Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
Bigwhy? Finest?

(Fanzine Enthousiaste & Curieux)

One track a day: THEY WERE KINGS by Heavy Trash

Publié le 15 Septembre 2016 par bigwhy in musique, video, rockabilly, USA, internet, facebook

One track a day: THEY WERE KINGS by Heavy Trash

Le rock a 16 ans à nouveau, il remue du cul, hulule au diable et hurle le sexe!

De Heavy Trash, on pourrait dire en toute simplicité, très honnêtement, que c’est ce qui est arrivé de mieux au rock-a-billy depuis 1957 : un feu d’artifice de guitares qui font twang-twang, de vocaux hoquetés, de dérapages incontrôlés, de gimmicks sexy. Du champagne dans la machine à café, le tout saupoudré d’un nuage de coke.

Longtemps, depuis 1990, bien avant le retour officiel du rock, Jon Spencer et son groupe, le Blues Explosion, ont tenu au chaud la marmite du rock’n’roll pur et inventif, au croisement du rhythm’n’blues et du punk. Une cocotte-minute, plutôt. Cofondé avec Matt Verta- Ray, membre du groupe new-yorkais Speedball Baby, le projet Heavy Trash est né entrePlastic Fang et Damage, les deux seuls disques dispensables du Blues Explosion – et les derniers en date. Une échappatoire, sans doute, comme l’indique le titre du deuxième album du groupe, Going Way out with Heavy Trash. Partons, relevons les cols de nos chemises satinées, passons un dernier coup de peigne dans nos cheveux gominés et volons sur des chaussures à semelles de crêpe équipées de turboréacteurs. Remontons le temps jusqu’à l’âge d’or (pur, massif et tellement plus brillant) du rock’n’roll original, l’époque des idiots géniaux, des sauvageons primitifs fêlés mais inoxydables, des premiers outrages irréparables : le rockabilly.

Sur Going Way out…, on retrouve tout ce qui fait la grandeur du rockabilly : la concision, la nervosité, la fièvre, l’obscénité, les guitares de l’espace, le son de contrebasse. Plus tout ce qui fait aussi la grandeur de Jon Spencer : la concision, la nervosité, la fièvre, l’outrance, la passion, les références préhistoriques et les détails de production postmodernes, les jappements et les vociférations de prédicateur endiablé, les micros bouffés par une horde de loups affamés. Dans les notes de pochette deGoing Way out…, Spencer remercie le fabricant de micros Shure, et c’est la moindre des choses : “Depuis toujours, j’utilise un micro Shure 57 pour chanter sur scène. C’est un bon instrument, mais j’en casse beaucoup, rien qu’en chantant dedans. Les gens de Shure les réparent et me fournissent.

Réparer : c’est peut-être tout le propos de Jon Spencer, l’homme-torche qui a trouvé l’essence du rock’n’roll. Sauver un genre de l’oubli, l’embrasser à pleine bouche, à pleins crocs. Raviver la flamme, incarner le fantasme. Rester pur et vif pour mieux (ne pas) vieillir. Ce disque provoque les mêmes effets, pas secondaires mais primordiaux, que l’adorable Boulevard de la mort, le dernier film de Quentin Tarantino. Poussée d’adrénaline, congestion des corps caverneux, jubilation incontrôlable, amour.

One track a day: THEY WERE KINGS by Heavy Trash
One track a day: THEY WERE KINGS by Heavy Trash
Commenter cet article