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Bigwhy? Finest?

(Fanzine Enthousiaste & Curieux)

Cleopatra: Théatre (15)

Publié le 1 Juin 2017 par bigwhy in cleopatra, vintage girl

Niussia Munoz 1920

Niussia Munoz 1920

Le mythe de Cléopâtre a aussi inspiré l'un des plus grands écrivains et tragédiens de la littérature occidentale, William Shakespeare. Il composa en 1606 une pièce de théâtre, qui peut être considérée comme l’œuvre littéraire la plus célèbre consacrée à la reine d’Egypte.

Sa pièce Antoine et Cléopâtre est inspirée des Vies Parallèles de Plutarque et raconte les amours d’Antoine (triumvir romain) et de Cléopâtre (reine d’Egypte) jusqu’à leur mort tragique. Antoine ensorcelé par Cléopâtre, ne peut résister aux charmes de cette reine étrangère. A cause de sa faiblesse de caractère, son pouvoir est menacé et les soldats romains méprisent ce général et sa maîtresse.

Antoine et ses soldats disent d’elle : « Reine enchanteresse ! Magicienne ! Sorcière ! Grande Fée ! Basilic ! Serpent du Nil ! Charme tout puissant !

La description riche et poétique de Cléopâtre qu’offre Shakespeare justifie presque à elle seule le manque de caractère et la faiblesse morale du triumvir, subjugué par une reine de la séduction. « Couchée dans son pavillon, sur un lit d’or et du plus riche tissu, elle effaçait cette Vénus fameuse, où nous voyons que l’imagination a surpassé la nature ».

Pourtant, dans un sursaut de lucidité ou de « vertu romaine », Antoine s’arrache aux bras de la reine pour rejoindre l’Italie. Veuf de Fulvie, il épouse la sœur de l’autre triumvir, Octavie. Mais Cléopâtre veut récupérer son amant et ne craint ni Rome ni les Romains ni leurs discours hostiles : «  Que Rome s’abîme et périssent toutes les langues qui parlent contre nous » ».

Antoine retourne rapidement auprès de sa reine d’Egypte et laisse son épouse à Rome. Pour Octave, c’est un affront de plus aux valeurs romaines. Encore une fois, Antoine préfère vivre en Egypte avec l’Egyptienne dans son palais, indifférent aux nouvelles de Rome. Antoine : « Ah ça m’ennuie ! Tu résumes ; Que Rome croule dans le Tibre. Que l’arche de l’harmonieux empire se disloque ! Ma place est ici. Les empires c’est de la boue ».

Mais les deux amants s’entre-déchirent : ils s’aiment, se détestent, se séparent, se réconcilient ; mais Cléopâtre est fidèle à Antoine et le triumvir l’est à sa reine.

Cléopâtre apparaît aussi comme une femme qui a peur d’être délaissée. Elle est jalouse et fait des colères, alterne la moquerie et la tendresse afin d'obtenir les réponses à ses questions. « Quand tu ébranlais de tes serments le trône même des dieux ; Comment pourrais-je croire que ton cœur est à moi ! Que tu es sincère, toi qui a trahi Fulvie ? » Ou « Ô le plus faux des amants ! Où sont les fioles sacrées que tu as dû remplir des larmes de ta douleur ? Ah ! Je vois maintenant, par la mort de Fulvie, comment la mienne sera reçue… ».

Pour Shakespeare, les faits historiques ne servent que de décors ou d’accessoires pour mettre en valeur la passion amoureuse du couple Antoine-Cléopâtre. Cette passion amoureuse est destructrice et fatale aux amants. Antoine est en effet dominé par sa passion pour Cléopâtre et devient incapable de combattre et de vaincre un jeune homme comme Octave. Et Cléopâtre est coupable de la déchéance du grand général romain. « Ô fatale Egyptienne, tu savais bien que mon cœur était inséparablement attaché à ton vaisseau et qu’en t’enfuyant tu m’entrainais avec toi. Tu connaissais ton emprise absolue sur mon âme et tu savais qu’un signal de tes yeux m’eut fait désobéir aux dieux -mêmes. »

Cléopâtre est donc une ensorceleuse maléfique qui a conduit Antoine au déshonneur. Le triumvir humilié, vaincu par l’ennemi, reste toujours amoureux de son Egyptienne. « Me voilà réduit maintenant à envoyer d’humbles propositions à un jeune homme. Il faut que je supplie […] moi qui gouvernais en me jouant la moitié de l’Univers, qui créais et anéantissais à mon gré les fortunes du genre humain ».

Cléopâtre est aussi responsable de la mort de son amant, car pour ne pas affronter sa colère et son mépris à la suite de la défaite contre Octave, elle fait répandre le bruit de sa mort. Antoine, amoureux de sa reine, éperdu de douleur, se suicide et se frappe de son épée. Porté auprès de Cléopâtre dans le tombeau de Ptolémée, il meurt dans ses bras.

Son amant mort, ses troupes défaites, son royaume sous contrôle romain, elle, prisonnière d’Octave, que faire ? Cléopâtre a compris que le fils adoptif de César, Octave, veut la garder en vie afin de l’exhiber à Rome pour son triomphe. Elle décide de mourir avec honneur.

« Il m’abuse, mes filles, il me paie de mots, de façon 

Que je manque à cette grandeur que je me dois.

Donnez-moi ma robe, couronnez-moi, j’ai soif

De bien plus que de la mort [...]

Je crois entendre Antoine qui m’appelle

Je le vois qui se dresse

Pour m’applaudir d’agir si noblement ».

Cléopâtre, par son suicide, redevient une reine noble et fière, qui préfère affronter la mort avec dignité plutôt que de vivre dans le déshonneur. Avec ses bijoux et ses atours royaux, elle se prépare à rejoindre son amant dans la mort et à prendre Octave à son propre jeu. Shakespeare, comme les écrivains de son époque, s’inspire des auteurs antiques et présente aussi une Cléopâtre prétentieuse, jalouse, séductrice, maléfique et vénéneuse. Mais au moment de mourir, c’est une grande souveraine qui est décrite ; elle est fière, courageuse et amoureuse car elle rejoindra son amant Antoine qui l’attend.

 

Lili Palmer 1952

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Sarah Bernhardt 1890

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janet Suzman 1974

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Mona Dol 1957

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paulette Godart 1950

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