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Bigwhy? Finest?

Enthousiaste & Curieux

Film à voir : FARINELLI de Gérard Corbiau (1994)

Publié le 16 Octobre 2016 par bigwhy in film, histoire, biographie, opéra, france, italie, film complet

Film à voir : FARINELLI de Gérard Corbiau (1994)

L'histoire de Farinelli, célèbre castrat, devenu une légende de son temps et qui arrêta brusquement sa carrière pour suivre le roi d'Espagne.

Sur une place de Naples engorgée de badauds hilares, une joute musicale oppose deux musiciens, un trompettiste virtuose d'un côté, le jeune Carlo Broschi de l'autre. Le jeune homme, castré à 10 ans, n'a que ses cordes vocales pour sauvegarder sa dignité. Aussi jette-t-il toutes ses forces dans le duel, l'emportant du reste facilement tant sa voix est pure et limpide. Enthousiasmée, la foule scande son surnom, Farinelli. Ricardo, son frère et son aîné de huit ans, s'émerveille de l'incomparable talent du cadet. L'un compose, l'autre chante. Leur duo fonctionne parfaitement. Jusqu'au jour où Haendel vient à passer par Naples...

 

Le film Farinelli a été réalisé par Gérard Corbiau en 1994. Il retrace la vie et la carrière du célèbre castrat, le plus célèbre de son temps, Carlo Broschi surnommé Farinelli, né en 1705 dans les Pouilles, mort à Bologne en 1782. Cet élève de Porpora à Naples, chantait pour les rois, rémunéré à prix d'or.
Le film est une fiction sous forme dramatique, qui s'écarte beaucoup de la vie du chanteur mais comporte de belles images d'opéra et surtout des extraits des opéras que chantaient les castrats du 18è siècle, extraits pris dans les oeuvres de Haendel, Hasse, Porpora, Carlo Broschi, frère du chanteur, Pergolèse. 
De très beaux airs reconstitués par Christophe Rousset et les Talents lyriques en mixant plusieurs voix afin de reconstituer la voix d'un castrat et l'étendue de sa tessiture: 3 octaves pour Farinelli.

Farinelli est connu pour avoir disposé d' une étendue de voix de trois octaves, de do2 à do5. Comme tous les grands castrats, il avait une technique particulière de respiration qui lui permettait de tenir son chant pendant une durée anormalement longue.
Appelé à Madrid par le roi d' espagne Philippe V, il y restera 25 ans, richement payé et lui chantera tous les soirs les quatre mêmes airs. Confident du roi, il passe pour jouer un grand role politique. Il se retire à Bologne, fier des 400 tableaux de grands maitres qu'il ramène avec lui.
Musicien lui-même , il composait ses propres ornements, les cadences, ajoutés en général à la fin d'un aria.
On connait aussi Farinelli pour avoir échangé avec Metastase, le grand librettiste, une correspondance suivie, qui dura depuis l'époque où tous deux étaient jeunes élèves à Naples de Porpora, jusqu'à la mort du poète impérial à Vienne.

Film à voir : FARINELLI de Gérard Corbiau (1994)

Un castrat est un chanteur de sexe masculin ayant subi la castration avant sa puberté, dans le but de conserver le registre aigu de sa voix enfantine, tout en bénéficiant du volume sonore produit par la capacité thoracique d'un adulte. Le phénomène musical des castrats apparaît dans la deuxième moitié du xvie siècle en Occident. Il se développe principalement en Italie et disparaît entre la fin du xixe et le début du xxe siècle. Les historiens rapportent que les meilleurs castrats pouvaient rivaliser en puissance, technique et hauteur avec une petite trompette. Le mot désigne également le type de voix obtenu au moyen de cette opération.

Les premiers chanteurs castrés apparaissent dans l'Empire byzantin. En Occident, les premiers castrats connus chantent dans la chapelle du duc de Ferrare à la fin des années 1550 ; le duc évoque le recours aux castrats comme s'agissant d'un phénomène classique. À la même époque, Guillaume de Gonzague, troisième duc de Mantoue, emploie dans sa chapelle personnelle des « petits chanteurs français » (« cantoretti francesi »), qui sont peut-être des castrats. Le premier castrat, d'origine espagnole, entre dès 1582 dans les effectifs du chœur de la chapelle Sixtine, c'est-à-dire la chapelle privée du pape, qui avait déjà recruté des falsettistes espagnols auparavant. Cette importance des Espagnols parmi les premiers castrats a de quoi surprendre, car l'Espagne n'est pas un centre connu de production de castrats. On a suggéré que la pratique trouvait son origine chez les Maures espagnols, mais sans élément pour appuyer cette thèse. En 1589, le pape Sixte Quint autorise formellement l'emploi de castrats dans le chœur de la chapelle Giulia de la basilique Saint-Pierre par la bulle Cum pro nostro pastorali munere et en 1599, on trouve officiellement deux chanteurs, prêtres oratoriens, qualifiés de eunuchi.

Au début du xviie siècle, on retrouve des castrats au service de tous les princes dirigeants italiens, que ce soit pour la musique sacrée ou profane ; le phénomène se développe également dans les cours allemandes. Tous ces chanteurs sont Italiens, ou du moins ont été castrés et formés en Italie ; à quelques exceptions près, ce principe restera vrai tout au long de l'histoire des castrats. Leur développement ne s'explique pas par l'essor de l'opéra : le recours aux castrats devient courant d'abord dans les chapelles et inversement, il faut attendre au moins le milieu du xviie siècle pour que l'habitude se prenne d'attribuer à un castrat le rôle-titre d'unopéra. L'interdiction à Rome pour les femmes de chanter sur scène n'est pas non plus une explication suffisante. D'abord, elle n'est pas réellement respectée avant la fin des années 1670. Ensuite, elle aurait pu conduire à préférer les jeunes garçons ou les falsettistes pour chanter dans les registres aigus. Cependant, les garçons présentent le défaut de muer peu de temps après la fin de leur formation, alors que le timbre des falsettistes est considéré comme frêle et peu satisfaisant par rapport à celui des castrats. Quand on en trouve dans une partie soprano, cela semble s'expliquer par la difficulté de trouver un castrat ou par le coût trop élevé de ce dernier. On trouve cependant des falsettistes au pupitre alto : curieusement, plusieurs papes interdisent à des castrats de tenir cette partie, alors qu'ils les acceptent comme sopranos.

Le phénomène des castrats s'explique peut-être par la prééminence accordée aux voix les plus aiguës : quand l'opéra prend son essor, dans le deuxième quart duxviie siècle, les sopranos, castrats ou femmes, sont mieux payés que les ténors et les basses. Dans les chœurs religieux également, et sous réserve de l'ancienneté, les castrats et les ténors obtiennent de meilleurs émoluments que les basses. Parmi les castrats eux-mêmes, ceux qui chantent des rôles d'altos de temps à autres semblent être moins estimés que ceux qui se cantonnent aux rôles sopranos. Parallèlement, le développement de la voix solo exige des interprètes plus professionnels, ayant reçu une formation plus poussée. Or les filles ne peuvent pas être entraînées avant que leur voix ne mue, alors que les garçons castrés peuvent débuter jeunes la formation, à un âge où ils sont plus malléables, et peuvent commencer à travailler plus tôt.

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