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Bigwhy? Finest?

(Fanzine Enthousiaste & Curieux)

Bookcrossing: CONTINENT PERDU de Norman Spinrad

Publié le 15 Septembre 2016 par bigwhy in livre, science fiction, USA

Bookcrossing: CONTINENT PERDU de Norman Spinrad

États-Unis, XXIIe siècle. 200 ans après « La grande panique », l’Amérique n’est plus que l’ombre d’elle-même. La nation qui avait mené l’homme sur la lune est aujourd’hui un pays sous-développé livré à l’industrie touristique. Les immenses mégalopoles, qui symbolisaient autrefois la grandeur et la puissance du pays, ne sont plus que ruines livrées à une pollution mortelle. Mike Ryan, guide et pilote indigène, s’apprête à mener son groupe de touristes – des représentants de l’élite africaine – dans ce qu’il reste de New York.

Publiée aux États-Unis en 1970 dans le recueil Science Against Man (« La science contre l’homme »), cette nouvelle s’enracine profondément dans l’Amérique de l’époque – celle de la conquête lunaire, du mouvement des droits civiques, de la guerre du Vietnam... – et offre un renversement de situation dont seule la science-fiction semble capable. Pourtant, 40 ans plus tard, alors que le monde occidental vit une crise économique sans précédent, que les États-Unis voient leur hégémonie fortement contestée, notamment par la Chine, et que le pays est devenu de très loin le premier producteur de CO2 par habitant de la planète, la réalité semble en passe de rejoindre le scénario de Norman Spinrad.

Dans Continent perdu, Norman Spinrad nous offre un voyage dans une Amérique post-apocalyptique. Celle-ci s'est effondrée suite à ce que l'on appelle l'Âge de l'Espace. L'Afrique est maintenant la civilisation dominante, et ce sont donc des Africains qui vont découvrir un New York dévasté, guidés par un Américain qui les supporte uniquement parce qu'il souhaite se payer une place au soleil...

En une centaine de pages, Spinrad nous dépeint une Amérique défunte. Les principales villes sont en ruines, désertées par leurs habitants, et baignent dans une brume bleuâtre continuelle et mortelle. C'est dans ce contexte que s'est développée l'Afrique, maintenant devenue la civilisation dominante.

Deux points de vue opposés nous permettent de mieux comprendre l'histoire : celui d'un professeur d'université africain, spécialiste de l'Âge de l'Espace, venu constater sur place la grandeur et la chute des États-Unis. Et puis celui du pilote qui va guider le groupe dans New York, qui lui voudrait réunir assez d'argent pour acheter sa place au soleil, même s'il a du mal à supporter les personnes qu'il transporte.

Les rôles sont inversés dans cette nouvelle, ce qui pourrait paraître jouissif, mais donne en fait un goût amer. Car après tout, une civilisation qui disparait, et une autre qui s'élève à ses dépens, ce n'est pas ce que l'on peut espérer de mieux pour le monde.

Spinrad, qui a écrit ce texte en 1970, nous parle ici à sa manière du racisme, du complexe de supériorité, sans pour autant mettre tous les individus dans le même panier. Il faut rappeler qu'à cette période aux États-Unis, de nombreuses révoltes ont lieu pour les droits civiques des noirs.

Bookcrossing: CONTINENT PERDU de Norman Spinrad
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