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Bigwhy? Finest?

(Fanzine Enthousiaste & Curieux)

Les Rousses dans l'Art (4): Légendes Arthuriennes

Publié le 28 Novembre 2016 par bigwhy in art, erotisme, iconographie, histoire, legende, rousse

Guenievre sauvé par Lancelot William Russel Flint

Guenievre sauvé par Lancelot William Russel Flint

Guenièvre dont le nom gallois Gwenhwyfar  qui signifie « blanc-fantôme » la reine Guenièvre est un personnage de la légende arthurienne, femme du roi Arthur. Sa relation adultère avec Lancelot est un thème récurrent du cycle.

Figure archétypale de la dame courtoise, fée, déesse, Guenièvre est un personnage aux multiples facettes qui illustre le foisonnement de l’imagination médiévale. Femme idéalisée ou cristallisation fantasmatique des désirs de l’homme, elle est la projection du désir charnel et des aspirations spirituelles.

Elle est généralement présentée comme la fille du roi Léodagan de Carmélide qui avait de très bonnes relations avec le roi Arthur et permit ainsi leur rencontre. 

Guenièvre ne fait l’objet au mieux que de courtes mentions dans les chroniques. Son personnage s’étoffe à partir du XIIe siècle dans la littérature proprement dite, chez Chrétien de Troyes par exemple, qui répond peut-être aux attentes d’un public de dames nobles de la cour de Marie de Champagne intéressées par les personnages féminins. Dans le cycle arthurien, développé sur quelques siècles par de nombreux auteurs, elle apparait tantôt comme un personnage entièrement négatif, faible ou opportuniste, tantôt comme une dame noble remplie de qualités mais victime de la fatalité.

Les intrigues auxquelles elle est mêlée varient dans le détail au fil du cycle. La synthèse suivante récapitule les principales :

Elle est la fille du roi Léodagan, qui a servi Uther Pendragon et est parmi les premiers à reconnaître Arthur. Lorsque ce dernier accourt à son aide, il rencontre Guenièvre. Ils s’éprennent l’un de l’autre et convolent, mais à l’arrivée de Lancelot du Lac à la cour, c’est le coup de foudre immédiat et le début d’une relation adultère qui ne sera découverte que plus tard par le roi, lorsqu’il constate à l’issue d’un festin l’absence simultanée des amants. Agravain et Mordred, fils du roi Lot, s’étant portés témoins du forfait, pression est faite sur Arthur pour qu’il fasse périr Guenièvre sur le bûcher. Il s’y résout à contrecœur. Lancelot ayant promis de sauver la reine avec l’aide de sa parentèle, Arthur fait protéger le site de l’exécution par les autres chevaliers. Lancelot a le dessus, Gaheris et Gareth, frères de Gauvain, sont tués au combat. Gauvain pousse Arthur à poursuivre Lancelot en France où il s’est réfugié. En prévision de sa campagne française, Arthur laisse Guenièvre, semble-t-il, amnistiée, à la garde de Mordred. À peine le roi parti, Mordred révèle ses intentions de s’emparer du trône et d’épouser Guenièvre. Celle-ci, selon les versions, accepte ou s’enfuit pour se réfugier à la tour de Londres et enfin dans un couvent. Ayant appris les nouvelles, Arthur retourne en Bretagne, confronte Mordred à Camlann et le tue, mais lui même est mortellement blessé. Il est emmené par Merlin à Avalon. Quant à Guenièvre, après une dernière rencontre avec Lancelot, elle se retire dans son couvent pour y finir ses jours.

À partir de Chrétien de Troyes, elle devient l'amante de Lancelot, mais selon une tradition reflétée dans le Roman de Yder (~1210) et La Folie Tristan du manuscrit de Berne, son amant serait Yder. En tout état de cause, Guenièvre est souvent enlevée ou séduite.

Morgane le Fay ; John Spencer Stanhope 1880; Frederic Sandys 1864
Morgane le Fay ; John Spencer Stanhope 1880; Frederic Sandys 1864

Morgane le Fay ; John Spencer Stanhope 1880; Frederic Sandys 1864

La fée Morgane est un personnage du cycle arthurien, dans lequel elle est la demi-sœur — occasionnellement la sœur — magicienne du roi Arthur. Elle y est généralement présentée comme une adversaire du roi, de sa femme Guenièvre et des chevaliers de la Table ronde.

Chez Geoffroy de Monmouth, c’est la principale des neuf enchanteresses qui accueillent Arthur à Avalon après la bataille de Camlann ; chez Chrétien de Troyes, elle est présentée comme une sœur d’Arthur magicienne et guérisseuse coopérant avec son frère. C’est à partir du Lancelot-Graal que son personnage se précise : elle devient l’adversaire d’Arthur, fille d’Ygraine et de Gorlois, sœur d’Élaine et de Morgause, demi-sœur — par sa mère — d’Arthur et femme — souvent infidèle — du roi Urien de Gorre avec qui elle ne s’entend pas et dont elle a un fils, Yvain. Merlin est son maître de magie.

Dans les adaptations modernes de la légende arthurienne, elle remplace quelquefois Morgause, beaucoup moins connue qu’elle, comme mère de Mordred, fils incestueux d’Arthur. Elle y est présentée comme une séductrice maléfique, mais aussi parfois comme un personnage positif incarnant un pouvoir féminin désapprouvé par la société médiévale.

Le personnage de Morgane se caractérise par sa complexité. Selon les auteurs elle est une fée ou une humaine, elle est bénéfique ou maléfique, elle est sœur, demi-sœur ou sans lien de parenté avec Arthur, etc.

Le nom de Morgane signifie en breton « née de la mer ». Cependant, pour certains auteurs, cette étymologie simple n'est pas satisfaisante. Morgane serait une variante de Morrigane qui en gaëlique signifie grande reine.

Dans le premier texte écrit où elle apparaît, son nom est écrit Morgen. Dans les romans du XIIe et XIIIe siècle, elle apparaît comme Morgane ou Morgain.

Dans le Lancelot-Graal Morgane change de personnalité et devient une opposante à Arthur et à la Table ronde. Elle n'est plus le personnage magique qui sauve Arthur mais une figure néfaste qui emprisonne les chevaliers infidèles à leur dame dans le Val-sans-retour, situé à Brocéliande, et qui essaie de briser l'amour de Lancelot et de la reine Guenièvre.

C'est dans ce cycle que lui est donnée une histoire. Morgane est la fille dYgraine et de Gorlois, duc de Cornouailles, sœur d'Élaine et de Morgause et demi-sœur d'Arthur. Envoyée dans un couvent lorsqu’Uther Pendragon tue son père et épouse sa mère, elle reçoit une éducation complète puis est accepté par Merlin comme élève dans les arts magiques. Uther lui fait épouser Urien qu’elle n’aime pas. Femme luxurieuse, elle tombe amoureuse, à Camelot, d'un chevalier, Guiomart, cousin de la reine Guenièvre. Celle-ci rompt leur relation et, dès lors, Morgane déteste son frère et Guenièvre. Cette haine s'accentue après que Lancelot rejette ses avances. Dans certains contes Morgane chercher à se venger de Guenièvre, en la prenant en défaut, par exemple en portant à la cour une coupe magique qui révèle l’infidélité (Tristan en prose). Dans Sire Gauvain et le chevalier vert Morgane est la complice de la belle dame de Haut-Désert, toutes deux recherchant la mort de Gauvain par des actes fourbes et traîtres.

Dans Le Morte d'Arthur elle s’empare d’Excalibur et pousse son amant Accolon à tuer Arthur, mais le plan échoue. Dans certains récits, elle s’empare du fourreau - dans lequel réside, selon certains, le pouvoir protecteur de l’épée - et le jette dans un lac. Dans d'autres récits, Morgane initie son neveu (ou fils, cela varie selon les récits) Mordred pour qu'il puisse tuer Arthur. Mordred réussit à tuer Arthur et cela marque la fin d'Albion. Le corps d'Arthur est transporté dans un bateau par trois femmes : Ygraine, la Dame du Lac et Morgane.

Certaines sources lui attribuent effectivement la maternité de Mordred, conçu de façon « fortuite » : Morgane lors d'une fête païenne représente la jeune vierge offerte au dieu Cornu qui n'est autre qu'Arthur, sans qu'aucun des deux ne le sache. Ce n'est qu'une fois le rite accompli que les deux amants découvrent l'identité de l'autre.

Le nom de Morgane la lie peut-être aux morgan/morgen, fées des eaux séductrices et dangereuses du folklore brittonique.

The Lady of Shalott John William Waterhouse 1888

The Lady of Shalott John William Waterhouse 1888

La fée Viviane ou la Dame du Lac est un personnage des légendes arthuriennes qui donne l'épée Excalibur à Merlin qui la remet ensuite au roi Arthur, guide le roi mourant vers Avalon après la bataille de Camlann, enchante Merlin, et éduque Lancelot du Lac après la mort de son père. Les différents auteurs et copistes de la légende arthurienne ont donné à la Dame du Lac divers noms tels que Viviane, Niniane, Nyneve ou Nimue.

Viviane vivait dans les forêts de Brocéliande, de Darnantes et de Briosque (dans lesquelles vivraient de nombreuses espèces féeriques comme les dragons). Elle enleva le jeune Lancelot, alors qu'il était encore enfant, après la mort de son père le roi Ban de Bénoïc (mort de tristesse en voyant brûler sa chère ville de Trèbes). Elle l'emmena au plus profond de son Lac, appelé aussi Lac de Diane, où elle l'éleva. Lancelot n'en ressortit pas avant l'âge de dix-huit ans. De son côté, sa mère, la reine Elaine, se retira dans un couvent jusqu'à la fin de sa vie. Viviane enseigna les arts et les lettres à Lancelot, lui insufflant sagesse et courage, faisant de lui un chevalier accompli. Elle le mena alors à la cour d'Arthur, à Camelot, afin d'y être adoubé et le présenta aux chevaliers de la Table Ronde, dont il devint le plus célèbre représentant.

Après la mort de sa mère Ygraine, Viviane prit soin de Morgane, faisant d'elle une magicienne, tandis que Merlin l'enchanteur s'occupait de l'éducation de son demi-frère, le futur roi Arthur. Selon d'autres textes, Morgane ne serait pas la demi-sœur d'Arthur mais sa sœur et n'aurait pas été élevée par Viviane mais aurait appris, elle aussi, sa magie de Merlin. Viviane protège Arthur, sa cour et l'idéal courtois et chevaleresque qu'il incarne, tandis que Morgane veut la perte de son frère et de sa belle-sœur, la reine Guenièvre.

Dans le cycle de la Post-Vulgate, Viviane n’est pas celle qui donne l’épée. Celle-ci est offerte par une dame anonyme contre la promesse d’un service. Elle arrive un jour à la cour d'Arthur pour le demander : elle veut la tête du chevalier Balin pour venger un membre de sa famille, mais c’est finalement elle qui est décapitée par Balin. L’auteur révèle plus loin qu’il s’agissait en fait d’une personne de peu de valeur morale voulant venger, non la mort d’un parent, mais celle d’un amant illicite. Thomas Malory a repris la version de la Post-Vulgate.

La plus ancienne localisation du Lac se trouve dans le Lancelot en prose, écrit vers 1230. Le lieu où est élevé Lancelot se trouve en effet au nord de Trèves-Cunault, sur la Loire, en un lieu appelé Saint-Pierre-du-Lac, au milieu de la forêt (aujourd'hui disparue) de Beaufort-en-Vallée (le "Bois en Val" du roman).

La belle dame sans merci; Franck Bernard Dicksee 1890

La belle dame sans merci; Franck Bernard Dicksee 1890

Burchard de Worms met en garde contre la croyance selon laquelle des femmes de la forêt sorties de nulle part viennent donner du plaisir aux hommes, puis disparaissent : ce témoignage aux alentours de l'an mille est l'un des plus anciens concernant la fée amante. Elle est décrite comme une magnifique jeune femme surnaturelle qui éveille chez les chevaliers et les héros un désir d'amour immédiat. Des histoires où les hommes héroïques se font aimer de telles créatures féminines se retrouvent partout dans le monde, aussi bien en Grèce antique que chez les Inuits ou les Amérindiens. La fée amante est toutefois une création littéraire occidentale du xiie siècle4. Ses amours sont toujours assujetties à une condition (dans le lai de Lanval, il s'agit de ne pas en parler et dans la légende de Mélusine, de ne pas chercher à la voir le samedi). Si l'interdit n'est pas respecté, la fée peut se venger cruellement, allant jusqu'à donner la mort à ses amants. La Belle Dame sans merci, héroïne d'un poème de John Keats, la reine des fées dans Thomas le Rhymeret celle de Tam Lin sont des exemples de fées amantes piégeant les hommes par leur amour.

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