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Bigwhy? Finest?

Fanzine Enthousiaste & Curieux

Articles avec #iconographie catégorie

Les Amants: Diaporama (13)

Publié le 30 Juin 2017 par bigwhy dans art, iconographie, erotisme

Les Amants: Diaporama (13)

L'amour nait au printemps, mais il devient charnel, avec la chaleur de l'été, je vous concocte donc, un petit dossier iconographique, qui n'est ni chronologique, ni objectif, juste des belles images sur les amants de tous les temps!

Voila l'été, on va pouvoir reprendre nos thèmes préférés, on commence en douceur sans un mot, juste avec quelques belles images....

Les Amants: Diaporama (13)
Les Amants: Diaporama (13)
Les Amants: Diaporama (13)
Les Amants: Diaporama (13)
Les Amants: Diaporama (13)
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Cleopatra: Mythe (6)

Publié le 23 Mai 2017 par bigwhy dans histoire, biographie, iconographie

Cleopatra: Mythe (6)

De toute l’Histoire, les femmes ont entretenu une relation indirecte avec le pouvoir. Cléopâtre, une des plus grandes figures de l'histoire de l'antiquité, fût une des rares à avoir l’occasion d’obtenir un titre généralement réservé aux hommes : celui de pharaon. Son histoire fut telle que depuis le début du XVI ème siècle, Cléopâtre se transforma en figure mythique. Mais malheureusement, de nos jours, notre vision est plus fondée sur son mythe que sur les faits historiques. Nous avons choisit ce thème car le rapport entre les femmes et le pouvoir a toujours été complexe. Si notre choix a abouti à Cléopâtre parmi toutes les figures féminines du pouvoir qui s’offraient à nous, c’est car elle est l’une des plus anciennes et que nous voulions comprendre comment une femme pouvait atteindre une telle place dans un monde dirigé exclusivement par des hommes. De plus nous voulions comprendre cette figure mythique de l’histoire que nous connaissons tous aujourd’hui à travers sa légende. Mais d’abord qu’est ce qu’un mythe? Un mythe est une représentation de la réalité amplifiée et déformée, par la tradition populaire, de personnages ou de faits historiques qui prennent forme de légende dans l’imaginaire collectif. Mais ce mythe est il réellement mérité ? La vérité n’a-t-elle pas été trop déformée ? Au final le mythe n’a-t-il pas dépassé la réalité historique? Nous tenterons de distinguer la figure mythique du personnage mythique en abordant sa vie dans l’Histoire puis en analysant les éléments qui ont amené son mythe jusqu'à nous.

La reine Cléopâtre avait un charme dont elle usait et abusait pour séduire les hommes. Mais était-elle aussi cruelle qu’on a entendu le dire ? Certains historiens pense que oui. Tout d’abord c’était une femme dépourvue de tous scrupules : elle a éliminé son frère, âgé de seulement quinze ans, Ptolémée XIV car elle craignait qu’il ne fut un obstacle pour l’avenir de son fils Césarion et elle fit tué sa sœur Arisnoée car elle craignait qu’elle lui prenne le place sur le trône. De plus Cléopâtre incarne, dès l’antiquité, le femme séductrice, corruptrice et destructrice d’ hommes. C’est ainsi qu’elle aurait ‘’ensorcelé’’ Antoine et qu’il se laissa entraîner à Alexandrie ou il perdit le sens de son devoir ( par exemple, il ne fêtait plus ses victoires à Rome mais en Egypte aux côtés de la reine, ce qui était très mal vu ). Il ne se souciait plus de son honneur et passait son temps avec Cléopâtre.

D’un autre côté, des historiens on donnait une thèse toute à fait différente ou ils expliquaient que Cléopâtre n’était pas une corruptrice d’ hommes mais ou s’étaient eux qui se montraient irresponsables, incapables et aveuglés par la passion. On peut ajouter en effet que la grande culture de la reine contribuait a son charme. Cléopâtre était polyglotte, elle parlait le grec, l’égyptien, l’araméen, l’éthiopien, le mède, l’arabe et sans doute l’ hébreu et la langue des Troglodytes. Toute cette connaissance lui donnait un charme à sa conversation, une qualité d’esprit et une intelligence qui effrayait les romains car elle était devenue une fine politicienne. C’est ce côté intellectuel qui l’a mené au trône de pharaon en Egypte et qui la aider aussi à séduire César.

Cleopatra: Mythe (6)
Cleopatra: Mythe (6)

Le mythe de Cléopâtre doit beaucoup à sa soit-disant « beauté ». Mais est-ce qu’elle était si belle qu’on le croit ?Certaines représentations la montrent sous des traits plutôt communs mais dotée d’un charme apparent : mais était-ce vraiment Cléopâtre sur ces sculptures ? En effet des historiens ont trouvé d’autres représentations sous forme monétaire qui ne correspondaient pas à l’idéal de beauté que l’on se faisait de Cléopâtre : le visage dépeint sur ces pièces est emprunt d’une dureté incompatible avec la séduction et il est doté d’un nez proéminent. Sa beauté n’était donc pas incomparable au point d’être en admiration devant elle dés le premier regard. Mais pourquoi pensons-nous tous que Cléopâtre était dotée d’une beauté extravagante? Certains historiens nous expliquent que sa fréquentation avait tant d’attraits que l’on ne pouvait pas lui résister. Plutarque nous dit « Les charmes de son visage soutenus par les appâts de sa conversation et par toutes les grâces qui peuvent émaner du plus heureux caractère , laissaient de profondes blessures. ». De plus elle avait une voix mélodieuse, d’une douceur extrême et ensorcelante qui était un véritable atout de séduction. C’est donc le portrait non pas d’une femme d’une beauté enviable mais de celle d’une personnalité troublante et hors du commun. Mais son caractère et ses charmes n’étaient pas les seuls atouts que cette reine possédait.

Pourquoi lorsque l’on parle de Cléopâtre fait-on toujours allusion à son nez ? On dit que la reine avait un long nez… Mais était-ce réellement vrai ? Sur les représentations artistiques historiques que l’on a de cette femme, on peut en effet remarquer qu’elle avait un nez légèrement plus long que ce à quoi on est habitué: Mais il n’était pas non plus hors du commun. L’exagération que tout le monde fait sur le nez de Cléopâtre vient de Blaise Pascal. En effet dans ses Pensées il voulait montrer que le destin des hommes était lié aux passions, souvent dépendantes des causes les plus futiles, cite en exemple : « Le nez de Cléopâtre, s’il eût été plus court, toute la face de la terre aurait changé. ». Donc le fabuleux nez de Cléopâtre n’est qu’un mythe, en parti vrai mais qui a seulement était amplifié.

La reine Cléopâtre est sans conteste l’une des figures les plus célèbres de l’Antiquité. Elle est entourée d’histoires, certaines sont très célèbres mais étaient-elles toute vrai? En effet la connaissance que l’on a de cette reine s’est beaucoup construite autour de mythes, qui nous sont parvenus et qui la rende universellement célèbre. Ces légendes sont multiples et plus ou moins connues. Le nom de Cléopâtre lui-même marque tout un mythe : c’est le nom de la beauté, de la séduction ( elle avait deux amants : César et Marc Antoine). C’est un nom qui nous évoque aussi un nez hors du commun ! Mais qui était-elle vraiment ? Quelles sont les histoires réelles et celles qui ne sont que des légendes ? Après la défaite que Cléopâtre a subit face à Octave et suite à la mort d’ Antoine, elle décida de se suicider car elle se sentait humiliée et voulait restée digne. Elle alla tout d’abord se recueillir sur la tombe d’Antoine pour lui faire un dernier adieu. Ensuite elle prit son dernier bain et un dernier grand repas.Mais comment Cléopâtre est-elle morte ? La version la plus connue est celle des romains, selon laquelle Cléopâtre serait morte empoisonnée par la morsure d’un serpent, pour les historiques cette hypothèse est discutable mais on ne devrait pas réellement la rejeter. Deux grands hommes, Strabon et Plutarque, s’interrogent sur la mort de la reine. Le premier, Strabon, hésite entre la mort par empoisonnement et la mort par le serpent. Quant à Plutarque, il s’avance sur plusieurs hypothèses. Sa première hypothèse est aussi à propos du serpent : elle aurait demander à ce qu’on lui apporte un panier de figues avec un serpent et lorsqu’elle le vit, elle avança son bras pour qu’il la morde. Sa seconde hypothèses est que Cléopâtre gardait un serpent caché dans un vase, elle l’aurait provoqué pour que l’animal s’énerve et la morde. Dans sa dernière hypothèse, il raconte que la reine avait toujours du poison caché dans une aguille creuse, qu’elle portait dans ses cheveux.

Mais il paraît que l’on ne retrouva sur son corps ni tache, ni traces de poison et il n’y avait pas de serpent dans sa chambre lorsqu’on a découvert son corps. La version officielle resta celle de la morsure de serpent mais le moyen employé par Cléopâtre pour se suicider reste un mystère.

La rencontre entre César et Cléopâtre est une histoire qui, la plupart du temps n’est pas connue. Certaine personne la prenne pour un mythe, d’autres pas. Alors qui croire ? Plutarque raconte que Cléopâtre a utilisé la ruse pour pouvoir entrer dans le palais de César car elle ne devait pas se faire reconnaître. Elle réussit à rentrer de nuit grâce à un de ses serviteurs, Apollodore. Il l’enveloppa dans un sac et la fit entrer. C’est cette ruse qui captiva César pour la première fois car il était ‘’ émerveillé’’ de son esprit inventif. Il devint l’amant de la reine. Il semblerait que cet événement se soit réellement déroulé comme cela. Une autre histoire a était raconté. Cléopâtre aurait été seule au palais de César et se serait en roulé à l’intérieur d’un tapis qu’on devait livré à César. Mais cette histoire est un mythe.

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Judith & Holopherne (11)

Publié le 13 Mai 2017 par bigwhy dans art, erotisme, histoire, iconographie, femme fatale, judith

Judith & Holopherne (11)

Mais ce que les artistes retiennent du sujet c’est surtout la beauté de Judith et de ses parures, la laideur de la servante (quand elle est présente), l’horreur de la décapitation et l’ambiance nocturne. En fonction des époques et des besoins, on insiste plus ou moins sur ces aspects. Par exemple, au début de la Renaissance, le thème de Judith est surtout l’occasion de montrer une héroïne victorieuse et apprêtée. Judith est d’une beauté innocente qui fait facilement oublier l’horreur de son geste

Dans ces versions, Judith est souvent représentée hors du camp, après l’action. Ses vêtements ne portent aucune trace des actes passés et seule la tête qu’elle foule aux pieds ou tient à la main rappelle l’horrible épisode. L’épée est souvent présente et permet de jouer des contrastes. Le côté fragile de la physionomie de la jeune femme s’oppose à la lourdeur de l’épée. Les parures et les bijoux scintillants s’opposent à la tête sanguinolente. Le raffinement de Judith s’oppose à l’aspect rustre du militaire et à la dureté de la lame.

Cette vision de Judith qui insiste sur sa jeunesse, sa beauté et sa pureté, va progressivement laisser la place à une image plus ambigüe. Parce que Judith est aussi un symbole de détermination, de force de caractère et qu’elle incarne une héroïne vengeresse, elle possède aussi une part plus sombre. Doigt dressé, sourcils froncés, elle montre un visage volontaire, des traits plus durs, une certaine violence, même si une grande partie des peintures ne la présente qu’après l’action de décapitation. Dans ces images, Judith n’est plus l’innocence incarnée mais une forte tête, parfois hautaine voire méprisante.

Enfin, surtout à partir du XIXe siècle, Judith devient l’incarnation de la femme fatale. Comme Salomé, dont elle est un peu le pendant vertueux, Judith use de ses charmes pour séduire un homme et conduit ce dernier à sa perte. C’est pour la bonne cause que Judith joue de sa séduction, trahit Holopherne, commet un meurtre, mais elle est quand même le reflet du machiavélisme féminin et d’une beauté dangereuse. Les symbolistes la voient clairement comme un personnage ambigu, à la beauté captivante et sensuelle mais aussi un peu inquiétante.

Judith & Holopherne (11)
Judith & Holopherne (11)
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Judith & Holopherne (10)

Publié le 12 Mai 2017 par bigwhy dans art, erotisme, histoire, iconographie, femme fatale, judith

Judith & Holopherne (10)

En filmant la mise à mort de leurs otages, les djihadistes les plus extrêmes pratiquent une forme de terrorisme à la fois très ancienne et très nouvelle. Ce qui a changé, c’est moins la méthode d’intimidation que le statut de l’image

En 2017, la décapitation est dans tous les yeux. Visions qui révulsent, épouvantent, et signent cette nouvelle forme de terrorisme par l’image qui, aux guerres propres, stratégiques, «zéro mort», des grandes puissances armées, oppose une boucherie individuelle, infamante, et pour l’exemple. L’image terrifiante est-elle la nouvelle arme de guerre du pauvre?

Si c’est le cas, on commence par s’étonner de son efficacité. Parce qu’à l’ère des images Kleenex, on s’imaginait, en tant que société, toujours plus indifférent. Ensuite, parce qu’à force d’en voir, des têtes coupées et des corps mutilés, toujours plus réalistes, dans les films et les séries télévisées on se croyait immunisé. Enfin, parce que nos musées des beaux-arts sont remplis de têtes coupées, dont les destins sortent tout droit de la Bible, et sont autant d’indices que la décapitation, au nom de la loi ou de la guerre, est un geste quasi consubstantiel de l’humanité. Alors depuis le temps, on se dit qu’on devait avoir l’habitude.

Alors pourquoi sommes-nous, encore, toujours, ou plus que jamais, terrorisés par la ­décapitation?

«Notre époque a sanctuarisé l’individu, et l’intégrité de son corps», «C’est dans la tête que réside l’humanité. La décapitation est un geste de déshumanisation. Et plus encore, d’animalisation, puisqu’il commence par l’égorgement, qui renvoie à l’imaginaire de l’abattoir.» Egorgé, puis étêté, c’est en effet le sort que l’on réserve aux animaux que l’on mange.

Judith & Holopherne (10)
Judith & Holopherne (10)
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Judith & Holopherne (9)

Publié le 11 Mai 2017 par bigwhy dans art, erotisme, histoire, iconographie, femme fatale, judith

Judith & Holopherne (9)

Ces figures du passé interpellent nos capacités actuelles à bouger, à nous « émouvoir » aujourd'hui dans les espaces hybrides à moitié virtuels, à moitié concrets et palpables dans lesquels nous évoluons. Au dela de fables morale où l'homme concupiscent est puni et où la femme sait tirer partie de son pouvoir de séduction au profit d' une noble cause (sociale ou privée) tout en restant vertueuse, une nouvelle trame se donne à lire : celle qui associe le désir au dégoût, la sensualité au rejet, cette érotisation de la décapitation qui illustre le malaise contemporain. Cela nous permet d'être fasciné sans être paralysé et, par cette possibilité nous offre d'être affecté du dehors, les figures deviennent sujet et se mettent à exister et à laisser percer de nouvelles possibilités de visions.

L'assymétrisation des corps se fait au profit de celui triomphant de la femme dont la sensualité se transforme en violence et qui, tout en restant strictement dans les canons de la beauté, devient une arme redoutable. L'épée n'étant qu'un accessoire. La femme objet devient sujet qui peut se laisser aller à la brutalité puisque elle est associée à la juste cause, qu'elle s'avère techniquement nécessaire.

Judith & Holopherne (9)
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Judith & Holopherne (8)

Publié le 10 Mai 2017 par bigwhy dans art, erotisme, histoire, iconographie, femme fatale, judith

Judith & Holopherne (8)

Dans certains cas, le mythe de Judith quitte la sphère publique et fait écho à l’intime. C’est le cas pour Artemisia Gentileschi qui a représenté de nombreuses fois le motif de Judith. Or, selon, certains critiques, cet intérêt pour le mythe provient directement de son histoire personnelle : Artemisia accusa en effet Agostino Tassi, un ami de son père de l’avoir violée. On peut donc avancer l’hypothèse que ses différents tableaux constituent autant de rappels de l’évènement où Artemisia se serait elle-même représentée en Judith et aurait attribué à son bourreau les traits d’Holopherne.

Pour l’artiste, ce thème revêt une importance particulière...Violée par son maître de dessin et meurtrie par un procès long et humiliant, la jeune femme n’en ressort que plus avide de faire ses preuves. La victoire de Judith sur Holopherne prend des airs de revanche dans ses tableaux.

Car Judith, c’est elle-même. Plusieurs indices nous le prouvent. En observant bien le tableau, on remarque un bracelet à l’effigie de la déesse Artémis, en écho au prénom Artemisia. De même, ses autoportraits témoignent de la ressemblance entre les deux femmes. Artemisia a choisi de peindre un alter ego. Une femme forte, déterminée. Il n’est pas difficile de deviner alors que sous les traits d’Holopherne se cachent ceux de son bourreau. La toile devient ainsi une mise en garde pour la gente masculine…

 

Judith & Holopherne (8)
Judith & Holopherne (8)
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Judith & Holopherne (7)

Publié le 9 Mai 2017 par bigwhy dans art, erotisme, histoire, iconographie, femme fatale, judith

Judith & Holopherne (7)

Au Moyen Age, Judith symbolisait la fidélité, la chasteté et la continence triomphant de l’orgueil et de la luxure. Il a été réactivé à la Renaissance par Cranach et Giorgione, avec un écho particulier à Florence, où l’on y a vu une image de la victoire des républicains sur les ennemis du bien public. Mantegna, Botticelli, Donatello ou encore Giovanni della Robbia ont ainsi représenté des Judith…

Avec le Concile de Trente, l’Église catholique a redéfini les textes canoniques. Or à la différence des Protestants qui, suivant Luther, ne reconnaissent dans l’Ancien Testament que les livres écrits en hébreux, soit la Bible juive, le Concile y inclut des textes deutérocanoniques (issus d’un second canon), plus récents et rédigés en grec dont le livre de Judith. Cette différence va donner une aura nouvelle à ce récit.

« Judith est devenue le symbole de l’Église catholique romaine qui décapite l’hérésie luthérienne représentée par Holopherne », D’où le succès de ce thème auprès des peintres de la contre-réforme comme Le Caravage, Artemisia Gentileschi ou Rubens.

Les deux premiers n’hésiteront pas à donner des représentations particulièrement violentes et crues de la décapitation d’Holopherne, dont le sang jaillit, afin d’impressionner le spectateur, là où les images anciennes privilégiaient plutôt le moment précédant ou suivant le meurtre.

Pendant la Renaissance italienne, Judith va sans cesse être invoquée dans les arts pour conjurer une double menace : celle des Turcs à l’extérieur et celle du tyran à l’intérieur. Ainsi, dès la fin du XVe siècle, le tombeau du doge Andrea Vendremin, réalisé par Tullio Lombardo, est orné d’une Judith triomphante tenant la tête d’Holopherne.

Toujours au XVe siècle, la sculpture Judith et Holopherne de Donatello, où l’on voit l’héroïne, l’épée levée, prête à trancher la tête, est considérée comme une allégorie de la liberté défendant Florence. Les Médicis s’approprièrent la figure de Judith à leur tour en 1466 en ajoutant une inscription sur le socle de la statue de Donatello afin de célébrer une victoire de Pierre de Médicis. D’ailleurs, la statue trôna un temps devant le Palazzo Vecchio, cœur de la cité, avant d’être remplacée par celle de David.

Judith & Holopherne (7)
Judith & Holopherne (7)
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Judith & Holopherne (6)

Publié le 8 Mai 2017 par bigwhy dans art, erotisme, histoire, iconographie, femme fatale, judith

Judith & Holopherne (6)

« Enfer et damnation ! », s’écriait-on sur le « Boulevard du Crime ». Avec Holopherne, ce serait plutôt « Enfer et Rédemption », puisque le grand maudit est l’objet, au fil des réécritures, d’une véritable transfiguration.

À mesure que Judith perd de sa vertu première, son ennemi, lui, gagne en complexité et peu à peu vient sur le devant de la scène. Pendant longtemps, l’ordre moral et l’ordre dramatique se soutenaient l’un l’autre : figure de la pureté et du don de soi, Judith était en même temps l’héroïne absolue, tandis qu’Holopherne, l’Antéchrist, délimitait la part du négatif.

La raison d’être d’Holopherne consistait en effet en son anéantissement : mal provisoire destiné à démontrer la toute-puissance de Dieu, simple moyen au service d’une fin qui le dépasse, Holopherne prend place parmi les vaincus de l’Histoire, ceux dont, justement, la parole ne nous est pas parvenue.

Il est des mises à mort qui suscitent une seconde vie, dans l’ordre du sacré (les saints martyrisés) ou dans l’ordre de l’imaginaire (Orphée, les sirènes). Rien de cela pour Holopherne : en le décapitant et en démembrant son corps, Judith a comme effacé sa trace. De cette occultation, son nom même ne s’est pas remis. Alors que « Judith » est devenu un prénom courant, dont on trouve d’innombrables occurrences hors de toute référence directe à Béthulie, le nom d’Holopherne n’a pu être transmis. Le fil a été coupé et, contrairement à ce qui se passe peut-être chez Hebbel, le général assyrien n’a pas engendré quelque « petit Holopherne ».  

Judith & Holopherne (6)
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Judith & Holopherne (5)

Publié le 7 Mai 2017 par bigwhy dans art, erotisme, histoire, iconographie, femme fatale, judith

Judith & Holopherne (5)

Thème biblique extrêmement connu de la culture classique et de la peinture ancienne...

Si l'on montrait dans nos médias ou BDs les flots de sang à nos contemporains, comme on les montrait dans les tableaux anciens, ils s'évanouiraient de peur (croit-on), craignant que le "basic instinct" des Mass-Murders n'entreprenne aussitôt de décapiter la moitié de la population mondiale...

Judith & Holopherne (5)
Judith & Holopherne (5)
Judith & Holopherne (5)
Judith & Holopherne (5)

Les images, historiques et religieuses, mêlant séduction et décapitation ont proliféré dans l'histoire de l'art. cela nous permet de comparer sa posture de mise à distance aux représentations faussement instantanées qui circulent via les réseaux numériques révèlent la permanence de ces coutumes barbares et de leur poids dans les images de propagandes religieuses et politiques d'aujourd'hui.

 

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Judith & Holopherne (4)

Publié le 6 Mai 2017 par bigwhy dans art, erotisme, histoire, iconographie, femme fatale, judith

Judith & Holopherne (4)

Certains érudits contemporains regardent cette histoire comme purement imaginaire et voient dans Holopherne un personnage fictif. Le récit oppose la force et l'agressivité d'un côté, la faiblesse et l'incapacité à se défendre de l'autre ; mais l'agressivité du mâle sera détruite par son propre désir. Habilement, Judith utilise son charme féminin pour atteindre son but : sauver son peuple du péril où il se trouve. Dans les représentations artistiques, est mise en lumière la dangerosité du charme sensuel de la femme, auquel les hommes succombent trop facilement, à l'image d'Holopherne.

 

Judith & Holopherne (4)
Judith & Holopherne (4)
Judith & Holopherne (4)

Durant la période dite fin de siècle, la figure biblique de Judith a renforcé l’image de la femme fatale comme celle d’un bourreau des hommes. 

Judith a été de nombreuses fois représentée dans l’art ; Michel-Ange, Caravage et Rembrandt, pour n’en nommer que quelques-uns, l’ont dépeinte en martyr idéalisé. Jusqu’au milieu du XIXè siècle, les représentations idéalisées traditionnelles de Judith comme adolescente dominatrice ont prédominé dans l’art. Mais l’image de Judith change pendant la fin de siècle : «Dans la Bible, Judith a été le parangon du martyre offert en sacrifice pour une noble cause. Les peintres de la fin du XIXè siècle, eux, l’ont vue comme une prédatrice luxurieuse, une tigresse anorexique ». 

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