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Bigwhy? Finest?

Fanzine Enthousiaste & Curieux

Les Rousses dans l'Art (6) : Orientalisme

Publié le 30 Novembre 2016 par bigwhy dans art, erotisme, iconographie, histoire, rousse

L'Odalisque à l'esclave , Jean-Auguste-Dominique Ingres 1839

L'Odalisque à l'esclave , Jean-Auguste-Dominique Ingres 1839

Des Rousses dans des harems? Et bien oui et plus souvent qu'on ne le croit. Cela tient au mélange de vérité historique (un peu) & de mensonge (beaucoup de fantasmes & d'imagination)!

Le harem ottoman, dans la mesure ou on ne peut réduire une musulmane en esclavage, ne peut qu'etre peuplé d'étrangères: Circassiennes (du caucase) Slaves ( le mot esclave est quasi synonyme!), ces femmes répondent à des critères de beauté précis: Teint pale, cheveux blond ou Roux, yeux bleus & formes rondes & avantageuses......

Pris entre une réalité fantasmée et la volonté d’être les plus réalistes possible, les peintres orientalistes se sont emparés de la vie intime de la femme orientale, pour transmettre à l’imaginaire occidental l’image d’un Orient poétique, érotique, rêvé ; loin de toutes les considérations morales ou esthétiques d’alors.

Jean Léon Gérôme, Le Bain au Harem, 1876, le bain turc 1870, Le gynécée 1850
Jean Léon Gérôme, Le Bain au Harem, 1876, le bain turc 1870, Le gynécée 1850
Jean Léon Gérôme, Le Bain au Harem, 1876, le bain turc 1870, Le gynécée 1850

Jean Léon Gérôme, Le Bain au Harem, 1876, le bain turc 1870, Le gynécée 1850

Au XIXe siècle, l’Orient devient une question politique centrale pour les pays occidentaux, et cet attrait va se retrouver dans un mouvement artistique, tant littéraire que pictural : l’orientalisme.

Bien que le mot orientalisme ne fut attesté qu’en 1826 et enregistré dans le dictionnaire de l’Académie Française en 1932, le courant pictural qui le caractérise n’est pas une invention idéologique du XIXe siècle. La curiosité pour le Levant prend source avec les Croisades et préoccupe l’Europe puis l’Occident tout entier pendant cinq siècles, pour se tarir avec la décolonisation dans les années 1960. L’imaginaire de l’Orient s’articule autour d’un ensemble de représentations collectives créé et véhiculé par la pensée occidentale dans sa quête d’elle-même. Il se nourrit de son antithèse mythique qui procède du mythe de la fracture Orient-Occident : recherche de ses origines, recherche d’une image antinomique, quête d’une identité collective, l’orientalisme s’articule autour d’un imaginaire collectif créé de toutes pièces par l’Europe triomphante. Ici, mythes et réalités s’entrecroisent, se recoupent et se contredisent. 

Meurtre au serail Fernand Cormon 1874

Meurtre au serail Fernand Cormon 1874

De tous les thèmes de la peinture orientaliste, celui des femmes dans leurs appartements a été assurément le plus populaire. Comme les harems étaient précisément le lieu interdit aux hommes, et qui plus est aux hommes étrangers, les artistes peintres ont donné libre cours à leur imagination pour dépeindre ce lieu plein de secrets. De fait, le harem est sans doute l’institution orientale la plus connue et controversée, et sa signification sociale reste encore aujourd’hui largement incomprise.

 La façon des peintres orientalistes de traiter de ce thème doit être envisagée sous deux angles : d’un côté, le fantasme voluptueux d’une vie cachée, d’autre part, la vie domestique à l’européenne transposée et appliquée au monde oriental.  Nombreuses peintures traitant du harem, montrent des femmes se prélassant sur des coussins, discutant, rêvant, paressant… 
Or cette oisiveté démesurée évoque de façon frappante le mode de vie des femmes de la haute société occidentale à la même époque. De fait, en peignant les traits d’une société éloignée, c’est en fait les vices de leurs propres sociétés que les peintres orientalistes tendent à dénoncer. Un autre aspect de ces peintures de harem paraît intéressant : les femmes du harem sont parfois montrées silencieuses, dans un silence contemplatif, comme oppressées par une vie cloîtrée. Silencieuses, sûrement pas. A l’écoute ? Cela va sans dire. Ce silence apparent n’est en réalité que le fait d’une éducation interne au harem. Par ailleurs, nombreux sont les Occidentaux qui, par le biais de ces peintures à la vision faussée, imaginaient que les femmes ne pouvaient vivre que retirées dans leurs appartements, sans aucune autre alternative. Or, il est à noter que les « moucharabiehs » (grillages dans les belvédères des maisons) leur permettaient de voir la vie extérieure.

La toilette et la purification étant des thèmes essentiels à la culture musulmane, les sociétés orientales ont connu depuis le XVIIe siècle le développement fulgurant d’une institution : le bain public, ou hammam. Il n’est donc pas étonnant que ce sujet ait attiré et questionné les peintres orientalistes du XIXe siècle. Pourtant, c’est la peau blanche, dénudées, pudiques mais séductrices que sont représentées les femmes orientales dans les bains par les peintres orientalistes. Le tableau le plus connu est sans doute Le bain turc de Jean-Auguste Dominique Ingres (1862, Musée du Louvre). On peut y voir de nombreuses femmes, nues, assises, allongées, serrées les unes contre les autres. Inconvenant, ce tableau incarne un érotisme loin des propos de Lady Mary ; érotisme que le public français se devait d’accepter, dans la mesure où l’éloignement culturel et géographique du sujet ne les ramenait pas à leurs propres conditions. 

L'esclave blanche, Lecomte du Nouy 1888

L'esclave blanche, Lecomte du Nouy 1888

Que vient faire une rousse à la peau nacrée dans ce qui ressemble fortement à un harem ? Et pourquoi la qualifier d’esclave alors qu’elle fume lascivement sur un tapis et des coussins brodés ? Les esclaves dans ce tableau, ce sont les deux femmes noires lavant et transportant du linge que l’on aperçoit en haut à droite et qui équilibrent la composition, coupées par le cadre comme si le peintre observait la scène d’un appareil photographique.
Cette rousse là ressemble plutôt à une favorite du sultan, évoluant dans l’opulence d’un harem fantasmé par les artistes du XIXeme siècle. La cigarette semble aussi anachronique que la rousseur et la blancheur de cette femme, quelque peu « désorientante ». On l’aurait plutôt imaginée fumer un narguilé, ou afficher un teint mat sous une chevelure épaisse et ébène, comme dans les tableaux
 de Jean-Léon Gérôme, qui fut d’ailleurs un des maîtres de Lecomte du Noüy. L’Orient au sens large est en effet à la mode et cette vague d’orientalisme devient pour certains un prétexte pour peindre des tableaux érotiques dans des décors dignes du palais de Topkapi, dont la richesse n’a d’égal que la nudité des femmes. Alors qu’un peintre comme Gérôme s’appliquait par ses recherches, ses voyages et ses lectures à recréer un Orient fidèle à ce qu’il était, la majorité des artistes ne faisait que l’imaginer et le reproduire en s’inspirant du travail des autres. Lecomte du Noüy fait partie des voyageurs, pourtant il livre ici une toile qui me parait à la limite de la fantasmagorie, et peu importe si l’on pouvait réellement trouver des rousses dans les harems de sultan. Cette esclave blanche est telle une perle, un bijou dans un bel écrin, entourée de vin et de mets délicats. Elle pose négligemment, avec élégance, uniquement parée de bagues et d’un pique doré ornant sa chevelure lâchée. Elle offre au spectateur un profil presque oriental et une vue sur son corps charnel sans que celui-ci ne soit trop découvert, laissant l’imagination faire le reste. Mais le tableau perdrait de son âme sans la présence de fumée s’échappant sur le fond bleu. Elle m’évoque les vapeurs des fumeries d’opium, du haschisch arabe, celles des paradis artificiels dans lesquels s’évadaient les artistes, propices à la langueur, la lascivité et la volupté. Ces discrètes volutes sont au cœur du trouble qui émane de cette peinture,  incarnant, et soulignant à la fois la sensualité de cette singulière amante rousse.

la favorite de l'emir Jean-Joseph Benjamin-Constant 1879, oeuvre inconnue?
la favorite de l'emir Jean-Joseph Benjamin-Constant 1879, oeuvre inconnue?

la favorite de l'emir Jean-Joseph Benjamin-Constant 1879, oeuvre inconnue?

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One track a day: THE RAT CAGE by The Beastie Boys

Publié le 30 Novembre 2016 par bigwhy dans musique, video, groove, instrumental, psychedelique, USA, internet, facebook

One track a day: THE RAT CAGE by The Beastie Boys

The Mix Up, étonnant et rafraîchissant septième épisode studio de la discographie des Beastie Boys qui les voit enfourcher basse, guitare et batterie, le tout avec l’aide du fidèle Money Mark aux claviers et d’un percussionniste chaudard porté sur la chemise hawaïenne. Même pas frustrés par le fait de laisser micros et sampler au placard, les trois font passer leur humour via leurs instruments, à travers des clins d’œil appuyés à un pan de la musique qu’ils vénèrent, des BO de blaxploitation des années 70  au garage-rock psychédélique de la fin des années 60.

Entièrement instrumental, The Mix-Up est considéré par beaucoup  comme un suicide commercial en règle et une étape légèrement inutile dans la riche carrière du combo new-yorkais. Et si d’aucuns s’étonnent de voir les Beastie Boys débrancher leurs micros le temps d’un album tout entier, ils semblent probablement oublier que le groupe est coutumier du fait et que ses albums les plus essentiels (à commencer par Ill Communication et Check Your Head) étaient parsemés de plages instrumentales groovy à souhait. 

One track a day: THE RAT CAGE by The Beastie Boys
One track a day: THE RAT CAGE by The Beastie Boys
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Les Rousses dans l'Art (5): Botticelli

Publié le 29 Novembre 2016 par bigwhy dans art, erotisme, iconographie, histoire, rousse

Les Rousses dans l'Art (5): Botticelli

Avec Botticelli, les rousses deviennent une quasi obsession, Une rousse en particulier, la plus belle femme de l'époque,  lui a servi de modèle & de muse.

Simonetta Vespucci (née à Fezzano  le  - morte à Florence le  de la tuberculose) est une femme noble italienne de la Renaissance, célèbre par sa beauté et son charme, de la cour de Laurent le magnifique.

Elle naît Simonetta Cattaneo  dans ce qui était la République de Gênes. Son père était un noble génois, Gaspard Cattaneo della Volta, parent du doge de Gênes. En 1469, elle rencontre Marco Vespucci à l’église de San Torpete, en présence de ses parents, du doge Piero il Fregoso et de quelques membres de la noblesse Génoise. Vespucci avait été envoyé à Gènes par son père pour qu'il étudie à l’Office de Saint Georges. Les parents de Simonetta comprennent très vite qu’un mariage entre les deux jeunes gens serait avantageux, les Vespucci ayant de nombreux liens avec Florence et spécialement avec la maison de Médicis. L’année de ses quinze ans, elle épouse donc son prétendant, ce qui fait d'elle la cousine par alliance du navigateur Amerigo Vespucci.

Le mariage a lieu à Florence, où la jeune femme jouit rapidement d’une certaine popularité. Les frères Médicis, Laurent et Julien se prennent rapidement de sympathie pour elle. Dès son arrivée, Simonetta est remarquée par Sandro Botticelli et d’autres peintres proches de la famille Vespucci. Elle sert de modèle pour de nombreuses œuvres majeures de la Renaissance, et notamment La Naissance de Vénus de Botticelli. D'une grande beauté, elle gagne le cœur des Florentins, qui la surnomment « la bella Simonetta » ou « La Sans Pareille ». Réputée pour être la plus belle femme de son époque, elle gagne également le cœur de Julien de Médicis qui deviendra son amant.

Elle décède dans la nuit du 26 au 27 avril 1476, à l’âge de 23 ans. Lors de son enterrement, des milliers de gens font partie du cortège. Elle est enterrée à l'église Ognissanti, l'église paroissiale des Vespucci, à Florence. Son mari se remarie juste après. Botticelli achève de peindre La Naissance de Vénus neuf ans plus tard, en 1485. Il existe des suppositions selon lesquelles le peintre fut également amoureux d’elle, comme en témoigne sa demande d’être enterré à ses pieds. La requête lui est accordée lorsqu'il meurt 34 ans plus tard, en 1510.

Les Rousses dans l'Art (5): Botticelli
Les Rousses dans l'Art (5): Botticelli
Les Rousses dans l'Art (5): Botticelli
Les Rousses dans l'Art (5): Botticelli

Sandro di Mariano Filipepi dit Botticelli, est ne a Florence entre mars 1444 et mars 1445 ou son pere etait tanneur. Son surnom de Botticelli provient de "botticello" , qui signifiait "petit tonneau", nom qui semble t'il, avait ete donne a son frere Giovanni, ou peut etre a l'orfevre chez qui Sandro avait ete mis en apprentissage des le plus jeune age. 
C'est par assimilation, et par la corpulence probable de l'un ou de l'autre, que ce nom lui avait ete donne et lui etait reste
.

Vers 1460, Botticelli entre dans l'atelier de Fra Filippo Lippi (1406-1469), moine et peintre le plus repute de Florence, pour ses peintures de scenes religieuses, et aupres duquel il travaille en compagnie d'autres peintres tels qu'Antonio del Pollaiuolo et Andrea del Verrocchio, par lesquels il sera influence notamment par l'inflexion et la ligne du dessin qui sera le sien. 
A cette epoque en effet les artistes pratiquaient differents arts en dehors de la peinture, tels que l'orfevrerie, la gravure, la ciselure, les emaux, qui necessitaient une maitrise et une precision dans les ornements et le tracage des contours. 
Ce sont ces techniques qui marquent la formation de Botticelli jusqu'en 1467, date a laquelle Lippi quitte la region de Florence. 

En 1468, le Tribunal de Florence lui passe la commande d'une peinture representant la "Force" pour l'installer au dessus des sieges des juges, aux cotes d'autres peintures representant les vertus, commandes a Verrocchio et Pollaiuolo. Cette peinture lui vaut une reconnaissance et des lors une certaine reputation, qui lui permet de vivre plus aisement en repondant aux commandes des ecclesiastiques ou de familles florentines.

en 1476, La famille Vespucci, habitant le meme quartier que lui a Florence lui commande differents travaux et en particulier la celebre fresque de "Saint Augustin" qu'il peint en 1480 dans l'Eglise Ognissanti.  Cette fresque consolide la reputation de Botticelli, lequel est appele a Rome par le Pape Sixte IV, pour la realisation des fresques " Les Epreuves de Moise ", "La Tentation du Christ", et "La Punition des Rebelles" pour la Chapelle Sixtine en 1481. La reconnaissance de Botticelli est alors totale, lequel recoit des commandes de toutes les grandes familles de Toscane. Son atelier avec la collaboration de differents peintres realise des tableaux et des fresques pour les grands evenements dans chacune de ces familles, destines a decorer les pieces intrieures des palais. 

La celebre fresque " Le Printemps" est realisee, elle aussi en 1482 dans le Palais de Castello pour la famille Medicis dans un style mythologique et allegorique, en hommage au mariage du cousin de Laurent le Magnifique avec Semirade d'Appiano. "Venus et Mars" peint en 1483, sur le theme de l'amour semble avoir ete commande par la famille Vespucci pour l'occasion d'un mariage.
" La Naissance de Venus" qui presente pour la premiere fois une nudite feminine non biblique, est peinte sur une toile vers 1485, car elle etait destinee a etre transportee et installee dans une villa la campagne, par le commanditaire, probablement aussi de la famille Medicis.

Les annees 1490 entrainent une crise politique et religieuse a Florence sous l'influence de Savonarole, prieur des Medicis, qui annonce la fin de monde au tournant du siecle, preche l'ascese et la penitence et exhorte la vertu, la vie modeste et l'humilite, sous peine du chatiment divin. La peste envahit alors Florence, et Savonarole est tres ecoute du peuple. Il provoque une crise en condamnant les familles florentines qui se font representer dans des tableaux religieux, et condamne aussi les vanites que sont les vetements riches, les perruques, les bijoux, la musique, les livres, les tableaux et les sculptures juges infames. En 1497 et 1498, il organise des buchers ou sont entassses et brules ces objets de vaniets. Excommunie par le pape, Savonarole est arrete, torture, pendu et brule en mai 1498.

Cette crise affecte profondement Botticelli. "La deploration du Christ avec les saints Jerome, Pierre et Paul" " qu'il peint en 1490 temoigne de ce doute et veut veiller a la compassion des croyants, de meme que les tableaux qu'il peint ensuite " La Trinite avec Marie Madeleine " en 1493, "La Vierge a l'enfant avec Jean-Baptiste" en 1495, " La Crucifixion avec Marie Madeleine" en 1497. Botticelli a partage les interrogations et les convictions de Savonarole. Les symboles de ces convictions partagees existent dans ses peintures, tels que les rameaux d'olivier, allusion aux rameaux que l'on portaient lors des processions organisees par le moine heretique.

A partir de1498, son style  semble evoluer vers des compositions plus engagees et plus rebelles aux pouvoirs des Medicis : l"Histoire de Virginie"  relate l'histoire de Virginie, victime et esclave d'Appuius Claudius, poignardee par son pere ou "L'Histoire de Lucrece" qui se suicide pour sauver son honneur, tableaux peints entre 1498 et 1504. 
A partir de 1500, Botticelli s'engage dans la representation de la vie du premier eveque de Florence, Saint Zenobie en quatre tableaux, qu'il fera achever par son atelier, car devenu infirme a partir de 1504, il ne peut plus peindre. Il laisse inacheve une "Adoration des Mages", et meurt en Mai 1510 dans la maison de la Via della Porcellanna ou il aura travaille toute sa vie, en etant reconnu comme le plus grand peintre de son epoque.

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Bootleg: GROOVE IS IN JAH HEART by DJ Shepdog

Publié le 29 Novembre 2016 par bigwhy dans musique, video, cover, mash up, groove, reggae, UK, label, internet, facebook, rousse

Bootleg: GROOVE IS IN JAH HEART by DJ Shepdog

Hier je vous parlais, rapidement de la chanteuse rousse de DEEE LITE: Miss Kier, qui avait pompé son look kitch sur la Kate des B 52'S, et bien voila le retour du baton! DJ Shepdog l'un des boss de l'excellent label anglais: NICE UP RECORDS, spécialisé dans le Mash Up reggae/ hip hop, pille à son tour la belle rousse, pour nous sortir une version démente du tube (unique?) Groove is in the heart. 

La vie est un eternel recommencement, la musique peut etre recyclée ad vitam!

Bootleg: GROOVE IS IN JAH HEART by DJ Shepdog
Bootleg: GROOVE IS IN JAH HEART by DJ Shepdog
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Les Rousses dans l'Art (4): Légendes Arthuriennes

Publié le 28 Novembre 2016 par bigwhy dans art, erotisme, iconographie, histoire, legende, rousse

Guenievre sauvé par Lancelot William Russel Flint

Guenievre sauvé par Lancelot William Russel Flint

Guenièvre dont le nom gallois Gwenhwyfar  qui signifie « blanc-fantôme » la reine Guenièvre est un personnage de la légende arthurienne, femme du roi Arthur. Sa relation adultère avec Lancelot est un thème récurrent du cycle.

Figure archétypale de la dame courtoise, fée, déesse, Guenièvre est un personnage aux multiples facettes qui illustre le foisonnement de l’imagination médiévale. Femme idéalisée ou cristallisation fantasmatique des désirs de l’homme, elle est la projection du désir charnel et des aspirations spirituelles.

Elle est généralement présentée comme la fille du roi Léodagan de Carmélide qui avait de très bonnes relations avec le roi Arthur et permit ainsi leur rencontre. 

Guenièvre ne fait l’objet au mieux que de courtes mentions dans les chroniques. Son personnage s’étoffe à partir du XIIe siècle dans la littérature proprement dite, chez Chrétien de Troyes par exemple, qui répond peut-être aux attentes d’un public de dames nobles de la cour de Marie de Champagne intéressées par les personnages féminins. Dans le cycle arthurien, développé sur quelques siècles par de nombreux auteurs, elle apparait tantôt comme un personnage entièrement négatif, faible ou opportuniste, tantôt comme une dame noble remplie de qualités mais victime de la fatalité.

Les intrigues auxquelles elle est mêlée varient dans le détail au fil du cycle. La synthèse suivante récapitule les principales :

Elle est la fille du roi Léodagan, qui a servi Uther Pendragon et est parmi les premiers à reconnaître Arthur. Lorsque ce dernier accourt à son aide, il rencontre Guenièvre. Ils s’éprennent l’un de l’autre et convolent, mais à l’arrivée de Lancelot du Lac à la cour, c’est le coup de foudre immédiat et le début d’une relation adultère qui ne sera découverte que plus tard par le roi, lorsqu’il constate à l’issue d’un festin l’absence simultanée des amants. Agravain et Mordred, fils du roi Lot, s’étant portés témoins du forfait, pression est faite sur Arthur pour qu’il fasse périr Guenièvre sur le bûcher. Il s’y résout à contrecœur. Lancelot ayant promis de sauver la reine avec l’aide de sa parentèle, Arthur fait protéger le site de l’exécution par les autres chevaliers. Lancelot a le dessus, Gaheris et Gareth, frères de Gauvain, sont tués au combat. Gauvain pousse Arthur à poursuivre Lancelot en France où il s’est réfugié. En prévision de sa campagne française, Arthur laisse Guenièvre, semble-t-il, amnistiée, à la garde de Mordred. À peine le roi parti, Mordred révèle ses intentions de s’emparer du trône et d’épouser Guenièvre. Celle-ci, selon les versions, accepte ou s’enfuit pour se réfugier à la tour de Londres et enfin dans un couvent. Ayant appris les nouvelles, Arthur retourne en Bretagne, confronte Mordred à Camlann et le tue, mais lui même est mortellement blessé. Il est emmené par Merlin à Avalon. Quant à Guenièvre, après une dernière rencontre avec Lancelot, elle se retire dans son couvent pour y finir ses jours.

À partir de Chrétien de Troyes, elle devient l'amante de Lancelot, mais selon une tradition reflétée dans le Roman de Yder (~1210) et La Folie Tristan du manuscrit de Berne, son amant serait Yder. En tout état de cause, Guenièvre est souvent enlevée ou séduite.

Morgane le Fay ; John Spencer Stanhope 1880; Frederic Sandys 1864
Morgane le Fay ; John Spencer Stanhope 1880; Frederic Sandys 1864

Morgane le Fay ; John Spencer Stanhope 1880; Frederic Sandys 1864

La fée Morgane est un personnage du cycle arthurien, dans lequel elle est la demi-sœur — occasionnellement la sœur — magicienne du roi Arthur. Elle y est généralement présentée comme une adversaire du roi, de sa femme Guenièvre et des chevaliers de la Table ronde.

Chez Geoffroy de Monmouth, c’est la principale des neuf enchanteresses qui accueillent Arthur à Avalon après la bataille de Camlann ; chez Chrétien de Troyes, elle est présentée comme une sœur d’Arthur magicienne et guérisseuse coopérant avec son frère. C’est à partir du Lancelot-Graal que son personnage se précise : elle devient l’adversaire d’Arthur, fille d’Ygraine et de Gorlois, sœur d’Élaine et de Morgause, demi-sœur — par sa mère — d’Arthur et femme — souvent infidèle — du roi Urien de Gorre avec qui elle ne s’entend pas et dont elle a un fils, Yvain. Merlin est son maître de magie.

Dans les adaptations modernes de la légende arthurienne, elle remplace quelquefois Morgause, beaucoup moins connue qu’elle, comme mère de Mordred, fils incestueux d’Arthur. Elle y est présentée comme une séductrice maléfique, mais aussi parfois comme un personnage positif incarnant un pouvoir féminin désapprouvé par la société médiévale.

Le personnage de Morgane se caractérise par sa complexité. Selon les auteurs elle est une fée ou une humaine, elle est bénéfique ou maléfique, elle est sœur, demi-sœur ou sans lien de parenté avec Arthur, etc.

Le nom de Morgane signifie en breton « née de la mer ». Cependant, pour certains auteurs, cette étymologie simple n'est pas satisfaisante. Morgane serait une variante de Morrigane qui en gaëlique signifie grande reine.

Dans le premier texte écrit où elle apparaît, son nom est écrit Morgen. Dans les romans du XIIe et XIIIe siècle, elle apparaît comme Morgane ou Morgain.

Dans le Lancelot-Graal Morgane change de personnalité et devient une opposante à Arthur et à la Table ronde. Elle n'est plus le personnage magique qui sauve Arthur mais une figure néfaste qui emprisonne les chevaliers infidèles à leur dame dans le Val-sans-retour, situé à Brocéliande, et qui essaie de briser l'amour de Lancelot et de la reine Guenièvre.

C'est dans ce cycle que lui est donnée une histoire. Morgane est la fille dYgraine et de Gorlois, duc de Cornouailles, sœur d'Élaine et de Morgause et demi-sœur d'Arthur. Envoyée dans un couvent lorsqu’Uther Pendragon tue son père et épouse sa mère, elle reçoit une éducation complète puis est accepté par Merlin comme élève dans les arts magiques. Uther lui fait épouser Urien qu’elle n’aime pas. Femme luxurieuse, elle tombe amoureuse, à Camelot, d'un chevalier, Guiomart, cousin de la reine Guenièvre. Celle-ci rompt leur relation et, dès lors, Morgane déteste son frère et Guenièvre. Cette haine s'accentue après que Lancelot rejette ses avances. Dans certains contes Morgane chercher à se venger de Guenièvre, en la prenant en défaut, par exemple en portant à la cour une coupe magique qui révèle l’infidélité (Tristan en prose). Dans Sire Gauvain et le chevalier vert Morgane est la complice de la belle dame de Haut-Désert, toutes deux recherchant la mort de Gauvain par des actes fourbes et traîtres.

Dans Le Morte d'Arthur elle s’empare d’Excalibur et pousse son amant Accolon à tuer Arthur, mais le plan échoue. Dans certains récits, elle s’empare du fourreau - dans lequel réside, selon certains, le pouvoir protecteur de l’épée - et le jette dans un lac. Dans d'autres récits, Morgane initie son neveu (ou fils, cela varie selon les récits) Mordred pour qu'il puisse tuer Arthur. Mordred réussit à tuer Arthur et cela marque la fin d'Albion. Le corps d'Arthur est transporté dans un bateau par trois femmes : Ygraine, la Dame du Lac et Morgane.

Certaines sources lui attribuent effectivement la maternité de Mordred, conçu de façon « fortuite » : Morgane lors d'une fête païenne représente la jeune vierge offerte au dieu Cornu qui n'est autre qu'Arthur, sans qu'aucun des deux ne le sache. Ce n'est qu'une fois le rite accompli que les deux amants découvrent l'identité de l'autre.

Le nom de Morgane la lie peut-être aux morgan/morgen, fées des eaux séductrices et dangereuses du folklore brittonique.

The Lady of Shalott John William Waterhouse 1888

The Lady of Shalott John William Waterhouse 1888

La fée Viviane ou la Dame du Lac est un personnage des légendes arthuriennes qui donne l'épée Excalibur à Merlin qui la remet ensuite au roi Arthur, guide le roi mourant vers Avalon après la bataille de Camlann, enchante Merlin, et éduque Lancelot du Lac après la mort de son père. Les différents auteurs et copistes de la légende arthurienne ont donné à la Dame du Lac divers noms tels que Viviane, Niniane, Nyneve ou Nimue.

Viviane vivait dans les forêts de Brocéliande, de Darnantes et de Briosque (dans lesquelles vivraient de nombreuses espèces féeriques comme les dragons). Elle enleva le jeune Lancelot, alors qu'il était encore enfant, après la mort de son père le roi Ban de Bénoïc (mort de tristesse en voyant brûler sa chère ville de Trèbes). Elle l'emmena au plus profond de son Lac, appelé aussi Lac de Diane, où elle l'éleva. Lancelot n'en ressortit pas avant l'âge de dix-huit ans. De son côté, sa mère, la reine Elaine, se retira dans un couvent jusqu'à la fin de sa vie. Viviane enseigna les arts et les lettres à Lancelot, lui insufflant sagesse et courage, faisant de lui un chevalier accompli. Elle le mena alors à la cour d'Arthur, à Camelot, afin d'y être adoubé et le présenta aux chevaliers de la Table Ronde, dont il devint le plus célèbre représentant.

Après la mort de sa mère Ygraine, Viviane prit soin de Morgane, faisant d'elle une magicienne, tandis que Merlin l'enchanteur s'occupait de l'éducation de son demi-frère, le futur roi Arthur. Selon d'autres textes, Morgane ne serait pas la demi-sœur d'Arthur mais sa sœur et n'aurait pas été élevée par Viviane mais aurait appris, elle aussi, sa magie de Merlin. Viviane protège Arthur, sa cour et l'idéal courtois et chevaleresque qu'il incarne, tandis que Morgane veut la perte de son frère et de sa belle-sœur, la reine Guenièvre.

Dans le cycle de la Post-Vulgate, Viviane n’est pas celle qui donne l’épée. Celle-ci est offerte par une dame anonyme contre la promesse d’un service. Elle arrive un jour à la cour d'Arthur pour le demander : elle veut la tête du chevalier Balin pour venger un membre de sa famille, mais c’est finalement elle qui est décapitée par Balin. L’auteur révèle plus loin qu’il s’agissait en fait d’une personne de peu de valeur morale voulant venger, non la mort d’un parent, mais celle d’un amant illicite. Thomas Malory a repris la version de la Post-Vulgate.

La plus ancienne localisation du Lac se trouve dans le Lancelot en prose, écrit vers 1230. Le lieu où est élevé Lancelot se trouve en effet au nord de Trèves-Cunault, sur la Loire, en un lieu appelé Saint-Pierre-du-Lac, au milieu de la forêt (aujourd'hui disparue) de Beaufort-en-Vallée (le "Bois en Val" du roman).

La belle dame sans merci; Franck Bernard Dicksee 1890

La belle dame sans merci; Franck Bernard Dicksee 1890

Burchard de Worms met en garde contre la croyance selon laquelle des femmes de la forêt sorties de nulle part viennent donner du plaisir aux hommes, puis disparaissent : ce témoignage aux alentours de l'an mille est l'un des plus anciens concernant la fée amante. Elle est décrite comme une magnifique jeune femme surnaturelle qui éveille chez les chevaliers et les héros un désir d'amour immédiat. Des histoires où les hommes héroïques se font aimer de telles créatures féminines se retrouvent partout dans le monde, aussi bien en Grèce antique que chez les Inuits ou les Amérindiens. La fée amante est toutefois une création littéraire occidentale du xiie siècle4. Ses amours sont toujours assujetties à une condition (dans le lai de Lanval, il s'agit de ne pas en parler et dans la légende de Mélusine, de ne pas chercher à la voir le samedi). Si l'interdit n'est pas respecté, la fée peut se venger cruellement, allant jusqu'à donner la mort à ses amants. La Belle Dame sans merci, héroïne d'un poème de John Keats, la reine des fées dans Thomas le Rhymeret celle de Tam Lin sont des exemples de fées amantes piégeant les hommes par leur amour.

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One track a day: LOVE SHACK by The B 52'S

Publié le 28 Novembre 2016 par bigwhy dans musique, video, pop, USA, 80's, internet, rousse

One track a day: LOVE SHACK by The B 52'S

Dans la série des rousses brulantes, j'appelle Kate Pierson, l'une des 2 chanteuses des Absolument Fabuleux: B 52's.  Look Kitch entre sixties & disco, qui inspirera bon nombre de copieuses (Deee Lite....), pour une musique toujours de bonne humeur, la preuve ce Love Shack, qui célèbre les amours & escapades champètres! Bref un rayon de soleil, quand la saison vous fille le cafard!

Si tu vois une petite indication, bien effacée, sur le bord
de la route qui dit
15 kilomètres avant "la hutte de l'amour", la hutte de
l'amour! Yeah
Je me dirige sur l'autoroute d'Atlanta, cherchant pour une
escapade d'amour
Je vais vers une escapade amoureuse, escapade amoureuse
Je me suis acheté une voiture, grosse comme une baleine et
on se dirige
Vers la hutte de l'amour
Je me suis acheté une Chrysler, dans laquelle on peut
s'asseoir 20
Alors dépêche-toi et apporte ton change pour le juke-box

La hutte de l'amour est un petit endroit, où l'on peut
être ensemble
La hutte de l'amour, bébé, la hutte de l'amour, bébé
Amour bébé, voilà ce dont il est question, Oooh l'amour
bébé, voilà ce dont il est question

Les indications disent.. Woo...restez loin d'ici,
imbéciles, car c'est l'amour qui règne dans la hutte!
Elle est située, bien retirée, dans le milieu d'un champ
Ce n'est qu'une drôle de petite cabane et je dois revenir

Scintillement sur le matelas
Scintillement sur l'autoroute
Scintillement sur le porche
Scintillement dans l'entrée

La hutte de l'amour est un petit endroit, où l'on peut
être ensemble
La hutte de l'amour, bébé, la hutte de l'amour, voilà où
l'on va!

Se caresser, s'embrasser, danser, faire l'amour, ne porter
presque rien
Parce qu'il fait chaud comme dan un four
Toute la cabane s'ébranle! Toute la cabane s'ébranle quand
tout le monde
Bouge partout, partout, partout!
Tout le monde bouge, tout le monde danse, bébé!
Les vieux font la ligne d'attente dehors juste pour voir
Tout le monde bouge, tout le monde danse, bébé!
Drôle de petite cabane! Drôle de petite cabane!

De retour dans ma Chrysler, grosse comme une baleine, et
nous allons lever les voiles!
Je me suis acheté une Chrysler, dans laquelle on peut
s'asseoir 20
Alors dépêche-toi et apporte ton change pour le juke-box

Bang bang bang sur la porte bébé! Cogne un peu plus fort,
bébé!
Bang bang bang sur la porte, bébé! Je ne peux t'entendre.
Ton quoi? Le dessus de la boîte, rouillé...!
La hutte de l'amour, bébé, la hutte de l'amour!
L'amour, bébé, voilà de quoi il s'agit
Se caresser, s'embrasser, danser, faire l'amour, à la hutte
 

One track a day: LOVE SHACK by The B 52'S
One track a day: LOVE SHACK by The B 52'S
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Les Rousses dans l'Art (3): Histoire

Publié le 26 Novembre 2016 par bigwhy dans art, erotisme, iconographie, rousse, histoire

Frederick Sandys, "Helen of Troy" 1867

Frederick Sandys, "Helen of Troy" 1867

Fruit des amours de Léda, reine de Sparte, et de Zeus, Hélène est née selon la mythologie grecque, dans un œuf. Ce qui n’est guère commun, mais compréhensible lorsque l’on sait que Zeus pour séduire sa mère, avait pris la forme d’un cygne. Est-ce par son statut de demi-dieu, ou par sa naissance inhabituelle – l’œuf étant un symbole de perfection de la création de la terre – qu’elle est considérée comme l’une des plus belles femmes de Grèce (et donc du monde) ? Hélène a naturellement été l’objet de nombreuses convoitises : ravie par Thésée puis courtisée par les seigneurs du pays, elle est finalement enlevée par Pâris et emmenée à Troie, alors qu’elle est l’épouse du roi Ménélas.
N’est ce pas surprenant de voir la plus belle des femmes représentée en rousse replète à la peau d’albâtre ?
Pas tant que ça si l’on se rappelle que l’enlèvement d’Hélène est à l’origine de la Guerre de Troie… Pour récupérer sa femme, tombée amoureuse de son ravisseur et qui refusait de partir, le roi de Sparte et son armée assiégèrent Troie pendant des années, finissant comme on le sait par pénétrer la ville grâce à la ruse d’Ulysse et son cheval de bois. Cette femme séductrice est ainsi la cause d’un lourd conflit qui engendra de nombreux morts. Cette femme nuit aux hommes, elle est dangereuse, elle ne peut qu’être rousse !
L’association parait certainement évidente pour le public Victorien de l’époque de Frederick Sandys, peintre évoluant dans la mouvance pré-raphaélite. Les rousses sont à la mode auprès de cette vague d’artistes friands de symbolisme et fascinés par la dualité de l’image féminine.
Sandys interprète celle d’Hélène en lui donnant une moue d’enfant boudeuse, au teint glacial. Elle semble observer quelque chose au loin, se tenant sur ses gardes, traversée de pensées pernicieuses. Mieux vaut se tenir à distance de cette femme secrète et inquiétante.
Pourtant sans son expression de visage, elle pourrait par son opulence et sa blancheur dégager un côté bourgeois et moelleux anachronique, qui serait presque rassurant si son regard bleu perçant et sa chevelure épaisse et brûlante ne nous intimaient de nous méfier.
Mis à part son collier, rien ne la lie d’ailleurs à la Grèce antique, elle pourrait tout à fait être le portrait d’une contemporaine de Sandys. L’artiste n’essaierait-il donc pas d’avertir son public sur l’intemporalité de la perfidie de la gent féminine ? A moins que cette toile ne soit qu’un prétexte de plus à représenter une femme intrigante, suscitant désir et fascination chez le spectateur.

Phryne, Gustave Boulanger, 1850,

Phryne, Gustave Boulanger, 1850,

Gustave Boulanger se spécialisa dans les sujets orientalistes à la suite de ses voyages en Grèce et en Afrique du Nord.  Sa vision de l’Orient n’en reste pas moins idéalisée, ou sublimée, s’inscrivant ainsi dans cette vogue d’exotisme « romantique » qui traversa  son époque.
L’inspiration de sa « Phryne » provient des textes grecs antiques.
Même si on le croirait à première vue, cette femme n’est pas une esclave de harem oriental, mais une prostituée athénienne du IVeme siècle av. JC. Ou plus précisément une « hétaïre », courtisane haut de gamme de la société grecque. Parmi ses clients et protecteurs célèbres, Phryne comptait Pline l’Ancien et le sculpteur Praxitèle, dont on présume qu’il l’utilisa comme modèle pour une Aphrodite.
Si elle a laissé son empreinte de la sorte dans les arts, c’est pour l’histoire de son procès et le mythe qu’elle a ensuite symbolisé. Jugée pour impiété car elle s’était baignée nue un jour de fête religieuse, Phryne fut amenée devant l’aréopage pour répondre de son crime. L’orateur Hypéride, dont elle était la maîtresse, prit sa défense et arracha sa tunique pour dévoiler sa poitrine à l’assemblée. Tant de beauté ne pouvait qu’être justifiée par un signe de la protection d’Aphrodite. Phryne  fut alors acquittée par les jurés, de peur de fâcher la déesse, puis amenée triomphalement au temple de sa « patronne ».

Celle-ci fixe au contraire le spectateur avec intensité, tout à fait consciente de ses charmes et ouvertement complice d’un plaisir exhibitionniste face aux voyeurs que nous sommes. Le miroir qu’elle tient dans la main droite ne nous laisse plus croire en la candeur que Gérôme essayait mollement de transmettre. Cette femme là est parfaitement au fait de la beauté de son corps et du pouvoir qu’elle peut en tirer sur les hommes, comme le prouve l’histoire de son jugement.

Le détail qui frappe et tranche avec toute la belle harmonie orientale du tableau est sans nul doute la surprenante chevelure rousse. Cette couleur de cheveux ne sied pas aux traits grecs de Phryne accentués par le peintre, mais elle synthétise la vision qu’il a de cette femme.
En France au XIIIeme siècle, Saint-Louis promulgua un édit obligeant les prostituées à se teindre les cheveux en roux, pour être reconnues et distinguées des autres femmes (le roux évoquant bien sûr le feu et la lubricité de Satan). Selon l’inconscient collectif qui en est issu, Boulanger insiste donc sur la profession de Phryne en la peignant rousse, ajoutant même par là une note de vulgarité et de provocation dans le contraste entre la chevelure, les sourcils et les yeux noirs. En associant Phryne à la rousseur, il alimente la légende des femmes rousses en tant que pécheresses notables, séductrices et manipulatrices. C’est aussi une façon d’autoriser doublement les spectateurs à fantasmer sur cette chair lisse et dorée, déjà offerte à tous du vivant de Phryne.

Lucrece Borgia de Bartolomeo Veneto

Lucrece Borgia de Bartolomeo Veneto

Dans la famille Borgia, Lucrèce est celle qui traîne de façon injuste la réputation la plus sulfureuse. Empoisonneuse, incestueuse, lubrique et satanique, que n’a-t-on pas écrit sur la fille du pape Alexandre VI et de sa maîtresse Vanozza de Cattanei !

Parmi les grands narrateurs de cette légende noire, on trouve Victor Hugo qui a romancé sa vie pour mieux remplir les théâtres des boulevards : « Famille de démons que ces Borgia !» lance-t-il…. La femme fatale trouve en plein romantisme un public à mesure : l’émotion le dispute à l’histoire, toutes les anecdotes sont bonnes pour faire trembler les foules, et tant pis pour la vérité historique !

En réalité, Lucrèce Borgia fut sans doute la première victime de sa famille plutôt que l’entremetteuse avide et sanglante que l’on imagine : sa famille va la marier trois fois, sans lui demander évidemment son avis, au gré des alliances et d’une politique territoriale complexe.

Edmund Blair Leighton: The Accolade (L'Adoubement) (1901)

Edmund Blair Leighton: The Accolade (L'Adoubement) (1901)

ALIENOR  D’AQUITAINE (1122-1204) Son prénom signifie « L’aigle d‘Or » ou La Lumière de Dieu. Une femme d’exception qui a eu une vie riche et remplie.

On la a Louis VII roi de France marie le 25 juillet 1137 à Bordeaux,  Aliénor a 15 ans.

Aliénor donne deux filles à Louis VII qui fait sans cesse la guerre à ses Barons révoltés. A Vitry 1300 personnes se réfugient dans la cathédrale qui brûle et les tue tous. Pour son pardon ils doivent partir en croisade que prêche Saint Bernard de Clairvaux à Vézelay le 31 mars 1146. Ils marchent le long du Danube jusqu’à Byzance et puis Erdesse où Aliénor retrouve son oncle Raymond de Poitiers, comte d’Erdesse, qui parle occitan. Là ils se disputent car Aliénor veut aider son oncle en danger, qui sera tué par les Musulmans deux ans après. Louis VII fait enlever sa femme par ses soldats et l’amène à Jérusalem en pélerinage.

Au retour leurs bateaux se séparent, elle est en Sicile et lui en Calabre. Ils se retrouvent à Rome où le Pape Eugène III les réconcilie et les amène au lit. De retour en France, Aliénor accouche de sa seconde fille, Alix.

Et le 21 mars 1152 leur mariage est annulé par le concile de Beaugency, pour parenté au cinquième degré. Alors elle choisit Henri Plantagenet, comte d’Anjou et duc de Normandie, qui a 20 ans et elle 30 ans. En janvier 1153 Henri Plantagenet débarque et conquiert l’Angleterre. Aliénor a son premier fils Guillaume. Le 19 décembre 1154 Henri et Aliénor sont  couronnés roi et reine d’Angleterre. En février 1155 elle a son deuxième fils Henri, puis encore six enfants. Ils gèrent l’Angleterre et la moitié de la France (Bretagne, Normandie, Poitou, Limousin, Aquitaine).

Ils traversent dix fois le Channel. Puis avec le temps vers 1165 Henri reste en Angleterre et Aliénor en France. En 1166 Aliénor accouche en Angleterre  de son huitième enfant Jean-sans-terre et apprend la maîtresse de son mari le roi. Pour les Anglais c’est Fair Rosamund, blanche et rousse, cachée par un tunnel et un labyrinthe, Aliénor le perce et l’oblige à boire du poison. Pour les Français c’est la Rose immonde en son château de Woodstock. Puis Aliénor ne revient plus en Angleterre et mène une guerre à son mari par ses fils interposés. D’abord Henri qui est fait roi par son père.

Puis en 1174 près de Chartres les seigneurs de Lusignan font prisonniers une dizaine de chevaliers poitevins. Ils les emprisonnent à la tour de Chinon et ils découvrent que l’un est une femme, c’est Aliénor. Alors elle vendue au plus offrant et revendue, finalement c’est son mari, le roi d’Angleterre qui l’emprisonne dans un château anglais, où à  53 ans, elle va être enfermée neuf ans. Deux après en 1176 Rosamonde meurt malade dans un monastère, donc ce n’est pas Aliénor qui l’a assassiné.

Elle a été à l’origine de la guerre de Cent ans avec les Anglais qui revendiquaient sans cesse les immenses domaines d’Aliénor surtout en Aquitaine. 

Elizabeth 1er de George Healy

Elizabeth 1er de George Healy

Le portraitiste américain George Healy (1813-1894) a réalisé la copie du célèbre Portrait à l’arc-en-ciel. L’œuvre originale est peinte à la toute fin de la vie d’Élisabeth, peut-être entre décembre 1602 et mars 1603, mais il n’est pas impossible qu’elle ait été achevée après la mort de la reine. 

Fille d’Henri VIII et de sa deuxième épouse, Anne Boleyn, Élisabeth parvient au pouvoir en 1558. Elle succède à sa demi-sœur Marie Tudor, qui était catholique. Elle-même est protestante, et le pape n’hésite pas à l’excommunier et à proclamer sa destitution en 1570. La reine doit non seulement maîtriser le mécontentement des catholiques, qui se soulèvent dans le nord du royaume en 1569, mais aussi résister aux Espagnols, qui fomentent des complots contre elle et préparent l’invasion de l’Angleterre en 1588. Elle meurt en mars 1603, sans avoir jamais été mariée. 
 

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Bookcrossing: BORGIA de Manara & Jodorowsky

Publié le 26 Novembre 2016 par bigwhy dans livre, BD, erotisme, histoire, rousse

Bookcrossing: BORGIA de Manara & Jodorowsky

Collaborant avec Jodorowsky pour donner un aperçu de la mythique famille des Borgia, Manara renoue avec l'esprit des grands récits d'Hugo Pratt. 

Bien que l'intrigue soit fondée sur des faits historiques, Jodorowsky n'hésite pas à prendre ses distances par rapport à l'Histoire, choisissant d'accentuer la vie dissolue de la famille Borgia tout en conservant, notamment grâce au dessin extrêmement précis, réaliste et sensuel de Manara, une ambiance propre à transcrire cette époque de décadence, de luttes de pouvoir complexes et de violence.

Cette série n'est évidemment pas à mettre entre toutes les mains puisque nombreuses sont les scènes de débauche en tout genre : alcool, relations incestueuses (entre le père et la fille, la sœur et le frère, l'oncle et la nièce), orgies sexuelles, corruption et assassinats sont omniprésents. Ce qui dénote une critique sévère de la religion, mais plus largement aussi du pouvoir et de l'abus qui en est presque systématiquement fait. En outre, la conclusion de la quadrilogie peut donner raison à ceux qui chercheraient une portée morale à tout cet étalage de luxure et de violence, puisque la famille Borgia est déchue de ses fonctions, la majorité de ses membres sont assassinés ou morts et le dernier survivant, César, cache son visage défiguré par la vérole derrière un masque.

Manara, en raison de son expérience dans la bande dessinée érotique, était tout désigné pour réaliser cette série. À travers de larges cases où se déroulent des scènes carnavalesques d'orgie, emplies de détails plus croustillants les uns que les autres, on perçoit le plaisir éprouvé par Manara lors de leur réalisation ainsi que l'étendue de son talent. Le parti pris d'un rendu rétro des couleurs peut rebuter au départ mais sert finalement à la perfection l'ambiance à la fois faste et décadente de cette époque.

Bookcrossing: BORGIA de Manara & Jodorowsky
Bookcrossing: BORGIA de Manara & Jodorowsky
Bookcrossing: BORGIA de Manara & Jodorowsky
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Pinup: SHUT UP OR I'LL KILL YOU by Niagara

Publié le 25 Novembre 2016 par bigwhy dans pin up, erotisme, rousse, musique, video, punk rock, USA, internet, pop art

Pinup: SHUT UP OR I'LL KILL YOU by Niagara

Avant d'etre un obscur & désormais oublié groupe de varieté française, Niagara c'était une artiste déjantée, punk jusqu'au bout des ongles, peintre d'un pop art transgressif & chanteuse du groupe Destroy All Monsters ( groupe des frères Asheton après la séparation des stooges).

Pinup: SHUT UP OR I'LL KILL YOU by Niagara
Pinup: SHUT UP OR I'LL KILL YOU by Niagara
Pinup: SHUT UP OR I'LL KILL YOU by Niagara
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Bookcrossing: ILS SAVENT TOUT DE VOUS de Iain Levison

Publié le 25 Novembre 2016 par bigwhy dans livre, polar, USA

Bookcrossing: ILS SAVENT TOUT DE VOUS de Iain Levison
Un flic et un tueur de flic télépathes utilisés par le FBI... Avec ce thriller, l'auteur dénonce une société sous surveillance. Une ironie engagée.

Avec Un petit boulot (2003), Tribulations d'un précaire (2007) et encore Arrêtez-moi là ! (2011), Iain Levison n'a cessé de pointer du doigt la violence du système social, les injustices qu'il génère. Né en Ecosse en 1963, arrivé aux Etats-Unis alors qu'il était encore enfant, Levison scrute l'Amérique avec méfiance et humour, prenant place au côté des victimes prêtes à se rebeller. Ils savent tout de voussemble, au premier abord, faire un pas de côté. Roman d'anticipation, il met en scène deux personnages qui se réveillent un jour avec le don de télépathie. Snowe, flic du Michigan plutôt discret, peut lire dans les pensées de ceux qui l'entourent : les mensonges d'un suspect, les fausses victimes et la veulerie de ses collègues n'ont aucun secret pour lui. Il pourrait s'en servir pour s'élever dans la hiérarchie, devenir un policier d'élite, mais ce don qu'il détient va en réalité virer rapidement au cauchemar. Parallèlement, Denny Brooks, tueur de flic et condamné à mort, pour l'heure enfermé dans une prison d'Etat, est affublé du même syndrome. Ces deux hommes que tout oppose vont être pris en main par le FBI, qui a pour but de les transformer en marionnettes à sa solde. Une occasion pour le romancier de dénoncer un monde sur écoute, où la surveillance des individus est permanente.

Belle fiction sur la manipulation des esprits et la paranoïa, ce remarquable thriller reste toujours à hauteur d'homme. Les deux télépathes ne sont pas de ces héros invincibles que mettent en scène les blockbusters, mais des individus qui se débrouillent comme ils peuvent pour sortir du piège dans lequel ils se trouvent enfermés. Entre courses-poursuites, armes lourd es et rencontres improbables dans des bars à drogués, l'auteur manie l'ironie pour mieux s'interroger sur la liberté individuelle. Mais aussi sur le pouvoir lorsqu'il vire à la malédiction — car entendre les pensées des autres bour­donner dans sa tête peut s'avérer vraiment la pire des punitions...

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