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Bigwhy? Finest?

Fanzine Enthousiaste & Curieux

Articles avec #photo catégorie

Focus sur un artiste: Eric Keller

Publié le 9 Juin 2017 par bigwhy dans art, photo, erotisme, france, internet, facebook

Focus sur un artiste: Eric Keller

Mystère & sensualité en sépia, pour un photographe: Eric Keller qui cite Gustave Moreau & Dead Can Dance comme références, soit une esthétique sans aucune faute de gout: tout simplement magique.....

On me demande parfois pourquoi je me plais à répéter depuis des années, et sans me lasser, ce genre de photographies. Il y a toujours plusieurs façons d’expliquer les choses. Adolescent, je dessinais beaucoup. A la plume trempée d’encre de Chine, je couvrais le papier de formes, d’arabesques et de hachures dont émergeaient des corps, des chevelures.

Un jour, en feuilletant une encyclopédie, j’ai été arrêté par la reproduction d’un tableau : sous mes yeux, dans le décor à peine esquissé d’un palais oriental, évoluait une gracieuse reine, ou une prêtresse. Sur son corps pâle, presque nu, mais paré de lourds bijoux, le peintre avait fait courir un délicat entrelacs de signes et de symboles. L’attitude hiératique de la danseuse en faisait une idole sacrée. Il s’agissait d’une Salomé de Gustave Moreau. Cette scène peinte synthétisait en une seule image une représentation du corps féminin tel que je le cherchais dans mes dessins et des éléments de mon environnement. Dans les voûtes et les colonnes aux allures byzantines, je retrouvais les perspectives aperçues dans certaines usines de ma ville natale, ainsi que leurs couleurs de rouille et d’oxydes, de l’ocre-rouge au noir. Huysmans, dans A rebours décrit bien mieux que moi le pouvoir envoûtant des différentes versions de ce tableau (qui se mélangent dans ma mémoire). J’y trouvais pour ma part une correspondance évidente avec mes préoccupations, comme plus tard dans la poésie de Baudelaire, puis dans les mélopées de Lisa Gerrard.......

Il me semble que l’atmosphère sombre de mes images n’est que le reflet du trouble que je ressens devant la beauté et l’impossibilité de la saisir dans sa totalité. L’échec inévitable de sa possession. Au cours de la séance, le buste rehaussé de colliers et les poignets cerclés de bracelets, le modèle est transfiguré et devient une pythie, un succube, une amazone, Judith, Lucrèce. Chacune me prête sa grâce. Unique pour chacune. Je ressuscite la chamane défunte et elle évolue devant moi, reprend ses poses stylisées, ses gestes codés et sa danse incantatoire. Elle me fixe à travers le temps, de ses yeux transparents. Son corps dénudé est une arme blanche. Comme une lame débarrassée de son fourreau il est éblouissant, fascinant, dangereusement beau. Je suis le témoin de cette réincarnation et je tente d’en saisir les manifestations, à la façon d’un spirite qui aurait invoqué un spectre.

Focus sur un artiste: Eric Keller
Focus sur un artiste: Eric Keller
Focus sur un artiste: Eric Keller
Focus sur un artiste: Eric Keller
Focus sur un artiste: Eric Keller
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Zoom sur un artiste: Brassaï (2)

Publié le 11 Octobre 2016 par bigwhy dans art, photo, erotisme

Zoom sur un artiste: Brassaï (2)

Il dérive de rue en rue, il tourne dans les rues de réverbères en réverbères, d’ateliers de peintre en bordels, et l’inattendu surgit, les choses et les êtres que l’on n’avait pas su voir sont là présents, vivants.


On peut fermer les yeux et ne les ouvrir que sur ces images et tout le monde des années trente se met à circuler en nous et l’éternité s’élance des corps de femme qu’il sculpte sensuellement avec ses images et son désir.
Il ne traverse pas les paysages et les gens, il les rend charnels, réels dans une chorégraphie de l’amour du monde.

Son instinct, sa patience, font qu’il capte ce qui ne sera plus jamais le passé qui flotte, mais pour nous toujours un présent à portée. Il nous semble entendre les conversations à peine ébauchées, les tintements des verres, le bruit des lits des hôtels de passe, les messages mystérieux des graffitis murmurés à nos yeux pour nous dire que la nuit est mystère.

Rarement des images d’un photographe donnent cette impression d’être chez nous dans son monde, d’avoir connu cette époque qui se fond dans nos mémoires fantasmées. Là Picasso sculpte sous nos yeux, là Henry Miller dérive dans ses pulsions, là Kiki du cabaret aux fleurs se noue avec son accordéoniste, et l’allumeur de réverbères qui passe allume tous nos souvenirs.

Dans les images de Brassaï une mer s’ouvre et laisse à vif les rues et les hommes.
Celui que son ami Henry Miller avait appelé « l‘œil de Paris » était autant un photographe d’avant-garde que celui devenu auteur à succès commercial du cœur de Paris.

Il sera le photographe le plus renommé de la période entre les deux guerres.
Il a su autant être le plus célèbre explorateur du ventre caché de la ville de Paris la nuit, que le révélateur des peintres. Sa relation durable avec Picasso en particulier a donné de nombreux portraits célèbres de l'artiste.

Sa série de photo- livres des graffitis de Paris a également eu une influence considérable sur le surréalisme et l’art brut.
Il aura joué un rôle de première importance dans l’évolution de la photographie au XXe siècle.

Zoom sur un artiste: Brassaï (2)
Zoom sur un artiste: Brassaï (2)
Zoom sur un artiste: Brassaï (2)
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Zoom sur un artiste: Brassaï (1)

Publié le 10 Octobre 2016 par bigwhy dans art, photo

Zoom sur un artiste: Brassaï (1)

C'est la hantise et le désir de l'homme de laisser une trace indélébile de son éphémère passage sur cette terre qui donnent naissance à l'art.

« C’est poussé par le désir de traduire en image tout ce qui m’émerveillait dans ce Paris nocturne que je devins photographe »

Brassaï est à la fois le piéton nocturne des rues de Paris, le révélateur des « mains positives » du passage des hommes que sont les graffitis sur les murs, le compagnon des surréalistes, l’ami profond de Picasso, de Prévert, d’Henry Miller et d’autres.
Il est tout cela à la fois et avec sa tendresse, son humour, son compagnonnage avec la faune interlope de voyous, de prostituées, mais aussi de tant de baisers amoureux captés avec amour, sa longue pérégrination le long des trottoirs nocturnes et les réverbères pour saisir la danse lente de la lumière.


Il est le photographe avec une intense passion amoureuse, et il réalise une sorte de « Chanson du Bien aimé » sur sa chère ville adoptive de Paris, sur ses amis, sur les femmes. Il ouvre les yeux de son appareil photographique pour nous dire l’amour à vif, l’amour de la vie, des gens de toutes sortes, intellectuels ou malfrats, femmes muses ou fleurs de trottoirs.
Ses images sont une forme poétique, l’amour en résumé, l’amour en bref celui du temps de l’obturateur, la tendresse en oriflamme.

Zoom sur un artiste: Brassaï (1)
Zoom sur un artiste: Brassaï (1)
Zoom sur un artiste: Brassaï (1)
Zoom sur un artiste: Brassaï (1)
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