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Bigwhy? Finest?

(Fanzine Enthousiaste & Curieux)

Judith & Holopherne (7)

Publié le 9 Mai 2017 par bigwhy in art, erotisme, histoire, iconographie, femme fatale, judith

Judith & Holopherne (7)

Au Moyen Age, Judith symbolisait la fidélité, la chasteté et la continence triomphant de l’orgueil et de la luxure. Il a été réactivé à la Renaissance par Cranach et Giorgione, avec un écho particulier à Florence, où l’on y a vu une image de la victoire des républicains sur les ennemis du bien public. Mantegna, Botticelli, Donatello ou encore Giovanni della Robbia ont ainsi représenté des Judith…

Avec le Concile de Trente, l’Église catholique a redéfini les textes canoniques. Or à la différence des Protestants qui, suivant Luther, ne reconnaissent dans l’Ancien Testament que les livres écrits en hébreux, soit la Bible juive, le Concile y inclut des textes deutérocanoniques (issus d’un second canon), plus récents et rédigés en grec dont le livre de Judith. Cette différence va donner une aura nouvelle à ce récit.

« Judith est devenue le symbole de l’Église catholique romaine qui décapite l’hérésie luthérienne représentée par Holopherne », D’où le succès de ce thème auprès des peintres de la contre-réforme comme Le Caravage, Artemisia Gentileschi ou Rubens.

Les deux premiers n’hésiteront pas à donner des représentations particulièrement violentes et crues de la décapitation d’Holopherne, dont le sang jaillit, afin d’impressionner le spectateur, là où les images anciennes privilégiaient plutôt le moment précédant ou suivant le meurtre.

Pendant la Renaissance italienne, Judith va sans cesse être invoquée dans les arts pour conjurer une double menace : celle des Turcs à l’extérieur et celle du tyran à l’intérieur. Ainsi, dès la fin du XVe siècle, le tombeau du doge Andrea Vendremin, réalisé par Tullio Lombardo, est orné d’une Judith triomphante tenant la tête d’Holopherne.

Toujours au XVe siècle, la sculpture Judith et Holopherne de Donatello, où l’on voit l’héroïne, l’épée levée, prête à trancher la tête, est considérée comme une allégorie de la liberté défendant Florence. Les Médicis s’approprièrent la figure de Judith à leur tour en 1466 en ajoutant une inscription sur le socle de la statue de Donatello afin de célébrer une victoire de Pierre de Médicis. D’ailleurs, la statue trôna un temps devant le Palazzo Vecchio, cœur de la cité, avant d’être remplacée par celle de David.

Judith & Holopherne (7)
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