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Bigwhy? Finest?

Enthousiaste & Curieux

Articles avec #france catégorie

Bookcrossing: L'Effacement Progressif des Consignes de Sécurité de Vincent Ravalec

Publié le 27 Octobre 2016 par bigwhy dans livre, fantastique, france

Bookcrossing: L'Effacement Progressif des Consignes de Sécurité de Vincent Ravalec

l’EPDCDS expose des schèmes conta­gieux qui ne vous lais­se­ront pas indemne…

 

Ouvrez le Livre d’Aventure, la magie pulse à l’intérieur…

Promenons-nous sur les auto­routes en friche au virage de l’an 2000, si loin, si proche.
Promenons-nous dans les cir­cuits internes de Louis Dieutre, pro­ta­go­niste égaré dans le mul­ti­vers, si loin, si proche.
Pas la peine d’attacher sa cein­ture, nous sommes à bord d’un aller simple vers l’explosion de nos sys­tèmes de décryp­tage de la réalité.

Et quand vous ouvrez les yeux, les sym­boles de la folie contem­po­raine se bous­culent : scan­dales politico-financiers sur fond de drogues et de pros­ti­tu­tion, secte bran­chée au nom évoca­teur d’un géant des télé­coms, meurtre pédo­phile incer­tain, hap­pe­nings far­fe­lus mêlant les icônes de la jet-set et les malades men­taux d’un asile psy­chia­trique aux méthodes révo­lu­tion­naires, nain lubrique mani­pu­la­teur surgi tout droit d’une BD hal­lu­ci­née, cha­manes impor­tés direc­te­ment des jungles sud-américaines, potions psy­cho­tropes et man­da­las géné­tiques, jeu vidéo mys­tique vomis­sant les monstres hideux de vos pires ter­reurs, tra­jec­toires per­dues dans les mailles d’Internet…

Qui est Louis Dieutre ? Cette ques­tion à l’allure ano­dine a-t-elle une réponse toute simple ? Oui et non, car le per­son­nage cen­tral de L’E.P.D.C.S est un para­doxe vivant, comme tout être humain qui se penche un tant soit peu sur son cas. Plus qu’une iden­tité arrê­tée, Louis Dieutre est un état fluc­tuant, une muta­tion en pro­gres­sion. Louis Dieutre, c’est peut-être vous à un cer­tain niveau, vous qui lisez vos aven­tures dans ce Bardo-thodöl du troi­sième mil­lé­naire, vous qui sur­gis­sez de la page, pers­pec­tive frac­tale bien plus réelle que l’état d’hypnose consen­suel qui sature le monde.

Qu’est-ce que le Jeu ? Il s’agirait de trai­ter l’énergie uni­ver­selle. D’organiser sa propre transe sur un mode artis­tique. Il s’agirait de recru­ter d’autres joueurs. D’offrir un nou­veau mode opé­ra­toire aux artistes. Il s’agirait de déco­der les bugs du pro­gramme. Et tous les coups sont permis…

« L’Effacement Pro­gres­sif des Consignes de Sécu­rité » s’inscrit dans un pro­jet glo­bal : c’est le pre­mier acte d’un cycle de douze romans-hypothèses. Le prin­cipe du Jeu artis­tique struc­turé en rhi­zome, en construc­tion sur www.lejeu.net , devrait bien­tôt se déployer sur la toile.

Vincent Rava­lec trans­pose les thèmes d’œuvres ini­tia­tiques comme « Le Jeu des Perles » de Verre d’Herman Hesse, ou « Les Portes de la Per­cep­tion » d’Aldous Hux­ley, avec ce qu’il faut d’humour et de sin­cé­rité pour méri­ter un clin d’œil (le troi­sième !) de feu Timo­thy Leary.

A l’époque où l’observation déta­chée du non-sens de l’existence par Houel­le­becq, Ellis, Bénier-Bürckel ou Jauf­fret tend un miroir délé­tère à l’inconscient col­lec­tif, Rava­lec, l’écrivain-sorcier, bran­dit les clés psy­ché­dé­liques des voies inter­lopes de la connais­sance. Comme cer­tains objets magiques prennent des formes adap­tées aux besoins de l’époque pour mieux sub­ver­tir , « L’Effacement Pro­gres­sif des Consignes de Sécu­rité » expose des schèmes conta­gieux qui ne vous lais­se­ront pas indemne.

Hal­lu­ci­na­tions ou schi­zo­phré­nie ? La réa­lité pour Louis Dieutre a bas­culé ce jour du réveillon de l’an 2000. Res­pon­sable d’une fon­da­tion pour l’art contem­po­rain qui finance les cam­pagnes élec­to­rales de digni­taires afri­cains, il se retrouve cerné par la jus­tice, des cadavres en pagaille, et assailli d’étranges pen­sées laté­rales. Lesté d’un sac conte­nant plu­sieurs dizaines de mil­lions d’Euros, Louis prend la fuite le long d’une auto­route noyée sous la tem­pête qui l’emmène jusqu’au vil­lage d’Archignac où les diri­geants d’un asile psy­chia­trique orga­nisent un étrange bal mas­qué… Soup­çonné du meurtre d’un ado­les­cent, Louis pète les plombs et se réveille en patient du doc­teur Aïm, qui applique les pré­ceptes de sor­ciers immé­mo­riaux à l’origine de la créa­tion du mys­té­rieux village.

Emporté dans la tour­mente de la folie, du cha­ma­nisme et de la quête de son iden­tité, le héros perd le peu de repères qui lui res­tent. Psy­cho­tropes et com­plot aidant, il est pro­pulsé dans divers niveaux de réa­li­tés paral­lèles – qui pour­raient n’être que les variantes d’un vaste jeu voyant les hommes mani­pu­lés, depuis la nuit des temps, par une poi­gnée de sor­ciers sou­cieux d’asseoir leur pou­voir sur les tristes mor­tels. Ainsi s’opère au fil de presque 700 pages la muta­tion d’un espion à la petite semaine devenu tour à tour aliéné men­tal, cri­mi­nel, consul­tant, créa­teur de génie sur le Net…

En phase avec la fin du siècle qui est aussi la fin du cycle régis­sant les habi­tuelles “consignes de sécu­rité” garan­tis­sant tout retour à la nor­male, le roman de Rava­lec est énorme de la pre­mière à la der­nière page. Il vaut sur­tout pour cette déme­sure conti­nuée. Le lec­teur qui s’y ose en prend pour son grade, tant le prisme de la folie et de la mani­pu­la­tion déna­ture ici tout regard objec­tif apposé au réel. Réfé­rences constantes à l’art contem­po­rain, au Sei­gneur des anneaux, au délire des start-up de la Net-économie, la farce culmine dans la der­nière par­tie de l’ouvrage avec la mise au point lors du réveillon de l’an 2001 d’une mémo­rable party où cer­taines figures de la jet-set lit­té­raire et du show-biz se retrouvent bom­bar­dées d’excréments avant d’être abreu­vées de psy­cho­tropes pour une orgiaque rave ludo-spiritualiste qui annonce la pro­chaine ère de Cristal…

Que restait-il des images pieuses qui avaient bercé les siècles ? Pas grand chose, (…) un pro­phète à trois sous, concep­teur de best-sellers et de lunettes de soleil, qui avait annoncé une fausse apo­ca­lypse au moment d’un éclipse de soleil, trois mois plus tôt.

Après The Game de David Fin­cher, et The Pres­tige de Chris­tophe Priest, un hymne “tri­pant” à la magie, à la puis­sance des ordi­na­teurs et des jeux vidéo, qui fait dou­ter cha­cun du sens de sa pré­sence sur Terre. Une transe lit­té­raire aux phrases infi­nies scan­dées par la world music qu’apprécieront sur­tout les joueurs de tous crins ou les adeptes har­ry­pot­te­riens de sor­cel­le­rie new age.

fre­de­ric grolleau (le littéraire)

Bookcrossing: L'Effacement Progressif des Consignes de Sécurité de Vincent Ravalec
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Bookcrossing: LONTANO de Jean Christophe Grangé

Publié le 24 Octobre 2016 par bigwhy dans livre, polar, france

Bookcrossing: LONTANO de Jean Christophe Grangé

Avec Grangé, c'est toujours pareil: On se dit que il y en a marre des best sellers et puis on entame le bouquin et  finalement on est incapable de le lacher......addictif!

Jean-Christophe Grangé, le roi du thriller français est de retour, trois ans aprèsKaïken, avec un pavé de 800 pages intitulé Lontano. Un livre coup de poing dans lequel il est question des péchés du premier flic de France, Grégoire Morvan. Cet homme de fer est l'incarnation de la «Françafrique», de ses secrets les plus troubles, et le bras armé de la République. C'est aussi un héros qui a mis fin, dans les années 1980 au Zaïre (la République démocratique du Congo actuelle), à une série de meurtres rituels particulièrement atroces commis par un Blanc, «l'Homme-Clou».

Alors que celui-ci est mort depuis longtemps, des cadavres mutilés sont retrouvés en France, notamment sur une base militaire en Bretagne et à Paris, juste en face des locaux de la Crime. Pour résoudre au plus vite l'énigme de ces corps transformés en fétiches, vidés de leurs organes et maquillés de clous et de tessons, Morvan confie l'affaire à un flic de la Crime, qui n'est autre que son fils Erwan.

 

Il lui demande aussi de surveiller son autre fils, Loïc, trader qui se noie dans la drogue au lieu de surveiller le portefeuille d'actions paternel en Afrique dont le cours s'envole sans raison logique. Enfin, le costaud Erwan doit aussi garder un œil sur sa petite sœur Gaëlle, pseudo-actrice prête à toutes les provocations pour nuire à la famille. Ce qui nous vaut quelques scènes dans des communautés échangistes et sado-maso pour le moins inquiétantes…

Grangé au sommet de sa forme réussit à boucler son affaire en 800 pages, mais c'est un leurre. L'auteur des Rivières pourpres nous a confié avoir déjà remis à son éditeur la deuxième partie de ce roman. Elle devrait sortir chez Albin Michel au premier trimestre 2016. Un roman dont l'action sera aux deux-tiers située en Afrique, sur les terres de «l'Homme-Clou».

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Bookcrossing: IL RESTE LA POUSSIERE de Sandrine Collette

Publié le 17 Octobre 2016 par bigwhy dans livre, polar, france

Bookcrossing: IL RESTE LA POUSSIERE de Sandrine Collette

Je me suis couché a 4 heures du matin, pour finir ce bouquin qui prend au tripes!

Avec Sandrine Collette, nous avons croupi dans des caves au milieu de la campagne française (Des noeuds d'acier), avant de faire les vendanges en Champagne, près du château de la Belle et la Bête (Un vent de cendres). L'an dernier, elle arpentait les montagnes enneigées, y multipliant les morts en série (Six Fourmis blanches). Avec Il reste la poussière, on file à présent vers la Patagonie, ses steppes balayées par le vent où seuls les moutons parviennent à survivre. Dans une ferme glaciale et branlante, une famille est restée, malgré tout. La mère, silencieuse, préfère son troupeau à ses enfants. Le père a disparu. Les quatre fils s'occupent du bétail. Le cadet, Rafael, est traqué, malmené par ses aînés. Dans ce monde sans amour, l'avenir est d'une violence infinie, et l'innocence un état d'esprit à bannir.

L'auteure parvient à construire un roman des grands espaces tout en installant la sensation du huis clos. Elle décrit rigoureusement les pâturages secs et les relations familiales impossibles, les courses éperdues derrière un océan de brebis qu'il faut tondre et la cruauté d'une femme mutique. L'écriture de ce roman de nature writing est tantôt exaltée, tantôt froidement descriptive, mais en dépit de la rudesse qui domine, la romancière fait du jeune Rafael un héros solaire : c'est lui, découvert meurtri à la première page, qu'on reverra à l'aube du dernier jour, dans cette fable d'une beauté fébrile.

 

Rafael est le souffre-douleur de ses ainés. On apprend dans le prologue que ses frères jumeaux l’ont maltraité dans ses premières années, sous l’œil complice de la mère qui a laissé faire.

Rapidement, on devine que la terreur et la violence sont les maitres mots de cette famille. La mère est détestable : méchante, sans cœur, sans instinct maternel, violente, alcoolique, secrète… Ajoutez-y la férocité des jumeaux, la dureté des éléments et vous obtenez une atmosphère oppressante, dérangeante.

La famille va éclater un soir quand la mère joue (et perd) son fils Joaquin aux cartes. A partir de ce moment là, les rebondissements seront nombreux, les événements s’enchainent jusqu’à la fin du livre… Je vous laisse découvrir l’intrigue.

Sombre, cruelle, violente voire barbare, très dure, cette histoire ne peut laisser le lecteur indifférent. Néanmoins, en refermant le livre, mon impression est bien plus nuancée. Si j’ai eu du mal à m’attacher aux personnages (si ce n’est Rafael, le jeune si naïf,si bon pour qui on ne peut qu’avoir de l’affection) et si je m’attendais malheureusement à une telle fin (peu de surprise on la voit venir il faut le reconnaitre et c’est dommage), je garde un relatif bon souvenir de ce livre.

C’est surtout grâce à l’écriture de Sandrine Collette : elle est très travaillée, directe, ciselée parfois, basée sur le jeu des contrastes. Au moyen de mots subtilement choisis, les phrases sont souvent fortes et évocatrices, imagées. L’auteur sait parfaitement décrire les tensions, les peurs, les émotions de cette famille ainsi que les relations fraternelles brutales. Le lecteur n’est pas ménagé, loin s’en faut. Ce sentiment de huis clos, d’étouffement est maintenu tout au long de l’intrigue. Malgré un rythme plutôt lent (mais clairement assumé), le suspense est présent jusqu’aux dernières pages (même si comme je l’ai précisé plus haut, je suis déçu par la chute…)

La construction y fait aussi beaucoup. Le fait de changer de narrateur à chaque chapitre permet d’offrir des points de vue différents, donc d’apprendre des éléments nouveaux. Cela évite la monotonie et l’ennui vu la lenteur du récit. Une belle trouvaille de l’auteur.

Je ne peux que vous conseiller de lire ce dernier opus de Sandrine Collette. Différent des précédents, malgré les quelques réserves que j’ai énumérées dans cette chronique, ce western noir sera à n’en pas douter un succès.

Bookcrossing: IL RESTE LA POUSSIERE de Sandrine Collette
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Film à voir : FARINELLI de Gérard Corbiau (1994)

Publié le 16 Octobre 2016 par bigwhy dans film, histoire, biographie, opéra, france, italie, film complet

Film à voir : FARINELLI de Gérard Corbiau (1994)

L'histoire de Farinelli, célèbre castrat, devenu une légende de son temps et qui arrêta brusquement sa carrière pour suivre le roi d'Espagne.

Sur une place de Naples engorgée de badauds hilares, une joute musicale oppose deux musiciens, un trompettiste virtuose d'un côté, le jeune Carlo Broschi de l'autre. Le jeune homme, castré à 10 ans, n'a que ses cordes vocales pour sauvegarder sa dignité. Aussi jette-t-il toutes ses forces dans le duel, l'emportant du reste facilement tant sa voix est pure et limpide. Enthousiasmée, la foule scande son surnom, Farinelli. Ricardo, son frère et son aîné de huit ans, s'émerveille de l'incomparable talent du cadet. L'un compose, l'autre chante. Leur duo fonctionne parfaitement. Jusqu'au jour où Haendel vient à passer par Naples...

 

Le film Farinelli a été réalisé par Gérard Corbiau en 1994. Il retrace la vie et la carrière du célèbre castrat, le plus célèbre de son temps, Carlo Broschi surnommé Farinelli, né en 1705 dans les Pouilles, mort à Bologne en 1782. Cet élève de Porpora à Naples, chantait pour les rois, rémunéré à prix d'or.
Le film est une fiction sous forme dramatique, qui s'écarte beaucoup de la vie du chanteur mais comporte de belles images d'opéra et surtout des extraits des opéras que chantaient les castrats du 18è siècle, extraits pris dans les oeuvres de Haendel, Hasse, Porpora, Carlo Broschi, frère du chanteur, Pergolèse. 
De très beaux airs reconstitués par Christophe Rousset et les Talents lyriques en mixant plusieurs voix afin de reconstituer la voix d'un castrat et l'étendue de sa tessiture: 3 octaves pour Farinelli.

Farinelli est connu pour avoir disposé d' une étendue de voix de trois octaves, de do2 à do5. Comme tous les grands castrats, il avait une technique particulière de respiration qui lui permettait de tenir son chant pendant une durée anormalement longue.
Appelé à Madrid par le roi d' espagne Philippe V, il y restera 25 ans, richement payé et lui chantera tous les soirs les quatre mêmes airs. Confident du roi, il passe pour jouer un grand role politique. Il se retire à Bologne, fier des 400 tableaux de grands maitres qu'il ramène avec lui.
Musicien lui-même , il composait ses propres ornements, les cadences, ajoutés en général à la fin d'un aria.
On connait aussi Farinelli pour avoir échangé avec Metastase, le grand librettiste, une correspondance suivie, qui dura depuis l'époque où tous deux étaient jeunes élèves à Naples de Porpora, jusqu'à la mort du poète impérial à Vienne.

Film à voir : FARINELLI de Gérard Corbiau (1994)

Un castrat est un chanteur de sexe masculin ayant subi la castration avant sa puberté, dans le but de conserver le registre aigu de sa voix enfantine, tout en bénéficiant du volume sonore produit par la capacité thoracique d'un adulte. Le phénomène musical des castrats apparaît dans la deuxième moitié du xvie siècle en Occident. Il se développe principalement en Italie et disparaît entre la fin du xixe et le début du xxe siècle. Les historiens rapportent que les meilleurs castrats pouvaient rivaliser en puissance, technique et hauteur avec une petite trompette. Le mot désigne également le type de voix obtenu au moyen de cette opération.

Les premiers chanteurs castrés apparaissent dans l'Empire byzantin. En Occident, les premiers castrats connus chantent dans la chapelle du duc de Ferrare à la fin des années 1550 ; le duc évoque le recours aux castrats comme s'agissant d'un phénomène classique. À la même époque, Guillaume de Gonzague, troisième duc de Mantoue, emploie dans sa chapelle personnelle des « petits chanteurs français » (« cantoretti francesi »), qui sont peut-être des castrats. Le premier castrat, d'origine espagnole, entre dès 1582 dans les effectifs du chœur de la chapelle Sixtine, c'est-à-dire la chapelle privée du pape, qui avait déjà recruté des falsettistes espagnols auparavant. Cette importance des Espagnols parmi les premiers castrats a de quoi surprendre, car l'Espagne n'est pas un centre connu de production de castrats. On a suggéré que la pratique trouvait son origine chez les Maures espagnols, mais sans élément pour appuyer cette thèse. En 1589, le pape Sixte Quint autorise formellement l'emploi de castrats dans le chœur de la chapelle Giulia de la basilique Saint-Pierre par la bulle Cum pro nostro pastorali munere et en 1599, on trouve officiellement deux chanteurs, prêtres oratoriens, qualifiés de eunuchi.

Au début du xviie siècle, on retrouve des castrats au service de tous les princes dirigeants italiens, que ce soit pour la musique sacrée ou profane ; le phénomène se développe également dans les cours allemandes. Tous ces chanteurs sont Italiens, ou du moins ont été castrés et formés en Italie ; à quelques exceptions près, ce principe restera vrai tout au long de l'histoire des castrats. Leur développement ne s'explique pas par l'essor de l'opéra : le recours aux castrats devient courant d'abord dans les chapelles et inversement, il faut attendre au moins le milieu du xviie siècle pour que l'habitude se prenne d'attribuer à un castrat le rôle-titre d'unopéra. L'interdiction à Rome pour les femmes de chanter sur scène n'est pas non plus une explication suffisante. D'abord, elle n'est pas réellement respectée avant la fin des années 1670. Ensuite, elle aurait pu conduire à préférer les jeunes garçons ou les falsettistes pour chanter dans les registres aigus. Cependant, les garçons présentent le défaut de muer peu de temps après la fin de leur formation, alors que le timbre des falsettistes est considéré comme frêle et peu satisfaisant par rapport à celui des castrats. Quand on en trouve dans une partie soprano, cela semble s'expliquer par la difficulté de trouver un castrat ou par le coût trop élevé de ce dernier. On trouve cependant des falsettistes au pupitre alto : curieusement, plusieurs papes interdisent à des castrats de tenir cette partie, alors qu'ils les acceptent comme sopranos.

Le phénomène des castrats s'explique peut-être par la prééminence accordée aux voix les plus aiguës : quand l'opéra prend son essor, dans le deuxième quart duxviie siècle, les sopranos, castrats ou femmes, sont mieux payés que les ténors et les basses. Dans les chœurs religieux également, et sous réserve de l'ancienneté, les castrats et les ténors obtiennent de meilleurs émoluments que les basses. Parmi les castrats eux-mêmes, ceux qui chantent des rôles d'altos de temps à autres semblent être moins estimés que ceux qui se cantonnent aux rôles sopranos. Parallèlement, le développement de la voix solo exige des interprètes plus professionnels, ayant reçu une formation plus poussée. Or les filles ne peuvent pas être entraînées avant que leur voix ne mue, alors que les garçons castrés peuvent débuter jeunes la formation, à un âge où ils sont plus malléables, et peuvent commencer à travailler plus tôt.

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Bookcrossing: UN LIEU INCERTAIN de Fred Vargas

Publié le 24 Août 2016 par bigwhy dans livre, polar, vampire, france, fantastique

Bookcrossing: UN LIEU INCERTAIN de Fred Vargas

Pour nous apporter le frisson, en cette période caniculaire, on va parler de...........vampires. au menu de la musique, des films, des livres, des oeuvre d'arts & des pin ups.

Dix-sept pieds coupés, encore chaussés, retrouvés devant le célèbre cimetière londonien d'Highgate, où repose, entre autres, Karl Marx. C'est le point de départ de la nouvelle intrigue policière imaginée par Fred Vargas pour son dixième roman, Un lieu incertain, publié aux éditions Viviane Hamy. Son fidèle commissaire, Jean-Baptiste Adamsberg, est amené à sillonner l'Europe pour élucider ce mystère des pieds coupés : de Londres à la banlieue bourgeoise de Garches (Hauts-de-Seine), en passant par la Serbie sur les traces d'un vampire.

"Ce sujet [les vampires] me fascine. Il est extrêmement chargé, mais l'humanité n'arrive pas à s'en débarasser depuis trente mille ans", a expliqué l'écrivain dans un entretien publié le 19 juin dansL'Express. Elle explique avoir lu Dracula de Bram Stoker à l'âge de 13 ans mais a finalement choisi de s'inspirer de l'histoire vraie de Peter Plogowitz. Ce Serbe a été exhumé en 1725 dans un petit village car certains soupçonnaient qu'il soit devenu un vampire.

Dans Un lieu incertain, Fred Vargas a souhaité donner une place importante aux langues étrangères – un courrier en allemand est découvert, des lettres cyrilliques rythment l'enquête – et à la figure du bouc émissaire. "Cette nécessité de voir le mal qu'on ne comprend pas incarné par une personne ou une organisation désignée me paraît l'une des choses les plus terribles de l'humanité", justifie l'archéozoologue de formation.

Son dixième opus, publié deux ans après Dans les bois éternels, n'échappe pas à l'exploration du thème de la catharsis, une constante chez elle. "Le roman policier est la mise en scène des contradictions qui nous font souffrir, de notre peur de la mort, de la dureté de la vie, de notre méchanceté et de nos mauvais sentiments qui peuvent nous amener à vouloir tuer", défend-elle. La romancière continue également de rapprocher cette "charge cathartique" du roman policier à énigme de celle du conte pour enfants : "on se raconte une histoire pour purger l'inconscient collectif".

Mais commençons par le début, où l’on ne trouve pas encore de vampires. Nous retrouvons ces attachants personnages, au portrait si peu réaliste, portes d’entrée en soit dans le monde parallèle d’un certain polar : Adambsberg à la pensée erratique et percutante, désormais coupable d’une paternité (voir précédents, il s’agit d’un de ces livres avec notice en bas de page), Danglard, l’érudit et tous ces personnages, satellites mouvants, eux-mêmes bâtisseurs de la trame, pour beaucoup membres de la brigade d’Adamsberg.

Mettez les personnages principaux dans un train en direction d’un colloque international de la police se déroulant à Londres et Vargas a déjà amorcé son intrigue. Tandis que Danglard est distrait par un coup de foudre, Adambsberg se voit attiré à l’entrée du cimetière de Highgate (nous y voilà !) par un lord loufdingue et y découvre de vieilles chaussures datant de plusieurs décennies… avec les pieds qui vont avec, coupés à hauteur des chevilles !
L’affaire n’échoit bien entendu pas à la police française, mais le retour au bercail n’est pas des plus routiniers, puisque la brigade se retrouve aussitôt sur les lieux d’un meurtre effroyable : du corps il ne reste que bouillie, répartie dans tout le salon.

Ce qui est appréciable pour le lecteur habitué aux histoires de vampires, c’est que Vargas a su creuser assez le folklore de l’Est pour nous le re-servir avec subtilité. Nous ne décelons pas de prime abord les mobiles, les raisons, même si le meurtrier peut se deviner rapidement. En fait, un adepte du mythe vampirique sera certainement encore mieux tenu en haleine que le lecteur naïf dans ce domaine, dans la mesure où, nous autres monomaniaques de la canine, attendons de voir à quel point l’auteur saura se servir jusqu’au bout du mythe avec justesse.

Bookcrossing: UN LIEU INCERTAIN de Fred Vargas
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Les Vampires dans l'Art: La Chauve Souris

Publié le 22 Août 2016 par bigwhy dans art, vampire, XIX siècle, france, fantastique

Les Vampires dans l'Art: La Chauve Souris

Pour nous apporter le frisson, en cette période caniculaire, on va parler de...........vampires. au menu de la musique, des films, des livres, des oeuvre d'arts & des pin ups.

Albert Joseph Pénot (1862-1930) est un peintre français, élève de Gabriel Ferrier. Il a essentiellement peint des nus féminins et des scènes d’intérieur. très pompier & academique, il s'encanaille en melant le fantastique à ses nus, pour un résultat légèrement décadent....

Albert Joseph Pénot a aussi représenté une femme chauve-souris, devançant de quelques décennies l’apparition de Batman dans les comics américains. Il est impossible de trouver une vraie biographie sur la toile! Désolé cela reste un mystère......

Les Vampires dans l'Art: La Chauve Souris
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Bookcrossing: VAMPIRES de Thierry Jonquet

Publié le 12 Août 2016 par bigwhy dans livre, polar, vampire, france

Bookcrossing: VAMPIRES de Thierry Jonquet

Pour nous apporter le frisson, en cette période caniculaire, on va parler de...........vampires. au menu des films, des livres, des oeuvre d'arts & des pin ups.

Aujourd'hui, un ouvrage inachevé, par une des grandes plumes du polar français disparue prématurément, de quoi faire travailler notre imagination, pour la suite d'une histoire glacante!

Quand un immigré roumain découvre au fond d’un hangar un quidam empalé sur un pieu de bois, le visage tordu de souffrance ante mortem et les entrailles broyées, dans la meilleure tradition des victimes de Vlad Tepes alias Dracula, resurgissent du fond de l’Histoire des terreurs ancestrales. Et si les vampires n’étaient pas morts ? La famille Radescu, ces sans-âge au teint blafard, ces noctambules habitants de Belleville, n’ont pas la vie facile. Tuer le temps ne va pas de soi quand celui-ci renaît chaque jour, pour ainsi dire éternellement. Qui s’est jamais intéressé au sort de ces humains sur qui le temps n’a pas de prise ? De ces humains interdits de soleil et alourdis de désirs inassouvis ? Réintégrer la communauté humaine, en finir avec l’éternité, c’est le but qu’ils se fixent pour tenter d’échapper à cette existence désespérante.

Annoncé depuis plusieurs mois par son éditeur, et relayé par pas mal de médias généraliste (dont la presse papier et la radio), ce dernier roman inachevé de Thierry Jonquet a donc fini par tomber entre mes griffes. J’avais certes entendu parler de son auteur, mais n’avais jamais eu l’occasion de me confronter à son œuvre. Cette sortie était donc l’occasion où jamais de découvrir un auteur que beaucoup présentent comme une des valeurs sûres du polar français, parti trop tôt (Jonquet est décédé en 2009 à l’âge de 55 ans). L’efficacité du style saute rapidement aux yeux, sitôt parcouru quelques lignes. Car la plume de Jonquet est à la fois directe et chantante, jamais ampoulée, toujours au service d’une ambiance réaliste plus que convaincante. Jonquet n’a ainsi pas son pareil pour dessiner devant les yeux du lecteur les lieux chargés en personnalités fortes qui traversent son texte.

L’auteur met en place une galerie de personnages franchement aboutis, qu’il s’agisse de la famille Radescu ou des seconds rôles, dont les personnalités et historiques sont plus qu’ébauchés, sans jamais nuire au souffle de l’histoire. Plus les pages avancent, plus on est cependant conscient que l’aspect inachevé du roman risque fort de laisser un arrière-goût de frustration dans la bouche du lecteur, alléché par les promesses d’une histoire qui se rapproche davantage de l’ambiance d’uneVierge de glace que de la scène Bitlit. Certes certains aspects du mythe tels que les voit Jonquet ont déjà été approché par certains auteurs, mais leur association à son style issu du polar donne une coloration unique à son récit.

Jonquet commence son récit en abordant la thématique de l’empalement, et sa relation au règne de Vlad Tepes, dont il s’agissait de la torture préférée. Se dessine d’emblée la figure d’un tueur captivé par les pratiques du personnage roumain. Mais la famille Radescu offre un lien encore plus fort avec le mythe du vampire classique. Une famille protégée par des gitans (ce qui nous ramène à la relation entre le Dracula fictif et ceux-ci), qui vit uniquement la nuit et semble avoir traversé les décennies sans que le temps ait réellement de prise sur elle. Doués d’une force physique hors du commun, flanqués d’un teint blafard, leur relation au sang semble être une des composantes fortes de leur métabolisme.

Un roman qui témoigne de la force de la plume de son auteur, dont je n’attends qu’une occasion pour découvrir l’œuvre plus typée « polar », avec laquelle tranche ce roman qui navigue entre les styles. Reste que plus la lecture avance, plus on se demande où va nous mener l’auteur. Mais si les trames se rejoignent quelques dizaine de pages avant la fin, ce roman n’en est pas moins une œuvre qu’on regrettera toujours de savoir inachevée. Et c’est bien là son seul défaut.

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Film a voir: Tous Les Matins du Monde de Alain Corneau (1991)

Publié le 18 Juillet 2016 par bigwhy dans film, histoire, baroque, france, film complet, bande originale, musique

Film a voir: Tous Les Matins du Monde de Alain Corneau (1991)

(film complet)

Marielle en Sainte-Colombe et Depardieu en Marin Marais sont les interprètes de cette somptueuse œuvre d’Alain Corneau qui obtint le César du meilleur film. Extremement valable aussi, pour découvrir la profonde beauté de la musique baroque, merveilleusement interprété par Jordi Savall.

À la fin de sa vie, Marin Marais, prestigieux violiste de Louis XIV, se souvient de son apprentissage avec Monsieur de Sainte-Colombe, grand maître de la viole de gambe. Professeur austère et intransigeant, ce dernier ne va pas de main morte avec son jeune élève ainsi que ses deux filles. Suite au décès de sa femme, le virtuose a recherché en vain une perfection absolue dans son art.

Adapté du roman de Pascal Quignard qui a écrit les dialogues du film, Tous les matins du monde en a délibérément évacué les aspects politiques pour se centrer sur les rapports entre les deux hommes. La première séquence est un plan fixe de dix minutes présentant Marin Marais (Gérard Depardieu) âgé, artiste respecté de la cour royale, se remémorant la période où il fit la connaissance de Monsieur de Sainte-Colombe (Jean-Pierre Marielle), spécialiste incontesté de la viole. Le reste du récit est un flash back linéaire au cours duquel la voix off de Marin Marais commente une partie de l’action. Le film (comme le roman) est alors le portrait saisissant d’un musicien misanthrope et intransigeant, inconsolable depuis la disparition de son épouse (Caroline Sihol), rigide dans l’éducation de ses deux filles, mais acceptant de donner régulièrement des représentations de viole auxquelles assistent des membres de la Cour. Il remballe toutefois, non sans mépris, le musicien académique (Yves Gasc) et le prêtre (Jean-Claude Dreyfus), chargés de l’installer auprès du Roi. Les honneurs de la Noblesse ne sont pas pour Sainte-Colombe qui préfère accomplir son art dans une cabane vétuste, en rase campagne. Le film est une belle réflexion sur la transmission de l’art et ses techniques : « Monsieur, vous faites de la musique, mais vous n’êtes pas musicien », annonce-t-il définitivement à Marin Marais (interprété dans son âge jeune par Guillaume Depardieu). Le récit devient alors celui d’une admiration frustrée mais aussi d’un amour contrarié, à travers le personnage de Madeleine, la fille ainée (Anne Brochet, lumineuse), amoureuse du disciple de son père et qui finira par sombrer dans la dépression.

Tous les matins du monde permit de redécouvrir une musique baroque méconnue, incarnée par de somptueuses partitions dont La Rêveuse et La Marche pour la Cérémonie des Turcs de Marin Marais (1656-1728), ici en harmonie avec la composition de Jordi Savall. La photo d’Yves Angelo est sublime et les éclairages et cadrages tentent de retrouver l’univers de certaines compositions picturales, dans la lignée de La kermesse héroïque ou Barry Lyndon. Ces correspondances entre la musique et la peinture sont synthétisées par le personnage du peintre Baugin (Michel Bouquet), venu réaliser un tableau pour immortaliser le lieu où le spectre de Mme de Sainte-Colombe a surgi, muse fantomatique et à jamais perdue. Le film, qu’on ne saurait cantonner au genre du « produit culturel » pour mélomanes, obtint le Prix Louis Delluc. Son succès n’échappa pas aux « professionnels de la profession » qui lui accordèrent sept César dont ceux du meilleur film et du meilleur réalisateur pour Alain Corneau : celui-ci confirmait après Nocturne indien qu’il pouvait explorer d’autres voies que le polar. Jean-Pierre Marielle, offre ici la meilleure interprétation de sa carrière mais dut s’incliner devant Jacques Dutronc dans Van Gogh.

(critique du site http://www.avoir-alire.com/)

Film a voir: Tous Les Matins du Monde de Alain Corneau (1991)
Film a voir: Tous Les Matins du Monde de Alain Corneau (1991)
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Zoom sur un artiste: Pierre Molinier (3)

Publié le 12 Juillet 2016 par bigwhy dans art, erotisme, surrealisme, fetish, france

Zoom sur un artiste: Pierre Molinier (3)

Quand on veut censurer son tableau Le Grand combat qui représente « des gens en train de faire l'amour » lors d'une exposition en 1951, le « chaman » – comme il aime se définir – répond : « Allez donc enfanter dans la nuit par le coït honteux, seul permis par la morale publique faite à l'usage des c...! Que me reprochez-vous dans mon œuvre ? D'être moi-même ? Allez donc, vous crevez de conformisme ! Vous êtes des esclaves ! » Très attaché à son travail et refusant tout compromis, son ami journaliste et réalisateur Jean-Pierre Bouyxou explique que l'artiste aurait refusé de céder un tableau à un éminent écrivain, estimant que ce dernier était un « con ». « Il me serait très désagréable de savoir qu'une de mes œuvres se trouve chez un con, et il m'est donc impossible de vous en vendre une », lui a-t-il écrit.

Bien que proche de Breton – et encore plus du peintre anticlérical et antimilitariste Clovis Trouille –, Molinier ne cessera pourtant de rejeter les surréalistes, trop puritains à son goût. Son travail et son mode de vie le montre : s'il avait beau se réjouir d'être né un Vendredi saint, qui était aussi un vendredi 13, il se fichait de toute bien-séance et des conventions sociales. En maculant ses tableaux de sperme, en se masturbant devant ceux qui lui rendent visite et en inventant un « instrument » qui lui permet de s'autosucer, tel un contorsionniste, il ne fait que clamer son droit à jouir librement. « Je me baise moi-même, vous êtes au courant. J'ai fabriqué un instrument qui me permet de me faire des pompiers. C'est le seul au monde !, expliquera-t-il. J'ai mis deux ans à l'inventer. Comme les yogis, j'ai passé 18 jours à ne rien manger d'autre que mon sperme. » Sa rupture avec les surréalistes est encore plus évidente au milieu des années 1960, quand il juge bon d'envoyer pour carte de visite à ses proches et amis une photo de lui le phallus dans la bouche. Breton refusera aussi d'exposer sa toile Oh!... Marie, mère de Dieu à l'Exposition internationale du surréalisme, la jugeant trop pornographique – on y voit deux femmes pratiquer une fellation et une sodomie sur le Christ mort sur sa croix. « Je l’'enverrai au pape, rétorquera Molinier suite à cette censure. Il rejoindra Michel-Ange dans l’'enfer du Vatican. »

Zoom sur un artiste: Pierre Molinier (3)
Zoom sur un artiste: Pierre Molinier (3)
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Zoom sur un artiste: Pierre Molinier (2)

Publié le 11 Juillet 2016 par bigwhy dans art, erotisme, surrealisme, fetish, france

Zoom sur un artiste: Pierre Molinier (2)

Jusqu'à son dernier souffle, l'homme, artiste fétichiste, précurseur de l'art corporel, de la photographie érotique et du mouvement queer, aura fait valoir sa liberté et son droit à choquer les bonnes mœurs. La mort ne l'effrayait pas. Comme le sexe – et dans une moindre mesure –, on pourrait estimer qu'elle faisait même partie intégrante de son œuvre. Ainsi, durant son adolescence, il raconte avoir photographié sa sœur adorée, Julienne, sur son lit de mort, avant de se masturber sur elle : « Elle avait des jambes sensationnelles... Alors je lui ai caressé les jambes. Ça m'a fait de l'effet, je me suis mis sur elle, et là j'ai joui, sur son ventre, morte... Parce que, comme ça, le meilleur de moi-même est parti avec elle... » En 1950, il organise un simulacre de son propre enterrement dans le jardin de l'établissement religieux où il intervenait en tant que artisan peintre – le métier qu'il a repris de son père et qu'il exercera jusqu'en 1960. « Ci-gît Pierre Molinier, né le 13 avril 1900, mort vers 1950... Ce fut un homme sans moralité, il s'en fit gloire et honneur. Inutile de prier pour lui », inscrit-il pour épitaphe sur son faux cercueil. Plus tard, afin de symboliser sa rupture avec la « vie conventionnelle », il imaginera son suicide dans différentes photos.

Si ses expériences avec la mort peuvent choquer, elles permettent d'illustrer en partie sa vision du monde mais pèsent finalement peu face au reste de son œuvre et de sa vie. Admiré du mouvement surréaliste et d'André Breton – qui le surnommera le « maître du vertige » et qui l'exposera dans sa galerie parisienne en 1956 –, Molinier n'aura cessé de mettre en scène ses fantasmes sexuels, ses travestissements et sa fascination du corps, que ce soit par ses peintures, dessins, photographies, autoportraits et autres photomontages.

Zoom sur un artiste: Pierre Molinier (2)
Zoom sur un artiste: Pierre Molinier (2)
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