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Bigwhy? Finest?

Fanzine Enthousiaste & Curieux

Film Culte: FIGHT CLUB de David Fincher (1999)

Publié le 13 Juin 2017 par bigwhy in film, Bande annonce, USA, livre

Film Culte: FIGHT CLUB de David Fincher (1999)

La première règle du Fight Club est : il est interdit de parler du Fight Club. La seconde règle du Fight Club est : il est interdit de parler du Fight Club.....

Sortie sur les écrans français le 10 novembre 1999, l’adaptation du roman de Chuck Palahniuk a remis au goût du jour l’idée que les films pouvaient être le reflet de l’imaginaire des personnages. Ici, le Narrateur, alias "Jack", qu’interprète Edward Norton, finit par comprendre que Tyler Durden, joué par Brad Pitt, n’est que la manifestation de sa schizophrénie. L’influence de Fight Club s’étend bien au-delà des clubs de boxe clandestins constitués dans la foulée de la sortie du film. Les spectateurs ont surtout été obligés de se poser la question de ce qu’ils voyaient à l’écran.

Malgré sa situation professionnelle très enviable, Jack, est à bout de nerfs. Il retrouve un équilibre relatif en compagnie de Marla, rencontrée dans un groupe d'entraide. Il y fait aussi la connaissance de Tyler Durden, personnage enthousiaste et charismatique. Ensemble, ils fondent le Fight Club, où ils organisent des combats clandestins et violents, destinés à évacuer l'ordre établi. Le club connaît un succès grandissant, et Tyler lève une armée en enrôlant les adhérents, afin de renverser le régime capitaliste. Pendant ce temps, Jack multiplie les accès de violence, et son comportement devient de plus en plus étrange. Un jour, Tyler disparaît...

Cela commence par une idée marrante. Un yuppie trentenaire s'ennuyait dans un job d'agent d'assurances, ses meubles Ikéa, ses costards Calvin Klein. Cherchant le frisson morbide (ou un sens à sa vie ?), il passait ses soirées à écumer des cercles de thérapie, genre meurtris de la vie, et découvrit la compassion, serré contre un ex-cancéreux des testicules. Fin du prologue. Puis notre morne héros rencontre (en vol) un oiseau bizarre, cool, cuir rouge, brushing pétard blond, VRP en savonnettes (si !). Fascination immédiate. Première bière, premiers coups échangés « pour le fun », amicaux mais appuyés. Le vrai film commence, et le Fight Club réunit bientôt autour du blond lascar des malabars hagards qui s'échangent, dans un sous- sol crasseux, des beignes à tuer une vache folle, mais s'en sortent avec de cordiales accolades et de délicats sparadraps. Quel fil mystérieux relie donc le gringalet gris à son nouvel ami ? L'astuce puissamment métaphysique ferait pour un petit malin le ressort d'un court métrage. Mais David Fincher est un gros malin qui ne peut s'empêcher de tartiner en long et en large, en imagerie lourde et techno Dolby. Le chic destroy des décors rappelle Seven, qui reste sa référence, mais où courait du moins la tension d'un polar. Fight Club se contente de délayer une mélasse sub-nietzschéenne épicée de violence gratuite. Dans le genre « Touillons la fange de nos fantasmes les plus noirs », Fincher vise peut-être le Lynch de Lost Highway, mais touche du côté du Schumacher de 8 mm, couplet anticonsumériste et casting en plus. Brad Pitt et Edward Norton collent bien à ce que réclament leurs rôles respectifs : cabotinage arrogant et sobriété soucieuse. Qu'importe : pris dans la tourmente des images chocs, ils deviennent anodins. Quant à Fincher, il paraît près de ressortir à chaque coin de plan le tour de passe-passe qui sustentait The Game, son film précédent : tout cela n'est qu'un jeu, etc. Trop tard, le degré de macération atteint par sa pauvre fable putride et bêtasse ne laisse plus qu'un seul recours : passer sur ce film-tache le savon rose dont il a fait son très douteux fétiche promotionnel. Ça partira très bien. 

Film Culte: FIGHT CLUB de David Fincher (1999)
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