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Bigwhy? Finest?

Fanzine Enthousiaste & Curieux

Salomé (6)

Publié le 31 Juillet 2017 par bigwhy dans art, salomé, erotisme, femme fatale, histoire, internet

(Barry Moser)

(Barry Moser)

La femme orientale continue de séduire, d’attirer le désir masculin, mais désormais, elle fait peur. La Salomé de la fin du XIXe siècle incarne la « femme naturelle, c’est-à-dire abominable » qu’évoque Baudelaire dans Les Fleurs du Mal. Elle va concentrer toutes les angoisses des créateurs de cette période, hantés par la maladie, la folie ou la mort, qu’ils associent volontiers au sexe dit « faible », reprenant à leur compte le discours médical contemporain sur les causes de la syphilis et de l’hystérie. Dès lors, chacun des artistes de cette fin de siècle interprète le récit biblique à sa guise et selon ses fantasmes, qu’il s'agisse de l’angoisse de la castration et de la peur des femmes ou de leurs corollaires pervers comme le sado-masochisme, la nécrophilie, le fétichisme, l’érotomanie ou l’homosexualité.

(Barry Moser)
(Barry Moser)

(Barry Moser)

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AU FER ROUGE/ Marin Ledun

Publié le 31 Juillet 2017 par bigwhy dans polar, france, bookcrossing

AU FER ROUGE/ Marin Ledun

Avec L’homme qui a vu l’homme, Marin Ledun nous offrait l’an dernier un des tous meilleurs romans noirs de 2014 (et des années précédentes, d’ailleurs). Mais si l’enquête d’Iban Urtiz sur la disparition du militant basque Jokin Sasko avait pris fin, nombre de ses protagonistes n’ont pas disparus. C’est quatre ans après les faits décrits dans L’homme qui a vu l’homme que débute Au fer rouge avec de nouveau une disparition ; celle de Domingo Augusti, maillon d’un trafic de drogue entre l’Espagne et la France. Une disparition bien brève cependant, puisqu’Augusti refait littéralement surface enfermé dans une valise sur une plage des Landes après un périple sous-marin dans le golfe de Gascogne. Voilà un cadavre encombrant pour ceux qui pensaient s’en être débarrassé définitivement, une équipe de policiers français corrompus et de nervis de l’antiterrorisme espagnol dirigés par Javier Cruz.

Marin Ledun se place d’emblée avec une des citations qui ouvrent le roman dans la trace de Don Winslow. Et s’il cite une phrase de Savages[1], c’est incontestablement vers La griffe du chien qu’il louche dans son désir de démonter complètement les mécanismes de la corruption et de la compromission qui sont à l’œuvre sur les terres où se sont affrontés ettaras et services plus ou moins officiels de police et ou l’ébauche d’un processus de paix pourrait pousser certains des acteurs du conflit à se reconvertir dans de nouveaux secteurs d’activités.

Ainsi, comme chez Winslow, l’on va suivre une galerie de personnages représentant chacun une facette du phénomène à l’œuvre, du problème ou, allez savoir car l’optimisme n’est pas forcément de mise ici, de la solution. Il y d’abord l’équipe chargée de l’enquête sur le meurtre d’Augusti. Une équipe montée de façon a ne pas risquer de résoudre l’affaire : Simon Garnier, impliqué dans le meurtre et qui n’a donc aucun intérêt a trouver les coupables, Axel Meyer, chef du groupe dépêché par son supérieur pour ne surtout pas orienter l’enquête du côté des barbouzes engagés dans la lutte contre ETA et, surtout, Emma Lefebvre, jeune policière hantée par l’attentat du 11 mars 2004 à Madrid dans lequel elle a été blessée et entièrement tournée, de manière obsessionnelle, vers la lutte contre le terrorisme basque quand bien même Al Qaïda a revendiqué l’attentat dont elle a été victime. Il y a ensuite les barbouzes espagnols qui ne peuvent plus combattre les ettaras et cherchent un moyen de se reconvertir. Trafic de drogue, opérations immobilières juteuses et corruptions de notables locaux du côté de Bayonne sont au programme de Javier Cruz et de son bras droit Aarón Sánchez, redoutables tueurs évoluant aux limites de la folie. Et puis il y a tous ceux qui se trouvent indirectement touchés, militants écologistes, enfants réclamant justice pour leurs pères, escort girl frayant au milieu de ce marigot…

Au fer rouge est donc incontestablement un roman ambitieux, tout comme l’était L’homme qui a vu l’homme. Peut-être même l’est-il encore plus, puisqu’il ne s’agit pas de démonter la mécanique d’un fait particulier comme la disparition d’un militant basque, quand bien même cela ouvrait sur une perspective bien plus large, mais de mettre en lumière la complexité des alliances nouées à la fois du côté de l’antiterrorisme français et espagnol, ces derniers et une pègre internationale ainsi que les notabilités locales tirant profit des événements. Par ailleurs, Marin Ledun s’attache à chercher les ressorts intimes, pas toujours logiques, qui dictent la conduite de ses personnages et plus particulièrement celui d’Emma Lefebvre qui est le véritable point central du roman.

Cette ambition alliée à un sens aigu de la dramaturgie fait d’Au fer rouge un livre extrêmement prenant et intéressant qui a sans doute aussi à certains moments les défauts de ses qualités. L’intrigue très touffue et la volonté de traiter des problématiques qui, pour être liées, n’en sont pas moins très diverses – trafic de stupéfiant, lutte antiterroriste, immobilier, pollution, luttes identitaires, traumatismes collectifs et personnels – oblige parfois l’auteur a des raccourcis ou a faire coller un peu artificiellement certains éléments, au risque de l’invraisemblance, pour les besoins de son intrigue et du rythme de celle-ci.

S’il n’atteint donc pas l’extrême justesse de L’homme qui a vu l’homme – et peut-on vraiment le lui reprocher tant la barre était haute ? – ce deuxième volet de l’œuvre basque de Marin Ledun vaut toutefois que l’on s’y attarde et s’extrait sans problème de la masse des romans noirs tant par son ambition que par sa peinture de personnages d’une belle complexité.

AU FER ROUGE/ Marin Ledun
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Salomé (5)

Publié le 30 Juillet 2017 par bigwhy dans art, salomé, erotisme, femme fatale, histoire

(Emma Dessau-Goitein 1910)

(Emma Dessau-Goitein 1910)

Comment expliquer le succès de ce « mythe fin-de-siècle » ? La première des explications possibles est liée au goût du XIXe siècle pour l’exotisme, et plus particulièrement pour l’orientalisme. La femme orientale continue de séduire, d’attirer le désir masculin, mais désormais, elle fait peur. La Salomé de la fin du XIXe siècle incarne la « femme naturelle, c’est-à-dire abominable » qu’évoque Baudelaire dans Les Fleurs du Mal. Elle va concentrer toutes les angoisses des créateurs de cette période, hantés par la maladie, la folie ou la mort, qu’ils associent volontiers au sexe dit « faible », reprenant à leur compte le discours médical contemporain sur les causes de la syphilis et de l’hystérie.

(Emma Dessau-Goitein 1910)

(Emma Dessau-Goitein 1910)

Robert Anning Bell (1863–1933)

Robert Anning Bell (1863–1933)

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LE FEU DE DIEU/ Pierre Bordage

Publié le 30 Juillet 2017 par bigwhy dans science fiction, france, bookcrossing

LE FEU DE DIEU/ Pierre Bordage

Pierre Bordage est un auteur prolifique, qui écrit aussi bien des space opera (Les Guerriers du silence, Wang, Les Derniers hommes...) que des récits d'anticipation (L'Évangile du serpent et ses suites) ou historiques mâtinés de fantastique (L'Enjomineur, Les Fables de l'Humpur...). Figure majeure de l'imaginaire français, la sortie de chacun de ses romans est un événement. Le Feu de Dieu paraît Au Diable Vauvert, ce qui le place naturellement dans la catégorie des romans où Bordage décrit un de nos possibles avenirs, sombre évidemment...

D'un coup, sans prévenir, la Terre devient folle. Son champ magnétique s'affole, ses plaques tectoniques se fracturent. Alors que des volcans s'éveillent un peu partout et que l'atmosphère se charge en particules qui viennent masquer la lumière du soleil, les hommes meurent. Les survivants de ce cataclysme devront encore affronter pendant des années le manque de lumière, le froid qui s'installe et le manque d'énergie et de nourriture. Seuls ceux qui comme Franx se sont préparés ont de réelles chances de survivre. Il a fait aménager, avec sa communauté, le Feu de Dieu. Mais il est en voyage à Paris quand la catastrophe survient. Il devra rejoindre à pied, dans le noir et dans le froid, le Périgord où sa femme, sa fille et son fils se trouvent à l'abri dans le Feu de Dieu. Vraiment à l'abri ? Non, car toutes les familles de la communauté ont quitté la maison transformée en bunker au fur et à mesure que leurs membres perdaient confiance dans les prédictions de Franx. Seul Jim est resté, ce parasite qui, en l'absence de Franx va régner en tyran sur la maison...

Le Feu de Dieu est un roman qui est purement « bordagien ». Il se caractérise donc par une grande part d'aventure, un peu de mysticisme, du fantastique et une tentative de l'auteur de prévenir le lecteur que l'humanité est sur la mauvaise pente, proche de l'extinction. C'est Au Diable Vauvert que paraît le dernier roman de Bordage. C'est l'éditeur chez lequel l'auteur fait publier ses récits d'anticipation. Comme dans La Trilogie des prophéties, déjà parue chez la maison au diablotin, Bordage nous projette dans un avenir très proche. C'est évidemment un futur peu reluisant, où l'homme devra affronter un environnement devenu hostile, ainsi que ses démons intérieurs, pour renaître et reconstruire un monde meilleur. Le Feu de Dieu contient tous les thèmes chers à l'auteur et ceux qui connaissent bien son œuvre retrouveront nombre d'éléments qui apparaissent déjà dans d'autres de ses romans. Ainsi, le fantastique est présent, même s'il n'est pas flagrant. C'est des enfants qu'il émane, comme dans Les Chemins de Damas. Ils représentent la nouvelle génération plus évoluée, plus adaptée aux temps futurs que celle de leurs aînés, race arriérée, qui a détruit sa planète et en subit de plein fouet les conséquences. Les personnages principaux de Bordage sont traditionnellement athées. Ils rejettent souvent Dieu, Allah, Bouddha et tous les panthéons hindous... mais pas l'idée qu'il y ait une puissance supérieure pour guider les êtres vivants. Il y a quelques passages dans Le Feu de Dieu qui expriment l'idée que croire en un dieu est avant tout une démarche personnelle, que la divinité est en l'homme autant que dans ce qui l'entoure, qu'il faut aller au fond de soi-même pour trouver paix, sérénité et les solutions aux problèmes que la vie nous fait rencontrer. Du Bordage typique. Enfin, il y a l'aspect écologique. L'origine du cataclysme qui ravage la Terre n'est pas expliquée, mais les personnages sous-entendent que l'homme pourrait être le coupable par son manque de respect envers sa planète. Un peu comme dans Les Derniers hommes, Bordage projette l'humanité dans la misère qu'elle a elle-même produite. Mais si ce sont les plus forts qui survivront le plus facilement aux nouvelles conditions de vie, ceux qui font preuve de sagesse, de compassion et de générosité auront leurs chances. Toujours est-il que Bordage interpelle le lecteur, lui montrant qu'il faut respecter la Nature si on ne veut pas qu'elle se venge.

La construction du récit est également classique pour un roman de Bordage. On suit en effet en alternance deux groupes de personnages. D'un côté, Franx, qui effectue un voyage périlleux pendant lequel il fera des rencontres tantôt heureuses, tantôt dangereuses. On a là un récit d'aventures qui n'est pas dénué d'action mais qui se révèle un peu trop linéaire pour vraiment enthousiasmer le lecteur. De l'autre côté, il y a le Feu de Dieu. Alice, la femme de Franx, et ses enfants, Zoé et Théo, tentent d'y survivre, accompagnés de Jim, un homme égoïste, tyrannique, violent. Le Feu de Dieu trouve une grande part de son intérêt dans le récit de ce qui se passe entre Alice et ses enfants et Jim. Le suspense, la tension sont omniprésents et on se demande à chaque page quand les choses vont dégénérer et une catastrophe survenir dans la maison. La catastrophe qui est le point de départ du roman est trop naturelle, trop peu expliquée pour vraiment toucher le lecteur. On n'a pas la certitude que l'humanité est responsable du cataclysme et l'auteur ne nous alerte donc pas suffisamment clairement du danger que représente notre manque de respect envers Mère Nature. Toutefois, il est intéressant de voir comment l'auteur imagine la survie des quelques personnes qui ont échappé aux premières manifestations de la catastrophe. Bordage explore différentes stratégies de survie et évoque très justement le gaspillage d'énergie que nous faisons. C'est assez instructif. De plus, la catastrophe initiale, ainsi que la destruction de Paris et le délabrement de la France qui s'en suit, n'est pas sans rappeler celle d'un grand classique de la science-fiction française. C'est évidemment à Ravage de René Barjavel que les lecteurs du Feu de Dieu penseront automatiquement en découvrant les premières pages du dernier Bordage et la destruction de Paris. Comme dans le célèbre roman des années quarante, l'homme ne peut plus se reposer sur la technologie. Pour survivre, se sont ses compétences, ses capacités, sa volonté, qui seront ses seuls chances. La campagne n'y est pas la proie d'un gigantesque incendie, et de la fiolie barbare des hommes mais de nuées de neige mêlées de cendres, ce qui n'empêche pas le héros d'effectuer un long voyage éprouvant à l'image de celui de François Deschamps, vers une région reculée de province. Rassurons-nous toutefois, le contexte est différent aujourd'hui, l'auteur vendéen ne risque pas de faire polémique comme peut l'avoir fait le roman de Barjavel.

Stéphane Gourjault

LE FEU DE DIEU/ Pierre Bordage
LE FEU DE DIEU/ Pierre Bordage
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Yes Mistress (13)

Publié le 29 Juillet 2017 par bigwhy dans erotisme, fetish, mistress, pin up

(Dresseuse 2005)

(Dresseuse 2005)

Comme on est jamais mieux servi que par soi même, je vous présente, 2 oeuvres personnelles datant de 2005 ( avis & critiques sont les bienvenues...)

J’ai accepté, moi déesse dominatrice, à la demande de l’un de mes esclaves d’écrire ici – je ne dirais pas ce qu’il a fait pour que j’y consente.

Toi qui lis ces lignes, si tu vas plus loin, prosterne toi, déshabille toi : ma majesté, déesse dominatrice, s’écoute nu.

Aussi, l’un de mes grands plaisirs est de dompter les plus rebelles d’entre vous, et de te rendre docile, timide, serviable.

Un instant avant il toisait ma beauté, un instant après tu es nu à mes pieds. Tu es perdu, tu ne sais plus qui tu es : je suis ta déesse.

A mon commandement, il me porte un verre d’eau. A mon commandement il marche comme un chien.

Il sait où est sa place ; pourtant il ne sait jamais où se mettre. J’aime le regarder quand je lui donne un ordre : pour lui, c’est à la fois une récompense et une torsion.

Ma beauté l’ordonne : il voudrait m’embrasser, il doit reculer ; sur son visage se peint un mignon mélange d’admiration et et de frustration.

Mes soumis sont toujours bien faits de leur personne et longuement sevrés : je m’en délecte mieux.

Aussi, toi qui lis ces lignes, si mes mots t’inspirent, ne te masturbes pas : je l’interdis.

Parfois il m’embrasse la main.

Parfois je lui concède un pied : il le masse et le vénère.

Parfois je m’en sers de meuble : il forme un tabouret agréable.

Je n’aime pas parler d’humiliation : je préfère dire que je mets les choses à leur place ; ce qui ne mérite pas d’avoir d’orgueil ne pourrait être rabaissé.

Mais direz vous, pourquoi demeurer dans la compagnie d’êtres si inférieurs ?

D’un, répondrais-je, vous n’êtes pas ma seule compagnie.

Et, certes, je reconnais mon faible. Ton infériorité me fait respirer ma supériorité. Je lis ma grandeur dans tes gémissements.

Je domine souvent nue ; alors mon corps brille. De ma blancheur éclate ma majesté sublime. Aucun homme ne résiste à l’autorité de ma stature. Ils sont comme de fragiles bâtonnets qu’un geste rompt à ma guise.

Rajoutons que vous êtes la rançon de la divinité. Il faut permettre au bas de respecter le haut. Aussi, je ne punis pas les litanies, les prières, les vénérations que l’on m’adresse: elles sont souvent maladroites, inutiles, mais je les écoute avec sincérité.

Puis – rougirais-je de le dire – je reconnais mon tort : j’ai d’impérieux désirs. Alors tu es pour moi un jouet, une chose, un ustensile de mes plaisirs.

Parfois je pose mon sexe velouté sur ta bouche. Tu t’en étouffes mais je trouve cela délicieux.

Parfois, je te chevauche. Je ne peux te retenir de jouir et je jouis avec toi. Pourtant, tu ne me verras jamais jouir : ce spectacle ne te convient pas. Lors, tu auras les yeux bandés, les mains attachés, les pieds liés.

Car de lui je connais tout et le néglige ; de moi il ne connait que la face courroucée et me vénère.

Aussi, désormais, toi qui lis ces lignes, rends toi compte du fossé qui nous sépare et bénis ta dame, si jamais l’une de nous daigne à te parler.

 

(Who is the ruler? 2005)

(Who is the ruler? 2005)

Yes Mistress (13)
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Salomé (4)

Publié le 29 Juillet 2017 par bigwhy dans art, salomé, erotisme, femme fatale, histoire, internet

(Gustave Moreau 1890/1898)

(Gustave Moreau 1890/1898)

Le charme fatal de la princesse juive inspire aussi bien les écrivains que les musiciens et les peintres. Gustave Flaubert s’engouffre dans ce mythe en 1877 avec le troisième de ses contes : Hérodias. En 1881, Massenet s’inspire de ce récit pour écrire son opéra Hérodiade. Dans les Salons parisiens, le thème de Salomé devient académique puisque chaque année il se trouve exploré dans cinq ou six tableaux. Les toiles les plus célèbres sont celle de Regnault qui au Salon de 1870 fut à l’origine d’un véritable scandale, mais surtout celles de Gustave Moreau, dont la fameuse Apparition (1876) fascinera Huysmans. Oscar Wilde en fait l’héroïne de la pièce de théâtre qu’il compose en français en 1893. Quant à Jules Laforgue, il invente dans ses Moralités légendaires (1886) un petit récit parodique qui se moque de l’image idéale construite par ses contemporains symbolistes et décadents.

En lien, la bio de Gustave Moreau & le site de son musée à Paris.

(Gustave Moreau 1890/1898)
(Gustave Moreau 1890/1898)
(Gustave Moreau 1890/1898)
(Gustave Moreau 1890/1898)
(Gustave Moreau 1890/1898)

(Gustave Moreau 1890/1898)

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Yes Mistress (12)

Publié le 28 Juillet 2017 par bigwhy dans erotisme, pin up, fetish, mistress

Yes Mistress (12)

Il y eu cette femme, proche et lointaine, restée longtemps

inconnue, intouchable et intouchée. Une femme.

Femme brique qui trouva la clef pour ouvrir son Être.

Femme vivante, vibrante de sa nouvelle vie.

Femme aventure qui veut découvrir de nouveaux territoires.

Femme livre qui offre ses mots de rencontres.

Femme sucre qui appelle l’homme jusque-là lointain.

Femme tornade qui lui offre ses chairs tendres.

Femme sirêne qui veut un sexe dans son ventre,

les doigts en elle, presser le palais sensible.

Femme neige qui veut revivre le vécu qui est déjà loin, ce pénis qu’elle a englouti avec gourmandise,

la semence onctueuse qu’elle a laissé couler dans sa gorge, ce baiser humide qu’elle a partagé.

Femme trouble qui veut vivre le désir, mais pas mêler les langues.

Femme poison qui s’insinue, pollue et casse.

Femme feuille qui se prend pour un arbre.

Femme lion qui sait écouter comme imposer ses mots.

Femme juge qui sait offrir comme prendre la joie.

Femme louve tantôt patiente, tantôt prédatrice.

Femme blanche à l’épiderme de lait, aux courbes fines, au creux poilu

cerclant son nid de délicatesse, suintant de son nectar clair et tiède.

Femme fluide dont le sang est un fleuve de plaisir, rougissant les doigts tout au long de la nuit.

Femme panthère qui gémit le prénom de l’homme, à la lumière des bougies,

sa voix sussurrée dans l’air, son visage caché dans sa crinière.

Femme fontaine qui s’offre, qui s’ouvre, qui veut que l’homme l’envahisse et la remplisse,

qui exhibe son sexe mouillé, qui jouit de chaque inspiration de cette intimité.

Femme dominante qui enfourche, qui se laisse glisser, qui se laisse entrer, qui valse son bassin,

chaque parcelle de chair qui se frotte rayonne son extase,

la dureté de l’un écartant la douceur de l’autre.

Femme langueur offerte à l’homme la prenant entre ses fesses rondes,

son souffle dans son cou, sa main sur sa fine poitrine.

Femme fièvre à genoux, l’homme qui l’effleure d’un coup de langue, en extase devant sa beauté,

sa longueur glissant entre ses lèvres, entre les poils, s’enrobant du fluide envoûtant.

Qu’y a-t-il de plus beau que le sexe d’une femme?

Femme braise qui veut entendre l’homme crier son plaisir, sentir des mains sur ses hanches fines,

lui dire des mots de miel qui se conjugent à la chair.

Femme hyène qui veut prendre comme être prise.

Femme enfant qui veut pleurer sur une épaule, comme elle a pleuré avec l’ancien amant.

Femme forêt qui demande à l’homme s’il lui fera l’amour dans la nature.

Femme plume qui lance les mots dans le vent et les laisse disparaître.

Femme ombre qui se dérobe de la lumière crue.

Femme mère qui compatit la future détresse de l’homme.

Femme pélerin qui s’en va sans un regret, sans un retour.

Une nuit d’amour est un diamant que l’on crée rien que pour soi.

Diamant qui devient boulet de plomb quand on s’y attache.

Femme souffle qui se tait, qui évite, qui frôle,

qui touche mais sans toucher.

Femme magnétique qui rejoint l’ancien amant,

qui suit l’appel du suivant.

Femme gouffre qui veut l’homme lumineux qui passe,

qui le prend et le laisse d’un seul geste,

avec chaque fois son flot de plaisir.

Femme alchimiste qui teste les hommes

comme dans un laboratoire de la Vie.

Femme roc qui étouffe avec sa confiance de marbre.

Femme montagne qui crache ses torrents de rochers.

Femme argile dont le masque d’assurance camoufle la fillette abandonnée.

Femme ange et démon qui fait rîmer pierre avec lumière.

Femme nuage qui porte une âme floue comme un lavis d’aquarelle.

Femme aigle que l’on suit ou que l’on regarde s’éloigner.

Femme homme, femme volontaire qui dit et fuit la lumière.

Femme loi qui dicte ses règles, force sa volonté, dresse la vérité de son côté.

Femme pouvoir libre de tout, libre de l’homme, libre de la vérité, libre de la Vie.

Femme dieu qui prend la place de l’Univers.

Femme sorcière qui maintient son emprise sur l’homme d’hier.

Femme fière, femme colère qui projette sa rancune quand elle n’obtient pas ce qu’elle veut.

Femme vampire qui veut aspirer les pensées sensuelles, qui aime sentir l’appel silencieux

de l’homme qui se masturbe pour elle, qui jouit dans un rêve,

plaisir morbide de l’attachement au passé qui n’est plus.

Femme présent qui ne reviendra pas vers l’homme aveuglé par l’amour de l’enveloppe

qu’elle a endossé le temps de trois nuits.

Les grandes souffrances dévoilent-elles ce qui est précieux dans cette vie?

Comment quelques instants de vie deviennent-ils une immensité de mélancolie?

Il y eu cet homme, proche et distant, compris et incompris. Un homme silencieux.

Un homme qui ne savait pas qu’une femme pouvait être vénéneuse.

Homme qui lu ses mots, qui senti sa présence, qui partagea son vécu.

Homme qui découvrit la femme sous le jour nouveau de sa nouvelle vie.

Homme qui rêva de nouveaux rêves.

Homme qui frémissa des frissons du désir à venir.

Homme qui doit se faire solide pour lui faire face, être à la hauteur de sa force.

Homme qui ignora son corps qui avant le premier baiser, avant la première caresse,

lui hurla de s’arrêter, de quitter ces draps de promesses, de lui dire non.

Homme qui voulait par dessus tout vivre cette passion qui l’attire et l’effraie,

avec cette femme blanche qui voulait par dessus tout assouvir ses sens à chaque instant,

avec chaque possibilité qui lui était offerte.

Homme qui ne vit que la chimère qui l’avait conduit dans ce lit.

Homme qui offrit sa patience, son absence et sa présence.

Comment peut-on avoir des gestes qui ne trouvent racine nulle-part en soi?

Comment peut-on ignorer cette Vérité quand elle est si évidente?

Homme qui toucha, lècha, pénétra, remplissa pour atteindre ce rêve inaccessible.

Homme qui voulu vivre avec elle les mots partagés,

les instants vécus avec un autre, voulu s’accaparer le passé révolu.

Homme imposteur qui voulu prendre une place qui ne fut jamais la sienne.

Homme qui rêva d’être l’amant éternel.

Vouloir vivre le passé est comme vouloir mourir. La Vie avance et jamais ne recule.

Homme qui déjà fut aveuglé par l’amour d’une enveloppe de chair,

du rôle de cette amante qu’il a connu le temps de trois nuits.

Homme qui la vit s’éloigner, rejoindre l’ancien amant pour le quitter et lui revenir encore,

enfermée et tiraillée qu’elle était entre liberté et besoin de jouir encore.

Homme qui espéra mille ans, attendit mille jours, imagina les mille plaisirs des mille nuits

de mille douceurs partagées avec celle qui ne prît qu’une seconde pour dire adieu.

Homme qui s’accroche, qui se perd, qui se voile, un an de peine, d’angoisses, de pleurs,

pour trois nuits d’intimité avec la déesse d’un rêve à peine effleuré.

Le prix est cher, trop cher. Le prix de l’ignorance, le prix du regard détourné.

La Vérité doit être ce qui est de plus précieux pour causer tant de peine quand on s’en détourne.

Homme qui lui dit non, qui ne veut plus souffrir.

Homme qui jeta les images, les textes, les souvenirs.

Homme qui laissa partir doucement les pensées, les envies, les regrets.

Homme qui doit se faire fort pour être libre, enfin.

Homme qui sait qu’il ne doit pas tourner le dos à la Vérité.

Edward Hitten

 

Yes Mistress (12)
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Salomé (3)

Publié le 28 Juillet 2017 par bigwhy dans art, salomé, erotisme, femme fatale, histoire, internet

(Aubrey Beardsley 1894)

(Aubrey Beardsley 1894)

Les auteurs romantiques enrichiront le mythe, au XIXème siècle, de l'amour de Salomé pour Jean-Baptiste et du scandaleux baiser à la tête coupée. Oscar Wilde inventera ensuite l'expression de la Danse des sept voiles.

L'illustration jointe fait partie des gravures de Aubrey Beardsley de l'édition originale du Salomé d'Oscar Wilde.

(Aubrey Beardsley 1894)
(Aubrey Beardsley 1894)

(Aubrey Beardsley 1894)

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Yes Mistress (11)

Publié le 27 Juillet 2017 par bigwhy dans erotisme, pin up, fetish, femme fatale, mistress

Yes Mistress (11)

Aujourd'hui, le thème est illustré par les photos très classes de celle que je trouve la plus belle & hautaine: Cassandra Casal.

Jusqu'au xixe siècle, rares sont les femmes dominatrices dans la littérature, mais peu à peu, avec la libération des mœurs et l'émancipation de la femme, surtout dans des milieux privilégiés, apparaissent des figures de dominatrices. Rachilde exprime ses envies de domination dans Monsieur Vénus, roman matérialiste (1884), à travers un mélange des genres inédit, selon lequel la vénéneuse Raoule de Vénérande se veut homme et fait de l'homme qu'elle aime une femme. Sacher Masoch passe des petites annonces dans les journaux pour rencontrer une femme qu'il pourrait transformer en dominatrice et peuple ses écrits d'héroïnes cruelles. Dans La Vénus à la fourrure (1870), Séverin caresse l'idéal romanesque de l'appartenance totale. L'inversion des rôles attribue le pouvoir à la femme, investie dès lors d'une vertu fascinatrice.

Dans Cérémonies de femmes (1985), Jeanne de Berg, pseudonyme de Catherine Robbe-Grillet, réserve aux dominants l'art de la mise en scène. La dominatrice fonctionne souvent par osmose ou par empathie ; elle devient instrumentalisée le jour où son engouement à jouer la même partition s'émousse, comme le raconte Wanda dans Confession de ma vie (1907) de Angelika Aürora Rümelin, l'épouse de Sacher-Masoch.

Yes Mistress (11)
Yes Mistress (11)
Yes Mistress (11)
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Salomé (2)

Publié le 27 Juillet 2017 par bigwhy dans art, salomé, erotisme, femme fatale, histoire

(Franz Von Stuck 1906)

(Franz Von Stuck 1906)

Le mythe de Salomé semble être l'oeuvre des Pères et des Docteurs de l'Eglise qui mettaient ainsi en garde les croyants contre les effets pervers de la danse et de la séduction féminine. Salomé devaient, à leurs yeux, apparaître impudique, cruelle et lascive. Saint Ambroise, l'un des grands moralistes chrétiens du IVème siècle, précisera que la danse dévoilait "les parties de son corps que les moeurs apprennent à cacher".

(Franz Von Stuck 1906)

(Franz Von Stuck 1906)

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