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Bigwhy? Finest?

Enthousiaste & Curieux

LA DARONNE/ Hannelore Cayre

Publié le 29 Octobre 2017 par bigwhy in livre, polar, 2017

LA DARONNE/ Hannelore Cayre

C'est elle qui pose sur la couverture de La Daronne. Hannelore Cayre est partie une nuit avec sa fille Louise dans un parking de Parly 2 flanquée de deux sacs Tati, un imper mastic et des lunettes noires pour illustrer le personnage de Patience Portefeux, traductrice d’un genre particulier. Hannelore est comme ça, grande bringue aussi sérieuse que drôle, avocate et romancière, observatrice imparable de la justice d’en bas.

Elle revient aujourd’hui avec La Daronne, talent intact, phrase peaufinée mais directe, histoire malpolie et imparable. Voici Patience Portefeux, 53 ans, veuve avec un chien, deux filles grandies trop vite, une vieille mère déglinguée en maison de retraite à 3 000 euros par mois, parfaitement bilingue (français-arabe), pour des raisons familiales un peu complexes. Patience a d’abord été interprète dans les tribunaux mais avec son expérience et sa disponibilité, s’est vue confier les écoutes téléphoniques dans les enquêtes des stups et du grand banditisme. Ça fait maintenant 25 ans qu’elle traduit à tour de bras des affaires de « go fast », de trafics en tous genres. Bien payée mais non déclarée par le ministère de la Justice, elle peut arranger la véracité des propos comme elle veut puisque personne ne surveille ce qu’elle traduit. Alors, un jour, Patience entre à son tour dans le business et devient « la Daronne ».

Dans cette fiction très drôle et très sombre, Hannelore Cayre aborde de nombreux sujets de société sans avoir l’air d’y toucher : que faire de ses vieux parents ? Comment vivre en femme libre sans un sou en rêvant de mettre ses enfants à l’abri du besoin ? Comment sympathiser avec ses voisins chinois ?... Mais surtout, la romancière continue de décrire le monde de la justice et ses aberrations : « On met la sécurité nationale aux mains de gens qu’on méprise et ne déclare pas. C’est une patate chaude cette histoire, et chaque ministre de la Justice se la renvoie car le budget de la justice ne peut pas le prendre en charge », explique-t-elle pour décrire ce métier d’interprète.

Le talent d’Hannelore Cayre est dans sa manière de raconter des histoires tragiques en faisant rire son lecteur. Elle y parvient à coup d’anecdotes (souvent vraies), d’exagérations irrésistibles (et plausibles) et d’une écriture travaillée au millimètre, mais bondissante d’humour et de générosité.

 

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