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Bigwhy? Finest?

(Fanzine Enthousiaste & Curieux)

One track a day: Dayem Allah by Tyour Gnaoua

Publié le 5 Octobre 2016 par bigwhy in musique, video, folk, world music, maroc, festival, internet

One track a day: Dayem Allah by Tyour Gnaoua

Aujourd'hui, une certaine nostalgie du Maroc & des marocains, dont l'accueil & l'authenticité me manque terriblement. J'ai vécu une grande periode, à Essaouira, la capitale du vent & de la culture Gnaoua (ou Gnawa!) & j'y est eu la chance d'etre invité dans une cérémonie: une Lila, qui a durer toute la nuit entre trance & exorcisme, une sacré expérience!

Ce morceau est extrait d'un disque produit par Ray Lema & qui met en avant le Maleem (maitre de chant qui dirige la musique avec le gimbri!) Abdelssalam Allikane, un des cadors du genre....

Bien loin des versions édulcorés que sont Gnawa Diffusion & L'Orchestre National de Barbès, un voyage auditif dans la Vraie Trance, sans artifice électrique ou autre! Une invitation aussi à découvrir le maroc, & Essaouira (la bien déssinée!) pour, par exemple le festival international de musique Gnaoua (tous les ans au mois de mai).

Bessmilah!

One track a day: Dayem Allah by Tyour Gnaoua
One track a day: Dayem Allah by Tyour Gnaoua
One track a day: Dayem Allah by Tyour Gnaoua

Les "Gnawas", "Gnaouas", "Haratin" également appelés "Maures noirs" ou "Afro-Maghrébins" sont des descendants depopulations esclaves déportées de l'Afrique subsaharienne (Sénégal, Soudan, Ghana, Guinée...) vers le Maghreb par les Arabes. Peul, Haoussa, Barma, Bambara, Wolof, Mandingue, Sérère, Bozo à l'origine, ils ont dû adopter l'Islam comme religion afin d'assurer leur continuité et s'adapter pour survivre.

La musique et les rituels gnaouas auraient pour origine les cultes d'adorcisme (possession acceptée et cultivée) sahéliens réadaptés par les descendants de musulmans Sanhadja Subsahariens au Maghreb. Ces pratiques d'origines Peul, Haoussa, Barma, Bambara, Wolof, Mandingue, Bozo... ont dû se métamorphoser pour survivre et adopter l'Islam comme religion afin d'assurer leur continuité. Dans certaines régions du Maroc, ces pratiques seront teintées de Judaïsme mettant en avant Moïse et la Baraka de certains Saints Juifs Marocains.

Les gnaouas sont, dès la fin du xixe siècle, identifiés comme une confrérie religieuse populaire dont les pratiques thérapeutiques seraient l'héritage de cultes mystiques Subsahariens transmis par des générations de Subsahariens musulmans installés au Maghreb.

Les travaux sur le culte des saints maghrébins ont tenté d'identifier la provenance de cette communauté et de ses pratiques rituelles en explorant l'origine du motgnaoua. L'explication fournie par Maurice Delafosse en 1924, est restée pendant longtemps l'unique référence étymologique du mot et fut adoptée par des générations de chercheurs. Selon Delafosse, l'expression berbère akal-n-iguinaouen qui signifie pays des Noirs, aurait donné naissance aux mots Guinée et Ghanaet par la suite au mot gnaoua par ressemblance phonétique. Gnaoua, signifierait donc, par extension, homme noir ou venant du pays des hommes noirs, c'est-à-dire l'Afrique subsaharienne.

D'autres confréries religieuses apparentées aux gnaouas du Maghreb, existent bel et bien mais sous des noms différents dans divers pays d'Afrique du Nord.

On parle de musique « gnaoua » ou de musique « tagnaouite » (appellation berbère). Le mot « Gnaoui » qualifie à la base ce qui vient du Ghana et de Guinée.

Avec le tourisme important et les échanges artistiques entre le Maroc et l'Occident, la musique gnawa s'internationalise grâce à des influences extérieures au Maghreb tels que Jimmy Page et Robert Plant (du groupe Led Zeppelin), Bill Laswell, Adam Rudolph, et Randy Weston, qui font souvent appel à des musiciens gnawas dans leurs compositions.

Les rituels gnaoua portent une part de mystère et les entrées aux soirées thérapeutiques sont confidentielles. Au Maroc, le premier enregistrement de musique gnaoua sera réalisé sur cassettes audio en 1975.

Cette musique Gnawa enrichit les autres styles de musiques au Maghreb et dans le monde (fusion Jazz-gnawa, blues-gnawa, reggae-gnawa, etc).

Au Maroc, les gnawa, descendants d'anciens esclaves noirs d'Afrique subsaharienne (Mali, Soudan, …), pratiquent autour de maîtres musiciens, d'instrumentalistes (graqeb), de voyantes (chouaafa), de mediums et d'adeptes. Leur instrument principal est un luth-tambour à 3 cordes : le goumbri (ou hajhouj). Sur des rythmes et sonorités entêtantes, des transes ont lieu pendant des heures. Les femmes exécutent la guedra (danse étrange du sud) de manière convulsive. La guedra est aussi le nom du tambour qui accompagne la danse. Les femmes s'écroulent sur le dernier battement de musique, le corps secoué de spasmes. Pendant la danse, les hommes sautent très haut et semblent marcher sur des braises lorsqu'ils sont sur le sol. Les gnawa ont ainsi créé un genre musical mystico-religieux original, mêlant dikr (invocation d'Allah) et madh (chants panégyriques).


En France par exemple, elle est produite essentiellement par des artistes algériens (comme Gnawa Diffusion ou l'orchestre national de Barbès). Ainsi de grands standards de la musique Gnawa comme « Allah Allah Moulana » se retrouvent dans de nombreuses compositions.

L'étude comparée des structures des compositions musicales des Gnawas et des musiques du Golfe de Guinée montre des similitudes intéressantes. Au niveau rythmique, certaines compositions Gnaouas sont polyrythmiques binaire et ternaire (rythmes ternaires superposés sur une structure binaire de fond), et on retrouve la même structure dans les musiques du Golfe de Guinée. Les compositions d'Ali Farka Touré, notamment le titre Sega dans l'album Talking Timbuktu, en donnent un bel exemple. C'est là un indice de plus, sinon de l'origine « Guinéenne » des Gnaouas, du moins de la fécondation réciproque des cultures entre les deux rives du Sahara. Cette part africaine de la culture des pays du Maghreb est progressivement retrouvée par les sociétés maghrébines.

Pour des raisons d'opportunité financière, ces Gnawa du Maroc (qui ne sont pas tous des mâalems c'est-à-dire des maîtres musiciens ou de cérémonie) sortiront du rituel pour présenter leur musique à un public marocain plus large, s'inspirant en partie des troupes d'acrobates (auxquelles les marocains prêtent des pouvoirs) que l'on peut voir en particulier place Jemmaa el Fna de Marrakech ou dans les Moussem (pèlerinages auprès des marabouts). Ils vont aussi développer et inventer des acrobaties (qui ne font pas partie du rituel) et enrichir leur tenue vestimentaire (habits chatoyants et coiffe avec un long pompon sur lesquels sont cousus des cauris).

Grâce en particulier au Festival de Musique Gnawa d'Essaoiura la notoriété musicale de la musique Gnawa (voir musique marocaine) sort de l'ombre.L'équivalent algérien (la musique Diwane dite Gnawa d'Algérie) connaît un regain d'intérêt certain,aussi (voir musique algérienne).Seulement les années passant,ce Festival de Musique Gnawa d'Essaoiura s'essouffle et est accusé par beaucoup de précipiter la décadence de la pratique musicale gnawa et sa transformation en pur divertissement dénué de fond spirituel.

En acceptant l'existence de ce genre musical, les pays du Maghreb reconnaissent enfin la part africaine de leur culture et ouvrent la porte d'un passé esclavagiste avec tous les sujets tabous qui l'accompagnent.En Tunisie, cet art Stambali semble bien porté par la population alors qu'en Égypte, la musique Zar semble mourir. Il semble qu'il existe aussi en Libye une tradition proche du Stambali tunisien et du Zar égyptien. Le mot « Stambali » provient toutefois du nom de la ville d'Istanbul, et existe également comme nom de famille en Tunisie.

Les puristes marocains du genre musical craignent une dénaturation du style due à des objectifs commerciaux excessifs, d'autres applaudissent cet intérêt des artistes internationaux pour ce genre musical qui sort des frontières du Maghreb offrant ainsi aux artistes gnaouas une notoriété et une reconnaissance internationale ainsi que de meilleures perspectives.

Les rituels s'apparentant aux Gnawa du Maroc existent aussi en Tunisie (appelés Stambali), en Égypte (appelés Zar), et en Algérie (appelés Diwan ou Bori Haoussa) se ressemblent sur certains points (attestant ainsi une origine commune) et divergent sur d'autres points du fait des parcours spécifiques que ces groupes rencontreront dans les sociétés d'accueil au cours des siècles. En Libye, ce genre musical existerait dans le Fezzan sous le nom de « Stambali ».

Ainsi, ces rencontres et déplacements entre l'Afrique Subsaharienne et l'Afrique du Nord ne se limitent pas aux échanges commerciaux mais préparent aussi progressivement l'émergence de confréries telles que les Gnawa au Maroc, les Diwan en Algérie ou les Stambali en Tunisie et leurs autres homologues de Libye et d'Égypte.

De même que les ressemblances certaines entre les pratiques rituelles des Gnawa et celles des confréries soufis maghrébines prouvent une véritable parenté spirituelle qui exclut la thèse d'un syncrétisme où une religion extérieure se serait simplement accommodée à une religion dominante. Il s'agit de la constitution complexe et progressive d'une communauté et d'une pratique religieuse, sur une longue période, par « strates diverses et par apports semblables »1. Il est plus judicieux de parler ici, pour répondre à la question des origines de cette communauté et de ses pratiques, d'une « synthèse »2, plutôt que d'une forme d'accommodation, de métissage ou de syncrétisme.

La constitution en confréries des gnaouas à travers le Maghreb s'articule autour de maîtres musiciens (les mâallems) et/ou de rituel, d'instrumentistes(quasi exclusivement les qraqeb (ou qrâqech) – sorte de crotales – et le guembri) et de simples adeptes. Ils pratiquent ensemble un rite d'adorcisme syncrétique (appelé lila au Maroc) où se mêlent à la fois des apports africains et arabo-berbères et pendant lequel des adeptes s'adonnent à la pratique de la transe à des fins thérapeutiques. Au Maroc, durant les rituels gnaouas sont présents les voyantes (chouaafa), les médiums et les sorcières auxquels on sacrifie un agneau pour qu'ils puissent nourrir les djinns des gens malades.

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