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Bigwhy? Finest?

(Fanzine Enthousiaste & Curieux)

Nanard(s): Les Vampires de Jean Rollin

Publié le 25 Août 2016 par bigwhy in film, trash, vampire, fantastique, erotisme, france, 70's, Bande annonce, film complet

Nanard(s): Les Vampires de Jean Rollin

levres de sang 1975 (complet)

Pour nous apporter le frisson, en cette période caniculaire, on va parler de...........vampires. au menu de la musique, des films, des livres, des oeuvre d'arts & des pin ups.


Parmi les nombreux cinéastes qui œuvrèrent dans le petit monde de la série B française, Jean Rollin fait figure de franc-tireur toujours présent dans les plus mauvais coups. Camouflé pour ses projets alimentaires sous une ribambelle de pseudonymes, Jean Rollin va, dans les années 1970-80, devenir un personnage incontournable de ce petit milieu, capable d'un côté de tourner des films expérimentaux quasi confidentiels et nourris de ses obsessions pour les femmes vampires en nuisette, et de l'autre de venir en mercenaire assurer au pied levé la réalisation de quelques productions calamiteuses pour les producteurs les plus ringards du marché.

Il y a (au moins) trois Jean Rollin : Tout d'abord l'auteur d'une œuvre fantastico-érotico-poétique très personnelle, où des vampires dénudées errent lentement dans des châteaux en ruines, puis le pionnier de l'ère du film X qui, sous les pseudonymes de Michel Gentil ou Robert Xavier, tournera quelques oeuvrettes pour salles spécialisées au milieu des années 1970. Enfin, et c'est celui qui nous intéressera le plus en ces lieux, le réalisateur débrouillard toujours disponible, l'homme que l'on appelle lorsqu'Eurociné ou tout autre petit producteur du cinéma bis franchouillard cherche à concrétiser un projet foireux que plus personne ne veut assumer. Il faudrait encore ajouter Rollin le bon copain, qui n'hésite jamais à filer un coup de main ou assurer un petit rôle dans les productions de ses amis comme Norbert Moutier, ou Rollin l'écrivain qui concrétise sur papier ses visions fantastiques…

Après dix ans de courts-métrages et de travail en tant que technicien ou assistant-réalisateur, Rollin, qui s'est constitué un large carnet d'adresses, peut à la fin des années 1960 sauter dans le grand bain. Son premier vrai long métrage, « Le Viol du vampire », se fait dans des conditions curieuses. Il est contacté par un petit distributeur indépendant, Jean Lavie, qui cherche à compléter la programmation d'un film fantastique anglais pas assez long, avec un court-métrage qui pourrait faire office de double programme. Rollin tourne une histoire de vampire très cheap, où il peut mettre à la fois ses obsessions fantastiques, son travail expérimental et une bonne louche d'érotisme à la mode du temps. Jean tourne sans grands moyens un film où une clinique mène d'étranges expériences vampiriques et où des jeunes femmes en voiles blancs errent sans but dans des manoirs embrumés. Les comédiens sont amateurs, le budget crie misère mais qu'importe, tout cela est dans l'esprit libertaire du temps. Hélas, entre-temps, Lavie fait faillite et Rollin se retrouve avec son court sur les bras. Il contacte un autre producteur, Sam Selsky, qui décide de financer un deuxième court pour compléter le premier mais qui insiste tout particulièrement pour épicer la sauce avec un peu de nudité féminine.

Rollin ressuscite son casting qui mourait pourtant à la fin de son précédent film et tourne une suite, « La Reine des vampires », pas très cohérente par rapport au premier. Les deux films s'enchaînent sans trop de continuité pour former un long métrage, sorti sous le titre générique du « Viol du vampire ». Le tout sort en plein mai 1968, avec une affiche d'un Druillet pas encore connu, et se proclame fièrement premier film de vampire français. L'accueil est catastrophique. Sorti dans quatre salles parisiennes, le film est hué par son public qui s'attendait à voir l'équivalent français des productions de la Hammer et se retrouve devant un film expérimental arty. Les gens sortent de la salle furieux après avoir bombardé l'écran avec tout ce qui leur tombe sous la main ! "Le Figaro" se fend tout de même d'une critique du film, en se demandant s'il n'a pas été tourné par une bande d'étudiants en médecine ivres morts. Les résultats sont si catastrophiques que Rollin envisage sérieusement un temps d'arrêter le cinéma.

Mais comme Lavie, qui s'est refait, lui propose de retenter sa chance, il tourne en 1970 « La Vampire nue » (un titre qui résume à lui tout seul toute la thématique rollinesque). Le film, cette fois-ci en couleur, est esthétiquement magnifique, convoquant l'expressionnisme allemand dans les jeux d'ombres et Franju dans ces visions bizarres de société secrète dont les membres portent d'étranges masques d'animaux. Avec, comme toujours, un sens aigu de l'érotisme saphique, une absence totale de rythme et un goût pour l'expérimentation qui le rend hermétique au grand public.

Nanard(s): Les Vampires de Jean Rollin
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