Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog
Bigwhy? Finest?

Fanzine Enthousiaste & Curieux

Articles avec #drame catégorie

Film à Voir: TRAINSPOTTING 2 de Danny Boyle (2017)

Publié le 5 Juin 2017 par bigwhy dans film, comédie, drame, UK, Bande annonce

Film à Voir: TRAINSPOTTING 2 de Danny Boyle (2017)

Décevant certes, mais ça fait quand même plaisir de retrouver nos junkies (survivants) préférés.

Fraîchement auréolé du succès de son premier long-métrage, la comédie grinçante Petits meurtres entre amis, Danny Boyle accède à la gloire planétaire en 1996 avec Trainspotting. Cette farce post-punk suit les pérégrinations de quatre jeunes gens qui découvrent les délices de la drogue et se laissent happer par sa spirale ­infernale : déchéance, perte de respect de soi, trahison de ses valeurs, de sa famille, de ses amis…

Estampillé culte – pour sa manière très pop de représenter les effets de la drogue, pour son esthétique trash, pour sa BO très brit où de vieux ­tubes de Joy Division et de David Bowie se fondaient dans les infrabasses d’Underworld –, le film se donnait comme une critique ricanante de l’état de délabrement avancé de la Grande-Bretagne post-thatchérienne, voire de l’humanité dans son ensemble. Le nihilisme dont il faisait son beurre ne pouvait, en toute logique, appeler la moindre suite, mais c’était compter sans l’avidité de certains.

La notoriété du titre, la célébrité ­acquise depuis par son réalisateur (oscarisé pour Slumdog Millionaire), par son acteur principal, Ewan McGregor, et son partenaire Robert Carlyle, ont fait germer chez les producteurs une idée aussi absurde que celle qui avait poussé, de ce côté-ci de la Manche, à ressortir la franchise des Bronzés du placard où elle prenait la poussière depuis vingt-cinq ans.

La même impression de plat réchauffé, indigeste, destiné à faire tourner la machine à cash se ressent quand on découvre ces anciens junkies cabossés, rongés par l’amertume et le ressentiment (à la fin du premier opus le personnage d’Ewan McGregor s’était fait la malle avec la recette de la vente d’une cargaison d’héroïne). Agencées autour d’un projet d’ouverture de maison close, et du jeu de trahison à triple bande qu’il va leur inspirer, leurs aventures ineptes sont avant tout prétexte à réactiver un folklore au forceps. Dès lors que les protagonistes ont arrêté la drogue, la mise en scène clipée et pulsionnelle perd de sa pertinence. Le sevrage, s’il est symptomatique du virage vers la respectabilité opéré par Danny Boyle depuis Slumdog Millionaire et l’Oscar qui l’a récompensé, s’avère être la plus mauvaise idée du film.

En supprimant les substances chimiques, le réalisateur prive cette suite de la dimension pop que pouvait avoir l’original. Ne reste plus comme gimmick que les plans complaisants sur les latrines souillées et les sacs à vomi bien remplis. Une image assez juste, somme toute, du climat moral dans lequel baigne le film.

Film à Voir: TRAINSPOTTING 2 de Danny Boyle (2017)
commentaires

Film a voir: CAPTAIN FANTASTIC de Matt Ross (2016)

Publié le 9 Mai 2017 par bigwhy dans film, drame, USA, Bande annonce

Film a voir: CAPTAIN FANTASTIC de Matt Ross (2016)

Road-movie utopiste mené tambour battant, Captain Fantastic confirme surtout une chose : Viggo Mortensen est un acteur à part. Son charisme et son aura naturels irradient sur tout le film. Et si le dosage entre action, discours moral et comédie reste fragile, la galerie de portraits de ces véritables marginaux conduit tout droit vers le feel good movie.

Ben vit avec sa femme et ses six enfants dans les forêts du Nord-Ouest Pacifique, totalement isolé de la société, mais en père dévoué qui se consacre à l’enseignement académique et physique de ses enfants. Bientôt, une tragédie se produit, qui force la famille à quitter leur petit paradis.

On fonce droit devant, tête baissée, avec pour seul point de repère ce discours implacable sur la société consumériste et l’appauvrissement des esprits. On l’a déjà entendu, notamment dans les romans de Thoreau ou dans toute forme d’apologie du retour à la terre. Sous ces allures de comédie, Captain Fantastic est donc cette petite voix qui préconise un temps de casser son prisme pour voir notre réalité sous un autre œil. Utopie grossière ou unique manière de vivre « pleinement », ce sera au spectateur de se faire son jugement. C’est d’ailleurs là l’intérêt de ce Little Miss Sunshine mâtiné de Mosquito Coast : ne pas donner de jugement prémâché. La petite famille semblait parfaitement huilée dans sa vie en autarcie mais l’écho du réel ne pardonne pas. Lorsqu’il s’agit de se confronter au monde alentour, les rouages explosent malgré tout le mal que se donne le bon père de famille qui semble avoir une réponse à toutes les interrogations. Les deux régimes s’affrontent : celui du surplace, qui maintient la famille dans sa forêt protectrice, loin de tout et loin du monde, et celui du road-movie qui confronte ce système idéaliste à l’action improvisée.

Parfois le manichéisme du portrait reprend hélas les rênes du récit. La peinture de la société est assez grossière. Ainsi les deux « neveux civilisés » sont des ados débiles qui ne savent pas ce qu’est la Constitution face aux enfants marginaux qui, eux, sont tous de petits génies. Si le récit prenait une couleur absurde ou totalement irréelle, cela pourrait passer. Mais au contraire, il la fuit constamment et affiche du coup sa propre hésitation. Si bien qu’on ne sait plus si l’on doit rire ou être agacé par cette absence de caractère. Pour un projet décrivant et louant la singularité et toutes formes de rébellion, célébrant Noam Chomsky comme un dieu, c’est d’autant plus regrettable. Mais malgré cette petite errance, Captain Fantastic sort du lot, porté par les épaules d’un Viggo Mortensen en état de grâce (dans quel film ne l’est-il pas ?).

Le héros des Promesses de l’Ombre incarne ce « gourou » familial avec une telle force qu’il parvient à conquérir son audience dans et hors du film. On retrouve des gestes (son front collé à son fils, comme dans A history of violence avec son frère), son physique affûté, son phrasé unique, doux et guerrier à la fois. On ressent son discours jusqu’à l’épouser comme lorsqu’il harangue ses troupes dans Le retour du Roi. Oui, Viggo Mortensen est une icône, totalement en dehors du système - Captain Fantastic ou Jauja prouvent son engagement sans faille, loin des studios et du préfabriqué. Il démontre que le cinéma de l’acteur existe bel et bien et guide ses compositions par sa manière de se fondre dans ses rôles et de transpirer sa véritable identité. Dans cette entreprise éphémère (familiale dans le récit et même celle, toute petite, du ciné indé), il aura été une fois de plus guide, mentor, roi.

 

Film a voir: CAPTAIN FANTASTIC de Matt Ross (2016)
commentaires

Film a voir: J'ai Engagé Un Tueur de Aki Kaurismäki (1990)

Publié le 21 Février 2017 par bigwhy dans film, comédie, drame, finlande, UK, Bande annonce, bande originale

Film a voir: J'ai Engagé Un Tueur de  Aki Kaurismäki (1990)

Henri Boulange a décidé de mettre fin à ses jours. Devant les difficultés qui s'accumulent, grève des agents du gaz et ses maladresses personnelles, il décide d'engager un tueur.

Aki Kaurismäki tourne ce polar existentiel à Londres, loin de la Finlande. Mais le cinéaste n'oublie pas Hel­sinki, la ville qu'il connaît au millimètre près, et ses thèmes fétiches - le chôma­ge et la détresse des petites gens. Ainsi, en choisissant la banlieue londonienne, il donne à J'ai engagé un tueur les mêmes décors qu'à La Fille aux allumettes et, plus tard, qu'Au loin s'en vont les nuages : faubourgs cafardeux, intérieurs aux couleurs froides, cafés blafards où pointent seulement le rouge des bouteilles de ketchup et celui du rouge à lèvres de la marchande de fleurs qui change le destin du personnage principal (hommage à Chaplin ?). Son héros est follement kaurismäkien : Henri Boulanger, Français isolé à Londres, perd son emploi et ne voit plus de raison de vivre. Il engage un tueur pour en finir, change d'avis après avoir bu, fumé et aimé pour la première fois, et tente d'échapper à ce tueur lui-même mourant...

Du grand burlesque triste. A la fois hommage à nouvelle vague française (avec le choix de Jean-Pierre Léaud), aux comédies noires anglaises des studios Ealing et au cinéma muet (Léaud compose un personnage entre Buster Keaton dépressif et vampire dérisoire), ce polar laconique est un passionnant bouquet de références cinéphiles.

Avec aussi (et ça compte pour moi!) la BO signée Joe Strummer (qui fait une petite apparition!

Film a voir: J'ai Engagé Un Tueur de  Aki Kaurismäki (1990)
commentaires

Film a voir: CHOUF de Karim Dridi (2016)

Publié le 3 Novembre 2016 par bigwhy dans film, Bande annonce, polar, drame, france

Film a voir: CHOUF de Karim Dridi (2016)

Percutant et incisif, au carrefour du drame social du thriller, ce film nuancé et efficace est peut-être la plus grande réussite de Karim Dridi. Il révèle le jeune acteur Sofian Khammes dans un rôle ambigu et difficile.

Chouf veut dire « regarde » en arabe. C’est aussi le nom des guetteurs des réseaux de drogue de Marseille. Sofiane, 24 ans, brillant étudiant, intègre le business de son quartier après le meurtre de son frère, un caïd local. Pour retrouver les assassins, il est prêt à tout, abandonnant pour un temps famille et études et gravissant rapidement les échelons. Aspiré par une violence qui le dépasse, il découvre la vérité et doit faire des choix.

Du Thé au harem d’Archimède (1985) de Mehdi Charef à La Vie en grand (2015) de Mathieu Vadepied, en passant par La Haine (1995) de Mathieu Kassovitz, le cinéma français a abordé le thème de la jeune délinquance sous différents angles. Le dernier film de Karim Dridi s’inscrit dans ce courant et constitue le dernier volet d’une « trilogie marseillaise », après Bye-bye (1995) et Khamsa (2008). Le récit fait écho aux nombreux faits divers qui meurtrissent la cité phocéenne, des jeunes de quartiers s’entretuant à la kalachnikov lors de règlements de comptes liés au banditisme et aux réseaux de drogues. La démarche de Karim Didi se veut d’abord documentaire, et le cinéaste n’a pas hésité à s’installer à Marseille, plantant sa caméra dans les zones les plus sensibles, afin de vivre au plus près de ces jeunes. Il a dirigé certains d’entre eux dans des ateliers de comédie, tout en les côtoyant au quotidien : « L’idée était d’être le plus authentique possible, de les suivre, en respectant leur gestuelle, leurs manières de s’attraper, se toucher, se frapper […] Les ateliers m’ont servi à capter leur violence physique, leur langage », précise Karim Dridi.

Mêlant argot marseillais et arabe, les dialogues n’ont rien de rohmérien et accentuent un réalisme qui s’apprécie aussi à travers l’authenticité juridique et criminelle des faits mentionnés dans le scénario. Karim Dridi refuse pourtant tout naturalisme ostensible et Chouf épouse très vite la forme d’un thriller efficace, qui culmine dans une scène de braquage digne de Scorsese ou Tarantino. Le film a aussi des accents de western urbain, tout en empruntant au drame sentimental et à la veine d’un cinéma psychosociologique. À cet égard, Chouf préfère la nuance au manichéisme : symbole d’une ascension sociale qui peine à se poursuivre, le parcours du protagoniste révèle un déterminisme qui n’est pas sans rappeler le statut du jeune diplômé de Ressources humaines(2000) de Laurent Cantet.

Plus instruit que ses potes, modèle apparent d’intégration, Sofiane est à la fois respecté et dominé par les petits caïds. Et ce n’est pas sans ironie que Karim Dridi le montre prodiguer des conseils en mercatique à des dealers, appliquant les outils de son école de commerce à des activités informelles... Assis entre deux chaises, le jeune homme ressent des fêlures qui lui seront fatales et Sofian Khammes, comédien au Conservatoire, traduit à merveille les ambiguïtés du personnage. Signalons qu’il est un des rares acteurs professionnels de la distribution, avec Simon Abkrarian dans le rôle d’un mafieux libanais. Également bien servi par une mélodie lyrique aux accents de requiem, ainsi qu’un montage incisif sans être roublard, Chouf est sans doute la plus grande réussite de Karim Dridi, qui effectue ainsi un retour en force, après la relative déception du Dernier vol.

commentaires

Film a voir: NOS FUNERAILLES de Abel Ferrara

Publié le 27 Octobre 2016 par bigwhy dans film, polar, drame, USA, Bande annonce

Film a voir: NOS FUNERAILLES de Abel Ferrara

Octobre le mois des morts & des enterrements......

New York, années trente. La famille Tempio se réunit pour pleurer un de ses membres, Johnny, qui vient d’être assassiné. Il y a là Ray, le chef du clan, qui n’attend que le moment propice pour venger la mort de son jeune frère. Il y a aussi Chez, l’autre frère, dévoré par une maladie mentale qui le rend incontrôlable. Et puis il y a les femmes, veuves noires à la dignité opaque. Ensemble, tous se souviennent de Johnny. Mais vient l’heure de la vengeance, suivie du cortège de haine et de folie qui l’accompagne.

Dans la filmographie d’Abel Ferrara, The Funeral fait suite à The Addiction (1995). Les points communs entre ce dernier, qui traite du vampirisme contemporain, et le suivant, sur la dérive d’une famille mafieuse à l’époque de la prohibition, sont nombreux, même si cela peut paraître surprenant. Il faut dire que l’œuvre d’Abel Ferrara se distingue par une cohérence d’ensemble remarquable autour d’un thème, qui pourrait être résumé ainsi: la chute de l’homme.

Nos Funérailles donne l’étrange impression au spectateur de se retrouver devant un film en noir et blanc. En effet, tout y est noir: les costumes des personnes endeuillées, les limousines, la nuit qui enveloppe les scènes extérieures et les salles de cinéma… La seule couleur vive est celle du sang, synonyme de mort et de souffrance. Ce rougeoiement au milieu des ténèbres symbolise à merveille l’état crépusculaire du film. Mais il s’agit bien d’un polar, d’un film de genre ou plutôt qui va jusqu’au bout de son genre. Nos Funérailles porte alors vraiment bien son nom, puisque Ferrara enterre le mythe des gangsters flamboyants de façon plus cruelle et plus définitive encore que ne l’ont fait Coppola ou Scorsese. Et d’une manière tellement brillante. Maîtrisée à l’extrême, la réalisation épate par son élégance chez un auteur à qui on a souvent reproché son côté foutraque. La lenteur du rythme en fait un film austère, mais parfaitement adapté au script de Nicholas St-John, scénariste attitré de Ferrara, qui a ciselé des dialogues fabuleux. Une seule phrase de Jean (Annabella Sciorra), l’épouse de Ray (Christopher Walken), résume l’essentiel: "Ce sont des criminels, et il n’y a absolument rien de romantique là-dedans".

Christopher Walken n’a jamais autant ressemblé à un mort-vivant, plus encore que dans Le Roi de New York, déjà sous la direction de Ferrara. Véritable vampire, il suce le sang de sa famille, qu’il mène à sa perte. Son frère, Cesarino, dit Chez, prend conscience de cette impasse. Chris Penn habite ce personnage. Découvert chez Tarantino dans Reservoir Dogs, il est l’absolue révélation du film, qui lui offre le rôle de sa carrière. Toute la douleur de son âme transpire dans sa magistrale interprétation d’un blues. Vincent Gallo est le jeune frère assassiné. Passionné de cinéma, il ne s’intéresse pas vraiment aux "affaires" de la famille. Mais est-il vraiment l’innocent injustement frappé? Quant aux actrices, aux noms prédestinées de veuves siciliennes (Annabella Sciorra et Isabella Rossellini), elles jouent à merveille l’impuissance et la détresse devant la violence masculine. Mais cette fois leur amour ne suffira pas à la rédemption. Car la mort recouvre tout de son voile noir: elle ouvre le film par un enterrement, et le clôture par un massacre.

par Yannick Vély (film de culte)

Film a voir: NOS FUNERAILLES de Abel Ferrara
Film a voir: NOS FUNERAILLES de Abel Ferrara
commentaires