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Bigwhy? Finest?

Fanzine Enthousiaste & Curieux

Articles avec #france catégorie

VERNON SUBUTEX 3/ Virginie Despentes

Publié le 2 Août 2017 par bigwhy dans france, bookcrossing, littérature

VERNON SUBUTEX 3/ Virginie Despentes

Virginie Despentes conclut sa trilogie "Vernon Subutex" avec un 3e opus plus dark que jamais. On y retrouve Vernon, le disquaire gourou qui avait agrégé autour de lui et de sa musique une petite communauté joyeuse et pacifique. La bande poursuit un temps son rêve de communion fraternelle avant de se prendre en pleine tête la barbarie, la violence et le terrorisme. Le lecteur est sonné.

On avait quitté Vernon en gentil prophète des Buttes-Chaumont, entouré d'une joyeuse bande hétéroclite (une ex-star du porno, un trader, un producteur, des SDF, un scénariste, un gagnant du loto, une détective homosexuelle…). Les habitués des Buttes-Chaumont se sentaient bien, petite communauté devisant en écoutant de la bonne musique.

Dans ce troisième opus, Vernon, le disquaire aux mains d'or, Kiko le trader cocaïnomane, La Hyène, Olga, Pamela… Le noyau de la bande a quitté Paris et s'est organisé en communauté itinérante. Leur vie est rythmée par les "convergences", ces rassemblements dans la cambrousse où des gens "de l'extérieur" les rejoignent pour danser aux sons de Vernon. Quand on arrive là, on coupe tout. C'est la règle : portable interdit. Il se passe des choses pendant ces nuits de transes que personne ne peut ni ne veut vraiment expliquer. "Une confusion douce, lumineuse, qui donne envie de prendre son temps et de garder le silence. Les épidermes perdent leurs frontières, chacun devient le corps des autres, c'est une intimité étendue". Tout ça sans drogue.

L'aura de Vernon s'en trouve élargie. "Il sent les regards dans son dos, une attente s'entortille autour de sa colonne". On attend de lui des miracles. Il se contente de rester lui-même : sans objectif, sans ambition si ce n'est continuer à vivre cette nouvelle vie de bohème, de campements en campements, rythmée par les convergences, les filles toujours à ses pieds. Un tel bonheur, il n'a jamais connu, et "il ne veut pas que ça s'arrête"…

La première fissure se dessine dans le creux d'une rage de dents, qui oblige Vernon à rentrer à Paris. Un détour pour prendre des nouvelles de Charles, rencontré aux Buttes-Chaumont dans le tome 2 et c'est la Véro, sa compagne alcoolique, qui lui annonce la nouvelle : Charles est mort. Elle lui avoue aussi que Charles a laissé un gros magot. Le gros lot, gagné autrefois, jamais entamé. Il a demandé à sa compagne dans un testament de partager l'argent avec la bande de Vernon. Première entaille dans la belle vie de Vernon et de son groupe, qui explose, après l'annonce de cet héritage inattendu.

C'est à ce moment-là que la violence décide de frapper, par la main de Laurent Dopalet, qui n'a pas renoncé à se venger, mais aussi et surtout avec le surgissement de ce côté-ci du monde du terrorisme : le Bataclan, Orlando, comme des événements annonciateurs du chaos à venir.

On ressent un plaisir immédiat à retrouver l'univers et les personnages de cette saga, un peu comme un addict de séries dévorant sa saison 3 après l'avoir attendue fébrilement pendant des mois. Joie de retrouver les personnages auxquels on s'est attaché (même les méchants). Joie de retrouver, intactes, les colères de Despentes, les phrases qui claquent et les formules si bien trouvées pour décrire un décor, un personnage, une situation, un sentiment, ou le désir.

Joie et confort de courte durée. Comme Vernon, Despentes sort le lecteur de "sa zone de confort". Dans le premier tome, la romancière dressait une cartographie d'un monde sur le déclin, à travers une galerie de portraits. La violence y était sous-jacente (dans les rapports de domination sociale, économique, sexuelle). Dans le second tome, on avait baissé la garde, attendris, anesthésiés que l'on était par la bulle de douceur créée autour de Vernon. La romancière y sauvait tous ses personnages, y compris les plus moches.

Le 3e tome, c'est la douche froide, le saisissement devant le spectacle de la violence, qui fait irruption sans prévenir, comme dans la vraie vie, en 2015, avec les attentats terroristes. Le lecteur est projeté dans le réel, quasi en live.

Puis Despentes s'autorise un incroyable final, exécutant sans aucune retenue (c'est ce qui lui donne toute sa beauté) un grand écart entre ultra réalisme et vision post apocalyptique, où tout s'accélère, dans le temps, dans l'espace, vers le chaos. Rien à quoi s'accrocher. Rien pour sauver le monde, sauf peut-être, quand même, le papier, les vinyles, l'amitié, la musique et les légendes … On ne se refait pas !

VERNON SUBUTEX 3/ Virginie Despentes
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AU FER ROUGE/ Marin Ledun

Publié le 31 Juillet 2017 par bigwhy dans polar, france, bookcrossing

AU FER ROUGE/ Marin Ledun

Avec L’homme qui a vu l’homme, Marin Ledun nous offrait l’an dernier un des tous meilleurs romans noirs de 2014 (et des années précédentes, d’ailleurs). Mais si l’enquête d’Iban Urtiz sur la disparition du militant basque Jokin Sasko avait pris fin, nombre de ses protagonistes n’ont pas disparus. C’est quatre ans après les faits décrits dans L’homme qui a vu l’homme que débute Au fer rouge avec de nouveau une disparition ; celle de Domingo Augusti, maillon d’un trafic de drogue entre l’Espagne et la France. Une disparition bien brève cependant, puisqu’Augusti refait littéralement surface enfermé dans une valise sur une plage des Landes après un périple sous-marin dans le golfe de Gascogne. Voilà un cadavre encombrant pour ceux qui pensaient s’en être débarrassé définitivement, une équipe de policiers français corrompus et de nervis de l’antiterrorisme espagnol dirigés par Javier Cruz.

Marin Ledun se place d’emblée avec une des citations qui ouvrent le roman dans la trace de Don Winslow. Et s’il cite une phrase de Savages[1], c’est incontestablement vers La griffe du chien qu’il louche dans son désir de démonter complètement les mécanismes de la corruption et de la compromission qui sont à l’œuvre sur les terres où se sont affrontés ettaras et services plus ou moins officiels de police et ou l’ébauche d’un processus de paix pourrait pousser certains des acteurs du conflit à se reconvertir dans de nouveaux secteurs d’activités.

Ainsi, comme chez Winslow, l’on va suivre une galerie de personnages représentant chacun une facette du phénomène à l’œuvre, du problème ou, allez savoir car l’optimisme n’est pas forcément de mise ici, de la solution. Il y d’abord l’équipe chargée de l’enquête sur le meurtre d’Augusti. Une équipe montée de façon a ne pas risquer de résoudre l’affaire : Simon Garnier, impliqué dans le meurtre et qui n’a donc aucun intérêt a trouver les coupables, Axel Meyer, chef du groupe dépêché par son supérieur pour ne surtout pas orienter l’enquête du côté des barbouzes engagés dans la lutte contre ETA et, surtout, Emma Lefebvre, jeune policière hantée par l’attentat du 11 mars 2004 à Madrid dans lequel elle a été blessée et entièrement tournée, de manière obsessionnelle, vers la lutte contre le terrorisme basque quand bien même Al Qaïda a revendiqué l’attentat dont elle a été victime. Il y a ensuite les barbouzes espagnols qui ne peuvent plus combattre les ettaras et cherchent un moyen de se reconvertir. Trafic de drogue, opérations immobilières juteuses et corruptions de notables locaux du côté de Bayonne sont au programme de Javier Cruz et de son bras droit Aarón Sánchez, redoutables tueurs évoluant aux limites de la folie. Et puis il y a tous ceux qui se trouvent indirectement touchés, militants écologistes, enfants réclamant justice pour leurs pères, escort girl frayant au milieu de ce marigot…

Au fer rouge est donc incontestablement un roman ambitieux, tout comme l’était L’homme qui a vu l’homme. Peut-être même l’est-il encore plus, puisqu’il ne s’agit pas de démonter la mécanique d’un fait particulier comme la disparition d’un militant basque, quand bien même cela ouvrait sur une perspective bien plus large, mais de mettre en lumière la complexité des alliances nouées à la fois du côté de l’antiterrorisme français et espagnol, ces derniers et une pègre internationale ainsi que les notabilités locales tirant profit des événements. Par ailleurs, Marin Ledun s’attache à chercher les ressorts intimes, pas toujours logiques, qui dictent la conduite de ses personnages et plus particulièrement celui d’Emma Lefebvre qui est le véritable point central du roman.

Cette ambition alliée à un sens aigu de la dramaturgie fait d’Au fer rouge un livre extrêmement prenant et intéressant qui a sans doute aussi à certains moments les défauts de ses qualités. L’intrigue très touffue et la volonté de traiter des problématiques qui, pour être liées, n’en sont pas moins très diverses – trafic de stupéfiant, lutte antiterroriste, immobilier, pollution, luttes identitaires, traumatismes collectifs et personnels – oblige parfois l’auteur a des raccourcis ou a faire coller un peu artificiellement certains éléments, au risque de l’invraisemblance, pour les besoins de son intrigue et du rythme de celle-ci.

S’il n’atteint donc pas l’extrême justesse de L’homme qui a vu l’homme – et peut-on vraiment le lui reprocher tant la barre était haute ? – ce deuxième volet de l’œuvre basque de Marin Ledun vaut toutefois que l’on s’y attarde et s’extrait sans problème de la masse des romans noirs tant par son ambition que par sa peinture de personnages d’une belle complexité.

AU FER ROUGE/ Marin Ledun
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LE FEU DE DIEU/ Pierre Bordage

Publié le 30 Juillet 2017 par bigwhy dans science fiction, france, bookcrossing

LE FEU DE DIEU/ Pierre Bordage

Pierre Bordage est un auteur prolifique, qui écrit aussi bien des space opera (Les Guerriers du silence, Wang, Les Derniers hommes...) que des récits d'anticipation (L'Évangile du serpent et ses suites) ou historiques mâtinés de fantastique (L'Enjomineur, Les Fables de l'Humpur...). Figure majeure de l'imaginaire français, la sortie de chacun de ses romans est un événement. Le Feu de Dieu paraît Au Diable Vauvert, ce qui le place naturellement dans la catégorie des romans où Bordage décrit un de nos possibles avenirs, sombre évidemment...

D'un coup, sans prévenir, la Terre devient folle. Son champ magnétique s'affole, ses plaques tectoniques se fracturent. Alors que des volcans s'éveillent un peu partout et que l'atmosphère se charge en particules qui viennent masquer la lumière du soleil, les hommes meurent. Les survivants de ce cataclysme devront encore affronter pendant des années le manque de lumière, le froid qui s'installe et le manque d'énergie et de nourriture. Seuls ceux qui comme Franx se sont préparés ont de réelles chances de survivre. Il a fait aménager, avec sa communauté, le Feu de Dieu. Mais il est en voyage à Paris quand la catastrophe survient. Il devra rejoindre à pied, dans le noir et dans le froid, le Périgord où sa femme, sa fille et son fils se trouvent à l'abri dans le Feu de Dieu. Vraiment à l'abri ? Non, car toutes les familles de la communauté ont quitté la maison transformée en bunker au fur et à mesure que leurs membres perdaient confiance dans les prédictions de Franx. Seul Jim est resté, ce parasite qui, en l'absence de Franx va régner en tyran sur la maison...

Le Feu de Dieu est un roman qui est purement « bordagien ». Il se caractérise donc par une grande part d'aventure, un peu de mysticisme, du fantastique et une tentative de l'auteur de prévenir le lecteur que l'humanité est sur la mauvaise pente, proche de l'extinction. C'est Au Diable Vauvert que paraît le dernier roman de Bordage. C'est l'éditeur chez lequel l'auteur fait publier ses récits d'anticipation. Comme dans La Trilogie des prophéties, déjà parue chez la maison au diablotin, Bordage nous projette dans un avenir très proche. C'est évidemment un futur peu reluisant, où l'homme devra affronter un environnement devenu hostile, ainsi que ses démons intérieurs, pour renaître et reconstruire un monde meilleur. Le Feu de Dieu contient tous les thèmes chers à l'auteur et ceux qui connaissent bien son œuvre retrouveront nombre d'éléments qui apparaissent déjà dans d'autres de ses romans. Ainsi, le fantastique est présent, même s'il n'est pas flagrant. C'est des enfants qu'il émane, comme dans Les Chemins de Damas. Ils représentent la nouvelle génération plus évoluée, plus adaptée aux temps futurs que celle de leurs aînés, race arriérée, qui a détruit sa planète et en subit de plein fouet les conséquences. Les personnages principaux de Bordage sont traditionnellement athées. Ils rejettent souvent Dieu, Allah, Bouddha et tous les panthéons hindous... mais pas l'idée qu'il y ait une puissance supérieure pour guider les êtres vivants. Il y a quelques passages dans Le Feu de Dieu qui expriment l'idée que croire en un dieu est avant tout une démarche personnelle, que la divinité est en l'homme autant que dans ce qui l'entoure, qu'il faut aller au fond de soi-même pour trouver paix, sérénité et les solutions aux problèmes que la vie nous fait rencontrer. Du Bordage typique. Enfin, il y a l'aspect écologique. L'origine du cataclysme qui ravage la Terre n'est pas expliquée, mais les personnages sous-entendent que l'homme pourrait être le coupable par son manque de respect envers sa planète. Un peu comme dans Les Derniers hommes, Bordage projette l'humanité dans la misère qu'elle a elle-même produite. Mais si ce sont les plus forts qui survivront le plus facilement aux nouvelles conditions de vie, ceux qui font preuve de sagesse, de compassion et de générosité auront leurs chances. Toujours est-il que Bordage interpelle le lecteur, lui montrant qu'il faut respecter la Nature si on ne veut pas qu'elle se venge.

La construction du récit est également classique pour un roman de Bordage. On suit en effet en alternance deux groupes de personnages. D'un côté, Franx, qui effectue un voyage périlleux pendant lequel il fera des rencontres tantôt heureuses, tantôt dangereuses. On a là un récit d'aventures qui n'est pas dénué d'action mais qui se révèle un peu trop linéaire pour vraiment enthousiasmer le lecteur. De l'autre côté, il y a le Feu de Dieu. Alice, la femme de Franx, et ses enfants, Zoé et Théo, tentent d'y survivre, accompagnés de Jim, un homme égoïste, tyrannique, violent. Le Feu de Dieu trouve une grande part de son intérêt dans le récit de ce qui se passe entre Alice et ses enfants et Jim. Le suspense, la tension sont omniprésents et on se demande à chaque page quand les choses vont dégénérer et une catastrophe survenir dans la maison. La catastrophe qui est le point de départ du roman est trop naturelle, trop peu expliquée pour vraiment toucher le lecteur. On n'a pas la certitude que l'humanité est responsable du cataclysme et l'auteur ne nous alerte donc pas suffisamment clairement du danger que représente notre manque de respect envers Mère Nature. Toutefois, il est intéressant de voir comment l'auteur imagine la survie des quelques personnes qui ont échappé aux premières manifestations de la catastrophe. Bordage explore différentes stratégies de survie et évoque très justement le gaspillage d'énergie que nous faisons. C'est assez instructif. De plus, la catastrophe initiale, ainsi que la destruction de Paris et le délabrement de la France qui s'en suit, n'est pas sans rappeler celle d'un grand classique de la science-fiction française. C'est évidemment à Ravage de René Barjavel que les lecteurs du Feu de Dieu penseront automatiquement en découvrant les premières pages du dernier Bordage et la destruction de Paris. Comme dans le célèbre roman des années quarante, l'homme ne peut plus se reposer sur la technologie. Pour survivre, se sont ses compétences, ses capacités, sa volonté, qui seront ses seuls chances. La campagne n'y est pas la proie d'un gigantesque incendie, et de la fiolie barbare des hommes mais de nuées de neige mêlées de cendres, ce qui n'empêche pas le héros d'effectuer un long voyage éprouvant à l'image de celui de François Deschamps, vers une région reculée de province. Rassurons-nous toutefois, le contexte est différent aujourd'hui, l'auteur vendéen ne risque pas de faire polémique comme peut l'avoir fait le roman de Barjavel.

Stéphane Gourjault

LE FEU DE DIEU/ Pierre Bordage
LE FEU DE DIEU/ Pierre Bordage
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Bookcrossing: LES LARMES NOIRES SUR LA TERRE Sandrine Colette

Publié le 26 Juin 2017 par bigwhy dans livre, polar, france

Bookcrossing: LES LARMES NOIRES SUR LA TERRE Sandrine Colette

Il a suffi d’une fois. Une seule mauvaise décision, partir, suivre un homme à Paris. Moe n’avait que vingt ans. Six ans après, hagarde, épuisée, avec pour unique trésor un nourrisson qui l’accroche à la vie, elle est amenée de force dans un centre d’accueil pour déshérités, surnommé «la Casse».

La Casse, c’est une ville de miséreux logés dans des carcasses de voitures brisées et posées sur cales, des rues entières bordées d’automobiles embouties. Chaque épave est attribuée à une personne. Pour Moe, ce sera une 306 grise. Plus de sièges arrière, deux couvertures, et voilà leur logement, à elle et au petit. Un désespoir.

Et puis, au milieu de l’effondrement de sa vie, un coup de chance, enfin : dans sa ruelle, cinq femmes s’épaulent pour affronter ensemble la noirceur du quartier. Elles vont adopter Moe et son fils. Il y a là Ada, la vieille, puissante parce qu’elle sait les secrets des herbes, Jaja la guerrière, Poule la survivante, Marie-Thé la douce, et Nini, celle qui…Lire la suite

Quand on parle des reines du thriller, on pense bien sûr toujours au vieux Royaume d’Albion. Mais la France possède aussi, rayon roman noir, quelques impératrices… En 2013, un roman de rouille et de sang particulièrement crépusculaire devait annoncer le renouveau d’une collection légendaire des éditions Denoël, Sueurs froides, et imposer du même coup une jeune romancière, jusque-là inconnue, Sandrine Collette. Des nœuds d’acier décrochait cette année-là le Grand prix de la Littérature policière et le Prix des lycéens. Quatre ans plus tard, alors que son cinquième thriller, Les larmes noires de la terre, vient de sortir, la romancière nous dévoile quelques-uns de ses coups de cœur. Vive la culture

« Sandrine Collette passe un bac littéraire puis un master en philosophie et un doctorat en science politique.Elle devient chargée de cours à l’Université de Nanterre, travaille à mi-temps comme consultante dans un bureau de conseil en ressources humaines et restaure des maisons en Champagne puis dans le Morvan.« Des nœuds d’acier » (Denoël, 2013), son premier roman, obtient le Grand Prix de littérature policière 2013. En 2014, elle publie son second roman « Un vent de cendres » (chez Denoël) qui revisite le conte La Belle et la Bête. Devenue l’un des grands noms du thriller français, une fois encore, elle montre son savoir-faire imparable dans « Six fourmis blanches » (2015).« Il reste la poussière » (2016) obtient le Prix Landerneau du polar. Sandrine Collette partage son temps entre la région parisienne et son élevage de chevaux dans le Morvan.

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Bookcrossing: LA MORT NOMADE de Ian Manook

Publié le 14 Juin 2017 par bigwhy dans livre, polar, france, mongolie

Bookcrossing: LA MORT NOMADE de Ian Manook

Parmi les plus inoubliables des personnages de polar récemment créés, le commissaire Yeruldelgger s’impose avec force. Donnant son nom au premier tome d’une trilogie se terminant avec le livre ici traité, ce flic colérique est l’occasion pour Ian Manook d’aborder la Mongolie, d’une manière que l’on qualifiera de documentaire. Intrigues policières et violentes, découverte d’une Mongolie très méconnue, tout cela se doit de prendre fin avec La Mort Nomade

La Mort Nomade débute là où la précédente enquête du commissaire mongole, Les Temps Sauvages, a pris fin . On retrouve donc un Yeruldelgger errant au sein de sa propre retraite, que l’on peut considérer comme forcée. Usé par le caractère infini de la lutte contre le crime, l’homme s’est détourné d’Oulan-Bator afin d’aller se réfugier en plein désert de Gobi. Là, entouré de l’immensité et du silence, il renoue avec ses traditions ancestrales qu’il avait peu à peu enfouies sous sa carapace. Seulement, le destin semble ne pas vouloir oublier Yeruldelgger, et voilà qu’un jour il est retrouvé par deux cavalières qui vont le pousser, malgré lui, à reprendre du service. Cet être redevenu mystique va devoir retourner vers le monde et ses déviances, afin de se tirer d’une affaire bien sanglante.

La Mort Nomade est un chant lancinant, qui nous narre le même constat sur la Mongolie qu’a pu tirer Ian Manook, mais avec cette fois-ci un Yeruldelgger moins à fleur de peau, en quête d’un rachat qui ne peut passer que par une non-violence fondamentale. Pas désabusé mais en recherche de paix intérieure, le désormais ex-commissaire n’a plus qu’une envie en tête : retrouver ses racines, loin de l’agitation d’une époque troublée qui défigure aussi bien la Mongolie (triste situation naturelle) que les mongoles. Et, à travers eux, c’est le monde entier qui en prend pour son grade, par ailleurs. On apprécie d’ailleurs beaucoup cette description très jusqu’au-boutiste de la société mongole, minée par la corruption, la pauvreté, le chantage etc. Ian Manook dresse un tableau de ce pays à l’image du personnage qui hante ce roman : alarmant mais aussi porteur d’espoirs.

La Mort Nomade ne passe plus par un Yeruldelgger agissant. L’ex-commissaire est passif, et ce même quand il réussit à trouver des indices dans cette terrible série de femmes disparues et de morts très étranges. Deux femmes, tour à tour, viennent le trouver afin de lui demander de l’aide, et les deux sont clairement le témoignage que les steppes ne tournent pas rond. Puis, le tout jeune Ganbold vient l’inquiéter encore : il est tombé sur un charnier. Yeruldelgger ne peut donc que se remettre au travail, même si l’on sent bien que ces affaires l’étouffent. D’ailleurs, La Mort Nomade introduit bientôt de nouveaux policiers, officiant aux États-Unis, qui apportent par ailleurs une dose d’humour étonnante et surtout savoureuse. L’enquête se développe aussi finement que les personnages, notamment féminins, prennent de l’ampleur, et La Mort Nomade finit par installer un rythme tel qu’on dévore le livre goulument.

Avec La Mort Nomade, Ian Manook réussit un effet de style difficile : nous donner un antagoniste que l’on aime détester, tout en nous signifiant bien que le vrai Mal ne se niche pas dans un seul corps. Il plane un peu partout : il déforeste, il détruit et empoisonne les sols, il corrompe l’humanité en chacun de nous. Bref, pour faire clair le véritable adversaire ce sont les multinationales, bien trop globalisantes pour être honnêtes. Une accusation qui n’est jamais traitée comme le ferait un étudiant en mal de socialisme, l’auteur est beaucoup plus fin que cela, et son constat n’en est que plus juste. Ainsi, on est entraîné dans une Mongolie saisissante, intrigante, et ce jusqu’à un final déchirant. Adieu, Yeruldelgger, on t’a tant aimé.

Bookcrossing: LA MORT NOMADE de Ian Manook
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Focus sur un artiste: Eric Keller

Publié le 9 Juin 2017 par bigwhy dans art, photo, erotisme, france, internet, facebook

Focus sur un artiste: Eric Keller

Mystère & sensualité en sépia, pour un photographe: Eric Keller qui cite Gustave Moreau & Dead Can Dance comme références, soit une esthétique sans aucune faute de gout: tout simplement magique.....

On me demande parfois pourquoi je me plais à répéter depuis des années, et sans me lasser, ce genre de photographies. Il y a toujours plusieurs façons d’expliquer les choses. Adolescent, je dessinais beaucoup. A la plume trempée d’encre de Chine, je couvrais le papier de formes, d’arabesques et de hachures dont émergeaient des corps, des chevelures.

Un jour, en feuilletant une encyclopédie, j’ai été arrêté par la reproduction d’un tableau : sous mes yeux, dans le décor à peine esquissé d’un palais oriental, évoluait une gracieuse reine, ou une prêtresse. Sur son corps pâle, presque nu, mais paré de lourds bijoux, le peintre avait fait courir un délicat entrelacs de signes et de symboles. L’attitude hiératique de la danseuse en faisait une idole sacrée. Il s’agissait d’une Salomé de Gustave Moreau. Cette scène peinte synthétisait en une seule image une représentation du corps féminin tel que je le cherchais dans mes dessins et des éléments de mon environnement. Dans les voûtes et les colonnes aux allures byzantines, je retrouvais les perspectives aperçues dans certaines usines de ma ville natale, ainsi que leurs couleurs de rouille et d’oxydes, de l’ocre-rouge au noir. Huysmans, dans A rebours décrit bien mieux que moi le pouvoir envoûtant des différentes versions de ce tableau (qui se mélangent dans ma mémoire). J’y trouvais pour ma part une correspondance évidente avec mes préoccupations, comme plus tard dans la poésie de Baudelaire, puis dans les mélopées de Lisa Gerrard.......

Il me semble que l’atmosphère sombre de mes images n’est que le reflet du trouble que je ressens devant la beauté et l’impossibilité de la saisir dans sa totalité. L’échec inévitable de sa possession. Au cours de la séance, le buste rehaussé de colliers et les poignets cerclés de bracelets, le modèle est transfiguré et devient une pythie, un succube, une amazone, Judith, Lucrèce. Chacune me prête sa grâce. Unique pour chacune. Je ressuscite la chamane défunte et elle évolue devant moi, reprend ses poses stylisées, ses gestes codés et sa danse incantatoire. Elle me fixe à travers le temps, de ses yeux transparents. Son corps dénudé est une arme blanche. Comme une lame débarrassée de son fourreau il est éblouissant, fascinant, dangereusement beau. Je suis le témoin de cette réincarnation et je tente d’en saisir les manifestations, à la façon d’un spirite qui aurait invoqué un spectre.

Focus sur un artiste: Eric Keller
Focus sur un artiste: Eric Keller
Focus sur un artiste: Eric Keller
Focus sur un artiste: Eric Keller
Focus sur un artiste: Eric Keller
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Bookcrossing: Vernon Subutex 2 de Virginie Despentes

Publié le 29 Mai 2017 par bigwhy dans livre, france

Bookcrossing: Vernon Subutex 2 de Virginie Despentes

Nourri d'indignation et de mélancolie, le deuxième volet de la fresque sociale de la romancière captive par sa saisie aiguë de la réalité contemporaine.

« Souviens-toi, Vernon, on entrait dans le rock comme on entre dans une cathédrale, et c'était un vaisseau spatial, cette histoire. Il y avait des saints partout, on ne savait plus devant lequel s'agenouiller pour prier. [...] C'était une guerre qu'on faisait. Contre la tiédeur. On inventait la vie qu'on voulait avoir et aucun rabat-joie n'était là pour nous prévenir qu'à la fin on renoncerait... » Il se souvient de tout, Vernon Subutex, il n'a rien oublié, au contraire, de cette « jeunesse au galop », rien renié de ce temps révolu d'il y a vingt, bientôt trente ans, et des rêves de sa génération. Il n'a rien oublié, Vernon, mais c'est le monde qui a changé autour de lui — le monde devenu radicalement méconnaissable, invivable pour l'inaltérable enfant du rock, désormais quadragénaire. Vernon Subutex, homme sans qualités, du moins privé de celles qui lui permettraient de survivre dans le monde tel qu'il est désormais. Homme sans cynisme, sans convoitise, sans allégeance, autant dire inadapté, mais aussi séditieux malgré lui, à la dérive dans le Paris d'aujourd'hui où Virginie Despentes l'a projeté comme une sonde, traversant l'espace tant géographique que social pour l'inventorier, le mettre à la question.

Cristallisée sur le personnage de Vernon Subutex, l'ancien disquaire devenu SDF, entouré des fantômes de ses amis de jeunesse aujourd'hui disparus, la mélancolie est sans conteste l'une des couleurs de Vernon Subutex, la trilogie romanesque dont Virginie Despentes a donné le premier volet en janvier (1) et dont voici le deuxième opus. Mais du seul désenchantement on ne fait pas une arme de guerre, or Vernon Subutex est bel et bien un livre de combat. Un roman porté tout à la fois par une capacité d'indignation inentamée et une empathie époustouflante — et tout sauf aimable ou complaisante —, une faculté d'identification et de compréhension qui permet à l'écrivain de s'immiscer en profondeur dans chacun des multiples person­nages de sa fresque, d'en faire surgir les raisonnements, les égoïsmes, les rancoeurs, les désarrois, les défaites et d'en faire résonner les voix intérieures avec une infinie justesse.

Ils ont 20, 40, 70 ans, ils sont retraités, SDF, salariés plus ou moins précaires, les uns plutôt marginaux, les autres tant bien que mal intégrés dans l'ordre économique et social tel qu'il fonctionne — et dysfonctionne, surtout, malmène et brutalise les individus... Ils sont une quinzaine, dont pour la plupart on avait fait connaissance dans le premier volume. Les revoici, assemblée hétérogène d'individus dispersés à tous les horizons de la sphère sociale mais physiquement réunis, comme agglomérés autour de Vernon Subutex. Subutex toujours à la rue (pour mieux dire, au parc des Buttes-Chaumont, où « sa place favorite [est] le creux que forment les racines du plus vieux marronnier » du jardin public), mais qui apprivoise cette situation, semble s'y couler, s'y dilater — « la vérité, c'est qu'il ne supportait plus, physiquement, ni les murs ni le plafond, il respirait mal, les objets l'agressaient, une vibration nocive le harcelait... » — et agir sur ceux qui l'approchent comme un aimant, le catalyseur d'une douce dissidence contre l'ordre brutal des choses.

Il faudra attendre l'ultime volet de la trilogie pour connaître la destinée que Virginie Despentes réserve à cette improbable faction. D'ores et déjà, dans ce Vernon Subutex 2, ce qui captive, ce qu'on admire, c'est l'acuité avec laquelle l'écrivaine se saisit de la réalité contemporaine, la netteté de son regard sur notre société et des mots qu'elle trouve pour la décrire, l'inflexible désaveu qu'elle oppose à ses règles et ses dogmes pervers. — Nathalie Crom (telerama)

Bookcrossing: Vernon Subutex 2 de Virginie Despentes
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Cover: PARANOID by Taggy Matcher

Publié le 24 Mai 2017 par bigwhy dans musique, video, cover, reggae, france, facebook

Cover: PARANOID by Taggy Matcher

Une version reggae du classique de Black Sabbath? et oui! tout est possible et en plus c'est bon!, réalisé par Taggy Matcher (joli jeu de mot!), un des roi français du bootleg (avec Mato & l'Entourloop...) responsable entre autre des excellents disques " Hip hop reggae séries" (5 volumes a se jour).

Have a nice day (malgré la parano!)

Cover: PARANOID by Taggy Matcher
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Bookcrossing: L'ENCHANTEUR de René Barjavel

Publié le 19 Avril 2017 par bigwhy dans livre, legende, histoire, france

Bookcrossing: L'ENCHANTEUR de René Barjavel

À travers son dernier roman merveilleux publié, L'Enchanteur, Barjavel renoue avec l'univers légendaire de sa première œuvre romanesque, Roland le chevalier plus fort que le lion, dans une boucle initiatique allant au-delà des genres. Les thèmes qui lui sont chers comme sa vision de la Femme ou la spiritualité, s'y épanouissent faisant naître un monde peuplé d'êtres emblématiques, connus et moins connus, dont il nous fait partager l'existence - autant d'éléments propres à ranimer la Légende et à nous y faire pénétrer sur les traces de celui qui a trouvé dans l'Ecriture son chemin vers le Graal.

Il y a plus de mille ans vivait en Bretagne un Enchanteur qui se nommait Merlin.....

Il était jeune et beau, il avait l'œil vif malicieux, un sourire un peu moqueur, des mains fines, la grâce d'un danseur, la nonchalance d'un chat, la vivacité d'une hirondelle. Le temps passait sur lui sans le toucher. Il avait la jeunesse éternelle des forêts.

Il possédait les pouvoirs, et ne les utilisait que pour le bien, ou ce qu'il croyait être le bien, mais parfois il commettait une erreur, car s'il n'était pas un humain ordinaire, il était humain cependant.

Pour les hommes il était l'ami, celui qui réconforte, qui partage la joie et la peine et donne son aide sans mesurer. Et qui ne trompe jamais.

Pour les femmes, il était le rêve. Celles qui aiment les cheveux blonds le rencontraient coiffé d'or et de soleil, et celles qui préfèrent les bruns le voyaient avec des cheveux de nuit ou de crépuscule. Elles n'étaient pas amoureuses de lui, ce n'était pas possible, il était trop beau, inaccessible, il était comme un ange. Seule Viviane l'aima, pour son bonheur, pour son malheur peut-être, pour leur malheur ou leur bonheur à tous les deux, nous ne pouvons pas savoir, nous ne sommes pas des enchanteurs.

Pour tous, il était l'irremplaçable, celui qu'on voudrait ne jamais voir s'en aller, mais qui doit partir, un jour.

Quand il quitta le monde des hommes, il laissa un regret qui n'a jamais guéri. Nous ne savons plus qui est celui qui nous manque et que nous attendons sans cesse, mais nous savons bien qu'il y a une place vide dans notre cœur.

Le roman est divisé en chapitres non numérotés, entre lesquels s'insèrent des parties discursives, commentaires explicatifs de l'auteur~narrateur, renouant avec la tradition des bardes et troubadours pour qui le conteur fait lui-même partie du récit. La présentation, reprise au dos de l'édition de 1984, est ainsi l'introduction du roman.

L'Enchanteur de Barjavel, c'est cette épopée bien connue qui relate les péripéties célèbres de ces figures de légende : Arthur, Lancelot, Galaad. À l'épique, Barjavel ajoute le romantisme et la sensualité qui le caractérisent. Les brutes aux muscles d'acier deviennent des enfants tourmentés, voulant faire le bien, mais ne sachant comment. Ce sont les quêtes d'Arthur, de Perceval, de Gauvain, puis de Lancelot, et enfin de Galaad son fils, que nous suivons avec l'auteur. L'ascension de chacun vers le but absolu sera l'occasion de le voir faillir, et chuter. Seul Galaad réussira, mais alors qu'il est en bonne voie, l'auteur ne le suit déjà plus. Attendri, il est resté en arrière avec les chevaliers défaits, brisés par leurs amours coupables, par leur foi démantelée. Et c'est alors que l'on comprend qui est l'Enchanteur : il est l'œil ouvert sur la Vérité qui est en chacun de ceux-là qui cherchent, mais dont l'autre œil est ouvert sur la véritable nature humaine, celle de la faiblesse, de l'abandon et du reniement.

Bookcrossing: L'ENCHANTEUR de René Barjavel
Bookcrossing: L'ENCHANTEUR de René Barjavel
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Bookcrossing: VIANDE FROIDE de Jean Paul Brighelli

Publié le 9 Avril 2017 par bigwhy dans livre, polar, france, corse

Bookcrossing: VIANDE FROIDE de Jean Paul Brighelli

Les cochons corses ne se nourrissent pas uniquement de glands et de châtaignes. Et on n'assassine pas des préfets tous les jours, même en Corse. Quand on les assassine, ce n'est pas par hasard. Une conspiration voulue par les uns et exploitée par les autres. Alors qu'à Paris s'agitent les ombres des montreurs de marionnettes, un flic fraîchement retraité mène l'enquête. II n'est pas seul sur le coup: un jeune agent, persuadé de connaître les dessous de l'affaire, suit de très près le vieil enquêteur... La Corse se garde bien de révéler ses secrets: les montagnes restent muettes, et nul n'est à l'abri d'un assassinat dans le restau du coin.

Jean-Paul Brighelli est né en 1953 à Marseille, d'un père policier d'une mère sténodactylo. Il a 15 ans pendant les évènements de mai 1968 auxquels il participe au sein d'un mouvement d'extrême-gauche. Bachelier en 1970 il prépare Khâgne et entre à l'Ecole Normale Supérieure de Saint-Cloud, obtient son agrégation en Lettre Modernes en 1975. Dès lors, ce passionné de littérature  se consacre avec autant de passion à l'enseignement, une carrière qui le mène des lycées de province aux lycées de la région parisienne classés ZEP. Depuis 2008, il est en poste à Marseille, où il enseigne les Lettres dans une classe préparatoire aux grandes écoles.

Pendant toute sa carrière, il écrit: des articles pédagogiques, des essais, des anthologies sur des auteurs, tels que Alexandre Dumas, André Malraux ou bien encore Maupassant. Il se fait guide touristique quand il rédige "Entre ciel et mer, le Mont-Saint-Michel" publié en 1988 chez Gallimard, dans la collection "Découvertes", ou bien "Haute-Corse et Corse-du-Sud" en 1993, l'île de Beauté qui l'inspire quelques années plus tard pour son premier roman policier, "Pur porc" paru aux éditions Ramsay en 2003: « Agents secrets, mafia des jeux, trafiquants en armes et en pétrole, promoteurs fascinés par les bords de mer et autonomistes vivants ou morts, se croisent dans ce roman, dont les évènements comblent si bien les trous de l'Histoire qu'ils mériteraient d'être vrais(...) En s'inspirant de faits divers, l'auteur a cultivé l'ambiguïté, mais les personnages ici mis en scène ont de si mauvaises moeurs, une propension si marquée à la violence, des arrière-pensées si peu édifiantes qu'il est impossible de croire qu'ils aient vécu à notre époque.» (4ème de couverture de "Pur Porc").

Jean-Paul Brighelli, s'il n'est pas très connu dans le monde du polar, a écrit nombre de manuels scolaires destinés aux lycées et aux étudiants en lettres; en 2005, un premier ouvrage va soulever une vive polémique dans le monde de l'enseignement: "La fabrique du crétin" dénonce avec toute la vigueur de l'ancien militant, « la baisse du niveau des élèves qui, selon lui, ne savent plus écrire, compter et penser », il poursuit son combat pour la réforme des méthodes d'enseignement avec "A bonne école" publié en 2006, suivi de "Une école sous influence ou Tartuffe-roi" et " Fin de récré" en 2008, « il milite pour une retour aux fonctions traditionnelles de l'école, la transmission des savoirs, contre les options de "pédagogistes" ».  Des essais best-sellers qui divisent le corps enseignant, les "pro-Meirieu" s'insurgent contre les idées de Jean-Paul Brighelli, on va jusqu'à le mettre à l'écart du jury de CAPES, ce qui ne dure que deux jours, ses partisans s'insurgeant contre cette "sanction". (Pour ceux que ce débat intéresse, voir le blog de Jean-Paul Brighelli).

En juin 2009, le seul et unique roman policier qu'il ait signé, "Pur porc" est réédité aux éditions Balland, sous le titre Viande froide, un roman a découvrir pour les uns ou redécouvrir pour les autres.


 

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