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Bigwhy? Finest?

(Fanzine Enthousiaste & Curieux)

One track a day: IT'S A PITY by Tanya Stephens

Publié le 15 Mai 2017 par bigwhy in musique, video, reggae, jamaique

One track a day: IT'S A PITY by Tanya Stephens

Être une femme et s’imposer dans le monde du reggae n’est pas une mince affaire. Alors pour se faire une place dans ce monde d’homme, il faut de la ténacité, mais il faut surtout de l’audace. En 2002, Tanya Stephens va littéralement s’emparer d’une mélodie irrésistible, le Doctor’s Darling un riddim produit par un collectif allemand, qui dépoussière un instrumental des années 80: le Night Nurse - rendu célèbre par Gregory Isaacs. Mais Tanya Stephens ne s’arrête pas à ce choix musical judicieux : elle retourne le bon vieux cliché qui veut que ce soit les hommes qui poussent les femmes mariées à l’adultère, elle concocte des paroles sulfureuses dans lesquelles elle fait une déclaration enflammée à un homme déjà marié… Les plus grandes stars masculines de l’époque – de Capleton à Junior Kelly en passant par Anthony B. – tenteront de la détrôner sur le même riddim, mais c’est bien Tanya Stephens qui gagnera la course haut la main et qui connaîtra un succès international avec ''It’s a Pity'', un tube qui plus de dix ans après sa sortie enflamme toujours les soundsystems et les bas-ventres…

Tanya Stephens est une chanteuse née à St Mary en Jamaïque, une chanteuse contemporaine née en 1973. Sa carrière a réellement débuté en 1996 avec un premier tube, imprononçable pour un palais francophone, un titre en patois jamaïcain, ''Yuh Nuh Ready fi Dis Yet''. Après quelques années passées en Suède elle retourne sur son archipel natal en 2004, pour sortir son album ''Gangsta Blues'' emmené par des singles comme ''Boom Wuk'' et ''It's a Pity'', des morceaux qui lui apporteront une reconnaissance internationale. Son style, parfois très vulgaire, slackness comme on dit en Jamaïque, s’adoucit avec le temps qui passe. Elle n’hésite pas dans ses chansons les plus récentes à s’attaquer à l’homophobie, ou à toutes les formes de racisme, bien trop présente sur la scène dancehall jamaïcaine, composée quasiment exclusivement d’hommes.

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