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Bigwhy? Finest?

(Fanzine Enthousiaste & Curieux)

Bookcrossing: MOINS QU'UN CHIEN de Charles Mingus

Publié le 28 Janvier 2017 par bigwhy in livre, biographie, jazz, USA

Bookcrossing: MOINS QU'UN CHIEN de Charles Mingus

Moins Qu'un Chien est l'autobiographie du contrebassiste de jazz Charles Mingus, publié en 1971 aux USA, coécrit avec Nel King.

Le mode de narration du livre est un peu étrange : le narrateur semble être la « conscience » de Mingus (j'avoue que je n'ai pas très bien compris). Charles Mingus est ainsi mentionné comme étant « mon petit copain ». C'est assez particulier comme choix, au début j'ai pensé que c'était grave un truc de littérature expérimentale, et puis en fait non. Ce narrateur ne sert à rien, ça donne juste l'impression que Mingus lui-même raconte sa vie à la 3e personne.

Le titre, Moins Qu'un Chien, fait référence à la façon dont étaient traités les Noirs aux USA dans les années 40-50-60. Autant que la question raciale est abordée, et pas forcément sous un jour joyeux. La description des conditions de travail des jazzmen dans les clubs de jazz dans les années 50 est assez terrible : sont sous-payés (genre 80% moins que les Blancs), on leur donne de la drogue (dure) pour créer une addiction afin qu'ils restent jouer dans le club...

Ce livre est une autobiographie, on retrouve donc l'enfance de Mingus, dans des pages souvent touchantes : comment il se fait taper dessus et apprend à se battre, comment il tombe amoureux, comment il découvre la musique... Le coup de foudre avec Lee-Marie, comment le père de celle-ci leur interdit de se revoir, entre autres pour des questions de couleur de peau... Puis ses débuts comme musicien, auprès d'Art Tatum ou aux côtés de Miles Davis (qui apparemment jurait comme un charretier, c'est assez marrant).
Mais bon, tout ça c'est pas le vrai sujet du bouquin, qui est :
LE CUL ! On y trouve des pages très instructives sur la façon de faire l'amour à une femme jusqu'à ce qu'elle n'en puisse plus et vous supplie à genoux, des longues (longues) pages sur les expériences avec des prostituées de Mingus, en tant que client ou en tant que maquereau, et des recensements de ses prouesses sexuelles, du genre il s'est tapé 27 putes mexicaines en une nuit, et comme ça lui suffisait pas, il s'est masturbé après.
Parce que oui, Mingus est un peu mythomane sur les bords. Il enjolive, il exagère. Il en fait des caisses. Mais on ne va pas lui en vouloir pour ça.

Là où je lui en veut un peu, c'est quand il se perd dans ses histoires de maquereau (plutôt il perd le lecteur). Ça dure à peu près la moitié du livre, et honnêtement c'est pas le plus intéressant. Comment il travaille dans tel bordel, comment il se retrouve à faire « travailler » sa femme de l'époque pour gagner de l'argent (oui, il prostitue sa femme, la classe), comment il rencontre d'autres maquereaux et d'autres prostituées... On s'en fout, en fait.
Et c'est dommage, parce que Mingus est quelqu'un de très intéressant et que les premiers chapitres sont formidables.
Mieux vaut laisser parler la musique.

Bookcrossing: MOINS QU'UN CHIEN de Charles Mingus
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