Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
Bigwhy? Finest?

(Fanzine Enthousiaste & Curieux)

Judith & Holopherne (10)

Publié le 12 Mai 2017 par bigwhy in art, erotisme, histoire, iconographie, femme fatale, judith

Judith & Holopherne (10)

En filmant la mise à mort de leurs otages, les djihadistes les plus extrêmes pratiquent une forme de terrorisme à la fois très ancienne et très nouvelle. Ce qui a changé, c’est moins la méthode d’intimidation que le statut de l’image

En 2017, la décapitation est dans tous les yeux. Visions qui révulsent, épouvantent, et signent cette nouvelle forme de terrorisme par l’image qui, aux guerres propres, stratégiques, «zéro mort», des grandes puissances armées, oppose une boucherie individuelle, infamante, et pour l’exemple. L’image terrifiante est-elle la nouvelle arme de guerre du pauvre?

Si c’est le cas, on commence par s’étonner de son efficacité. Parce qu’à l’ère des images Kleenex, on s’imaginait, en tant que société, toujours plus indifférent. Ensuite, parce qu’à force d’en voir, des têtes coupées et des corps mutilés, toujours plus réalistes, dans les films et les séries télévisées on se croyait immunisé. Enfin, parce que nos musées des beaux-arts sont remplis de têtes coupées, dont les destins sortent tout droit de la Bible, et sont autant d’indices que la décapitation, au nom de la loi ou de la guerre, est un geste quasi consubstantiel de l’humanité. Alors depuis le temps, on se dit qu’on devait avoir l’habitude.

Alors pourquoi sommes-nous, encore, toujours, ou plus que jamais, terrorisés par la ­décapitation?

«Notre époque a sanctuarisé l’individu, et l’intégrité de son corps», «C’est dans la tête que réside l’humanité. La décapitation est un geste de déshumanisation. Et plus encore, d’animalisation, puisqu’il commence par l’égorgement, qui renvoie à l’imaginaire de l’abattoir.» Egorgé, puis étêté, c’est en effet le sort que l’on réserve aux animaux que l’on mange.

Judith & Holopherne (10)
Judith & Holopherne (10)
Judith & Holopherne (10)
Commenter cet article