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Bigwhy? Finest?

Fanzine Enthousiaste & Curieux

Bookcrossing: UBIK de Philip K Dick

Publié le 30 Septembre 2016 par bigwhy dans livre, science fiction, USA, internet

Bookcrossing: UBIK de Philip K Dick

Ecrit en 1969, Ubik est à mon sens, le roman majeur de Philip K. Dick. Son intrigue est en apparence extrêmement linéaire, menant simplement les personnages d'un lieu à un autre, au fil d'une quête de la vérité. Elle se révèle en fait d'une terrible complexité. Pour comprendre cela, quelques mots d'explications afin de voir comment Dick se sert de codes connus du lecteur (et qu sont loin d'être réservés au lecteur de SF) pour le prendre à son propre jeu, en un mot, pour le manipuler.

Dans un futur proche, 1992, un groupe de télépathes est à la poursuite d'une organisation criminelle. Les voilà sur la Lune, au début du roman, ne sachant pas qu'ils sont en train de tomber dans un piège.

A priori, rien que de très convenu. Cette scène d'action est à l'image de l'ensemble du début du roman. On y retrouve même l'aspect décalé de celui-ci, avec une description d'une société future finalement assez parodique (tous les éléments de la SF de l'époque sont présents mais réduits à leur plus simple expression).

Pourtant cette scène est le fondement même du roman, le point à partir duquel l'intrigue va réellement se développer. Ou plutôt une fausse intrigue va apparaître insidieusement.

En effet l'ensemble des personnages va croire avoir survécu à l'attentat, alors qu'il n'en est rien: ils sont tous morts, placés en semi-vie. Cette technologie permet de prolonger l'agonie, d'étendre les derniers instants de la conscience.

Ainsi les personnages circulent dans le monde fantasmatique des semi-vivants persuadés d'être seulement les victimes de la violence du monde. Dire cela revient à mettre à plat la complexité du texte. Car ce n'est révélé que progressivement au lecteur: le texte entier suivant fidèlement la prise de conscience des personnages, le lecteur appréhende le monde au même rythme qu'eux.

Donc le lecteur pense, avec eux, que le réel se dissout petit à petit; il est leur égal, victime de la même manipulation. Un simple exemple pour vous convaincre: remarquez combien le narrateur se fait discret, finissant même par prendre le point de vue du personnage:

Ignorants leur nouvelle condition — et, j'insiste, partageant cette ignorance avec le lecteur — les divers protagonistes vont donc voir ce qu'ils acceptent comme la réalité se déliter progressivement. Le monde va se mettre à régresser dans le temps, des anachronismes vont apparaître, certains vont mourir sans raison apparente. Le lecteur coutumier de la SF accepte tout cela, est certainement un peu dérouté mais attend de pied ferme l'explication finale.

Une écriture du réel troublé.

Regardez bien, le deuxième paragraphe n'a pas d'alinéa. Ce trois fois rien est pourtant lourd de sens. Cette absence dans une convention de présentation typographique signifie pourtant l'étrangeté, l'au-delà de la réalité, dans laquelle viennent de pénétrer les protagonistes. Dans cet espace blanc séparant deux paragraphe se situe le passage du réel et du monde fantasmatique (et fantasmé) où se trouvent dorénavant nos héros.

A partir de ce moment tout devient possible. Les régressions temporelles se multiplient, au monde de 1992 se substitue progressivement celui 1939.

Le plus étonnant va peut-être se trouver dans les messages de Glen Runciter, celui qui est censé être victime de l'attentat lunaire. Ils interviennent de façon sporadique parfois grafitis, parfois publicités.

Le brave Glen cherche à prévenir ses employés du danger qui les menace. Jory, un autre semi-vivant, se nourrit de l'énergie vitale de ses victimes. Il est en train de décimer le groupe. L'ensemble du bourg où ils se retrouvent finalement n'est qu'une illusion, une réserve où Jory pioche à loisir... Pourtant si la réalité perturbée que découvrent les protagonistes semble à bien des égards être proche du labyrinthe, il arrive que le créateur soit également prisonnier de cette création qu'il croit maîtriser. Jory est lentement dépassé par des forces qu'il ne contrôle pas. Il n'a, dans le monde illusoire de la semi-vie que le statut pathétique de dieu autoproclamé :

Joe Chip se trouve ainsi dans un monde créé par Jory. Cela pourrait être suffisant. A la limite, le lecteur paresseux attend que Joe lui règle son compte. Cependant Ubik décrit une lente prise de conscience de sa propre mort physique, de sa présence à l'intérieur d'un univers créé par un semi-vivant qui se nourrit de l'étincelle de vie qui persiste encore. Mais Jory n'est pas l'être omnipotent qu'il prétend incarner. Il n'a fait que créer une réalité dans laquelle se meuvent ses futures proies. Dick continue à manipuler le lecteur quand Joe Chip va découvrir l'existence d'une force permettant de contrer l'entropie que représente Jory. Disponible, entre autres manifestations, sous la forme d'un aérosol, justement nommée l'Ubik.

Le combat pour la réalité, pour la survie des semi-vivants qu'entame alors Joe Chip fait de lui, par son acceptation de sa condition et du monde où il se trouve, le véritable champion de cette nouvelle réalité.

Où rien n'est réel si ce n'est la vie elle-même.

(critique tirée de: http://www.troublesdureel.fr/)

Bookcrossing: UBIK de Philip K Dick
Bookcrossing: UBIK de Philip K Dick
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Cover: If I Should Fall from Grace with God by Young Dubliners

Publié le 30 Septembre 2016 par bigwhy dans musique, video, cover, celtic, rock, folk, USA, internet, facebook

Cover: If I Should Fall from Grace with God by Young Dubliners

Une très belle reprise des Pogues, signée par les Young Dubliners, qui comme son nom ne l'indique pas, sont de Los Angeles!

Si je devais perdre la grâce de Dieu
Et qu'aucun médecin ne puisse me soulager
Si je suis enterré sous la terre
Mais que les anges refusent de m'accueillir

Laissez-moi partir, les gars
Laissez-moi partir, les gars
Laissez moi m'écrouler dans la boue
Là où toutes les rivières s'assèchent

Cette terre a toujours été à nous
C'était le digne pays de nos pères
Elle nous appartient, à nous et à eux
Pas à qui que ce soit d'autre

Laissez-les partir, les gars
Laissez-les partir, les gars
Laissez-les s'écrouler dans la boue
Là où toutes les rivières s'assèchent

Immergez-moi en haute mer
Là où aucun fantôme assassiné ne pourra me hanter
Si je flotte sur les vagues
Aucun cadavre ne pourra reposer sur moi

On arrive à trois, les gars
On continue à se rapprocher de trois, les gars
Laissez-les s'écrouler dans la boue
Là où toutes les rivières s'assèchent

Si je devais perdre la grâce de Dieu
Et qu'aucun médecin ne puisse me soulager
Si je suis enterré sous la terre
Mais que les anges refusent toujours de m'accueillir

Laissez-moi partir, les gars
Laissez-moi partir, les gars
Laissez moi m'écrouler dans la boue
Là où toutes les rivières s'assèchent

Cover: If I Should Fall from Grace with God by Young Dubliners
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Pin Up: Anatomic Bombshell (patti waggin)

Publié le 29 Septembre 2016 par bigwhy dans pin up, vintage girl, 50's, USA, burlesque, film

Pin Up: Anatomic Bombshell (patti waggin)

Les brunes ne comptent pas pour des prunes (n'est-ce pas Bettie!)

Patti Waggin, de son vrai nom Patricia Artae Hardwick, naquit en 1926.
Elle fut mariée à trois reprises, notamment avec Bill Brownell, un champion du motocycliste.
En 1950, après son divorce, elle prit le nom de scène Patti Waggin.
En 1955, elle devint l'épouse de Don Rudolph, dont elle eut un enfant, jusqu'en 1968.
Elle fut d'abord et avant tout une strip-tiseuse.
Elle a joué dans seulement un film, «Lili's wedding night».
Mais elle tint son propre rôle dans des documentaires.

filmographie

Too hot to handle (1950)
Lili's wedding night (1952)
Peek a boo (1953)

Pin Up: Anatomic Bombshell (patti waggin)
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Pin Up: Anatomic Bombshell (patti waggin)
Pin Up: Anatomic Bombshell (patti waggin)
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One track a day: IT'S MY PARTY by Lesley Gore

Publié le 29 Septembre 2016 par bigwhy dans musique, video, rock, pop, 60's, USA

One track a day: IT'S MY PARTY by Lesley Gore

Surprise party vintage girl?

"It's my party" est le premier succès de Lesley Gore, produit par Quincy Jones en 1963. Richard Anthony en fit une adaptation française la même année, assez fidèle au sens de la chanson originale, sortie sous le nom de "C'est ma fête".

Lesley Gore est née à New York. Elle a grandi à Tenafly dans le New Jersey au sein d'une famille juive. Son père, Léo, est un riche fabricant de vêtements pour enfants et de maillots de bain. Elle a 16 ans quand elle rencontre Quincy Jones qui deviendra son producteur.

Lesley est lycéenne à la Dwight School for Girls dans les environs de Englewood quand le single It's My Party est devenu numéro 1 des ventes. Le disque, arrangé par Ellie Greenwich, est ensuite nommé pour un Grammy Award dans la catégorie Enregistrement Rock and Roll. Il s'est vendu à plus d'un million d'exemplaires, et a reçu un disque d'or. En 1980 elle écrit avec son frère Michael Gore des chansons (out here on my own) pour le film Fame.

One track a day: IT'S MY PARTY by Lesley Gore
One track a day: IT'S MY PARTY by Lesley Gore
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Film a voir: LOOPER de Rian Johnson (2012)

Publié le 28 Septembre 2016 par bigwhy dans film, science fiction, polar, Bande annonce, USA

Film a voir: LOOPER de Rian Johnson (2012)

Une série B d’anticipation où les personnages, qui voyagent dans le temps, sont à la fois victimes et tueurs.

Bien que situé en 2044, et nous plongeant d’emblée dans un univers SF où les meurtres ne s’opèrent plus que par l’entremise de voyages dans le temps, Looper commence comme un film noir hollywoodien des années 40.

Tout est là, conforme : la voix off du narrateur qui se présente
et décrit son quotidien de tueur à gages forcément solitaire ; les arrière-salles de tripot où les gangsters préparent leurs méfaits ; même l’apparence vestimentaire du héros, interprété avec un soupçon de détachement adéquat par Joseph Gordon-Levitt, tient du total look Raymond Chandler : pantalons à pinces, chemise blanche, cravate parfaitement ajustée…

Mais justement, lorsque son patron, qui, lui, vient du futur, l’entretient sur son look, il ne mâche pas ses mots : “Vous vous habillez comme des gens d’autrefois, les films dont vous copiez les fringues sont déjà des copies de films plus anciens encore et vous ne le savez même pas.”

La vanne n’est pas seulement cinglante et drôle : elle indique aussi une des clés de ce film où le temps ne cesse de se replier, où on ne sait plus qui du présent ou du passé est une copie de l’autre, où plusieurs couches de l’histoire du cinéma remontent à la surface le temps d’un vertigineux palimpseste.

Le palimpseste, cette technique médiévale consistant à recycler un parchemin déjà écrit pour y appliquer des inscriptions nouvelles, est la figure maîtresse du film. Figure au sens le plus littéral du terme, puisque le visage de son interprète principal Joseph Gordon-Levitt a été retravaillé numériquement pour qu’y affleurent certains traits de son partenaire, Bruce Willis (le nez de JGL prend la courbure abrupte de celui d’un boxeur, ses lèvres sont affinées…). Car tous deux incarnent un même personnage ; le second a été expédié dans le passé pour être exécuté par le premier.

Mais le palimpseste, c’est aussi La Jetée de Chris Marker, autre histoire de meurtre enchevêtrée dans les boucles du temps, où un même homme était victime et témoin de son propre assassinat. Le film en retravaille les courbes jusqu’à y faire figurer son remake officiel, L’Armée des douzesinges de Terry Gilliam, par la simple présence de son ancien héros Bruce Willis.

Dans ce complexe feuilleté, d’autres couches de récits se superposent : une poursuite dans les champs de maïs façon La Mort aux trousses, l’élimination par un tueur du futur d’innocents tous homonymes comme dans Terminator 2

Mais Looper n’est pas pour autant un exercice de style ludique, maniant les références sur le mode du clin d’œil. Au contraire, le film est totalement au premier degré, profond et souvent déchirant.

Chaque citation est coulée dans la matière du film et sert pleinement une dramaturgie où le souvenir joue un rôle obsédant. Les souvenirs prolifèrent, certains viennent même du futur (l’épouse morte de Bruce Willis). Il faut les fuir sinon ils vous détruisent.

En face, il y a les prémonitions. À deux reprises, un personnage dit voir la vie d’un enfant se dérouler devant ses yeux comme si tout était déjà tracé, qu’au trauma initial succédera implacablement une chaîne de catastrophes. Les prémonitions, il faut les déjouer. C’est cette double injonction qui entraîne les personnages de Looper dans leur course frénétique : s’échapper à la fois d’où ils viennent et d’où ils vont.

Les individus ne sont d’ailleurs pas les seuls à se débattre face à un destin mécaniquement programmé. Dans ses visions, ce sont aussi les grands équilibres géopolitiques du monde que le film déroule sous nos yeux et qui semblent tout aussi inéluctables : l’Amérique des années 40
(du XXIe siècle) s’apparente à un pays du tiers-monde, avec ses mendiants en haillons logés dans des autobus démantibulés ; le français est devenu une langue morte dont le héros, qui en fait l’apprentissage par goût personnel, n’aura aucun usage ; la Chine est désormais le seul chemin qu’emprunte le futur.

Dans sa réflexion sur la liberté et le déterminisme, le film pose des enjeux moraux d’une complexité affolante, à l’opposé du manichéisme qu’on associe souvent au cinéma américain de genre. Tous les héros censément positifs commettent un acte abject : l’un dénonce sans sourciller son ami pour sauver sa peau, l’autre tue un enfant, quant au plus frêle des personnages, qui appelle la protection de tous, il est débordé par des pouvoirs paranormaux dévastateurs. Les lignes du bien et du mal s’enchevêtrent dans un lacis tout aussi embrouillé que celui du temps.

Pour imposer des partis pris aussi peu conventionnels, une telle originalité dans le propos comme dans son exposition, il faut aujourd’hui, à Hollywood, une bonne dose d’assurance et de détermination.

L’auteur complet de cet exploit, son réalisateur et unique scénariste, s’appelle Rian Johnson. Ses deux premiers films, Brick (2005) et Unearnaque presque parfaite (2008), étaient passés inaperçus (mais on brûle de les découvrir). Il n’a pas 40 ans.

Après un tel coup de maître, un film aussi ramassé, dense, habité, on jurerait presque nous aussi apercevoir son futur se dérouler sous nos yeux : pour sûr, l’avenir du cinéma américain lui appartient.

(article: les inrocks)

Film a voir: LOOPER de Rian Johnson (2012)
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One track a day: MOTOR BASS GET PHUNKED UP by La Funk Mob

Publié le 28 Septembre 2016 par bigwhy dans musique, video, electro, groove, france, label, internet, 90's

One track a day: MOTOR BASS GET PHUNKED UP by La Funk Mob

Frenchy but chic!

C'est un peu ce qu'on dû se dire les gars qui ont décidé d'acheter ce maxi. La Funk Mob, ce sont les anciens producteurs de Solaar, MC Solaar. Philippe Cerboneschi (« Zdar ») et Hubert Blanc-Francard (« Boom Bass »). Sous ses différentes incarnations le duo est assimilé au mouvement « French Touch » de musique électronique dans la seconde moitié des années 1990 (Desormais nommé Cassius)

Hubert Blanc-Francard est le fils du producteur parisien Dominique Blanc-Francard, son frère cadet Mathieu s'est rendu célèbre sous le pseudonyme de Sinclair. Zdar était assistant aux studios +XXX (Plus30) lorsqu'il rencontra Hubert en 1988. Ils ont participé aux quatre premiers albums de MC Solaar: Qui sème le vent récolte le tempo, Prose Combat, Paradisiaque et Mc Solaar.

Étant tous les deux fans de hip-hop, ils proposent des musiques au chanteur et se retrouvent à participer à la production et à la composition de certains morceaux sous le nom de La Funk Mob. C'est grâce à leur participation à ce disque, que James Lavelle du label Mo'Wax les repère (il a adoré l'album) et leur demande des instrumentaux « hip-hop Bizaroïde ». C'est donc sous le nom de La Funk Mob que le duo réalisa les EP Les tribulations extra-sensorielles et Breaking Boundaries, Messing Up Heads, édités par le label britannique Mo' Wax en 1994, avant de remixer des morceaux pour entre autres Depeche Mode ou Björk

One track a day: MOTOR BASS GET PHUNKED UP by La Funk Mob
One track a day: MOTOR BASS GET PHUNKED UP by La Funk Mob
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Bookcrossing: FATHERLAND de Robert Harris

Publié le 27 Septembre 2016 par bigwhy dans livre, science fiction, polar, uchronie, UK

Bookcrossing: FATHERLAND de Robert Harris

Berlin, 1964. Depuis que les forces de l'Axe ont gagné la guerre en 1944, la paix nazie règne sur l'Europe. Seule l'Amérique a refusé jusqu'ici le joug. Mais dans quelques jours, le président Kennedy viendra conclure une alliance avec le Reich. Ce sera la fin du monde libre.

Deux meurtres étranges viennent perturber les préparatifs. Les victimes sont d'anciens S.S. de haut rang jouissant d'une paisible retraite. Chargé de l'affaire, l'inspecteur March s'interroge. S'agit-il d'un règlement de comptes entre dignitaires ? Mais, s'il s'agit d'affaires criminelles pourquoi la Gestapo s'intéresse-t-elle à l'enquête ? Quelle est cette vérité indicible qui tue tout ceux qui la détienne et semble menacer les fondations même du régime ? Le mystère s'épaissit et, dans Berlin pavoisée, les bourreaux guettent prêts à tout pour étouffer dans la nuit et le brouillard les dernières lueurs de la liberté.

L'hypothèse de base qui sert de toile de fond à cette uchronie peut apparaître aujourd'hui classique, après Le Maître du Haut-Château : l'Allemagne a gagné la deuxième guerre mondiale et son empire s'étend sur l'Europe et une grande partie de la Russie. Toutefois, Robert Harris introduit d'importantes variantes par rapport au récit de Dick : les Etats-Unis, de leur côté, ont vaincu le Japon grâce à l'arme atomique et la guerre froide s'est installée entre le Reich et l'Amérique. La ressemblance avec Le Maître du Haut-Château se limite donc à l'hypothèse de départ, d'autant que là où Philip K. Dick déployait un arsenal culturo-intellectuel parfois lassant, Richard Harris choisit de nous faire vivre une intrigue haletante semée de péripéties et de rebondissements.

Allemagne, 1964. Hitler s'apprête à fêter ses soixante-quinze ans. Xavier March, un policier d'élite de la Kripo idéologiquement peu orthodoxe, enquête sur la noyade d'un mystérieux personnage dont il apprend bientôt qu'il est l'un des premiers compagnons du Führer. Très rapidement, on lui retire la responsabilité de l'affaire, mais il s'entête et poursuit ses investigations en compagnie d'une jeune journaliste américaine. Morts suspectes et disparitions le convainquent qu'il est sur le point de découvrir un terrible secret. On devine sans peine de quoi il s'agit, et là réside peut-être une des faiblesses de l'œuvre car le « secret » en question, s'il recouvre l'un des épisodes les plus abominables de l'histoire de l'humanité, nous apparaît presque banal tant il fait partie de notre quotidien culturel. De ce point de vue, l'auteur se comporte plus comme l'historien qu'il est que comme un romancier aguerri. Il le sent bien d'ailleurs, puisqu'il tente de surenchérir dans le sordide en mettant en cause la responsabilité du président des Etats-Unis, un certain Joseph Keneddy ( !). Harris n'ose cependant pas aller trop loin, en raison du caractère encore très « sensible » de cette période historique, et c'est peut-être ce que l'on pourrait lui reprocher. On aurait également aimé en apprendre plus sur le statut politique des autres états européens qui (à part celui de la Suisse) demeure obscur, bien que leur allégeance au Reich soit clairement affichée.

Mais ce ne sont que des défauts mineurs, largement compensés par la remarquable puissance d'évocation de l'œuvre, qui tient à plusieurs facteurs.

Tout d'abord, le décor étouffant de Berlin écrasé par le gigantisme académique des monuments nazis est planté avec une grande vérité. L'auteur est spécialiste de l'histoire du Reich, et il dose avec habileté les détails qui rendent crédible cet univers vaguement hallucinant, avec lequel les protagonistes interagissent en permanence.

Il y a ensuite l'évocation, par touches successives, d'un régime militaro-policier où tout le monde ou presque porte un uniforme, où chacun surveille chacun et où il est impossible de se fier même (surtout ?) à ceux que l'on aime le plus. Sur ce point, l'influence de Georges Orwell est évidente, mais elle était inévitable, le Maître ayant (presque) tout dit sur les régimes totalitaires.

Enfin, et c'est là que réside la grande force de ce roman, la psychologie des personnages mêle endoctrinement, révolte et culpabilité avec une grande justesse et une totale vérité humaine. Le comportement de March, finement analysé, est de ce point de vue exemplaire, et la justification psychologique de ses actes, même les plus irrationnels, est adroitement distillée au fil des pages.

La terme de « thriller » utilisé par l'éditeur pour qualifier ce roman ne se justifie véritablement que dans le dernier tiers de l'ouvrage, dont la plus grande partie relève plutôt du polar psychologique et politique.

Un roman passionnant, sans fléchissement, qui vous tient en haleine de bout en bout. Dommage que la traduction soit assez moyenne. Un tel chef d'œuvre méritait mieux.

On a affaire à un thriller, avec policier (allemand) mal dans sa peau, journaliste (américaine) l'exaspérant assez pour qu'il en soit amoureux, coffres (suisses), lutte entre services, et happy end non-garanti. C'est efficacement ficelé, le lecteur marche. L'action se situe en 1964, et jusque-là, on est loin de la SF. Mais le président Kennedy qui va visiter Berlin se prénomme Joseph, pro-nazi dans cet univers comme dans le nôtre, et père de celui dont nous savons qu'il a été tué à Dallas en 1963. L'Allemagne a gagné la seconde guerre mondiale, l'Amérique va cesser de soutenir la guérilla sur l'Oural, l'Europe est sous la botte. Le thriller est aussi une uchronie, ce qui le sort de l'ordinaire et justifie qu'on en parle ici. Et ce qui aurait pu n'être qu'un décor dérangeant, voire angoissant, se révèle au cours du livre le moteur même de l'intrigue, l'assassinat inexpliqué de quelques seconds couteaux de l'état-major hitlérien débouchant sur l'Histoire, telle qu'elle a été et telle qu'on la raconte, ce qui assure la parfaite cohérence de l'ensemble.

Pour laisser la part belle aux rebondissements, l'auteur a escamoté les relations internationales, encore que, clin d'œil d'Anglais eurosceptique, une Union Européenne sous hégémonie germanique soit signalée, avec un drapeau bleu à étoiles d'or. L'essentiel, son décor, c'est l'Allemagne des vainqueurs. Certains s'indigneront qu'elle ne se situe pas entre Le Son du cor et Dante. Mais l'apparente normalité de ce monde laisse affleurer le totalitarisme au quotidien, fait de pressions sociales, de dénonciations intra-familiales et de peurs intériorisées. Et autour de quelques millions de disparus dont on n'ose plus, dont on ne sait plus parler à voix haute, le silence organisé fait un bruit assourdissant, pour qui sait écouter d'abord, pour tous ensuite quand il rejoint l'intrigue policière. Il n'y a donc là ni relativisme moral, ni putréfaction négationniste.

L'amateur de littérature populaire appréciera un suspense prenant, le fan de SF découvrira un monde différent du nôtre et qui pourtant en rappelle certains aspects et fait s'interroger sur lui. L'historien aura peu à redire. Les uchronies centrées sur la seconde guerre mondiale fournissent le pire et le meilleur : cette fois, on est près du meilleur.

article & critique de (http://www.noosfere.org/)

Bookcrossing: FATHERLAND de Robert Harris
Bookcrossing: FATHERLAND de Robert Harris
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One Track a day: BLOODSUCKERS by Die Krupps

Publié le 27 Septembre 2016 par bigwhy dans musique, video, metal, indus, electro, allemagne, internet, facebook

One Track a day: BLOODSUCKERS by Die Krupps

Précurseur & provocateur, Die Krupps tire son nom du plus célèbre marchand d'arme de l'allemagne nazie ( l'entreprise existe encore & fabrique de l'electromenager!!). 20 ans avant Ramstein, ils étaient les précurseurs du métal industriel avec Ministry & Nine Inch Nails. Dès la formation du groupe en 1980, Die Krupps évoluera dans l'E.B.M. en combinant les instruments électroniques (synthétiseurs, échantillonneurs, ...) et des percussions métalliques. Une des plus fameuses réalisations de la période EBM de Die Krupps est le Tribute to Metallica où sont repris des titres de Metallica avec leur propre style et aux sonorités uniquement électroniques.
À partir de l'album I, sorti en 1992, Die Krupps prendra un virage résolument metal industriel en incorporant, dans leur musique électronique des guitares aux sonorités très metal grâce, notamment, à la participation sur cet album des deux guitaristes du groupe de thrash metalallemand Accu§er. Cette tendance se confirmera par la suite. À chaque sortie d'un nouvel album, les guitares deviendront plus présentes et aux sonorités plus metal ce qui durcira progressivement leur musique.

One Track a day: BLOODSUCKERS by Die Krupps
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Pin Up: Jean Shrimpton

Publié le 26 Septembre 2016 par bigwhy dans pin up, UK, 60's

Pin Up: Jean Shrimpton

Sex-fan des sixties & du swinging london?

À la même époque que Twiggy, la Britannique Jean Shrimpton est devenue elle aussi une figure emblématique du Swinging London à travers ses activités de mannequin.

Elle a fait la couverture des magazines les plus prestigieux tels que Vogue, Harper's Bazaar, Vanity Fair, Glamour, Elle ou le Time. Son joli minois a marqué les esprits avec sa frange, ses yeux de biche, ses longs cils et sa moue un rien boudeuse.

Si Twiggy faisait référence à une brindille, Jean Shrimpton était surnommée « the Shrimp », signifiant la crevette, en raison de sa silhouette élancée et de ses longues jambes ! En 1963, elle a obtenu le titre de « Model of The Year » de la part du magazine Glamour.

Pin Up: Jean Shrimpton
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Cover: BLACK DOG by Steve' N' Seagulls

Publié le 26 Septembre 2016 par bigwhy dans musique, video, cover, country, hard rock, finlande, internet, facebook

Cover: BLACK DOG by Steve' N' Seagulls

Prenez cinq cinglés, tout un tas d’instruments, la campagne finlandaise et vous obtiendrez Steve’n’Seagulls. Cette bande de ploucs, bien qu’en activité depuis 2011, a frappé comme un marteau l’été 2014 avec ses vidéos YouTube et ses interprétations de classiques tels que ”The Trooper” (Iron Maiden) et ”Thunderstruck” (AC/DC). Maintenant assez parlé, il faut le voir et l’entendre par soi-même. Le banjo met en transe et l’accordéon est en feu. Votre vie restera probablement la même, mais en mieux après que vous aurez fait la rencontre de ce groupe à travers une expérience musicale tordue qui fait du bien.
Accrochez-vous à vos chapeaux et vos jupes !

Cover: BLACK DOG by Steve' N' Seagulls
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