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Bigwhy? Finest?

Fanzine Enthousiaste & Curieux

Articles avec #comedie catégorie

Film a voir: JUNO de Jason Reitman (2007)

Publié le 30 Juin 2017 par bigwhy dans film, comédie, sociale, USA, Bande annonce

Film a voir: JUNO de Jason Reitman (2007)

Zazie dans le pétrin!

Juno, une adolescente indépendante, cache ses interrogations existentielles sous des airs de dure-à-cuire. Pour tromper son ennui, elle couche avec Bleeker, un de ses camarades. Lorsqu'elle comprend qu'elle est enceinte, elle se met en quête, aidée par sa meilleure amie Leah, du couple de parents adoptifs idéal pour son bébé. Dans les petites annonces du journal local, les jeunes filles repèrent Mark et Vanessa Loring, un couple qui ne peut pas avoir d'enfant et qui souhaite adopter. Soutenue par ses parents, Juno fait la connaissance des Loring. A l'approche du terme de sa grossesse, elle gagne en maturité...

Comment raconter, sur trois saisons, les tribulations de Juno, une adolescente enceinte, sans tomber dans le mélodrame ­facile ou la gaudriole lourdingue façon American Pie ? En ciselant une comédie euphorisante et délicate, un portrait de fille comme on en voit peu, surtout dans cette tranche d'âge prêtant aux clichés, du plus branché au plus niais.

Juno rayonne dès la première image. Energique, râleuse, gouailleuse, jamais à court de vannes, elle se shoote à l'auto­dérision afin de tenir le coup. Ce petit miracle bavard et bravache s'appelle Ellen Page, une jeune actrice canadienne qui évoque Zazie, l'irrésistible mouflette de Raymond Queneau. Jason Reitman parvient à débarrasser la comédie grand public de son épaisse couche de maquillage, à donner chair et vie à des personnages et à un milieu trop souvent réduit à une caricature misérabiliste, voire à une image d'Epinal larmoyante.

C'est que le réalisateur, Jason Reitman, tient à ce que ses héros, attachants et imparfaits, aient toujours le choix : être enceinte ou pas, être prolo ou bourgeois, la crédibilité des personnages naît de cette liberté. A travers eux, il défend, plus que tout, le libre arbitre, la nécessité d'échapper à toute idéologie préfabriquée. Ce film sur une fille qui devient mère avant de devenir femme n'embellit pas la réalité, les rapports de couple, la famille, la sexualité... Mais les oxygène considérablement.

Film a voir: JUNO de Jason Reitman (2007)
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Film à Voir: TRAINSPOTTING 2 de Danny Boyle (2017)

Publié le 5 Juin 2017 par bigwhy dans film, comédie, drame, UK, Bande annonce

Film à Voir: TRAINSPOTTING 2 de Danny Boyle (2017)

Décevant certes, mais ça fait quand même plaisir de retrouver nos junkies (survivants) préférés.

Fraîchement auréolé du succès de son premier long-métrage, la comédie grinçante Petits meurtres entre amis, Danny Boyle accède à la gloire planétaire en 1996 avec Trainspotting. Cette farce post-punk suit les pérégrinations de quatre jeunes gens qui découvrent les délices de la drogue et se laissent happer par sa spirale ­infernale : déchéance, perte de respect de soi, trahison de ses valeurs, de sa famille, de ses amis…

Estampillé culte – pour sa manière très pop de représenter les effets de la drogue, pour son esthétique trash, pour sa BO très brit où de vieux ­tubes de Joy Division et de David Bowie se fondaient dans les infrabasses d’Underworld –, le film se donnait comme une critique ricanante de l’état de délabrement avancé de la Grande-Bretagne post-thatchérienne, voire de l’humanité dans son ensemble. Le nihilisme dont il faisait son beurre ne pouvait, en toute logique, appeler la moindre suite, mais c’était compter sans l’avidité de certains.

La notoriété du titre, la célébrité ­acquise depuis par son réalisateur (oscarisé pour Slumdog Millionaire), par son acteur principal, Ewan McGregor, et son partenaire Robert Carlyle, ont fait germer chez les producteurs une idée aussi absurde que celle qui avait poussé, de ce côté-ci de la Manche, à ressortir la franchise des Bronzés du placard où elle prenait la poussière depuis vingt-cinq ans.

La même impression de plat réchauffé, indigeste, destiné à faire tourner la machine à cash se ressent quand on découvre ces anciens junkies cabossés, rongés par l’amertume et le ressentiment (à la fin du premier opus le personnage d’Ewan McGregor s’était fait la malle avec la recette de la vente d’une cargaison d’héroïne). Agencées autour d’un projet d’ouverture de maison close, et du jeu de trahison à triple bande qu’il va leur inspirer, leurs aventures ineptes sont avant tout prétexte à réactiver un folklore au forceps. Dès lors que les protagonistes ont arrêté la drogue, la mise en scène clipée et pulsionnelle perd de sa pertinence. Le sevrage, s’il est symptomatique du virage vers la respectabilité opéré par Danny Boyle depuis Slumdog Millionaire et l’Oscar qui l’a récompensé, s’avère être la plus mauvaise idée du film.

En supprimant les substances chimiques, le réalisateur prive cette suite de la dimension pop que pouvait avoir l’original. Ne reste plus comme gimmick que les plans complaisants sur les latrines souillées et les sacs à vomi bien remplis. Une image assez juste, somme toute, du climat moral dans lequel baigne le film.

Film à Voir: TRAINSPOTTING 2 de Danny Boyle (2017)
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Film Culte: DELICATESSEN de Jeunet & Caro (1991)

Publié le 5 Avril 2017 par bigwhy dans film, comédie, science fiction, uchronie, fantastique, Bande annonce, france

Film Culte: DELICATESSEN de Jeunet & Caro (1991)

Non, décidément, Delicatessen ne ressemble à rien. Cette chatterie inqualifiable est un objet non identifié, un ovni du fourneau des images dont les maîtres-queux avouent eux-mêmes des patronymes improbables: ceux de Jeunet et de Caro. Deux metteurs en scène pour un film à quatre mains sur le clavier inavouable de la fantaisie en sens interdit, de la fleur bleue à fleur de poubelle, du fantastique dans le gras-double, de Ia farce d'étal de boucherie.

Le synopsis, déjà, fait très fort: dans un immeuble déglingué au milieu de terrains vraiment vagues, un gros, grand, luisant boucher-charcutier échange, contre des légumes secs et des nuitées gaillardes, des rosbifs saignants taillés dans l'épaule ou le gigot des commis qui passent et dès locataires qui ont fait leur temps. A quelques pieds sous terre, dans les égouts, barbotent des végétariens, des rebelles. L'arrivée d'un inconnu à bretelles et qui joue de la scie musicale va achever de démantibuler ces ruines que seul le salpêtre paraît maintenir debout.

Répugnante, la chose? Que non pas. Abracadabrante plutôt, étonnante, détonante, sidérante, farfelue. Un monstre vif, bâtard dru de Jacques Tati et des Monty Python. Le Brazil de Terry Gilliam dans les décors décavés du Jour se lève. Les clowns rock du cirque Archaos se déchaînant sous les Toits de Paris. Les frères Kube fabriquent des boîtes qui meuglent. M. Potin, dans son appartement-marécage, élève des grenouilles et des escargots. Mlle Plusse orchestre l'activité des locataires au rythme de ses parties de jambes en l'air sur son sommier grinçant. Et Louison, le nouveau venu à la gueule de Popeye, joue des concertos pour scie et violoncelle avec une Olive pigeonnante: Julie, la fille unique du boucher. C'est la cocasserie de René Clair, le réalisme poétique de Carné et de Trauner ravagés par les fuites d'eau et l'humour mauvais genre des BD de Métal hurlant.

Métal hurlant, justement, Marc Caro y a fait un passage alors qu'il modelait les têtes des marionnettes de Jean-Pierre Jeunet, quand celui-ci sévissait dans le cinéma d'animation. De court-métrage en clip vidéo, de prix dans les festivals d'avant-garde en scénario de long-métrage avorté, ils ne se sont plus quittés. Avec Gilles Adrien, criminaliste de formation, ils ont peaufiné l'histoire et les dialogues de Delicatessen. Puis Caro a dessiné le story-board, Jeunet dirigé les comédiens. Elémentaire, en somme. A l'arrivée, et ils en sont fiers: «Une horlogerie. Minutieuse.» «Plus c'est dingue», précise Jeunet, pénétré, «plus ce doit être logique», conclut Caro, sévère. Et ensemble: «L'avantage de travailler à deux, c'est que l'un ne pardonne rien à l'autre.» Même si l'un et l'autre partagent les mêmes enthousiasmes pour les contes de Perrault, Walt Disney_ «Julie, c'est Blanche-Neige» _La Nuit du chasseur, Quai des Brumes ou Zelig.   

Film Culte: DELICATESSEN de Jeunet & Caro (1991)
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Bookcrossing: TORTILLA FLAT de John Steinbeck

Publié le 24 Février 2017 par bigwhy dans livre, comédie, USA, philosophie

Bookcrossing: TORTILLA FLAT de John Steinbeck

Tortilla Flat (est un roman picaresque américain de John Steinbeck publié en 1935.

C'est à cette histoire humoristique que l'auteur doit son premier prix littéraire, la médaille d'or du meilleur roman écrit par un Californien décernée par le Commonwealth Club of California.

John Steinbeck construit son œuvre par chapitres indépendants les uns des autres. Chacun illustre une aventure mettant en scène les compagnons du personnage principal, Danny. Ce roman est en accord avec la majorité de l'œuvre de Steinbeck. En effet nous restons dans le cadre captivant d'une Californie très prolétaire.

De retour de la guerre, Danny, un paisano de Monterey (Californie), apprend qu'il a hérité de deux maisons. Malgré son nouveau statut de propriétaire foncier, il entend bien poursuivre sa vie d'antan. Ses anciens amis, paisanos et vagabonds, à l'image de Danny, s'installent peu à peu dans « la maison de Danny ». Pilon, un des meilleurs amis de Danny, a, pour sa part, brûlé la seconde maison, après s'être installé dedans, par fierté. Là commence une histoire d'amitié hors du commun. « Les amis de Danny » vont, dans une succession de chapitres, réagir à des injustices, poursuivre des causes vertueuses, venir en aide aux habitants de Tortilla Flat. Le combat pour la vertu, contre le vice, est mené et la maison devient bientôt l'antre d'une philanthropie bienveillante.

Mais l'entrain passé, la monotonie venue, Danny ne supporte plus sa vie de propriétaire. Il quitte la maison, reprend sa vie de paisano. Il accumule les délits, s'adonne à tous les vices, devient égoïste et malveillant. Il revient mélancolique, sans que rien ne puisse le faire changer. Ses amis lui préparent une fête dans sa maison, où tout Tortilla Flat se rend. À l'occasion de cette fête inoubliable, Danny chute dans un ravin, se blesse, puis meurt. Les amis, malheureux, se rassemblent quelques jours après sa mort dans la maison du défunt. Un des amis a apporté des cigares ; Pilon rallume son cigare, jette l'allumette, et met le feu involontairement à un journal. D'une implicite décision, les amis laissent le feu prendre. Ils regardent la maison brûler, comme la seconde au début du roman. Les amis partent dans chaque direction, sans qu'un seul ne marche à côté d'un autre.

Conte philosophique, fable amusante mettant en vedette des hippies des années 20!

Dans un village de la côte californienne, des amis partagent une maison, vivant de mendicité et de rapines, consommateurs de vin au gallon, toujours prêts pour l'amour ou la bataille.

Un ton humoristique, une écriture imagée et vivante dessinent des personnages marginaux un peu dans le ton de « Alexis Zorba », sous le thème de l'amitié, mais aussi bien de la justice, de la charité, de la religion ou de la mort.

Datant de 1935, mais sans trop de rides apparentes, une des premières oeuvres de Steinbeck, Nobel 1963, une lecture pleine du soleil de la Californie …

Assurément l'ancètre du Big Lebowski !

Bookcrossing: TORTILLA FLAT de John Steinbeck
Bookcrossing: TORTILLA FLAT de John Steinbeck
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Film a voir: J'ai Engagé Un Tueur de Aki Kaurismäki (1990)

Publié le 21 Février 2017 par bigwhy dans film, comédie, drame, finlande, UK, Bande annonce, bande originale

Film a voir: J'ai Engagé Un Tueur de  Aki Kaurismäki (1990)

Henri Boulange a décidé de mettre fin à ses jours. Devant les difficultés qui s'accumulent, grève des agents du gaz et ses maladresses personnelles, il décide d'engager un tueur.

Aki Kaurismäki tourne ce polar existentiel à Londres, loin de la Finlande. Mais le cinéaste n'oublie pas Hel­sinki, la ville qu'il connaît au millimètre près, et ses thèmes fétiches - le chôma­ge et la détresse des petites gens. Ainsi, en choisissant la banlieue londonienne, il donne à J'ai engagé un tueur les mêmes décors qu'à La Fille aux allumettes et, plus tard, qu'Au loin s'en vont les nuages : faubourgs cafardeux, intérieurs aux couleurs froides, cafés blafards où pointent seulement le rouge des bouteilles de ketchup et celui du rouge à lèvres de la marchande de fleurs qui change le destin du personnage principal (hommage à Chaplin ?). Son héros est follement kaurismäkien : Henri Boulanger, Français isolé à Londres, perd son emploi et ne voit plus de raison de vivre. Il engage un tueur pour en finir, change d'avis après avoir bu, fumé et aimé pour la première fois, et tente d'échapper à ce tueur lui-même mourant...

Du grand burlesque triste. A la fois hommage à nouvelle vague française (avec le choix de Jean-Pierre Léaud), aux comédies noires anglaises des studios Ealing et au cinéma muet (Léaud compose un personnage entre Buster Keaton dépressif et vampire dérisoire), ce polar laconique est un passionnant bouquet de références cinéphiles.

Avec aussi (et ça compte pour moi!) la BO signée Joe Strummer (qui fait une petite apparition!

Film a voir: J'ai Engagé Un Tueur de  Aki Kaurismäki (1990)
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Nanard: ROCK ACADEMY de Richard Linklater (2003)

Publié le 14 Février 2017 par bigwhy dans film, comédie, musique, rock, USA, Bande annonce, bande originale

Nanard: ROCK ACADEMY de  Richard Linklater (2003)

Revu hier avec mon fils de 5 ans (on n'est jamais assez jeune pour apprendre ce que c'est que la bonne musique!) ce nanard incontestable, mais quand même attachant.

A court d'argent, un rocker déchaîné et excentrique se retrouve à donner des cours aux enfants d'une école privée prestigieuse. Incapable d'enseigner, il va leur apprendre les seules choses qu'il sache faire: glander et vivre pour le rock.

L'acteur Jack Black est de tous les plans. Son interprétation effrénée parvient à faire oublier la prévisibilité d'une intrigue plus que paresseuse, et des enfants rarement au top. Il est de plus épaulé par une cerise sur le gâteau non moins savoureuse, une Joan Cusack parfaite en principale trop stricte aux entournures. Le métrage rappelle qu'avant d'être produite au kilomètre, la musique rock était la figure de proue d'un mouvement contestataire et alternatif. Croisement presque contre nature entre Un Flic à la maternelle et Sister Act, Rock Academy s'appuie sur la générosité de son esprit et l'extraordinaire bonhomie de son interprète principal. Véritable pile survoltée au 100 000 volts, Jack Black montre un talent multi facettes rare. Comique, musicien adroit, paré pour de fulgurantes improvisations, c'est un festival de tous les instants. C'est plus un one-man-show qu'un vrai film, mais il y a de quoi en ressortir le sourire aux lèvres avec l'irrésistible envie de dépoussiérer ses vieux vinyles de Led Zep tout en mimant la guitare.

Nota bene: l'excellente BO avec entre autre les Who, Led Zep les Ramones & Les Black Keys...

 

Nanard: ROCK ACADEMY de  Richard Linklater (2003)
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Film à voir: LE PRENOM de Alexandre De La Patellière et Matthieu Delaporte (2011)

Publié le 14 Janvier 2017 par bigwhy dans film, comédie, france, Bande annonce

Film à voir: LE PRENOM de Alexandre De La Patellière et Matthieu Delaporte (2011)

Une comédie Jubilatoire! Un véritable pugilat familial!

Vincent, la quarantaine, est heureux d'avoir un enfant pour la première fois. A l'approche de l'accouchement, il a choisi le prénom avec sa compagne Anna. Invité à dîner chez Elisabeth, sa soeur, et Pierre, son beau-frère, il y retrouve Claude, un ami d'enfance. En attendant l'arrivée d'Anna, toujours en retard, les convives l'interrogent sur sa paternité. Alors que tout le monde se réjouit, Vincent dévoile le prénom du bébé choisi pour son fils à naître. Sa famille et son ami Claude n'approuvent pas ce choix. Anna arrive en pleine confrontation et le repas tourne à la débâcle. La jeune femme commence à critiquer les prénoms des enfants d'Elisabeth et de Pierre...

Ah, le prénom des enfants ! Sujet très sensible... Matthieu Delaporte et Alexandre de La Patellière ont décidé d'adapter eux-mêmes leur propre pièce à succès, sans changer les acteurs, à l'exception de Charles Berling — qui remplace Jean-Michel Dupuis. Cela reste du « boulevard » malin. On est chez Pierre (Charles Berling), normalien, intello donneur de leçons, et Elisabeth (Valérie Benguigui, récompensée par un césar), sa femme. Le couple reçoit Vincent (Patrick Bruel), le frère d'Elisabeth, à la réussite insolente, bientôt papa ; son épouse, Anna (Judith El Zein), toujours en retard ; et Claude (Guillaume de Tonquédec, récompensé par un césar), un ami (faussement) gentillet.

On entre dans le vif du sujet lorsque Vincent provoque un séisme en lâchant le prénom de son futur enfant. La discussion s'envenime, rigolarde et vacharde. Les auteurs épinglent toutes sortes de préjugés et de conformismes (politiques, sociaux, sentimentaux...). Chacun en prend pour son grade et finit à un moment par révéler une personnalité insoupçonnée. Le Prénom reflète plutôt bien nos petitesses, nos vanités et nos frustrations, que l'on soit bobo ou bling-bling. 

Film à voir: LE PRENOM de Alexandre De La Patellière et Matthieu Delaporte (2011)
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Film à voir: STARBUCK de Ken Scott (2011)

Publié le 9 Janvier 2017 par bigwhy dans film, comédie, canada, Bande annonce

Film à voir: STARBUCK de Ken Scott (2011)

David Wozniak, éternel adolescent de 42 ans, apprend qu'il est le géniteur anonyme de 533 enfants, dont 142 souhaitent le retrouver. En effet, entre 1988 et 1990, David a, à de nombreuses reprises, donné son sperme sous le pseudonyme de Starbuck. Il a ainsi récolté, à l'époque, plus de 24 000 dollars. Il ne sent pas prêt à être leur père, mais leur ange-gardien. Les enfants, déterminés à connaître l'identité de Starbuck, médiatisent l'affaire et posent pour une photo qui fait la une de la presse. L'ensemble de ses amis ne parle plus que de cette histoire sans savoir que David est le géniteur. Sa compagne ne vit pas bien la situation...

Des rêveurs, des aquoibonistes, des gaffeurs professionnels, les comédies en sont pleines. Mais David a vraiment un truc en plus : cinq cent trente-trois enfants. Etonnant, non ? Pour lui aussi. Livreur-boucher québécois d'origine polonaise, c'est un garçon qui ne pense pas aux conséquences. Lorsque, il y a vingt ans, il arrondissait ses fins de mois en vendant son sperme (à l'époque, la chose était autorisée au Canada), il n'imaginait sûrement pas être un beau jour traqué par une armée de rejetons affamés d'amour...

En soi, l'idée est déjà irrésistible. Le vrai cadeau, c'est qu'elle tient sa promesse de fantaisie tout au long de ce conte familial comique et tendre. Derrière l'aimable — et énorme — loufoquerie, il y a, d'abord, le portait attachant d'un vieil ado immature au charme flottant. Le Québécois Patrick Huard l'interprète avec une douceur pelucheuse, façon nounours paumé. Le film ne le quitte quasiment pas d'une semelle : avec ses frangins et son papa bougon, avec sa compagne... enceinte, avec son pote, père de famille approximatif et avocat miteux. On accompagne, aussi, le lent apprivoisement du papa biologique par la vaste horde de fils et de filles. Quelques-uns — toxico, sportif, gothique, militant — se distinguent, mais la drôlerie, la force du film, est, surtout, de les montrer en tant que groupe, de les envisager comme une entité pataude et bienveillante, un seul et même interlocuteur... qui fait bien moins peur au héros de près que de loin. 

Attention! la version française: Fonzy (avec José Garcia) est a éviter absolument!!

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Film à voir: CARNAGE de Roman Polanski (2011)

Publié le 8 Janvier 2017 par bigwhy dans film, comédie, USA, france, Bande annonce

Film à voir: CARNAGE de Roman Polanski (2011)

Deux enfants d'une dizaine d'années se bagarrent pour une broutille. Pour tenter d'apaiser la situation, leurs parents respectifs décident de se rencontrer. Autour d'une tasse de café, ils évoquent la cause de la dispute et la meilleure façon de l'apaiser. Contre toute attente, le ton monte peu à peu entre les quatre adultes. A l'instar de leurs rejetons, ils finissent par se prendre sérieusement en grippe. Le carnage, qu'ils ont tenté d'éviter entre leurs enfants, menace bientôt leur réunion policée, au cours de laquelle sont violemment remis en question le couple, la famille et la société tout entière..

Bien que tourné à Paris et adapté d’une pièce de Yasmina Reza, le huis clos de Polanski effectue bel et bien une percée dans la bonne conscience libérale américaine. Cette espèce de film-vengeance de la part d’un Polanski banni pour les raisons que l’on connaît outre-Atlantique n’en reste pas moins une jouissive saillie contre l’intelligentsia bien pensante portée par un quatuor d’acteurs irréprochables.

Au commencement était l’espace. Huis clos dans un appartement de Brooklyn, Carnage joue donc sur la réduction de l’espace cinématographique en quatre lieux : l’entrée, lieu de l’attente et des passages, le salon, lieu du conflit, la cuisine, lieu de défoulement, et la salle de bain, seul territoire neutre. La difficulté de l’exercice réside toujours dans le contournement, ou non, de l’exiguïté à l’écran, dans l’utilisation, ou non, des variations multiples qu’offre un seul et même décor. Et Polanski ira jusqu’au climax de celles-ci. La peur de la répétition ou celle de l’immobilisme théâtral ne l’a visiblement pas complexé : il utilise durant une heure et vingt minutes sa caméra comme une serpent mouvant, insidieux, traquant la moindre expression, le moindre détail physique et matériel. Passant de plans totalement claustrophobes aux tableaux animés plus posés et analytiques, le film frappe par sa diversité visuelle, d’autant que la machine -on pouvait le craindre, ne tourne jamais au système vide, et n’est pas sans rappeler les caciques du réalisateur telles que le cloisonnement, l’inquiétude, l’ambivalence ou l’étrangeté.

S’il joue des possibles spatiaux, Polanski s’amuse également des allongements temporels que procure la rencontre des deux couples qui peuplent le huis clos. Le premier, les Longstreet (John C. Reilly/Michael et Jodie Foster/Penelope), maîtres temporaires de leur espace, reçoivent pour quelques minutes les Cowen (Kate Winslet/Nancy et Christoph Waltz/Alan). Le drame du jour est simple : le rejeton Cowen a fait perdre, lors d’une baston de cour d’école, deux incisives au rejeton Longstreet. En l’absence des enfants, ce sont les parents qui règlent leur compte, et Polanski les siens avec les valeurs de la haute classe moyenne américaine. Partant d’une forme assez vaudevillesque dans le recul constant du départ des Cowen notamment, le réalisateur se lance peu à peu dans l’explosion des caractères sociaux que chacun porte aux nues : passionnée par les Dogons et faussement affectée par le conflit au Darfour, Penelope étiole rapidement son vernis culturel de bourgeoise nostalgique d’un exotisme dix-neuvièmiste pour tomber dans la défense de son fils, faisant alors appel au besoin de pacifier la communauté. Mais, et là est aussi la force du film, chaque personnage ne s’exprime pas seulement en tant que parent, mais aussi en tant que femme, faussement polie et rangée, ou qu’homme, faussement dominateur.

Mais au milieu de cette dialectique des bouleversements de tons et de pouvoirs transparaît parfois une ombre de folie, de perversité ou de dépression qui rend les personnages plus complexes, les extrait du banal portrait social, les humanise, sans les absoudre. En cela, le film doit beaucoup à ses interprètes, qui ne reculent devant aucun sacrifice voire aucune humiliation : l’anguleuse Jodie Foster s’oppose notamment à la ronde Kate Winslet qui sera la première à vomir, dans tous les sens du terme, le petit jeu de politesse imposé par le système de valeurs normatives des Longstreet. Le décor physique du drame est méticuleux : par petites touches, la violence surgit d’un bruit de mâchoire ou d’un détail à l’arrière-plan tandis qu’au premier, les postures, les visages et les obsessions des uns et des autres fleurissent : rigides de prime abord, les corps prennent vie peu à peu, et, ne sachant pas se maîtriser, deviennent hystériques, avant le repos des guerriers. Par le prisme introductif de la question éducative, Polanski démonte avec habileté les donneurs de leçons, tout en conservant une tension très ténue et fort jouissive et en montrant qu’un grand écran n’a pas nécessairement besoin de grands espaces, pourvu que ceux-ci soient intelligemment scrutés.

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Film Culte: C'EST ARRIVE PRES DE CHEZ VOUS de Rémy Belvaux & André Bonzel (1992)

Publié le 15 Novembre 2016 par bigwhy dans film, polar, comédie, trash, humour, belgique, film complet

Film Culte: C'EST ARRIVE PRES DE CHEZ VOUS de Rémy Belvaux & André Bonzel (1992)

Si il devait n'en rester qu'un seul, pour moi, c'est celui la, je l'ai tellement vu, que je connaissait quasiment les répliques par coeur. Définitivement LE film Culte!

« Le Citizen Kane belge. » Le compliment pourrait sembler abusif mais il n'est pas loin de la vérité, tant le culte autour du film de Rémy Belvaux, André Bonzel et Benoît Poelvoorde fait toujours rage. Plus de vingt ans après son accueil triomphal au festival de Cannes 1992, ce faux documentaire sur un serial killer belge et méchant surprend encore par la puissance dévastatrice de son cynisme. Et encore plus par la prescience de son discours sur le « devenir poubelle » de la télévision.  Filmé en noir et blanc, en 16 mm, dans les rues de Namur, par trois étudiants en cinéma qui apparaissent à l'image, C'est arrivé près de chez vous tire son titre de la rubrique des chiens écrasés du quotidien belge Le Soir. Le fait divers fait vendre ? Eh bien, prenez ça dans les dents : à l'écran, trente-trois meurtres au hasard, dont un facteur, des vieux et un enfant, un viol immonde, une leçon de lestage de cadavres et une tournée de « petit Grégory » (une olive ligotée à un sucre dans un verre de gin-tonic) pour tasser.

 A Cannes, tout le monde ne parle que du brûlot des trois jeunes Belges aux cheveux hirsutes. « Ce fut le plus gros décollage que j'ai connu, explique Jean Roy. Une adhésion immédiate. Il y avait bien des Tartuffes pour crier que les limites du bon goût avaient été franchies, mais c'était marginal. Avec sa faconde et son charme, Poelvoorde mettait les journalistes dans sa poche. Il est même reparti avec ma secrétaire, Coralie, qu'il a épousée par la suite. » Le film rafle le prix SACD, le prix de la critique internationale et le prix spécial de la jeunesse. A Cannes, le trio, qui n'a dessoûlé qu'en rentrant à Namur, signe un contrat avec un vendeur margoulin. Ce qui n'empêchera pas le film d'être un succès historique en Belgique et dans la plupart des vingt-sept pays où ses auteurs l'ont présenté. « C'est le seul film que je connaisse où tout le monde a bossé gratuitement et continue de toucher un pourcentage », ironise Poelvoorde.

Comment faire un film sans argent et en un temps record ? En imitant les reportages de l'émission Strip Tease,qui faisait fureur à l'époque sur la RTBF. L'idée étant de dénoncer le voyeurisme de cette télé de la fin des années 80 et la course à l'audimat avec ses sordides reality shows. Mais, au lieu de choisir un péquenot ou un fan de tuning comme dans Strip Tease, Rémy a le génie de documenter la vie quotidienne d'un tueur en série cabotin et porté sur le houblon.

(film complet)

Film Culte: C'EST ARRIVE PRES DE CHEZ VOUS de Rémy Belvaux & André Bonzel (1992)
Film Culte: C'EST ARRIVE PRES DE CHEZ VOUS de Rémy Belvaux & André Bonzel (1992)
Film Culte: C'EST ARRIVE PRES DE CHEZ VOUS de Rémy Belvaux & André Bonzel (1992)
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