournages prévus en Yougoslavie et avec en vedettes, George Hamilton et Geraldine Chaplin. Le film ne fut jamais réalisé.
Joi Lansing incarna "Lola" dans Les Inséparables (1965) avec une distribution qui comprenait Frank Sinatra, Deborah Kerr et Dean Martin. Elle était auparavant apparue dans un autre film avec Frank Sinatra, Un trou dans la tête et une comédie avec Dean Martin, Qui était donc cette dame ? Elle refusa la chance qui lui fut donnée de remplacer Jayne Mansfield dans The Ice House (un film d’horreur) et à la place apparut dans Hillbillys in a Haunted House, en remplacement de Mamie Van Doren. Son dernier film fut Bigfoot (1970).
Joi Lansing apparut dans The Adventures of Wild Bill Hickok, It's a Great Life, I Love Lucy, Where's Raymond?, Noah's Ark, State Trooper, The People's Choice, Richard Diamond, Private Detective, Sugarfoot, Bat Masterson, This Man Dawson, Maverick, Petticoat Junction, The Mothers-in-Law, The Adventures of Ozzie and Harriet et eut un rôle récurrent dans The Beverly Hillbillies.
Elle figura parmi plusieurs actrices et mannequins glamour qui auditionnèrent pour le rôle de Sheena, Queen of the Jungle; parmi les autres compétitrices se trouvaient Debra Paget, Anita Ekberg, Laurette Luez et la strip-teaseuse Lilly Christine. Le rôle échut finalement à Irish McCalla.
En 1957 elle incarna Vera Payson dans un épisode de Perry Mason, intitulé "The Case of the Crimson Kiss." Elle est peut-être surtout connue pour son rôle de Shirley Swanson dans Le Bob Cummings Show ou Love That Bob (1956–1959). Elle y apparut dans plusieurs épisodes dans le rôle d’une mannequin à forte poitrine qui était une mine d’or pour le photographe, Bob Collins, interprété par Bob Cummings. La série compta 173 episodes. Elle apparut aussi dans le rôle titre de Superman's Wife, un épisode de 1958 de The Adventures of Superman.
Ce qui fut ironiquement le meilleur rôle de Joi Lansing fut probablement le dernier que l’on ait vu d’elle —le rôle principal de The Fountain of Youth, un épisode pilote invendu, honoré par l’octroi d’un Peabody Award, réalisé par Orson Welles pour la Desilu en 1956 et diffusé à une seule occasion au Colgate Theatre, deux ans plus tard. Ce film d’une demi-heure reste accessible à la vue du public au Paley Center for Media de New York City et Los Angeles.
Durant la saison 1960-1961 de la série western Klondike, Joi Lansing apparut dans le rôle de Goldie avec Ralph Taeger, James Coburn et Mari Blanchard. En 1960, elle apparut dans le rôle d’un personnage sans nom dans l’épisode intitulé "Election Bet" de la série Bonne chance, Mr. Lucky. En mai 1963, Joi Lansing apparut dans Falcon Frolics '63. L’émission honorait les hommes stationnés sur la Vandenberg Air Force Base. Avant 1956, elle avait figuré au générique de plus de 200 émissions télévisées.
Elle apparut dans 5 épisodes de The Beverly Hillbillies dans le rôle de "Gladys Flatt," l’invraisemblable épouse glamour du musicien de bluegrass Lester Flatt.
Elle prétendit qu’ Ozzie Nelson était l’acteur qui avait le plus de sex appeal parmi tous ceux avec qui elle avait travaillé. Les deux protagonistes interprétèrent une scène d’amour au Fireside Theater drama. Le show était organisé par Jane Wyman. Joi Lansing était quelquefois surnommée la Marilyn Monroe de la télévision.
Joi Lansing fit son apparition dans le divertissement en night club en 1965. Elle avait repris le chant au cours d’une grève d’acteurs au début des années 1960. En mai 1965, elle enregistra son premier album. Il fut composé d’une suite de chansons conçues spécialement pour elle par le compositeur Jimmie Haskel et l’actrice Stella Stevens. Joi Lansing se produisit au Fiesta Room de Las Vegas, Nevada, en juillet 1966. Figuraient également à l’affiche Red Buttons et Jayne Mansfield.
Le 7 août 1972 Joi Lansing décéda d’un cancer du sein au St. John's Hospital de Santa Monica, California où elle avait été initialement traitée chirurgicalement plus tôt dans l’année. Elle est enterrée au Santa Paula Cemetery de Santa Monica.

Pin Up: Joi Lansing
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One track a day: SHAKIN ALL OVER by Johnny Kidd & The Pirates

Publié le 29 Juin 2016 par bigwhy dans musique, video, rock, 50's, 60's, UK

One track a day: SHAKIN ALL OVER by Johnny Kidd & The Pirates

Shakin' all Over a été créé par un certain Frederick Heath plus connu sous le nom de Johnny Kidd. Avec ses Pirates Alan Caddy (guitare), Brian Gregg (basse), Clem Cattini (batterie) et Joe Moretti (Guitare solo), il enregistre ce titre devenu un « classique » du rock. « Shakin all over » sort en aout 1960 et c'est un succès.

Kidd est réputé avoir déclaré au sujet de « Shakin... » : Je sortais avec une bande de potes et dès que nous voyions une fille qui était vraiment sexy, nous disions qu' « elle nous donnait des frissions dans les tibias ». C'était ce que nous disions au sujet de n'importe quelle jolie fille. Je dois avouer que c'est cela plus que n'importe quoi d'autre qui m'a inspiré pour écrire « Shakin' all over ».

« Shakin all over » a été repris un peu partout, un peu à toutes les époques, un peu par tout le monde : Vince Taylor, the Who, Flamin Groovies, Iggy Pop......

Johnny Kidd & The Pirates est le groupe de Rock n'roll britanique qui fait la transition entre le rock n'roll des Fifties de Chanteurs comme Tommy Steele, Terry Dene ou Cliff Richard qui s'inspirent tout en l'adaptant la musique des Rockers américains, vers celui des groupes qui révolutionnent la musique au milieu des sixties comme les Beatles, les Rolling Stones ou les Who.
Johnny Kidd (de son vrais nom Frederick Heath) est né à Willesden en Angleterre en 1935. Comme de trés nombreux rockers il commence dans les fifties en faisant du skiffle, mais doucement il commence à intégrer de plus en plus dans ses formations suivantes des titres de rhythm and blues.

One track a day: SHAKIN ALL OVER by Johnny Kidd & The Pirates
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Bookcrossing: Les Racines du Mal de Maurice Dantec

Publié le 28 Juin 2016 par bigwhy dans livre, polar, science fiction, france, canada

Bookcrossing: Les Racines du Mal de Maurice Dantec

Maurice Dantec vient de mourir à 57 ans, ce 25 juin 2016, d'une crise cardiaque, suite fatale d'une longue maladie, et la nouvelle nous laisse pétris de regrets plus encore que de peine. On y avait cru pourtant, à l’immense écrivain de genre, à l’héritier de Manchette, à celui qui allait abolir toutes les barrières entre les littératures, au créateur immense né dans les cendres d'une série noire qu'il revitalisa et habilla des oripeaux de la SF. Quand paraît en 1995 Les Racines du mal, le choc est immense. Ce roman aux dimensions inhabituelles (635 pages, record de la collection) mêle polar et science-fiction en suivant la traque d’un « cognitien » aux trousses d’un groupe de serial killers. Un lyrisme sauvage en embrase les pages. A l’art du « page turner », Dantec, né en 59 à Grenoble en milieu ouvrier et communiste, nourri à Nietzsche, Burroughs et Dick, joint celui du novateur. Il invente une langue, parsème ses livres d'adjectifs geek, joue avec les majuscules et les répétitions, lie ses mots par des traits d’union inattendus. Du langage scientifique, il fait une partition poétique sur laquelle il composera jusqu'à l'outrance des phrases neuves et envoutantes.

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Ce sentiment « d'incapacité à en sortir », à franchir enfin la porte du millénaire pour entrer dans le grandiose avenir devait se traduire un jour dans le domaine littéraire. Les événements relatés dans le roman de Maurice G. Dantec débutent en 1993 et se terminent au début de l'année 2000 et montrent bien que si l'espoir existe de jamais retrouver « la tension linéaire de la modernité et du progrès », celui-ci est bien faible : malgré tous les efforts que nous faisons pour nous échapper vers des perspectives meilleures, c'est dans la boue du siècle que nous ne cessons de patauger.

Mais de quoi s'agit-il au juste, se demande le lecteur que les philosophes contemporains laisseraient indifférents ?

Le roman pesant ses 635 pages, on se contentera d'un survol de cette histoire de tueurs en série au suspense sans faille, que l'on ne peut que recommander à ceux qui aiment autant l'action que la réflexion, surtout lorsque cette dernière ne fait jamais obstacle à la première mais au contraire la soutient. L'intégration de la réflexion et de l'action est peut-être même ce que ce livre réalise de mieux : l'exemple le plus frappant étant la description, par l'intermédiaire de Prigogine et des théories sur les systèmes chaotiques de la façon dont une bande de gamins, en pissant sur la glace qui recouvre un étang gelé, découvrent un cadavre horriblement mutilé...

Cela commence au début des années 90 : Andréas Shaltzmann, individu psychotique persuadé que la terre est envahie par des aliens et des nazis commet le premier d'une série de meurtres qui s'achèvera par une tentative de suicide. Sa trajectoire hallucinée est reconstruite a posteriori par Arthur Darquandier (surnommé Dark), un jeune cogniticien, spécialiste des intelligences artificielles, engagé par le professeur Gombrowicz, lui-même spécialiste des tueurs en série qui travaille avec les autorités policières françaises sur ce cas difficile. Le malheureux Andréas finit par être arrêté, au terme d'une terrifiante dérive dans la folie meurtrière. Néanmoins, un problème se pose, du moins pour Darquandier : certains meurtres qui lui sont attribués ne semblent pas correspondre au schéma de sa psychose bien particulière. L'hypothèse est confirmée par le « schizo-professeur », un système de proto-intelligence artificielle dédié à l'analyse des comportements des criminels en série. Hélas — c'est la loi du genre — les autorités françaises ne croient pas aux avancées de la science, et surtout, ne veulent pas perdre la face. Darquandier ayant un sale caractère, il se retrouve éjecté de l'affaire, et se rend à Montréal, puis en Australie, où il développe la neuromatrice, « une intelligence artificielle » de pointe couplée au nec plus ultra des interfaces « virtuelles », ce qui le conduit peu après à revenir en Europe où, censé recruter des collaborateurs, il finit par prendre contact avec l'ancienne collaboratrice du professeur Gombrowicz... et certains tueurs en série. En révéler plus serait déflorer les spirales de cette plongée dans l'horrible, alors que Dark, aidé de son intelligence artificielle, se lance à la poursuite des tueurs — ce livre appartient sans conteste — et je considère ça comme un compliment — à la catégorie des « page-turners » — les livres-qui-font-tourner-les-pages.

Là où il se distingue d'autres romans sur des tueurs en série, c'est qu'alors que ce type de fiction a pour objet principal, parallèlement à la poursuite/capture du tueur, le dévoilement et la compréhension de sa psychologie, Les racines du mal est aussi un roman de Science-Fiction à part entière : d'une part parce que ce que nous apprenons sur Andréas Shaltzman n'a pu être révélé qu'en 1997, grâce à de nouveaux médicaments, les « accélérateurs neuroniques », ensuite parce que la neuromatrice, dont la personnalité intègre des composantes empruntées à Shaltzmann et au narrateur est bien entendu un concept tout ce qu'il y a de plus science-fictionnel — et sans lequel rien de ce qui constitue les troisième et quatrième parties du roman ne pourrait arriver. Cette union donne à la convention qui veut que les meilleurs enquêteurs capturent les criminels parce qu'ils ont beaucoup en commun avec eux prend là une dimension toute nouvelle. D'autre part, là où les histoires de tueurs en série traditionnelles s'arrêtent en général à la compréhension de la personnalité du meurtrier, Les racines du mal analyse la folie, le crime, la violence et la destruction à l'échelle de la société, le mal à l'échelle des structures même du réel.

« Nous rompions définitivement avec les théories rousseauistes qui voyaient en l'homme un être fondamentalement bon, et la société une énorme machine programmée pour le pervertir. Pour nous, les sociétés sont une invention de l'humain, c'est-à-dire de son néocortex, et non l'inverse. Nous pensions tous deux que le mal, l'agressivité et l'instinct de destruction formaient une composante essentielle de la vie. »

Ce que Dark va vivre après avoir échangé ces réflexions avec un collègue confirmera bien ce qu'ils ont entrevu : à la fin du roman, l'an 2 000 n'a effectivement pas lieu, en tout cas pas au sens où il marquerait l'avènement d'une ère nouvelle. Au contraire, dans une Europe qui semble vouée aux forces de l'entropie, le mal sévit encore — même si, ailleurs, des intelligences artificielles s'envolent pour la Lune. Et c'est peut-être là le message essentiel du livre : les racines du mal sont les nôtres, elles nous sont consubstantielles — où, comme dirait Edgar Morin, l'homme est un « sapiens-demens ». Autrement dit l'homme n'est pas capable du meilleur (l'intelligence, l'altruisme, la création) en dépit du pire (la violence, la folie, l'agressivité, la guerre, la destruction) mais parce que il est en aussi capable. « L'extrême consignée de sapiens côtoie, risque, brave, plonge dans le délire et la folie. La démence est la rançon de la sapience. »

Désormais, notre passé nous condamne à ne jamais franchir la porte de l'avenir, celle qui nous libérerait à la fois du mal et de son souvenir. Censé écrire son témoignage en 2 020, Dark ne voit pas de grandiose avenir, où rien ne serait comme avant, où tout porterait la marque indélébile du Progrès. Comme nous autres prisonniers de la bulle de présent, il nous sait condamnés à vivre dans l'intermonde « une plage très réduite de probabilités, une zone instable où les forces contraires de l'entropie et du chaos s'annulent à peu près. »

Pour conclure, je dirai qu'il y a peut-être aujourd'hui deux façon d'écrire de la Science-Fiction : l'une est l'option « réaliste », à laquelle appartiennent Dantec et sans doute aussi William Gibson. Dans cette vision rien ne change radicalement et l'auteur ne peut que constater le pire. C'est raisonnable, étant donné l'état du monde, mais frustrant : l'émotion science-fictive vient justement de ce qu'on décrit le différent, le nouveau, et non le même, d'où la nécessité de la deuxième option, selon laquelle « quelque chose s'est passé » — la nanotechnologie, le cyberspace, la conquête de Mars, et où, au prix d'un petit saut quantique, on s'extrait de la bulle de présent pour entrer dans le grandiose avenir. Je ne dirai pas que l'une vaut mieux que l'autre, je me bornerai à recommander la lecture d'un roman intelligent, haletant et indispensablement contemporain.

(noosphere)

Bookcrossing: Les Racines du Mal de Maurice Dantec
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One track a day: HOLY MOUNT ZION by Disrupt

Publié le 28 Juin 2016 par bigwhy dans musique, video, dub, digital, electro, allemagne, label, internet, facebook

One track a day: HOLY MOUNT ZION by Disrupt

Ne venant pas du reggae à la base mais de la scène électro, Jan Gleichmar (aka Disrupt) baigne à ses débuts dans la techno minimale, celle de Detroit, et écoute également beaucoup de labels tels que Basic Channel, Mille Plateaux ou Force Inc. C’est dans un magasin de musique électronique réputé où il travaille, qu’il découvre le label Rhythm & Sound et aussi l’intégralité du catalogue Wackies (dont il s’inspirera régulièrement par la suite) par le biais des rééditions du label Basic Channel. A la fois fasciné par la construction rythmique et la puissance du dub, il tombe littéralement sous le charme et s’oriente, au début des années 2000, vers la scène reggae/dub digital. A l’époque, il ne dispose évidemment pas de studio, et il fabrique ses riddims avec les moyens du bord, essentiellement des ordinateurs de la « grande époque » comme le Commodore 64, l’Amiga 500 ou encore l’Atari ST dont le nom de son futur label s’inspirera. (Jahtari)

Premier album de Disrupt, l’EP Fistful Of Dub (référence évidente au film A Fistful Of Dollars de Sergio Leone, 1964), distribué sur le netlabel Phonocake en mai 2004, contient une sélection de ses premières productions dub digital. Gateless Barrier ouvre le bal avec sa ligne de basse planante, suivi par Dont Talk – Shoot, un dub bien roots qui s’ouvre sur la mélodie bien connue d’un autre classique de Sergio Leone sorti en 1966, à savoir The Good, The Bad And The Ugly. Le morceau Argumentest une refonte du terrible morceau du même nom de Jah Batta paru sur le label new-yorkais Wackies. Holy Mount Zion revisite quant à lui le légendaire Drum Song riddim. Cet album connaissant un petit succès, Jan Gleichmar décide d’aller plus loin et fonde, en novembre 2004, son propre label qu’il décide d’appeler Jahtari. Ce nom est tout simplement la contraction de Jah et d’Atari, le label Jahtari possédant un son particulier, à mi-chemin entre les sonorités 8-bit et le reggae/dub digital.

One track a day: HOLY MOUNT ZION by Disrupt
One track a day: HOLY MOUNT ZION by Disrupt
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Weird Vintage Cars: Bisiluro Damolnar

Publié le 27 Juin 2016 par bigwhy dans weird cars, 50's, italie

Weird Vintage Cars: Bisiluro Damolnar

Dans le domaine de la fantaisie, de l'originalité & du style, l'Italie n'a rien à envier aux autres nations................

La "Bisiluro Damolnar" (Bisiluro = torpille jumelle) a été construite pour Mario Damonte par Carlo Mollino et Nardi.

Moteur de Gianni, 737 cc, 62 BHP (46 kilowatts) a 7000 t/mn, 450 kilogrammes (992 livres), (148 km/h).
Elle a courru au Mans en 1955. Elle est actuellement au musée "Léonardo Da Vinci" à Milano.

Weird Vintage Cars: Bisiluro Damolnar
Weird Vintage Cars: Bisiluro Damolnar
Weird Vintage Cars: Bisiluro Damolnar
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Mash Up: Burn Dem Down by L'Entourloop

Publié le 27 Juin 2016 par bigwhy dans musique, video, hip hop, reggae, mashup, france, internet, facebook, agenda, concert

Mash Up: Burn Dem Down by L'Entourloop

When Hip Hop goes yardie ! ...Quand la fine fleur des MC's US croise le fer avec la vieille garde jamaicaine , ça donne L 'ENTOURLOOP ! Duo de beatmakers/DJ’s, L’Entourloop revendique un son original et fédérateur alliant deux musiques cousines : le Hip Hop & le Reggae.

Le duo stephanois arrive enfin avec son 1er EP ! Quelques mois à peine après avoir balancé leur premiers mashups sur le net, le soundcloud de l’Entourloop compte déjà plus d’ 1 million de lectures ! Quand à leur track « Dreader than Dread » en collaboration avec Skarra Mucci, elle se rapproche rapidement des 500 000 vues.

Élevé aux riddims jamaicains tout autant qu’aux sound systems anglais ou au HipHop américain, le duo stéphanois s’amuse à mixer l’ensemble et fait appel tout autant aux piliers du genre (Jamalski) qu’aux nouvelles recrues (Bang On !) pour dynamiter les dancefloors.

Ils seront en concert Gratuit le mercredi 13 juillet à La Cadiere (83) avec Flox

Mash Up: Burn Dem Down by L'Entourloop
Mash Up: Burn Dem Down by L'Entourloop
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Film a voir: YOGANANDA (2014) de Paola di Florio & Lisa Leeman

Publié le 24 Juin 2016 par bigwhy dans film, documentaire, biographie, reflexion

Film a voir: YOGANANDA (2014) de Paola di Florio & Lisa Leeman

Superbe & Universel! Le genre de film qui te recharge a bloc & qui est profondément émouvant.

Je l'ai vu hier & maintenant j'ai envie de faire du Yoga.....

Le film retrace la vie de Paramahansa Yogananda qui a fait connaître dans les années 1920 des techniques du yoga et de la méditation en Occident. Son livre « Autobiographie d'un Yogi », best seller mondial, a été une source d'inspiration pour d'innombrables yogis et des personnalités comme George Harrison, Russell Simmons ou encore Steve Jobs. En évoquant le voyage de l'âme comme une oppression de l'égo et de l'illusion de monde matériel, le film créé une immersion dans l'irréel. Ce film raconte finalement l'histoire de l'humanité elle- même : les épreuves auxquelles tous les êtres sont confrontés pour se libérer des souffrances et rechercher un bonheur durable.

Né Mukunda Lal Gosh, à Gorakhpur, Inde, dans une famille de caste supérieure, il fréquente dès son adolescence de nombreux saints hindous. Il rencontre son maître spirituel Sri Yukteswar Giri à l'âge de 17 ans, en 1910. Il est ensuite scolarisé à l'école secondaire de Scottish Church College puis il obtient une licence enphilosophie et lettres à l'université de Calcutta. En 1915, il devient moine dans l'ancien ordre monastique desSwami (moines hindous), et transforme son nom en « Swami Yogananda ».

Il se rend aux États-Unis en 1920, comme représentant de l'Inde à un congrès des religions libérales, à Boston. Il fonde en 1920 la Self-Realization Fellowship (que l'on peut traduire par « Communauté de la réalisation du soi ») et donne des conférences dans de nombreuses villes américaines et notamment sur la côte Ouest des États-Unis. Le principal objectif de son organisation est de diffuser les anciennes pratiques et la philosophie duKriya Yoga, enseignée par son maître swami Sri Yukteswar, et ceux qui l'ont précédé : Mahavatar Babaji et Lahiri Mahasaya.

En 1924, après une tournée aux États-Unis, il établit le siège de son organisation à Los Angeles, dans une propriété appelée « Mount Washington ». Ses principaux enseignements sont fondés sur la méditation et la pratique de certaines techniques de Kriya Yoga.

En 1946, il publie son autobiographie Autobiographie d'un yogi. L'ouvrage contient le récit de ses expériences surprenantes, ainsi que l'exposé des principes du Kriya Yoga.

Le film retrace la vie de Paramahansa Yogananda qui a fait connaître dans les années 1920 des techniques du yoga et de la méditation en Occident. Son livre « Autobiographie d'un Yogi », best seller mondial, a été une source d'inspiration pour d'innombrables yogis et des personnalités comme George Harrison, Russell Simmons ou encore Steve Jobs. En évoquant le voyage de l'âme comme une oppression de l'égo et de l'illusion de monde matériel, le film créé une immersion dans l'irréel. Ce film raconte finalement l'histoire de l'humanité elle- même : les épreuves auxquelles tous les êtres sont confrontés pour se libérer des souffrances et rechercher un bonheur durable.

Film a voir: YOGANANDA (2014) de Paola di Florio & Lisa Leeman
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Cover: ONE MORE TIME (The Clash) by Citizen Sound

Publié le 24 Juin 2016 par bigwhy dans musique, video, reggae, dub, canada, internet, facebook, cover

Cover: ONE MORE TIME (The Clash) by Citizen Sound

Citizen Sound est un dj/ producteur canadien de Toronto, profondément marqué par le dub & la culture Sound System. Il a participé a "Shatter the hotel a dub tribute to Joe Strummer" qui est une compil canadienne confidentielle, mais néanmoins excellente.

Moi c'est, en grande partie grace au Clash, que je me suis interessé au reggae & au dub, 30 ans + tard c'est toujours le cas, Merci Joe, tu seras toujours un exemple. (le grand frere que je n'ai pas eu!)

Cover: ONE MORE TIME (The Clash) by Citizen Sound
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