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Fanzine Enthousiaste & Curieux

Articles avec #iconographie catégorie

Les Rousses dans L'Art (13 & fin): En Vrac

Publié le 9 Décembre 2016 par bigwhy dans art, erotisme, iconographie, histoire, rousse

Les Rousses dans L'Art (13 & fin): En Vrac

Voici la fin du dossier, car toutes les bonnes choses ont une fin! Je tiens encore à préciser que ce dossier ne ce veut pas complet (il pourra etre complété par la suite), il n'est pas non plus objectif (je n'y montre que des oeuvres qui me plaisent!). Donc vous me pardonnerez, les oublis que j'ai pu faire ( vous pouvez me conseillez?). alors comme vous avez été sympas & sage, voici un petit diaporama "En Vrac" mais toujours avec des rousses dedans........

Les Rousses dans L'Art (13 & fin): En Vrac
Les Rousses dans L'Art (13 & fin): En Vrac
Les Rousses dans L'Art (13 & fin): En Vrac
Les Rousses dans L'Art (13 & fin): En Vrac
Les Rousses dans L'Art (13 & fin): En Vrac
Les Rousses dans L'Art (13 & fin): En Vrac
Les Rousses dans L'Art (13 & fin): En Vrac
Les Rousses dans L'Art (13 & fin): En Vrac
Les Rousses dans L'Art (13 & fin): En Vrac
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Les Rousses dans l'Art (12): Art Moderne

Publié le 8 Décembre 2016 par bigwhy dans art, erotisme, iconographie, histoire

Les Rousses dans l'Art (12): Art Moderne

Aujourd'hui, j'ai choisi 4 artistes, parmi beaucoup, ce choix n'est pas forcément objectif car c'est mont gout qui prime! On commence avec Modigliani le maudit & sa femme Jeanne Hebuterne, Gustav Adolf Mossa le niçois maitre de l'étrange, Henner l'alsacien discret et enfin Edvard Munch le norvégien torturé. Tous dans leurs styles respectifs, mettent les rousses à l'honneur dans leurs oeuvres........

Modigliani
Modigliani

Modigliani

Jeanne Hébuterne étudie à l'Académie Colarossi quand elle rencontre Amedeo Modigliani, en mars 1917 à la Rotonde. Le père de Jeanne est alors caissier dans une mercerie. C'est un homme cultivé, féru de littérature du XVIIe siècle, converti au catholicisme, aux moeurs austères qui voit par conséquent d'un très mauvais oeil son union avec le peintre juif qu'il juge dépravé ; Jeanne est une jeune fille de bonne famille et c’est un amour fou qui l'unit à Modigliani.

En dépit de l'avis de son père, Jeanne s'installe avec Modigliani rue de la Grande-Chaumière, à Montparnasse, dans un atelier que leur loue Léopold Zborowski. Mais Modigliani est malade et rien ne peut le contraindre à limiter ses excès.
Le 29 novembre 1918, à la maternité de Nice, Jeanne met au monde une petite fille, déclarée à l'état civil sous l'identité de Jeanne Hébuterne. L'état de santé de Modigliani ne cesse de s'aggraver ; il meurt d'une méningite tuberculeuse, à 36 ans, le 24 janvier 1920.
Les parents de Jeanne refusèrent, par haine, de garder seulement pendant 24 heures la dépouille du peintre juif. Le lendemain matin, échappant à la vigilance de ses proches, Jeanne, enceinte de près de neuf mois, se jette par la fenêtre du 5e étage de l’appartement de ses parents, 8 bis, rue Amyot, dans le Ve arrondissement de Paris.

Le 27 janvier Modigliani est enterré « comme un prince » au cimetière du Père Lachaise, entouré de nombreux amis. Alors que Jeanne est enterrée au cimetière de Bagneux. Quelques années plus tard, elle sera inhumée à ses côtés.Les deux amoureux pourront ainsi finir le reste de leur vie ensemble...

Mossa
Mossa

Mossa

Gustav-Adolf Mossa, est un peintre symboliste français né le  à Nice, où il est mort le . Il est le fils du peintre Alexis Mossa (1844-1926), auteur de nombreuses affiches pour le Carnaval de Nice qui a fortement influencé Gustav-Adolf dans sa carrière de peintre. Il produit l'essentiel de son œuvre peint jusqu'en 1918. La plupart de ses toiles symbolistes ne sont découvertes qu'après son décès.

Artiste à la production polymorphe, Gustav-Adolf Mossa laisse derrière lui, outre son œuvre picturale, un grand nombre de textes parmi lesquels des livrets d'opéras ou autres pièces lyriques. Il faut considérer son œuvre dans ses rapports avec la musique, la peinture et la littérature. Il a puisé son inspiration dans l'œuvre des grands écrivains dont il était un lecteur assidu et en particulier Baudelaire.

Ses œuvres aux compositions souvent dramatiques, aux dessins fouillés, souvent caricaturaux, analysent des situations de vie en font preuve d'une certaine lucidité psychologique.

L'œuvre de Gustav-Adolf Mossa est un ensemble de références à des mythes, des fables qu'il manie tel un psychanalyste : conflits des pulsions de vie et des pulsions de morts, Éros et Thanatos et plus particulièrement dans la représentation de Salomé qui hante presque tous les symbolistes, mais aussi dans celles de Sapho et Dalila.

Henner
Henner

Henner

Jean Jacques Henner est Le portraitiste des femmes rousses, Fils de paysan alsacien, il s'exile à Paris lors de la grave crise économique et alimentaire que connaît l'Alsace dans les années 1846-1847. Il entre à l'École des Beaux-Arts en 1848 et fréquente l'atelier de Michel Martin Drolling. Il emporte le grand Prix de Rome en 1858 et séjourne cinq ans à la Villa Médicis.Il est l'auteur d'une œuvre abondante présente dans de nombreux musées. Il a une réputation de portraitiste et de dessinateur hors pair, apprécié de son vivant. Il est resté toute sa vie à l'écart des évolutions artistiques de son époque. 

Munch
Munch

Munch

Edvard Munch peut, a posteriori, être considéré après l'exposition berlinoise de 1892, comme le pionnier de l'expressionnisme dans la peinture moderne. Il est très tôt réputé pour son appartenance à une nouvelle époque artistique en Allemagne et en Europe centrale, et son œuvre et son importance sont aujourd'hui reconnues en Europe et dans le monde. 

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Les Rousses dans l'Art (10): Sécession Viennoise

Publié le 6 Décembre 2016 par bigwhy dans art, erotisme, iconographie, histoire, rousse

Circé , Franz Von Stuck

Circé , Franz Von Stuck

Tout d'abord 2 petites précisions, pour que vous ne soyez pas trop perdu! j'aborde aujourd'hui la sécession viennoise & demain l'art nouveau, certain pourront me dire que c'est quasiment la meme chose, mais il y tellement de matière...Ensuite j'inclus aujourd'hui, Egon Schiele, qui ne fait pas partie de la sécession, mais qui si rattache quand meme, car il a été l'élève de Gustav Klimt. Voila c'est dit! On peut rentrer dans le vif du sujet!

Von Stuck
Von Stuck

Von Stuck

Franz von Stuck, peintre bavarois, eut pour élèves Kandinsky et Klee et également une très forte influence sur le courant Sécession munichois. Totalement oublié, ses tableaux seront redécouverts dans les années 1960..

Von Stuck représente fréquemment de redoutables femmes dans ses oeuvres : Salomé qui obtient par ses charmes la tête de Saint Jean-Baptiste, Judith qui décapite de ses propres mains Holopherne après l'avoir séduit, Circé qui transforme quelques compagnons d'Ulysse en pourceaux, et enfin une amazone blessée. On pourrait ajouter à cette liste "Orphée", qui n'est pas une femme mais un homme qui sera déchiré (littéralement) par des ménades, et cette femme anonyme pour laquelle se battent férocement deux hommes, dans "Der Kampf ums Weib". 

Gustav Klimt & un hommage signé Milo Manara
Gustav Klimt & un hommage signé Milo Manara
Gustav Klimt & un hommage signé Milo Manara

Gustav Klimt & un hommage signé Milo Manara

Est-il besoin de présenter Gustav Klimt ? Sans doute le peintre européen le plus connu et apprécié après les impressionnistes, grâce aux multiples reproductions et produits dérivés… Néanmoins un mot tout de même de rappel, pour le replacer dans son époque. Klimt évolue à Vienne lors de son âge d’or, à la charnière des XIXeme et XXeme siècles. Contemporain de Schiele, Freud ou Mahler, il incarne le tournant vers la modernité que commenceront à prendre les artistes de la « Sécession ».
Klimt sera nommé président de cette union d’artistes en rupture avec l’art de l’école des Beaux-Arts. La Sécession souhaitait que l’art viennois se nourrisse d’influences internationales pour ne plus rester isolé, et ce afin de « rééduquer » ou affiner le goût du public. Elle promouvait notamment l' »art total », concept d’œuvres symboliques faisant appel à diverses formes artistiques.
Klimt emprunte au poète romantique allemand la formule « Kannst du nicht allen gefallen durch deine That und dein Kunstwerk. Mach es wenigen recht vielen gefallen ist schlimm. », qui signifie « Si tu ne peux plaire à tous par tes actes et ton art, plais à peu. Plaire à beaucoup est mal ».
La phrase illustre l’intention de la Sécession de rompre ouvertement avec le goût bourgeois de référence, pour prôner un art véritable. Cette « véracité artistique » est ainsi synthétisée par les traits féminins de la Vérité, complétant la citation érigée au rang de devise pour une peinture élitiste et engagée.

 

Egon Schiele
Egon Schiele
Egon Schiele

Egon Schiele

Egon Schiele, le scandaleux & tourmenté, commence à peindre dès 1905, notamment des autoportraits. Son père décède cette année là et son oncle devenant son tuteur, tente de l'orienter vers une carrière dans les chemins de fer. Avec l'accord de sa mère et l'appui de son professeur de dessin, il entre à l'Académie des Beaux Arts de Vienne où il a du mal à supporter la tutelle académique de ses maîtres.

Il découvre un art différent lors d'une exposition de la Secession viennoise. En 1907, il rencontre Gustav Klimt qui va beaucoup l'influencer, et qui sera pour Schiele son modèle et son maître. Il lui portera une grande admiration qui sera réciproque d'emblée. Il fait sa première exposition en 1908.

Par la suite, Schiele se fera connaître à partir de 1909, moment où il expose dans la capitale autrichienne et s'installe à Vienne après avoir vécu à Krumau, en Bohème du Sud. À ses débuts, il sera proche du Jugendstil puis prendra ses distances. Il fonde le groupe Neukunstgruppe (groupe d'art nouveau). Il peint alors de nombreux portraits d'amis et autoportraits.

Il rencontre en 1911 une jeune femme à la réputation sulfureuse, Wally Neuzil, qui lui sert de modèle. Il est arrêté en 1912 en raison de ses dessins érotiques et d'une suspiscion de détournement de mineurs. Il passe trois semaines en prison. L'une des oeuvres la plus célèbre de cette époque est le cardinal et religieuse, plagiant le Baiser de Gustav Klimt. A partir de 1913, il participe à de nombreuses expositions internationales.
Il rompt avec Wally Neuzil et épouse le 17 juin 1915 Edith Arms, inaugurant une période moins tourmentée. Le 28 octobre 1918, sa femme, enceinte au sixième mois, décède de la grippe espagnole. Egon Schiele meurt le 31 octobre 1918, trois jours plus tard, de la même maladie.

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les Rousses dans l'art (9) : Bordel

Publié le 5 Décembre 2016 par bigwhy dans art, erotisme, iconographie, histoire, rousse

les Rousses dans l'art (9) : Bordel

A compter du milieu du XIXe siècle, les peintres sont de plus en plus nombreux à se rendre au bordel. Courbet, Manet, Degas, Toulouse-Lautrec, tous hantent les lupanars, leurs chairs flasques et leur morne jouissance. Pour Emmanuel Pernoud, cette rencontre n'a rien de fortuit. Le bordel est en effet l'objet et l'enjeu d'une «émancipation esthétique», l'instrument par lequel les peintres entrent en lutte contre le goût, la morale et la convention du nu artistique ou décent. En imposant la représentation picturale du laid, du gras ou de l'obscène, la «torsion réaliste du bordel» émancipe l'artiste de toute tenue, le projette dans le monde du relâchement et de la promiscuité. Un ébranlement s'esquisse ici, par lequel la peinture se réapproprie peu à peu quelque chose de «la danse de la vie». 

Toulouse Lautrec
Toulouse Lautrec

Toulouse Lautrec

Lautrec est au bordel par plaisir, certes, mais par nécessité aussi. Il y trouve une vraie affection, c'est un peu la mascotte des bordels qu'il côtoie. C'est un tout petit bonhomme sympathique, bien élevé, il ne méprise pas les prostituées, il leur parle bien. Il y avait toute une partie de la population qui n'avait pas accès au sexe en dehors du bordel. 
 

Degas
Degas
Degas

Degas

 
A partir de 1875, Degas, qui s'intéresse à présent aux danseuses et aux femmes laborieuses des classes populaires, les blanchisseuses, celles qui travaillent pour les familles bourgeoises, a croqué avec la technique du monotype (dessin sur plaque de cuivre ou zinc enduite d'encre noire) des scènes de bordels parisiens (Zola publie Nana en 1880). Le trait est rapide, le dessin narquois. Degas s'attache aux petites histoires de ces lieux clos, aux petits évènements : l'arrivée d'un client, une fête pour la mère maquerelle, les femmes qui parlent ensemble, qui se lavent. Toutes ou presque sont représentées nues. Leur corps est avachi, plutôt épais, au ventre gonflé. Les cheveux sont longs, souvent détachés. Leur sourire semble un peu aviné, le maquillage lourd.
 

Quand Degas va dans les maisons de passe, dans le fond, il y va comme il va observer les danseuses à l'opéra, de manière anatomique : il va voir des gestes. Il s'agit pour lui d'avoir une sorte de catalogue des positions du corps humain dans des situations où on ne l'a généralement que peu ou mal observé, cela a un caractère presque zoologique, pour comprendre le corps, voir le corps. 

André Derain

André Derain

Si la rousseur a vu son statut évoluer, c’est que l’art a occupé, au fil des décennies, une place importante dans la vision de la société. Dès la seconde moitié du XIXème siècle, peintres et poètes se sont, en effet, orientés progressivement vers un esthétisme qui ne doit sa beauté qu’à ses seuls attraits physiques, justifiant « l’art pour l’art ». Ainsi, l’art a troqué une apparence connotée au profit d’une représentation dénotée. La rousseur a subi ce changement crucial pour leur réputation.

Les peintres trouveront en ces êtres diaphanes un contraste entre leur flamboyante chevelure et la pâleur de leur teint, de même que les poètes (Ophélie de Rimbaud) et la production littéraire dans sa globalité.

C’est alors un  bouleversement majeur qui s’opère.

Voilà que, désormais, elles sont convoitées, pour cette même raison.

Nous pouvons ainsi supposer que cette période eût une influence non-négligeable sur une société restée jusqu’à lors superstitieuse et sensible aux mythes les plus extravagants. Suivant l’hypothèse que cette période ait acquis une place prépondérante dans les pensées culturelles de cette seconde moitié du XIXème, la rousseur aurait été alors uniquement représentée pour sa beauté  physique, comme ce fut le cas.

C’est certainement dans le domaine de la peinture et de la littérature que cette réputation s’est estompée le plus rapidement, et c’est par ces hommes que les mentalités de la société ont commencé à changer.

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Les Rousses dans l'Art (8): Le Symbolisme

Publié le 3 Décembre 2016 par bigwhy dans art, erotisme, iconographie, histoire, rousse

Les Rousses dans l'Art (8): Le Symbolisme

Entre 1886 et 1900, le Symbolisme trouva sa forme la plus aboutie dans tous les domaines de création. La peinture exprima alors sa particularité, après que ne le fasse la littérature. Ce mouvement, né en France, s'étendit rapidement à l'Europe et l'Amérique.
Les peintres symbolistes s'opposent de façon assez nette à l’Impressionnisme, rejetant la nature comme moyen d'expression. Le Symbolisme délaisse un esthétisme jugé trop superficiel au profit d’une recherche plus spirituelle. Il ne s’adresse pas au regard de l’homme, mais à son imagination et à son esprit. Le Romantisme, dont Baudelaire a dit en 1846 qu’il  « n’est précisément ni dans le choix du sujet, ni dans la vérité exacte, mais dans la manière de sentir », influença le Symbolisme par son langage poétique et visionnaire. On pourrait définir ce mouvement d’après les termes de Georges Albert Aurier (critique d’art), qui peut s’apparenter au manifeste du Symbolisme : « L’œuvre d’art devra être : premièrement idéiste, puisque son idéal unique sera l’expression de l’idée ; deuxièmement symboliste, puisqu’elle exprimera cette idée en formes ; troisièmement synthétique, puisqu’elle écrira ses formes, ses signes selon un mode de compréhension général ; quatrièmement subjective, puisque l’objet n’y sera jamais considéré en tant qu’objet, mais en tant que signe perçu par le sujet ; cinquièmement l’œuvre d’art devra être décorative                                                                     La vérité qui se cache derrière les apparences devint pour les symbolistes un thème récurrent, de même que l’opposition du vice et la vertu. Le fantastique et l’imaginaire, la solitude et la mort furent avec la femme des sujets fréquemment abordés dans leur peinture.            
Les principaux représentants de ce mouvement furent les peintres Pierre Puvis de Chavannes, Gustave Moreau, Odilon Redon, Arnold Bocklin, Ferdinand Hodler, Félicien Rops et Edward Munch.
Aussi, ce mouvement se rattache du sujet traité si l’on s’intéresse à la symbolique des couleurs. Ces dernières ne sont plus alors prétextes à remplir un espace entre deux traits. Elles sont désormais associées à des symboles.           
Le rouge est d’abord la couleur de la passion et de l’amour associée au rouge à lèvres et à la prostitution, mais aussi au pouvoir, puisque la pourpre antique était une couleur impériale. C’est également la couleur de la mort, de l’interdit, du signal et du danger si l’on en croit les drapeaux rouges ou même l’encre rouge, puisqu’elle est associée aux forces vitales du sang et du feu.                                                                                                           
Mais quand le rouge devient roux, la symbolique est alors ambivalente. Couleur des fauves, il symbolise la force et la vigueur, de même que l’ardeur. Si toutefois on l’associe au feu, le roux représente l’Enfer, l’impureté et le vice. Il correspond également à un caractère bien trempé chez l’humain.                                                                                                         
Évidemment, cette thèse n’a été démontrée ni sur le plan psychologique, ni sur le plan scientifique, ce qui ne donne à ces jugements aucun fondement rationnel.                   

Fernand Khnopff
Fernand Khnopff
Fernand Khnopff

Fernand Khnopff

Fernand-Edmond-Jean-Marie KHNOPFF (1858-1921) est un peintre symboliste belge. En 1883, il est un des membres fondateurs d’un groupe Bruxellois d’avant-garde Les Vingt. Dans la peinture il est influencé par le courant préraphaéliste lequel prenait pour modèles féminins les rousses. Sa sœur, Marguerite, qu’il admire beaucoup et qui devient son principal modèle, est une femme à la chevelure flamboyante. Plus tard, d’autres jeunes femmes rousses, entre autres les filles de l’architecte Henri Marquet, remplaceront ce modèle mais la prédilection de KHNOPFF pour les femmes mystérieuses et éthérées, symbolisé par leur rousseur, reste son inspiration principale.

Dans certaines de ses œuvres, il utilise la sanguine, craie de pigment rouge, pour mieux représenter la couleur rougeoyante des cheveux de ses inspiratrices féminines. Cette craie n’est pas utilisée par hasard car elle exprime précisément le caractère violent et impulsif de ces femmes rousses qu’il qualifie lui-même de « sanguines ».

Gustave Moreau
Gustave Moreau

Gustave Moreau

Gustave Moreau, né le  à Paris, et mort dans la même ville le , est un peintregraveurdessinateur et sculpteur français. Il est l'un des principaux représentants en peinture du courant symboliste, imprégné de mysticisme.

Jean Delville Mysteriosa 1892,La Symbolisation de la chair et de l'esprit 1890
Jean Delville Mysteriosa 1892,La Symbolisation de la chair et de l'esprit 1890

Jean Delville Mysteriosa 1892,La Symbolisation de la chair et de l'esprit 1890

Jean Delvilleartiste peintre symboliste belge, né en 1867 à Louvain et décédé en 1953 à Bruxelles.

Mysteriosa, est une œuvre réalisée en 1892 par Jean Delville, peintre symboliste belge. Ce portrait au pastel et crayons de couleur sur papier a été acquis en vente publique sur mécénat par le Musée d’Art Moderne de Bruxelles en 1998. C’est un portrait en trois couleurs d’une femme énigmatique. Son regard dérangeant est le reflet du courant du spiritualisme moderne en plein essor dans la seconde moitié du 19ème siècle. Delville s’en est fait le propagateur, au côté du visionnaire et passionné Sâr Péladan, fondateur de l’ordre de la Rose-Croix et organisateur de salons mondains et artistiques très en vogue à l’époque. Leur ambition symboliste est la suivante: extirper la laideur du monde moderne et le désintoxiquer de son matérialisme grâce à une resacralisation de l’art et de la vie. L’iconographie est réduite à l’essentiel : une femme à la chevelure flamboyante rousse, un grand livre de cuir noir gravé d’un triangle, symbole chrétien de la Trinité, ou de l’habileté et l’art pour le chiromancien. Elle porte un habit bleu clair porteur d’espérance, son visage est triangulaire, sa bouche fermée et son menton pointu s’appuie sur le livre noir. Elle semble regarder vers un autre monde avec ses yeux à l’aveugle tel un médium qui nous invite à voir au delà, à fuir l’ombre et le doute du monde. Derrière ce portrait on devine une femme raffinée, élancée, à la carnation claire et sans doute mélancolique.

Pierre Puvis de Chavannes Jeunes filles au bord de la mer 1887; Automne 1864
Pierre Puvis de Chavannes Jeunes filles au bord de la mer 1887; Automne 1864

Pierre Puvis de Chavannes Jeunes filles au bord de la mer 1887; Automne 1864

Pierre Puvis de Chavannes, né à Lyon le  et mort à Paris le , est un peintre français, considéré comme une figure majeure de la peinture française du xixe siècle.

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Les Rousses dans l'Art (7): Pré-Raphaelisme

Publié le 2 Décembre 2016 par bigwhy dans art, erotisme, iconographie, rousse, histoire

Les Rousses dans l'Art (7): Pré-Raphaelisme

Comme la muse de Botticelli, il était une femme rousse: Elizabeth Siddal, qui a inspiré tout les artistes du mouvement pictural & artistique: le Pré Raphaelisme.

La Confrérie préraphaélite, fondée en 1848, est un groupe de peintres, poètes et critiques anglais du XIXème siècle dont les principaux représentants furent le peintre et poète Dante Gabriel Rossetti, son frère William Michael Rossetti, critique d'art et porte-parole du mouvement, les peintres John Everett Millais, William Holman Hunt et James Collinson. 
Le Préraphaélisme s'oppose de manière assez virulente au matérialisme victorien et aux conventions néoclassiques de l'art académique. John Ruskin, écrivain, critique d'art et ardent défenseur du mouvement, définira d'ailleurs les préraphaélites comme des croisés de l'art, des résistants luttant contre la menaçante machine académique.
 Aussi, on peut aisément comprendre le lien entre ce mouvement et la représentation de la rousseur, couleur flamboyante et tare religieuse, dans les tableaux préraphaélites.
Ces derniers furent influencés par le peintre italien Raphaël et ses prédécesseurs, comme Botticelli. Ils recherchaient auprès des primitifs italiens de nouvelles sources d'inspiration, par un retour à la nature. Ainsi, Ophélie de Millais (rousse, bien sûr!) établit une certaine ambiguïté entre le sommeil et la mort, au milieu d'une nature luxuriante. 
Cependant, ils rejetaient de la Renaissance les règles de la représentation. De plus, les Nazaréens, qui voulaient redonner à l'art chrétien une pureté médiévale passée en fondant en 1810 une confrérie à Rome, ont également beaucoup inspiré les productions préraphaélites.
Leur vocation, au départ religieuse, a évolué chez certains de ces peintres, notamment chez Dante Gabriel Rossetti, qui a délaissé peu à peu les scènes trop solennelles pour se consacrer au portrait féminin. C'est ainsi que les femmes rousses, comme Alexa Wilding ou encore Elizabeth Siddal eurent une place prépondérante dans ce nouveau domaine

Lady Lilith, 1872 Dante Gabriel Rossetti

Lady Lilith, 1872 Dante Gabriel Rossetti

Depuis la fin du 19ème siècle, la légende d’Elizabeth Siddal n’a cessé de fasciner peintres, poètes et cinéastes, depuis sa découverte par les Préraphaélites jusqu’à sa mort. La célèbre séance de pose pour Ophélie, la relation tumultueuse de Siddal avec Rossetti ainsi que sa fin tragique ayant nourri de nombreux récits macabres ont fini par occulter la carrière de cette jeune femme hors du commun. 

Elizabeth Siddal incarne un type de beauté atypique, bien différent des canons de madones issus de la Renaissance qu’on trouvait dans la peinture d’histoire et de genre de l’époque. Si William Michael Rossetti loua son visage « exceptionnel », celui-ci apparaissait comme plutôt quelconque. Grande, les hanches et la poitrine peu marquées, elle portait les cheveux en chignon décoiffé ou lâchés. Son épaisse chevelure rousse, son teint pâle, ses paupières lourdes et fines lèvres constituent les traits qui ont rendu célèbre l’esthétique des Préraphaélites. 
Siddal et Rossetti, qui s’étaient rencontrés lors de l’élaboration de La nuit des rois, deviennent de plus en plus proches. Rossetti, avec ses yeux d’un noir intense et ses longs cheveux bruns, incarnait alors le parfait archétype du héros romantique. Dès lors, Siddal et Rossetti ne se quittent plus. Il semblerait que c’est à partir de cet instant que Rossetti prit la décision de préserver jalousement celle qu’il surnommait avec affection « ma colombe », à l’exclusion de presque tous les autres modèles favoris des autres Préraphaélites.
Les portraits par Rossetti montrent Elizabeth Siddal dans le rôle d’une sensuelle demoiselle ou de la demoiselle en détresse, brouillant ainsi les limites entre le réel et le fantasme. Ils transmettent tantôt une image sublimée de la jeune femme, tantôt une idée de faiblesse.Vers la fin des années 1850, la relation Siddal/ Rossetti bat de l’aile. De retour à Londres, Lizzie attendit désespérément que l’artiste fasse sa demande en mariage. Elle était si malade que Rossetti dut la porter le 23 mai 1860, jour de la cérémonie. Après ses deux fausses couches, Lizzie souffrit de dépression post-natale.
La mort qui en résulta a donné lieu à de curieux récits d’horreur qui ont nourri la légende d’Elizabeth Siddal. Charles Augustus Howell, l’agent de Rossetti, aurait été à l’origine de l’expédition menée pour déterrer le recueil de poèmes dissimulé dans le cercueil.  C’est Howell qui se mit à diffuser le mythe du corps parfaitement préservé d’Elizabeth Siddal, recouvert par sa chevelure rousse. Pendant les années 1860, on racontait même qu’un vampire hantait le cimetière de Highgate. Bram Stoker se serait inspiré de cette histoire pour créer le personnage de Lucy Westenra, transformée en vampire par le comte Dracula.

Elle incarne un idéal typiquement britannique : celui de la pâle jeune fille à la chevelure auburn et aux pommettes roses. Aujourd’hui encore, la fusion entre innocence et sensualité qui transparaît dans les œuvres représentant Elizabeth Siddal ne cesse de faire croître sa légende.

Ophelia, John Everett Millais 1852

Ophelia, John Everett Millais 1852

A la fin de l’automne 1851, Millais et Hunt voyagent pour peindre sur le motif les paysages de leur Angleterre natale. Ils s’attardent dans le Surrey, non loin de la rivière Hogsmill. Il en résulte un paysage qui demeurera célèbre : celui d’Ophélie, la toile pour laquelle Siddal posa toute habillée dans une baignoire remplie d’eau, chauffée au-dessous par des lampes à huile. Alors que l’esquisse était presque achevée, les bougies s’éteignirent. Millais, trop absorbé par son travail, ne s’en serait pas aperçu. Siddal attrapa une pneumonie, et son père menaça de traduire le peintre en justice s’il refusait de payer la note du médecin qui s’élevait à 50 livres.

Lamia de John William Waterhouse, 1905

Lamia de John William Waterhouse, 1905

John William Waterhouse 

Né à Rome des peintres William et Isabela Waterhouse, John est âgé de cinq ans lorsque la famille déménage à Londres. Son père lui enseigne la peinture jusqu'à ce qu'il soit admis à la Royal Academy en 1870. Ses premières oeuvres sont de facture très classique. En 1874, âgé de vingt-cinq ans, Waterhouse présente l'allégorie classique "Sleep and His Half-Brother Death" à l'exposition d'été de la Royal Academy. La tableau est très bien reçu ; presque tous les ans jusqu'à sa mort, Waterhouse présentera des tableaux à la Royal Academy. Il épouse la fille d'un professeur d'art, Esther Kenworthy, en 1883. Le couple n'aura pas d'enfant. En 1895, Waterhouse est élu membre de la Royal Academy.
 

Dante Gabriel Rossetti

Fils d'un poète italien émigré à Londres, Rossetti montre très tôt un grand intérêt pour la littérature et l'art médiéval italien. Aspirant à devenir poète, comme la plupart des membres de sa famille, il devient finalement l'élève du peintre Ford Madox Brown avec qui il tisse des liens d'amitié étroits qu'il entretiendra toute sa vie. Ils développent ensemble les principes de la Confrérie Préraphaélite qu'ils fondent, avec d'autres artistes, en 1848.

Parallèlement à son activité picturale, Rossetti traduit et publie des poèmes de Dante et d'autres auteurs italiens du Moyen Âge, toujours passionné par cette époque. Son romantisme et son refus du monde qui l'entoure précipitent sa séparation d'avec le mouvement préraphaélite, bien qu'il en fut l'artiste le plus important.

Puis, une succession d'événements vont le plonger dans une profonde dépression. En 1862, son épouse, Elizabeth Siddal, meurt d'une overdose de laudanum, après avoir donné naissance à un enfant mort-né. Dans le même temps, n'arrivant pas à faire publier ses propres poèmes, il les enterre dans la tombe de son épouse au cimetière de Highgate. Mais c'est aussi pendant cette période qu'il peint ses plus belles toiles, notamment Beata Beatrix, dans laquelle il idéalise, sous les traits de son épouse décédée, la Béatrice de Dante. 

En 1871, il décide de déterrer ses poèmes et les fait enfin publier. Ils font aussitôt scandale par leur érotisme et leur sensualité qui choquent l'Angleterre victorienne. Délaissant peu à peu l'idéal féminin, il emprunte aux légendes arthuriennes et à l'œuvre de Dante les sujets de ses dernières toiles.

Les dernières années de sa vie sont sombres : ses passions de la littérature et de la peinture l'ont quitté, il devient sénile et se retire, totalement reclus, souffrant d'un délire de persécution. Il s'éteint, seul, en 1882. Malgré la fulgurance de sa carrière, Rossetti a eu une influence considérable sur le développement du mouvement symboliste en Europe.

Miranda, John William Waterhouse 1916

Miranda, John William Waterhouse 1916

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Les Rousses dans l'Art (6) : Orientalisme

Publié le 30 Novembre 2016 par bigwhy dans art, erotisme, iconographie, histoire, rousse

L'Odalisque à l'esclave , Jean-Auguste-Dominique Ingres 1839

L'Odalisque à l'esclave , Jean-Auguste-Dominique Ingres 1839

Des Rousses dans des harems? Et bien oui et plus souvent qu'on ne le croit. Cela tient au mélange de vérité historique (un peu) & de mensonge (beaucoup de fantasmes & d'imagination)!

Le harem ottoman, dans la mesure ou on ne peut réduire une musulmane en esclavage, ne peut qu'etre peuplé d'étrangères: Circassiennes (du caucase) Slaves ( le mot esclave est quasi synonyme!), ces femmes répondent à des critères de beauté précis: Teint pale, cheveux blond ou Roux, yeux bleus & formes rondes & avantageuses......

Pris entre une réalité fantasmée et la volonté d’être les plus réalistes possible, les peintres orientalistes se sont emparés de la vie intime de la femme orientale, pour transmettre à l’imaginaire occidental l’image d’un Orient poétique, érotique, rêvé ; loin de toutes les considérations morales ou esthétiques d’alors.

Jean Léon Gérôme, Le Bain au Harem, 1876, le bain turc 1870, Le gynécée 1850
Jean Léon Gérôme, Le Bain au Harem, 1876, le bain turc 1870, Le gynécée 1850
Jean Léon Gérôme, Le Bain au Harem, 1876, le bain turc 1870, Le gynécée 1850

Jean Léon Gérôme, Le Bain au Harem, 1876, le bain turc 1870, Le gynécée 1850

Au XIXe siècle, l’Orient devient une question politique centrale pour les pays occidentaux, et cet attrait va se retrouver dans un mouvement artistique, tant littéraire que pictural : l’orientalisme.

Bien que le mot orientalisme ne fut attesté qu’en 1826 et enregistré dans le dictionnaire de l’Académie Française en 1932, le courant pictural qui le caractérise n’est pas une invention idéologique du XIXe siècle. La curiosité pour le Levant prend source avec les Croisades et préoccupe l’Europe puis l’Occident tout entier pendant cinq siècles, pour se tarir avec la décolonisation dans les années 1960. L’imaginaire de l’Orient s’articule autour d’un ensemble de représentations collectives créé et véhiculé par la pensée occidentale dans sa quête d’elle-même. Il se nourrit de son antithèse mythique qui procède du mythe de la fracture Orient-Occident : recherche de ses origines, recherche d’une image antinomique, quête d’une identité collective, l’orientalisme s’articule autour d’un imaginaire collectif créé de toutes pièces par l’Europe triomphante. Ici, mythes et réalités s’entrecroisent, se recoupent et se contredisent. 

Meurtre au serail Fernand Cormon 1874

Meurtre au serail Fernand Cormon 1874

De tous les thèmes de la peinture orientaliste, celui des femmes dans leurs appartements a été assurément le plus populaire. Comme les harems étaient précisément le lieu interdit aux hommes, et qui plus est aux hommes étrangers, les artistes peintres ont donné libre cours à leur imagination pour dépeindre ce lieu plein de secrets. De fait, le harem est sans doute l’institution orientale la plus connue et controversée, et sa signification sociale reste encore aujourd’hui largement incomprise.

 La façon des peintres orientalistes de traiter de ce thème doit être envisagée sous deux angles : d’un côté, le fantasme voluptueux d’une vie cachée, d’autre part, la vie domestique à l’européenne transposée et appliquée au monde oriental.  Nombreuses peintures traitant du harem, montrent des femmes se prélassant sur des coussins, discutant, rêvant, paressant… 
Or cette oisiveté démesurée évoque de façon frappante le mode de vie des femmes de la haute société occidentale à la même époque. De fait, en peignant les traits d’une société éloignée, c’est en fait les vices de leurs propres sociétés que les peintres orientalistes tendent à dénoncer. Un autre aspect de ces peintures de harem paraît intéressant : les femmes du harem sont parfois montrées silencieuses, dans un silence contemplatif, comme oppressées par une vie cloîtrée. Silencieuses, sûrement pas. A l’écoute ? Cela va sans dire. Ce silence apparent n’est en réalité que le fait d’une éducation interne au harem. Par ailleurs, nombreux sont les Occidentaux qui, par le biais de ces peintures à la vision faussée, imaginaient que les femmes ne pouvaient vivre que retirées dans leurs appartements, sans aucune autre alternative. Or, il est à noter que les « moucharabiehs » (grillages dans les belvédères des maisons) leur permettaient de voir la vie extérieure.

La toilette et la purification étant des thèmes essentiels à la culture musulmane, les sociétés orientales ont connu depuis le XVIIe siècle le développement fulgurant d’une institution : le bain public, ou hammam. Il n’est donc pas étonnant que ce sujet ait attiré et questionné les peintres orientalistes du XIXe siècle. Pourtant, c’est la peau blanche, dénudées, pudiques mais séductrices que sont représentées les femmes orientales dans les bains par les peintres orientalistes. Le tableau le plus connu est sans doute Le bain turc de Jean-Auguste Dominique Ingres (1862, Musée du Louvre). On peut y voir de nombreuses femmes, nues, assises, allongées, serrées les unes contre les autres. Inconvenant, ce tableau incarne un érotisme loin des propos de Lady Mary ; érotisme que le public français se devait d’accepter, dans la mesure où l’éloignement culturel et géographique du sujet ne les ramenait pas à leurs propres conditions. 

L'esclave blanche, Lecomte du Nouy 1888

L'esclave blanche, Lecomte du Nouy 1888

Que vient faire une rousse à la peau nacrée dans ce qui ressemble fortement à un harem ? Et pourquoi la qualifier d’esclave alors qu’elle fume lascivement sur un tapis et des coussins brodés ? Les esclaves dans ce tableau, ce sont les deux femmes noires lavant et transportant du linge que l’on aperçoit en haut à droite et qui équilibrent la composition, coupées par le cadre comme si le peintre observait la scène d’un appareil photographique.
Cette rousse là ressemble plutôt à une favorite du sultan, évoluant dans l’opulence d’un harem fantasmé par les artistes du XIXeme siècle. La cigarette semble aussi anachronique que la rousseur et la blancheur de cette femme, quelque peu « désorientante ». On l’aurait plutôt imaginée fumer un narguilé, ou afficher un teint mat sous une chevelure épaisse et ébène, comme dans les tableaux
 de Jean-Léon Gérôme, qui fut d’ailleurs un des maîtres de Lecomte du Noüy. L’Orient au sens large est en effet à la mode et cette vague d’orientalisme devient pour certains un prétexte pour peindre des tableaux érotiques dans des décors dignes du palais de Topkapi, dont la richesse n’a d’égal que la nudité des femmes. Alors qu’un peintre comme Gérôme s’appliquait par ses recherches, ses voyages et ses lectures à recréer un Orient fidèle à ce qu’il était, la majorité des artistes ne faisait que l’imaginer et le reproduire en s’inspirant du travail des autres. Lecomte du Noüy fait partie des voyageurs, pourtant il livre ici une toile qui me parait à la limite de la fantasmagorie, et peu importe si l’on pouvait réellement trouver des rousses dans les harems de sultan. Cette esclave blanche est telle une perle, un bijou dans un bel écrin, entourée de vin et de mets délicats. Elle pose négligemment, avec élégance, uniquement parée de bagues et d’un pique doré ornant sa chevelure lâchée. Elle offre au spectateur un profil presque oriental et une vue sur son corps charnel sans que celui-ci ne soit trop découvert, laissant l’imagination faire le reste. Mais le tableau perdrait de son âme sans la présence de fumée s’échappant sur le fond bleu. Elle m’évoque les vapeurs des fumeries d’opium, du haschisch arabe, celles des paradis artificiels dans lesquels s’évadaient les artistes, propices à la langueur, la lascivité et la volupté. Ces discrètes volutes sont au cœur du trouble qui émane de cette peinture,  incarnant, et soulignant à la fois la sensualité de cette singulière amante rousse.

la favorite de l'emir Jean-Joseph Benjamin-Constant 1879, oeuvre inconnue?
la favorite de l'emir Jean-Joseph Benjamin-Constant 1879, oeuvre inconnue?

la favorite de l'emir Jean-Joseph Benjamin-Constant 1879, oeuvre inconnue?

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Les Rousses dans l'Art (5): Botticelli

Publié le 29 Novembre 2016 par bigwhy dans art, erotisme, iconographie, histoire, rousse

Les Rousses dans l'Art (5): Botticelli

Avec Botticelli, les rousses deviennent une quasi obsession, Une rousse en particulier, la plus belle femme de l'époque,  lui a servi de modèle & de muse.

Simonetta Vespucci (née à Fezzano  le  - morte à Florence le  de la tuberculose) est une femme noble italienne de la Renaissance, célèbre par sa beauté et son charme, de la cour de Laurent le magnifique.

Elle naît Simonetta Cattaneo  dans ce qui était la République de Gênes. Son père était un noble génois, Gaspard Cattaneo della Volta, parent du doge de Gênes. En 1469, elle rencontre Marco Vespucci à l’église de San Torpete, en présence de ses parents, du doge Piero il Fregoso et de quelques membres de la noblesse Génoise. Vespucci avait été envoyé à Gènes par son père pour qu'il étudie à l’Office de Saint Georges. Les parents de Simonetta comprennent très vite qu’un mariage entre les deux jeunes gens serait avantageux, les Vespucci ayant de nombreux liens avec Florence et spécialement avec la maison de Médicis. L’année de ses quinze ans, elle épouse donc son prétendant, ce qui fait d'elle la cousine par alliance du navigateur Amerigo Vespucci.

Le mariage a lieu à Florence, où la jeune femme jouit rapidement d’une certaine popularité. Les frères Médicis, Laurent et Julien se prennent rapidement de sympathie pour elle. Dès son arrivée, Simonetta est remarquée par Sandro Botticelli et d’autres peintres proches de la famille Vespucci. Elle sert de modèle pour de nombreuses œuvres majeures de la Renaissance, et notamment La Naissance de Vénus de Botticelli. D'une grande beauté, elle gagne le cœur des Florentins, qui la surnomment « la bella Simonetta » ou « La Sans Pareille ». Réputée pour être la plus belle femme de son époque, elle gagne également le cœur de Julien de Médicis qui deviendra son amant.

Elle décède dans la nuit du 26 au 27 avril 1476, à l’âge de 23 ans. Lors de son enterrement, des milliers de gens font partie du cortège. Elle est enterrée à l'église Ognissanti, l'église paroissiale des Vespucci, à Florence. Son mari se remarie juste après. Botticelli achève de peindre La Naissance de Vénus neuf ans plus tard, en 1485. Il existe des suppositions selon lesquelles le peintre fut également amoureux d’elle, comme en témoigne sa demande d’être enterré à ses pieds. La requête lui est accordée lorsqu'il meurt 34 ans plus tard, en 1510.

Les Rousses dans l'Art (5): Botticelli
Les Rousses dans l'Art (5): Botticelli
Les Rousses dans l'Art (5): Botticelli
Les Rousses dans l'Art (5): Botticelli

Sandro di Mariano Filipepi dit Botticelli, est ne a Florence entre mars 1444 et mars 1445 ou son pere etait tanneur. Son surnom de Botticelli provient de "botticello" , qui signifiait "petit tonneau", nom qui semble t'il, avait ete donne a son frere Giovanni, ou peut etre a l'orfevre chez qui Sandro avait ete mis en apprentissage des le plus jeune age. 
C'est par assimilation, et par la corpulence probable de l'un ou de l'autre, que ce nom lui avait ete donne et lui etait reste
.

Vers 1460, Botticelli entre dans l'atelier de Fra Filippo Lippi (1406-1469), moine et peintre le plus repute de Florence, pour ses peintures de scenes religieuses, et aupres duquel il travaille en compagnie d'autres peintres tels qu'Antonio del Pollaiuolo et Andrea del Verrocchio, par lesquels il sera influence notamment par l'inflexion et la ligne du dessin qui sera le sien. 
A cette epoque en effet les artistes pratiquaient differents arts en dehors de la peinture, tels que l'orfevrerie, la gravure, la ciselure, les emaux, qui necessitaient une maitrise et une precision dans les ornements et le tracage des contours. 
Ce sont ces techniques qui marquent la formation de Botticelli jusqu'en 1467, date a laquelle Lippi quitte la region de Florence. 

En 1468, le Tribunal de Florence lui passe la commande d'une peinture representant la "Force" pour l'installer au dessus des sieges des juges, aux cotes d'autres peintures representant les vertus, commandes a Verrocchio et Pollaiuolo. Cette peinture lui vaut une reconnaissance et des lors une certaine reputation, qui lui permet de vivre plus aisement en repondant aux commandes des ecclesiastiques ou de familles florentines.

en 1476, La famille Vespucci, habitant le meme quartier que lui a Florence lui commande differents travaux et en particulier la celebre fresque de "Saint Augustin" qu'il peint en 1480 dans l'Eglise Ognissanti.  Cette fresque consolide la reputation de Botticelli, lequel est appele a Rome par le Pape Sixte IV, pour la realisation des fresques " Les Epreuves de Moise ", "La Tentation du Christ", et "La Punition des Rebelles" pour la Chapelle Sixtine en 1481. La reconnaissance de Botticelli est alors totale, lequel recoit des commandes de toutes les grandes familles de Toscane. Son atelier avec la collaboration de differents peintres realise des tableaux et des fresques pour les grands evenements dans chacune de ces familles, destines a decorer les pieces intrieures des palais. 

La celebre fresque " Le Printemps" est realisee, elle aussi en 1482 dans le Palais de Castello pour la famille Medicis dans un style mythologique et allegorique, en hommage au mariage du cousin de Laurent le Magnifique avec Semirade d'Appiano. "Venus et Mars" peint en 1483, sur le theme de l'amour semble avoir ete commande par la famille Vespucci pour l'occasion d'un mariage.
" La Naissance de Venus" qui presente pour la premiere fois une nudite feminine non biblique, est peinte sur une toile vers 1485, car elle etait destinee a etre transportee et installee dans une villa la campagne, par le commanditaire, probablement aussi de la famille Medicis.

Les annees 1490 entrainent une crise politique et religieuse a Florence sous l'influence de Savonarole, prieur des Medicis, qui annonce la fin de monde au tournant du siecle, preche l'ascese et la penitence et exhorte la vertu, la vie modeste et l'humilite, sous peine du chatiment divin. La peste envahit alors Florence, et Savonarole est tres ecoute du peuple. Il provoque une crise en condamnant les familles florentines qui se font representer dans des tableaux religieux, et condamne aussi les vanites que sont les vetements riches, les perruques, les bijoux, la musique, les livres, les tableaux et les sculptures juges infames. En 1497 et 1498, il organise des buchers ou sont entassses et brules ces objets de vaniets. Excommunie par le pape, Savonarole est arrete, torture, pendu et brule en mai 1498.

Cette crise affecte profondement Botticelli. "La deploration du Christ avec les saints Jerome, Pierre et Paul" " qu'il peint en 1490 temoigne de ce doute et veut veiller a la compassion des croyants, de meme que les tableaux qu'il peint ensuite " La Trinite avec Marie Madeleine " en 1493, "La Vierge a l'enfant avec Jean-Baptiste" en 1495, " La Crucifixion avec Marie Madeleine" en 1497. Botticelli a partage les interrogations et les convictions de Savonarole. Les symboles de ces convictions partagees existent dans ses peintures, tels que les rameaux d'olivier, allusion aux rameaux que l'on portaient lors des processions organisees par le moine heretique.

A partir de1498, son style  semble evoluer vers des compositions plus engagees et plus rebelles aux pouvoirs des Medicis : l"Histoire de Virginie"  relate l'histoire de Virginie, victime et esclave d'Appuius Claudius, poignardee par son pere ou "L'Histoire de Lucrece" qui se suicide pour sauver son honneur, tableaux peints entre 1498 et 1504. 
A partir de 1500, Botticelli s'engage dans la representation de la vie du premier eveque de Florence, Saint Zenobie en quatre tableaux, qu'il fera achever par son atelier, car devenu infirme a partir de 1504, il ne peut plus peindre. Il laisse inacheve une "Adoration des Mages", et meurt en Mai 1510 dans la maison de la Via della Porcellanna ou il aura travaille toute sa vie, en etant reconnu comme le plus grand peintre de son epoque.

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Les Rousses dans l'Art (4): Légendes Arthuriennes

Publié le 28 Novembre 2016 par bigwhy dans art, erotisme, iconographie, histoire, legende, rousse

Guenievre sauvé par Lancelot William Russel Flint

Guenievre sauvé par Lancelot William Russel Flint

Guenièvre dont le nom gallois Gwenhwyfar  qui signifie « blanc-fantôme » la reine Guenièvre est un personnage de la légende arthurienne, femme du roi Arthur. Sa relation adultère avec Lancelot est un thème récurrent du cycle.

Figure archétypale de la dame courtoise, fée, déesse, Guenièvre est un personnage aux multiples facettes qui illustre le foisonnement de l’imagination médiévale. Femme idéalisée ou cristallisation fantasmatique des désirs de l’homme, elle est la projection du désir charnel et des aspirations spirituelles.

Elle est généralement présentée comme la fille du roi Léodagan de Carmélide qui avait de très bonnes relations avec le roi Arthur et permit ainsi leur rencontre. 

Guenièvre ne fait l’objet au mieux que de courtes mentions dans les chroniques. Son personnage s’étoffe à partir du XIIe siècle dans la littérature proprement dite, chez Chrétien de Troyes par exemple, qui répond peut-être aux attentes d’un public de dames nobles de la cour de Marie de Champagne intéressées par les personnages féminins. Dans le cycle arthurien, développé sur quelques siècles par de nombreux auteurs, elle apparait tantôt comme un personnage entièrement négatif, faible ou opportuniste, tantôt comme une dame noble remplie de qualités mais victime de la fatalité.

Les intrigues auxquelles elle est mêlée varient dans le détail au fil du cycle. La synthèse suivante récapitule les principales :

Elle est la fille du roi Léodagan, qui a servi Uther Pendragon et est parmi les premiers à reconnaître Arthur. Lorsque ce dernier accourt à son aide, il rencontre Guenièvre. Ils s’éprennent l’un de l’autre et convolent, mais à l’arrivée de Lancelot du Lac à la cour, c’est le coup de foudre immédiat et le début d’une relation adultère qui ne sera découverte que plus tard par le roi, lorsqu’il constate à l’issue d’un festin l’absence simultanée des amants. Agravain et Mordred, fils du roi Lot, s’étant portés témoins du forfait, pression est faite sur Arthur pour qu’il fasse périr Guenièvre sur le bûcher. Il s’y résout à contrecœur. Lancelot ayant promis de sauver la reine avec l’aide de sa parentèle, Arthur fait protéger le site de l’exécution par les autres chevaliers. Lancelot a le dessus, Gaheris et Gareth, frères de Gauvain, sont tués au combat. Gauvain pousse Arthur à poursuivre Lancelot en France où il s’est réfugié. En prévision de sa campagne française, Arthur laisse Guenièvre, semble-t-il, amnistiée, à la garde de Mordred. À peine le roi parti, Mordred révèle ses intentions de s’emparer du trône et d’épouser Guenièvre. Celle-ci, selon les versions, accepte ou s’enfuit pour se réfugier à la tour de Londres et enfin dans un couvent. Ayant appris les nouvelles, Arthur retourne en Bretagne, confronte Mordred à Camlann et le tue, mais lui même est mortellement blessé. Il est emmené par Merlin à Avalon. Quant à Guenièvre, après une dernière rencontre avec Lancelot, elle se retire dans son couvent pour y finir ses jours.

À partir de Chrétien de Troyes, elle devient l'amante de Lancelot, mais selon une tradition reflétée dans le Roman de Yder (~1210) et La Folie Tristan du manuscrit de Berne, son amant serait Yder. En tout état de cause, Guenièvre est souvent enlevée ou séduite.

Morgane le Fay ; John Spencer Stanhope 1880; Frederic Sandys 1864
Morgane le Fay ; John Spencer Stanhope 1880; Frederic Sandys 1864

Morgane le Fay ; John Spencer Stanhope 1880; Frederic Sandys 1864

La fée Morgane est un personnage du cycle arthurien, dans lequel elle est la demi-sœur — occasionnellement la sœur — magicienne du roi Arthur. Elle y est généralement présentée comme une adversaire du roi, de sa femme Guenièvre et des chevaliers de la Table ronde.

Chez Geoffroy de Monmouth, c’est la principale des neuf enchanteresses qui accueillent Arthur à Avalon après la bataille de Camlann ; chez Chrétien de Troyes, elle est présentée comme une sœur d’Arthur magicienne et guérisseuse coopérant avec son frère. C’est à partir du Lancelot-Graal que son personnage se précise : elle devient l’adversaire d’Arthur, fille d’Ygraine et de Gorlois, sœur d’Élaine et de Morgause, demi-sœur — par sa mère — d’Arthur et femme — souvent infidèle — du roi Urien de Gorre avec qui elle ne s’entend pas et dont elle a un fils, Yvain. Merlin est son maître de magie.

Dans les adaptations modernes de la légende arthurienne, elle remplace quelquefois Morgause, beaucoup moins connue qu’elle, comme mère de Mordred, fils incestueux d’Arthur. Elle y est présentée comme une séductrice maléfique, mais aussi parfois comme un personnage positif incarnant un pouvoir féminin désapprouvé par la société médiévale.

Le personnage de Morgane se caractérise par sa complexité. Selon les auteurs elle est une fée ou une humaine, elle est bénéfique ou maléfique, elle est sœur, demi-sœur ou sans lien de parenté avec Arthur, etc.

Le nom de Morgane signifie en breton « née de la mer ». Cependant, pour certains auteurs, cette étymologie simple n'est pas satisfaisante. Morgane serait une variante de Morrigane qui en gaëlique signifie grande reine.

Dans le premier texte écrit où elle apparaît, son nom est écrit Morgen. Dans les romans du XIIe et XIIIe siècle, elle apparaît comme Morgane ou Morgain.

Dans le Lancelot-Graal Morgane change de personnalité et devient une opposante à Arthur et à la Table ronde. Elle n'est plus le personnage magique qui sauve Arthur mais une figure néfaste qui emprisonne les chevaliers infidèles à leur dame dans le Val-sans-retour, situé à Brocéliande, et qui essaie de briser l'amour de Lancelot et de la reine Guenièvre.

C'est dans ce cycle que lui est donnée une histoire. Morgane est la fille dYgraine et de Gorlois, duc de Cornouailles, sœur d'Élaine et de Morgause et demi-sœur d'Arthur. Envoyée dans un couvent lorsqu’Uther Pendragon tue son père et épouse sa mère, elle reçoit une éducation complète puis est accepté par Merlin comme élève dans les arts magiques. Uther lui fait épouser Urien qu’elle n’aime pas. Femme luxurieuse, elle tombe amoureuse, à Camelot, d'un chevalier, Guiomart, cousin de la reine Guenièvre. Celle-ci rompt leur relation et, dès lors, Morgane déteste son frère et Guenièvre. Cette haine s'accentue après que Lancelot rejette ses avances. Dans certains contes Morgane chercher à se venger de Guenièvre, en la prenant en défaut, par exemple en portant à la cour une coupe magique qui révèle l’infidélité (Tristan en prose). Dans Sire Gauvain et le chevalier vert Morgane est la complice de la belle dame de Haut-Désert, toutes deux recherchant la mort de Gauvain par des actes fourbes et traîtres.

Dans Le Morte d'Arthur elle s’empare d’Excalibur et pousse son amant Accolon à tuer Arthur, mais le plan échoue. Dans certains récits, elle s’empare du fourreau - dans lequel réside, selon certains, le pouvoir protecteur de l’épée - et le jette dans un lac. Dans d'autres récits, Morgane initie son neveu (ou fils, cela varie selon les récits) Mordred pour qu'il puisse tuer Arthur. Mordred réussit à tuer Arthur et cela marque la fin d'Albion. Le corps d'Arthur est transporté dans un bateau par trois femmes : Ygraine, la Dame du Lac et Morgane.

Certaines sources lui attribuent effectivement la maternité de Mordred, conçu de façon « fortuite » : Morgane lors d'une fête païenne représente la jeune vierge offerte au dieu Cornu qui n'est autre qu'Arthur, sans qu'aucun des deux ne le sache. Ce n'est qu'une fois le rite accompli que les deux amants découvrent l'identité de l'autre.

Le nom de Morgane la lie peut-être aux morgan/morgen, fées des eaux séductrices et dangereuses du folklore brittonique.

The Lady of Shalott John William Waterhouse 1888

The Lady of Shalott John William Waterhouse 1888

La fée Viviane ou la Dame du Lac est un personnage des légendes arthuriennes qui donne l'épée Excalibur à Merlin qui la remet ensuite au roi Arthur, guide le roi mourant vers Avalon après la bataille de Camlann, enchante Merlin, et éduque Lancelot du Lac après la mort de son père. Les différents auteurs et copistes de la légende arthurienne ont donné à la Dame du Lac divers noms tels que Viviane, Niniane, Nyneve ou Nimue.

Viviane vivait dans les forêts de Brocéliande, de Darnantes et de Briosque (dans lesquelles vivraient de nombreuses espèces féeriques comme les dragons). Elle enleva le jeune Lancelot, alors qu'il était encore enfant, après la mort de son père le roi Ban de Bénoïc (mort de tristesse en voyant brûler sa chère ville de Trèbes). Elle l'emmena au plus profond de son Lac, appelé aussi Lac de Diane, où elle l'éleva. Lancelot n'en ressortit pas avant l'âge de dix-huit ans. De son côté, sa mère, la reine Elaine, se retira dans un couvent jusqu'à la fin de sa vie. Viviane enseigna les arts et les lettres à Lancelot, lui insufflant sagesse et courage, faisant de lui un chevalier accompli. Elle le mena alors à la cour d'Arthur, à Camelot, afin d'y être adoubé et le présenta aux chevaliers de la Table Ronde, dont il devint le plus célèbre représentant.

Après la mort de sa mère Ygraine, Viviane prit soin de Morgane, faisant d'elle une magicienne, tandis que Merlin l'enchanteur s'occupait de l'éducation de son demi-frère, le futur roi Arthur. Selon d'autres textes, Morgane ne serait pas la demi-sœur d'Arthur mais sa sœur et n'aurait pas été élevée par Viviane mais aurait appris, elle aussi, sa magie de Merlin. Viviane protège Arthur, sa cour et l'idéal courtois et chevaleresque qu'il incarne, tandis que Morgane veut la perte de son frère et de sa belle-sœur, la reine Guenièvre.

Dans le cycle de la Post-Vulgate, Viviane n’est pas celle qui donne l’épée. Celle-ci est offerte par une dame anonyme contre la promesse d’un service. Elle arrive un jour à la cour d'Arthur pour le demander : elle veut la tête du chevalier Balin pour venger un membre de sa famille, mais c’est finalement elle qui est décapitée par Balin. L’auteur révèle plus loin qu’il s’agissait en fait d’une personne de peu de valeur morale voulant venger, non la mort d’un parent, mais celle d’un amant illicite. Thomas Malory a repris la version de la Post-Vulgate.

La plus ancienne localisation du Lac se trouve dans le Lancelot en prose, écrit vers 1230. Le lieu où est élevé Lancelot se trouve en effet au nord de Trèves-Cunault, sur la Loire, en un lieu appelé Saint-Pierre-du-Lac, au milieu de la forêt (aujourd'hui disparue) de Beaufort-en-Vallée (le "Bois en Val" du roman).

La belle dame sans merci; Franck Bernard Dicksee 1890

La belle dame sans merci; Franck Bernard Dicksee 1890

Burchard de Worms met en garde contre la croyance selon laquelle des femmes de la forêt sorties de nulle part viennent donner du plaisir aux hommes, puis disparaissent : ce témoignage aux alentours de l'an mille est l'un des plus anciens concernant la fée amante. Elle est décrite comme une magnifique jeune femme surnaturelle qui éveille chez les chevaliers et les héros un désir d'amour immédiat. Des histoires où les hommes héroïques se font aimer de telles créatures féminines se retrouvent partout dans le monde, aussi bien en Grèce antique que chez les Inuits ou les Amérindiens. La fée amante est toutefois une création littéraire occidentale du xiie siècle4. Ses amours sont toujours assujetties à une condition (dans le lai de Lanval, il s'agit de ne pas en parler et dans la légende de Mélusine, de ne pas chercher à la voir le samedi). Si l'interdit n'est pas respecté, la fée peut se venger cruellement, allant jusqu'à donner la mort à ses amants. La Belle Dame sans merci, héroïne d'un poème de John Keats, la reine des fées dans Thomas le Rhymeret celle de Tam Lin sont des exemples de fées amantes piégeant les hommes par leur amour.

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Les Rousses dans l'Art (3): Histoire

Publié le 26 Novembre 2016 par bigwhy dans art, erotisme, iconographie, rousse, histoire

Frederick Sandys, "Helen of Troy" 1867

Frederick Sandys, "Helen of Troy" 1867

Fruit des amours de Léda, reine de Sparte, et de Zeus, Hélène est née selon la mythologie grecque, dans un œuf. Ce qui n’est guère commun, mais compréhensible lorsque l’on sait que Zeus pour séduire sa mère, avait pris la forme d’un cygne. Est-ce par son statut de demi-dieu, ou par sa naissance inhabituelle – l’œuf étant un symbole de perfection de la création de la terre – qu’elle est considérée comme l’une des plus belles femmes de Grèce (et donc du monde) ? Hélène a naturellement été l’objet de nombreuses convoitises : ravie par Thésée puis courtisée par les seigneurs du pays, elle est finalement enlevée par Pâris et emmenée à Troie, alors qu’elle est l’épouse du roi Ménélas.
N’est ce pas surprenant de voir la plus belle des femmes représentée en rousse replète à la peau d’albâtre ?
Pas tant que ça si l’on se rappelle que l’enlèvement d’Hélène est à l’origine de la Guerre de Troie… Pour récupérer sa femme, tombée amoureuse de son ravisseur et qui refusait de partir, le roi de Sparte et son armée assiégèrent Troie pendant des années, finissant comme on le sait par pénétrer la ville grâce à la ruse d’Ulysse et son cheval de bois. Cette femme séductrice est ainsi la cause d’un lourd conflit qui engendra de nombreux morts. Cette femme nuit aux hommes, elle est dangereuse, elle ne peut qu’être rousse !
L’association parait certainement évidente pour le public Victorien de l’époque de Frederick Sandys, peintre évoluant dans la mouvance pré-raphaélite. Les rousses sont à la mode auprès de cette vague d’artistes friands de symbolisme et fascinés par la dualité de l’image féminine.
Sandys interprète celle d’Hélène en lui donnant une moue d’enfant boudeuse, au teint glacial. Elle semble observer quelque chose au loin, se tenant sur ses gardes, traversée de pensées pernicieuses. Mieux vaut se tenir à distance de cette femme secrète et inquiétante.
Pourtant sans son expression de visage, elle pourrait par son opulence et sa blancheur dégager un côté bourgeois et moelleux anachronique, qui serait presque rassurant si son regard bleu perçant et sa chevelure épaisse et brûlante ne nous intimaient de nous méfier.
Mis à part son collier, rien ne la lie d’ailleurs à la Grèce antique, elle pourrait tout à fait être le portrait d’une contemporaine de Sandys. L’artiste n’essaierait-il donc pas d’avertir son public sur l’intemporalité de la perfidie de la gent féminine ? A moins que cette toile ne soit qu’un prétexte de plus à représenter une femme intrigante, suscitant désir et fascination chez le spectateur.

Phryne, Gustave Boulanger, 1850,

Phryne, Gustave Boulanger, 1850,

Gustave Boulanger se spécialisa dans les sujets orientalistes à la suite de ses voyages en Grèce et en Afrique du Nord.  Sa vision de l’Orient n’en reste pas moins idéalisée, ou sublimée, s’inscrivant ainsi dans cette vogue d’exotisme « romantique » qui traversa  son époque.
L’inspiration de sa « Phryne » provient des textes grecs antiques.
Même si on le croirait à première vue, cette femme n’est pas une esclave de harem oriental, mais une prostituée athénienne du IVeme siècle av. JC. Ou plus précisément une « hétaïre », courtisane haut de gamme de la société grecque. Parmi ses clients et protecteurs célèbres, Phryne comptait Pline l’Ancien et le sculpteur Praxitèle, dont on présume qu’il l’utilisa comme modèle pour une Aphrodite.
Si elle a laissé son empreinte de la sorte dans les arts, c’est pour l’histoire de son procès et le mythe qu’elle a ensuite symbolisé. Jugée pour impiété car elle s’était baignée nue un jour de fête religieuse, Phryne fut amenée devant l’aréopage pour répondre de son crime. L’orateur Hypéride, dont elle était la maîtresse, prit sa défense et arracha sa tunique pour dévoiler sa poitrine à l’assemblée. Tant de beauté ne pouvait qu’être justifiée par un signe de la protection d’Aphrodite. Phryne  fut alors acquittée par les jurés, de peur de fâcher la déesse, puis amenée triomphalement au temple de sa « patronne ».

Celle-ci fixe au contraire le spectateur avec intensité, tout à fait consciente de ses charmes et ouvertement complice d’un plaisir exhibitionniste face aux voyeurs que nous sommes. Le miroir qu’elle tient dans la main droite ne nous laisse plus croire en la candeur que Gérôme essayait mollement de transmettre. Cette femme là est parfaitement au fait de la beauté de son corps et du pouvoir qu’elle peut en tirer sur les hommes, comme le prouve l’histoire de son jugement.

Le détail qui frappe et tranche avec toute la belle harmonie orientale du tableau est sans nul doute la surprenante chevelure rousse. Cette couleur de cheveux ne sied pas aux traits grecs de Phryne accentués par le peintre, mais elle synthétise la vision qu’il a de cette femme.
En France au XIIIeme siècle, Saint-Louis promulgua un édit obligeant les prostituées à se teindre les cheveux en roux, pour être reconnues et distinguées des autres femmes (le roux évoquant bien sûr le feu et la lubricité de Satan). Selon l’inconscient collectif qui en est issu, Boulanger insiste donc sur la profession de Phryne en la peignant rousse, ajoutant même par là une note de vulgarité et de provocation dans le contraste entre la chevelure, les sourcils et les yeux noirs. En associant Phryne à la rousseur, il alimente la légende des femmes rousses en tant que pécheresses notables, séductrices et manipulatrices. C’est aussi une façon d’autoriser doublement les spectateurs à fantasmer sur cette chair lisse et dorée, déjà offerte à tous du vivant de Phryne.

Lucrece Borgia de Bartolomeo Veneto

Lucrece Borgia de Bartolomeo Veneto

Dans la famille Borgia, Lucrèce est celle qui traîne de façon injuste la réputation la plus sulfureuse. Empoisonneuse, incestueuse, lubrique et satanique, que n’a-t-on pas écrit sur la fille du pape Alexandre VI et de sa maîtresse Vanozza de Cattanei !

Parmi les grands narrateurs de cette légende noire, on trouve Victor Hugo qui a romancé sa vie pour mieux remplir les théâtres des boulevards : « Famille de démons que ces Borgia !» lance-t-il…. La femme fatale trouve en plein romantisme un public à mesure : l’émotion le dispute à l’histoire, toutes les anecdotes sont bonnes pour faire trembler les foules, et tant pis pour la vérité historique !

En réalité, Lucrèce Borgia fut sans doute la première victime de sa famille plutôt que l’entremetteuse avide et sanglante que l’on imagine : sa famille va la marier trois fois, sans lui demander évidemment son avis, au gré des alliances et d’une politique territoriale complexe.

Edmund Blair Leighton: The Accolade (L'Adoubement) (1901)

Edmund Blair Leighton: The Accolade (L'Adoubement) (1901)

ALIENOR  D’AQUITAINE (1122-1204) Son prénom signifie « L’aigle d‘Or » ou La Lumière de Dieu. Une femme d’exception qui a eu une vie riche et remplie.

On la a Louis VII roi de France marie le 25 juillet 1137 à Bordeaux,  Aliénor a 15 ans.

Aliénor donne deux filles à Louis VII qui fait sans cesse la guerre à ses Barons révoltés. A Vitry 1300 personnes se réfugient dans la cathédrale qui brûle et les tue tous. Pour son pardon ils doivent partir en croisade que prêche Saint Bernard de Clairvaux à Vézelay le 31 mars 1146. Ils marchent le long du Danube jusqu’à Byzance et puis Erdesse où Aliénor retrouve son oncle Raymond de Poitiers, comte d’Erdesse, qui parle occitan. Là ils se disputent car Aliénor veut aider son oncle en danger, qui sera tué par les Musulmans deux ans après. Louis VII fait enlever sa femme par ses soldats et l’amène à Jérusalem en pélerinage.

Au retour leurs bateaux se séparent, elle est en Sicile et lui en Calabre. Ils se retrouvent à Rome où le Pape Eugène III les réconcilie et les amène au lit. De retour en France, Aliénor accouche de sa seconde fille, Alix.

Et le 21 mars 1152 leur mariage est annulé par le concile de Beaugency, pour parenté au cinquième degré. Alors elle choisit Henri Plantagenet, comte d’Anjou et duc de Normandie, qui a 20 ans et elle 30 ans. En janvier 1153 Henri Plantagenet débarque et conquiert l’Angleterre. Aliénor a son premier fils Guillaume. Le 19 décembre 1154 Henri et Aliénor sont  couronnés roi et reine d’Angleterre. En février 1155 elle a son deuxième fils Henri, puis encore six enfants. Ils gèrent l’Angleterre et la moitié de la France (Bretagne, Normandie, Poitou, Limousin, Aquitaine).

Ils traversent dix fois le Channel. Puis avec le temps vers 1165 Henri reste en Angleterre et Aliénor en France. En 1166 Aliénor accouche en Angleterre  de son huitième enfant Jean-sans-terre et apprend la maîtresse de son mari le roi. Pour les Anglais c’est Fair Rosamund, blanche et rousse, cachée par un tunnel et un labyrinthe, Aliénor le perce et l’oblige à boire du poison. Pour les Français c’est la Rose immonde en son château de Woodstock. Puis Aliénor ne revient plus en Angleterre et mène une guerre à son mari par ses fils interposés. D’abord Henri qui est fait roi par son père.

Puis en 1174 près de Chartres les seigneurs de Lusignan font prisonniers une dizaine de chevaliers poitevins. Ils les emprisonnent à la tour de Chinon et ils découvrent que l’un est une femme, c’est Aliénor. Alors elle vendue au plus offrant et revendue, finalement c’est son mari, le roi d’Angleterre qui l’emprisonne dans un château anglais, où à  53 ans, elle va être enfermée neuf ans. Deux après en 1176 Rosamonde meurt malade dans un monastère, donc ce n’est pas Aliénor qui l’a assassiné.

Elle a été à l’origine de la guerre de Cent ans avec les Anglais qui revendiquaient sans cesse les immenses domaines d’Aliénor surtout en Aquitaine. 

Elizabeth 1er de George Healy

Elizabeth 1er de George Healy

Le portraitiste américain George Healy (1813-1894) a réalisé la copie du célèbre Portrait à l’arc-en-ciel. L’œuvre originale est peinte à la toute fin de la vie d’Élisabeth, peut-être entre décembre 1602 et mars 1603, mais il n’est pas impossible qu’elle ait été achevée après la mort de la reine. 

Fille d’Henri VIII et de sa deuxième épouse, Anne Boleyn, Élisabeth parvient au pouvoir en 1558. Elle succède à sa demi-sœur Marie Tudor, qui était catholique. Elle-même est protestante, et le pape n’hésite pas à l’excommunier et à proclamer sa destitution en 1570. La reine doit non seulement maîtriser le mécontentement des catholiques, qui se soulèvent dans le nord du royaume en 1569, mais aussi résister aux Espagnols, qui fomentent des complots contre elle et préparent l’invasion de l’Angleterre en 1588. Elle meurt en mars 1603, sans avoir jamais été mariée. 
 

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