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Bigwhy? Finest?

Fanzine Enthousiaste & Curieux

Film à Voir: MISSION de Rolland Joffé (1986)

Publié le 31 Janvier 2017 par bigwhy dans film, aventure, histoire, UK, Bande annonce

Film à Voir: MISSION de Rolland Joffé (1986)

  Avant d'être une Palme d'Or, éventuellement discutable, en tous cas discutée, "Mission" est avant tout un hymne simple et vibrant à l'amour rédempteur et au respect de l'autre. 

Le milieu du dix-huitième siècle. A la frontière du Paraguay, de l'Argentine et du Brésil, les Jésuites tentent d'installer des missions avec plus ou moins d'acceptation de la part des Indiens qui vivent dans ces régions sauvages. Le Père Julian venant d'être crucifié et mis à mort, le Père Gabriel (Jeremy Irons), qui l'avait envoyé, décide d'aller lui-même au devant des Guaranis. Il finit par s'intégrer et bâtit la mission de San Carlos. Un jour, il apprend qu'à Asuncion, le capitaine Rodrigo Mendoza (Robert De Niro), ancien trafiquant d'escalves, fait la grève de la faim après avoir tué en duel, par jalousie, son frère Felipe (Aidan Quinn). Il parvient à le persuader d'expier sa faute en devenant Jésuite et en servant ses anciennes victimes. Mais bientôt, la paix est menacée. Les rivalités entre Portugais et Espagnols pour l'attribution des terres provoque la venue d'un émissaire du Saint-Siège (Ray McAnally). Celui-ci visite les différentes missions mais ne peut que donner l'ordre au Père Gabriel de fermer la mission. Les Guaranis refusent et se préparent à la guerre...

Naïf, à l'image de ces Indiens qui ont offert leur confiance aux évangélisateurs, et ne comprennent pas pourquoi Dieu leur a demandé de construire cette église pour, quelques années plus tard, par la bouche du Cardinal, leur exprimer son désir de la voir détruire.

Emphatique, peut-être, à l'image du guerrier Mendoza, cruel, tyrannique, soudain touché par la Grâce, et traînant derrière lui, comme symbole du fardeau opprimant son âme, un amas pesant d'armes et d'armures. Capable du pire, il s'enfonce dans ce qu'il considère comme le bien avec autant de fougue que d'opiniâtreté.

Nébuleux, parfois, lorsque les différents intérêts, royaux, temporels ou religieux s'entremêlent, s'affrontent, se tempèrent, se corrompent, sans tenir le moindre compte des malheureux indigènes, considérés par la plupart des représentants d'Europe comme des animaux. Qu'importe la vie de quelques centaines d'êtres sans éducation, sans richesses, face à la menace qui pèse sur l'Eglise de ne plus maintenir son influence auprès des cours royales ? D'ailleurs, la justice est du côté de l'éradication, puisque, comme le souligne l'odieux Don Cabeza (Chuck Low), les missions sont l'oeuvre du Diable ! Une simple preuve : elles prônent la liberté individuelle et le mépris de la propriété ! Cette justification ne fait que renforcer cette autre aberrante constatation qui afflige les dignitaires religieux : le paradis créé par le Père Gabriel détourne ses habitants du Paradis céleste futur, le seul véritable, bien évidemment !

Poétique, souvent. C'est la musique qui apprivoise ces Indiens farouches, cette sublime mélodie qui s'élève du hautbois de Gabriel, tel un chant d'amour fragile et désespéré. Souvent inspiré, Ennio Morricone atteint ici une harmonie quasiment divine, qui s'allie avec un bonheur sans égale aux décors majestueux, et compose un pont éthéré entre le monde spirituel qui sommeille dans le personnage quasi mystique de Gabriel, et l'environnement matériel grandiose formant l'écrin de cette lutte dérisoire.

Profondément humaniste, toujours. Faisant se télescoper, sans grandes démonstrations, la notion civilisatrice que prône une religion uniquement préoccupée par le maintien de ses prérogatives, et le véritable éveil à l'évolution naturelle de l'individu. De Niro, sorte de monolithe impérial, se montre aussi sobre ici qu'il peut s'adonner au cabotinage dans certains rôles. Quant à Jeremy Irons, de son regard de braise jaillit le flot de compassion, de fermeté et de noble grandeur qui imprègnent tout son être. Précurseur de la non-violence chère à Gandhi, une phrase prononcée à la veille de la bataille, alors que Mendoza lui demande sa bénédiction, résume parfaitement son mysticisme pur : "Si la force est le droit, l'amour n'a nulle place en ce monde". A méditer...

Inoubliable.

Film à Voir: MISSION de Rolland Joffé (1986)
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One track a day: PRESIDENT GAS by The Psychedelic Furs

Publié le 31 Janvier 2017 par bigwhy dans musique, video, new wave, UK, 80's, internet

One track a day: PRESIDENT GAS by The Psychedelic Furs

La New Wave ça n'a jamais été ma tasse de thé, pourtant quelques artistes sortent du lot par leurs classes ou leurs prophéties?  A l'heure de la démocratie fantoche & de ses représentants idiots & corrompus, ce President Gas des magnifiques Psychedelic Furs, est terriblement d'actualité......

(traduction grossière!)

Tu dois faire une fête 
Lorsque vous êtes dans un état comme celui-ci 
Vous pouvez vraiment tout déplacer 
Vous devez voter et changer 
Vous devez sortir de là 
Comme hors de tout ce gâchis 
Vous direz oui à quelque chose 
Si vous croyez tout cela mais 
Ne pleure pas, ne fais rien 
Pas de mensonge, de retour dans le gouvernement 
Pas de larmes, le temps des fêtes est de nouveau là 
Le président gaz est en place pour la présidence 
Alignez, mettez vos baisers en bas 
Dites oui, dites oui encore 
Levez-vous, il ya un nombre de chefs 
Président gaz sur tout sauf sur patins à roulettes 
Il est malade le prix de la médecine 
Reposez-vous, nous vous mettrons de nouveau sur vos pieds 
Ouvre tes yeux 
Juste pour vérifier que votre sommeil à nouveau 
Président gaz est président gaz à nouveau 
Il vient de la gauche parfois 
Il vient de la droite 
Il est si fortement annoncé qu'il veut vous et moi 
C'est un vrai jeu de cow-boy, compagnie d'électricité 
Tous les jours sont des jours heureux 
C'est l'enfer sans le péché, mais 
Ne pleure pas, ne fais rien 
Pas de mensonge, de retour dans le gouvernement 
Pas de larmes, le temps des fêtes est de nouveau là 
Le président gaz est en place pour la présidence 
Alignez, mettez vos baisers en bas 
Dites oui, dites oui encore 
Levez-vous, il ya un nombre de chefs 
Président gaz sur tout sauf sur patins à roulettes 
Il est malade le prix de la médecine 
Reposez-vous, nous vous mettrons de nouveau sur vos pieds 
Ouvrez vos yeux juste pour vérifier que votre sommeil à nouveau 
Président gaz est président gaz à nouveau 
Président gaz 
Oh, président gaz 
Whoa, président gaz 
Oh, président gaz 
Whoa, président gaz 
Oh, président gaz 
Whoa, président gaz

One track a day: PRESIDENT GAS by The Psychedelic Furs
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Weird Vintage Cars: Vauxhall XVR (1966)

Publié le 30 Janvier 2017 par bigwhy dans weird cars, 60's, UK

Weird Vintage Cars: Vauxhall XVR (1966)

Elle était mignonne, la XVR. En 1966, David Jones - patron du style chez Vauxhall - s'était tout de même bien "lâché". 
Evidemment, les grincheux lui reprocheront une inspiration en droite ligne de la Cheetah et un porte-à-faux avant un poil exagéré.
Pour l'assemblage, on est plus près du kit-car que de chez Audi. 
Enfin, côté motorisation, sortez les mouchoirs : 71 chevaux ! Par comparaison, l'Opel GT (90 hp) ferait office de missile.

Weird Vintage Cars: Vauxhall XVR (1966)
Weird Vintage Cars: Vauxhall XVR (1966)
Weird Vintage Cars: Vauxhall XVR (1966)
Weird Vintage Cars: Vauxhall XVR (1966)
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One track a day: SILLY SALLY by Sweet Smoke

Publié le 30 Janvier 2017 par bigwhy dans musique, video, 70's, planant, psychedelique, USA

One track a day: SILLY SALLY by Sweet Smoke

Je sais! attaquer une semaine par ça c'est un peu dur! mais c'est pour resister à la pression de babylone man! attention le morceau dure tout de meme 16 minutes 30! coolitude totale brother!

Silly Sally, est surtout connu pour le long (plus de cinq minutes) solo de batterie avec effet helicoptère (vietnam??) la légende voudrait que ce soit une erreur de synchronisation des pistes stéréos qui produise cet effet: le "flanger" était né!

Sweet Smoke est groupe originaire de Brooklyn, formé en 1967, et qui s'établit deux ans plus tard en Allemagne afin de vivre en communauté. Sweet Smoke est un pur produit de la culture hippie et ce "just a poke" est un des sommets musical de ce mouvement.

Ce premier album sorti en 1970 n'est composé que de deux longues plages de 16 minutes chacunes, composées à partir de longs jams improvisés, ce dont le groupe était coutumier en live. Malgré la durée des morceaux, Sweet Smoke ne tombe pas dans les travers de certains groupes de rock progressif de l'époque, évitant les longueurs et n'étant à aucun moment ennuyeux. "Baby Night", qui truste la face A, est une parfaite synthese de rock 70's, de jazz et de funk. Le morceau commence en douceur avec une superbe mélodie portée par une voix des plus chaudes, accompagnée par une flûte enchanteresse. Le tempo s'emballe ensuite dans un délire jazzy rock irrésistible avant de s'approprier le "soft parade" des Doors dans une version des plus étonnantes.

On change de face et un saxophone au groove frénétique et psychédélique ouvre "silly sally". Les guitares partent ensuite dans des dérives kaléidoscopiques avant un court solo de basse magistral annonciateur d'un long solo de batterie dantesque. Agrémenté d'effets stéréos et de flanger, il donne l'impression d'entendre un hélicoptère au dessus de nos têtes. Ce passage, qui n'est pas sans rappeler "in-a-gadda-da-vida" de Iron Butterfly, est à tout pris à savourer au casque et est un des temps forts de cet album.

La pochette décrit bien la teneur de ce disque : un dessin aux couleurs psychés où un personnage tire sur un joint aux motifs du drapeau américain. En bref, l'écoute de "just a poke" emmène très haut dans les nuages et est un petit bonheur de poésie musicale.

Si jusqu'à présent, vous pensiez qu'un morceau long est forcément ennuyeux, ce "just a poke" groovy en diable et psychédélique va vite vous faire changer d'avis !

One track a day: SILLY SALLY by Sweet Smoke
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Bookcrossing: MOINS QU'UN CHIEN de Charles Mingus

Publié le 28 Janvier 2017 par bigwhy dans livre, biographie, jazz, USA

Bookcrossing: MOINS QU'UN CHIEN de Charles Mingus

Moins Qu'un Chien est l'autobiographie du contrebassiste de jazz Charles Mingus, publié en 1971 aux USA, coécrit avec Nel King.

Le mode de narration du livre est un peu étrange : le narrateur semble être la « conscience » de Mingus (j'avoue que je n'ai pas très bien compris). Charles Mingus est ainsi mentionné comme étant « mon petit copain ». C'est assez particulier comme choix, au début j'ai pensé que c'était grave un truc de littérature expérimentale, et puis en fait non. Ce narrateur ne sert à rien, ça donne juste l'impression que Mingus lui-même raconte sa vie à la 3e personne.

Le titre, Moins Qu'un Chien, fait référence à la façon dont étaient traités les Noirs aux USA dans les années 40-50-60. Autant que la question raciale est abordée, et pas forcément sous un jour joyeux. La description des conditions de travail des jazzmen dans les clubs de jazz dans les années 50 est assez terrible : sont sous-payés (genre 80% moins que les Blancs), on leur donne de la drogue (dure) pour créer une addiction afin qu'ils restent jouer dans le club...

Ce livre est une autobiographie, on retrouve donc l'enfance de Mingus, dans des pages souvent touchantes : comment il se fait taper dessus et apprend à se battre, comment il tombe amoureux, comment il découvre la musique... Le coup de foudre avec Lee-Marie, comment le père de celle-ci leur interdit de se revoir, entre autres pour des questions de couleur de peau... Puis ses débuts comme musicien, auprès d'Art Tatum ou aux côtés de Miles Davis (qui apparemment jurait comme un charretier, c'est assez marrant).
Mais bon, tout ça c'est pas le vrai sujet du bouquin, qui est :
LE CUL ! On y trouve des pages très instructives sur la façon de faire l'amour à une femme jusqu'à ce qu'elle n'en puisse plus et vous supplie à genoux, des longues (longues) pages sur les expériences avec des prostituées de Mingus, en tant que client ou en tant que maquereau, et des recensements de ses prouesses sexuelles, du genre il s'est tapé 27 putes mexicaines en une nuit, et comme ça lui suffisait pas, il s'est masturbé après.
Parce que oui, Mingus est un peu mythomane sur les bords. Il enjolive, il exagère. Il en fait des caisses. Mais on ne va pas lui en vouloir pour ça.

Là où je lui en veut un peu, c'est quand il se perd dans ses histoires de maquereau (plutôt il perd le lecteur). Ça dure à peu près la moitié du livre, et honnêtement c'est pas le plus intéressant. Comment il travaille dans tel bordel, comment il se retrouve à faire « travailler » sa femme de l'époque pour gagner de l'argent (oui, il prostitue sa femme, la classe), comment il rencontre d'autres maquereaux et d'autres prostituées... On s'en fout, en fait.
Et c'est dommage, parce que Mingus est quelqu'un de très intéressant et que les premiers chapitres sont formidables.
Mieux vaut laisser parler la musique.

Bookcrossing: MOINS QU'UN CHIEN de Charles Mingus
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One track a day: "FEMME FATALE by the Velvet Underground

Publié le 27 Janvier 2017 par bigwhy dans musique, video, 70's, art, USA

One track a day: "FEMME FATALE by the Velvet Underground

le 1er album du Velvet, celui avec la banane "Andy Warhol" est fondateur d'une esthetique nostalgique & arty qui préfigure la new wave, Saviez vous que le nom du groupe vient d'un club sado maso de new york, celui dont vous contemplez l'affiche!

Messieurs faites attention aux femmes fatales (de votre entourage), mesdames faites claqué vos fouet, et que ca saute!

One track a day: "FEMME FATALE by the Velvet Underground
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One track a day: HOOLIGAN CHANGE YOUR STYLE by John Holt

Publié le 25 Janvier 2017 par bigwhy dans musique, video, reggae, label, internet, jamaique

One track a day: HOOLIGAN CHANGE YOUR STYLE by John Holt

Ce riddim de 1969, concocté dans la marmite Studio One (Coxsone RIP), connut plusieurs identités sous des formats divers, comme l'original “Change your style” et ensuite évidemment, la version vocale, sous-titrée “don't fight yours brothers”, de 1972, par John Holt (l'ex-leader des Paragons), l'interprète d' “Ali Baba”.

Car le propos de départ ne consistait certainement pas à vanter l'attitude de ces impertinents bad boys. Le Hooligan de l'époque c'est une racaille, autrement dit le fouteur de merde, qui casse l'ambiance et ruine la fête.

En lien je vous met le site de "Soul Jazz Records" qui réédite avec passion, les tresors de Studio One.

 

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Bookcrossing: LE BOUCHER de Alina Reyes

Publié le 24 Janvier 2017 par bigwhy dans livre, erotisme, france, internet

Bookcrossing: LE BOUCHER de Alina Reyes

« La chair du bœuf devant moi était bien la même que celle du ruminant dans son pré, sauf que le sang l’avait quittée, le fleuve qui porte et transporte si vite la vie, dont il ne restait ici que quelques gouttes comme des perles sur le papier blanc. Et le boucher qui me parlait de sexe toute la journée était fait de la même chair, mais chaude, et tour à tour molle et dure ; le boucher avait ses bons et ses bas morceaux, exigeants, avides de brûler leur vie, de se transformer en viande. Et de même étaient mes chairs, moi qui sentais le feu prendre entre mes jambes aux paroles du boucher. »

Un livre érotique, au langage parfois très cru, où le sexe est d’une certaine sauvagerie, d’une grande puissance, et finement écrit aussi. La chair est triste hélas, mais parfois, parfois seulement. Il arrive aussi qu’elle parvienne à nous faire oublier pour quelques heures, quelques jours ou quelques mois le désespoir qui menace de nous faire la peau.

La jeune héroïne de ce roman souffre d’un terrible chagrin d’amour. Elle s’absorbe dans les courbes et les creux du corps. Un corps autonome d’où l’esprit est absent, un corps aveugle et plein, dans la vaine épaisseur de sa chair. Il n’y a pas d’amour dans ce roman entre les deux amants mais une tentative de captation obtuse, une attente fermée, sans ouverture.  En même temps qu’une jouissance forcenée.

La chair livrée à elle-même n’a pas d’autre horizon, elle forme une circularité tenace et exaltante tout en étant parfaitement désespérée, dans le sens où elle est totalement sans espoir.

Alina Reyes écrit véritablement bien et c’est à ne pas négliger dans un genre où il est très facile de se laisser enfermer. ( Alina Reyes est un pseudonyme tiré d’une nouvelle de Julio Cortázar, la Lointaine ou le journal d’Alina Reyes, l’histoire d’une femme qui part en quête de son double).

Doublement inspirée…

Bookcrossing: LE BOUCHER de Alina Reyes
Bookcrossing: LE BOUCHER de Alina Reyes
Bookcrossing: LE BOUCHER de Alina Reyes

« Le boucher » d’Alina Reyes déboule en 1988 sur le devant de la scène littéraire signé d’une petite jeune femme de 32 ans brune et incandescente avec un court et fulgurant roman au titre sanguinaire. Publié sous un pseudonyme (qu’elle conservera ensuite) emprunté d’une nouvelle de Julio Cortazar (« La Lointaine, Journal d’Alina Reyes ») et écrit en une semaine pour participer à un concours de littérature érotique – alors qu’elle était étudiante à Bordeaux, – elle défraie la chronique et s’impose d’emblée comme l’un des plus importants auteurs contemporains de littérature érotique (même si cette étiquette lui semble réductrice comme elle le commentait :« Que le flacon s’appelle pornographie, polar, science-fiction, littérature générale ou autre, aucune importance si l’alcool qu’il nous donne à boire est de qualité. »). Provocante et inattendue, Alina Reyes livre ici un roman en forme de conte allégorique, celui de l’initiation sexuelle d’un petit chaperon rouge sensuel aux prises avec un loup qui a tout de l’ogre…

Servi par une écriture charnelle, organique et métaphorique, « Le boucher » est un roman qui parle autant à la tête qu’au ventre (et même plus bas encore si vous voulez) et qui invite à plusieurs niveaux de lecture…

Alina Reyes a écrit un roman charnel au sens premier du terme. Un roman sur la chair, la viande. A la fois humaine et animale.
A travers le personnage d’un boucher et de l’atmosphère d’une boucherie, elle traduit, avec originalité, au plus profond cette conscience du corps, de notre peau dans toute sa nudité, sa fragilité et sa sensualité. Si cela peut surprendre de prime abord, on se rend compte très rapidement que cette métaphore, cette allégorie fonctionne très bien.
Elle parvient à transfigurer les gestes, les odeurs et les abats en une chorégraphie et une esthétique des plus sensuelles.

L’histoire en elle-même est très simple et peut rappeler d’une certaine façon le « Bonjour tristesse » de Françoise Sagan dans une version hardcore.
Une jeune fille, étudiante aux beaux arts, va perdre son innocence le temps des vacances d’été alors qu’elle occupe un job de caissière chez un boucher archétype même de la sexualité dans sa plus vulgaire obscénité qui fera son éducation sexuelle. En filigrane, elle raconte aussi sa relation avec son petit ami Daniel qui ne la satisfait pas vraiment.

En jouant sur l’imaginaire et les fantasme de son héroïne, Alina Reyes fait peu à peu monter la tension érotique entre la jeune fille et le boucher qui s’apparente à une sorte d’ogre gargantuesque et semble tout droit sorti d’un tableau de Botero. Elle démontre comment ce qui est répugnant (« son gros ventre moulé dans son tablier tâché de sang », ses propos graveleux aussi gras que la charcuterie qu’il vend) devient excitant. Le cadre même de la boucherie (vous n’achèterez plus jamais de la viande comme avant après cette lecture !), est propice à une série d’allusions suggestives : le billot, les lames des couteaux qui fendent les chairs et sont extraites de leurs fentes en bois, le va et vient de la lame qu’on aiguise, le premier rayon de soleil qui « darde » entre les branches, les viandes comparées à des bijoux vivants, le rose, le rouge, l’odeur de la viande crue, la viande palpitante du bœuf, les croupions des animaux, les couilles de bélier, le saucisson qui ressemble à un pénis et jusqu’aux ébats au milieu des abats (la pièce de boucherie représentant la part la plus intime des animaux) dans la chambre froide entre le boucher et sa femme (cette scène peut évoquer une scène du film « Paris » de Cédric Klapisch où de jeunes mannequins bourgeoises aguichent des manutentionnaires de marché, dans une chambre froide à Rungis, au milieu des morceaux de viande qui pendent).

Ce désir un peu tabou ira donc crescendo (« mon sexe me montait jusqu’à la gorge« ) jusqu’à la scène clé du roman dévoilant le passage à l’acte. Une scène intense et très belle sous la douche, où tendresse, bestialité et désir se mêlent pour une apogée orgasmique. « Le savon faisait une mousse fine et parfumée, un réseau arachnéen de petites bulles blanches flottant sur la peau mouillée, un tapis de douceur entre ma paume et ses reins. »
« Mes deux mains étaient emplies d’une matière chaude et vivante, magique. Je la sentais palpiter comme le coeur d’un oiseau, je l’aidais à courir vers sa délivrance. Monter, descendre, toujours le même geste, toujours le même rythme, et les gémissements, au dessus de ma tête ; et moi qui gémissais aussi, avec l’eau de la douche plaquant sur moi ma robe comme un gant étroit et soyeux, avec le monde arrêté à hauteur de mes yeux, de son bas ventre, au bruit de l’eau dégoulinant sur nous et de sa verge coulissant sous mes doigts, à des choses tièdes et dures entre mes mains, à l’odeur du savon, de la chair trempée et du sperme qui montait sous ma paume… »

« La route s’étendait devant moi toute droite. Il ne restait plus que quelques kilomètres à parcourir et je pouvais maintenant marcher à 4 pattes. Mon cœur s’emplit de joie. Heureusement il n’y avait personne. Ceux qui m’auraient vue là m’auraient aussitôt prise en pitié, et gâché tout mon bonheur plein d’espoir. Ainsi sont les autres : ils ne voient pas la beauté de votre vie, votre vie leur semble horriblement triste si, par exemple, vous n’êtes pas bronzée en plein été. Ils veulent que vous voyiez comme eux où est juste la joie, et si vous avez la faiblesse de vous laisser faire, jamais ensuite vous ne trouvez l’occasion de dormir seul dans un fossé, tout déchiré par une nuit noire.« 

L’histoire s’achèvera étrangement comme un rêve éveillé dans une communion avec la forêt, la « terre chaude » alors que la narratrice se donne à un autre homme dans un fossé. Cette fin n’est pas sans rappeler le Truïsmes de Marie Darrieussecq où la femme renoue avec sa nature Une errance très onirique qui débute au bord de la mer et donne lieu à quelques passages évocateurs : « La mer n’arrêtait pas de baver, à se branler sans cesse contre le sable, à courir après sa jouissance. (…) J’avais toute la nuit entendu la mer rêver sur de durs coussins, la forêt tressaillir. » ou encore « La nuit vibrante et scintillante était passée sur moi, je l’avais bue à larges goulées, j’en étais pleine. »

Alina Reyes évite l’écueil pornographique et développe une langue poétique au plus près des sensations où se mêle des réminiscences de son passé érotique (enfance…) et apprivoisement des pulsions sexuelles de jeune fille de son héroïne. Ce n’est jamais vulgaire ou trash même si elle est explicite et reste toujours dans une délicatesse très féminine. Une écriture qui oscille entre douceur et sauvagerie et envoûte le lecteur du début à la fin.

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One track a day: DUB TROOPER by Zenzile

Publié le 24 Janvier 2017 par bigwhy dans musique, video, dub, france, internet, facebook

One track a day: DUB TROOPER by Zenzile

Avant le dub venait de JamaÏque et quelques fois de London, mais ça c'était avant! Avant le premier album de Zenzile en 1998: "Sachem in Salem" & ce track particulièrement, voila,d'un coup d'un seul, la France, montait sur le grand podium du Dub International (et pour longtemps....).

Celui-ci est pour l'angevine Magali.

One track a day: DUB TROOPER by Zenzile
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Focus sur un Artiste: Paul Von Borax

Publié le 23 Janvier 2017 par bigwhy dans art, photography, erotisme, gothic, france, internet, facebook

Focus sur un Artiste: Paul Von Borax

Paul Von Borax débute la photo il y a longtemps... et ce qui ne devait être qu’un hobby s’est peu à peu mué en passion. Autodidacte, il aime expérimenter, tester, tenter et ses photos valent d’autant plus à ses yeux qu’il ne les doit qu’à lui-même. Il fait progressivement des découvertes et des rencontres merveilleuses qui lui donnent envie de continuer, de façonner de ses mains des lumières, des décors, des ambiances... de regarder et de donner à voir ce regard.

« Plutôt anarchique, je ne revendique pas d’acte photographique parfait, rationnel. Je travaille beaucoup dans l’improvisation, entre construit et aléatoire. Je me fie à mon intuition, à ma volonté et à mon plaisir de faire, et souvent aussi à mes rêves, dont beaucoup de mes photos sont issues.» Il aime avant tout se laisser surprendre et se laisser aller à l’instant et la singularité de chaque séance. Ses inspirations sont multiples, tableaux, situations, rencontres...

Il s’essaye au Polaroid en 2005, il était temps... et utilise de nombreux matériels, films et procédés différents. Bouillis, tachés, abandonnés, rayés, froissés, son seul but est de confectionner une ambiance que seuls les polaroids sont à même d’exprimer.

Pour le photographe la philisophie reste la même sur toutes les séries quelques soient les techniques choisies : tout à la prise de vue. Presque aucune retouche, par choix. Photo-graphie : l’écriture de la lumière. Paul von Borax est un photographe, pas un Photoshop-graphiste. La réalité dans sa simplicité et parfois sa brutalité lui est plus belle que n’importe quel monde artificiel.

Focus sur un Artiste: Paul Von Borax
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