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Fanzine Enthousiaste & Curieux

Les Vampires dans l'Art: Le Baiser du Sphinx

Publié le 15 Août 2016 par bigwhy in art, vampire, XIX siècle, romantisme, allemagne

Les Vampires dans l'Art: Le Baiser du Sphinx

Pour nous apporter le frisson, en cette période caniculaire, on va parler de...........vampires. au menu des films, des livres, des oeuvre d'arts & des pin ups.

Martyre délicieux, souffrance enivrante»... "Le baiser du Sphinx" de Franz von Stuck, est une œuvre emblématique des thèmes et des styles du romantisme noir.

Pendant longtemps, le beau a été l’incarnation du Bien. D’un côté, les athlètes musclés aux proportions parfaites de la sculpture antique, les anges radieux des toiles religieuses ; de l’autre, les monstres hideux incarnant le Mal (gargouilles, diables…).

A la fin du XVIIIe, sur les cendres des Lumières, tout bascule. Tandis que l’Europe connaît un sursaut de l’irrationnel (pratiques ésotériques, superstitions), le fantastique, le bizarre s’invitent dans la peinture occidentale et sèment le doute. Les pécheresses diaboliques qui naissent sous le pinceau des peintres invitent à mordre dans la pomme, et les gouffres vertigineux qui déchirent certains tableaux donnent envie de plonger dans les enfers.

Mais qu'est-ce précisément que le romantisme noir ? Ce tableau du peintre suisse Heinrich Füssli peint en 1782, qui en est l'une des premières expressions, définit bien le cocktail sulfureux sur lequel il repose : érotisme, irrationnel et fantastique.

Johann Heinrich Füssli (1741-1825), "Le Cauchemar", 1781.

La scène est difficile à décrypter, car elle joue sur l’ambiguïté entre réel et cauchemar. Les créatures fantastiques, peut-être fruits de l’imagination de la jeune femme, apparaissent sur le même plan que la réalité physique. Ce qui est palpable, en revanche, c’est la dimension érotique de l’image. La femme est abandonnée, le corps renversé sur sa couche. Et le monstre qui apparaît sur son torse est un incube : un démon velu dont on pensait qu’il abusait sexuellement des femmes endormies. Remarquez que la créature tourne son regard vers nous, comme pour scruter le fond de notre âme. La scène n’est peut-être pas la matérialisation du cauchemar de la jeune femme, mais celle des fantasmes du peintre et du spectateur. Le cheval, incarnant les pulsions animales, et qui pénètre dans l’intimité de la chambre pour observer cet accouplement hors-norme, semble nous renvoyer à notre propre voyeurisme.

Mais les forces maléfiques s’incarnent souvent dans des créatures bien plus dangereuses : les femmes ! Car lorsqu’elle n’est pas une vierge violée (comme dans le tableau de Füssli évoqué plus haut), la femme devient vampire et aspire l’énergie vitale de l’homme. C’est le cas chez le peintre allemand Franz von Stuck, qui s’appuie ici sur l’image du Sphinx, mi-femme, mi-bête.

L’inquiétude, l’angoisse transparaissent également dans les paysages créés par les romantiques. C’est le cas par exemple chez l’Allemand Caspar David Friedrich, qui imagine des décors grandioses (montagnes gigantesques, ruines…) et souvent tourmentés, dans lesquels la nature acquiert une dimension sacrée.

Cette vision de bord de mer est tout simplement vertigineuse. Alors que le paysage s’appuie traditionnellement sur un premier et un arrière-plan qui permettent de structurer la scène, ici le spectateur fait face à un gouffre horizontal. Seules les voiles verticales des bateaux s’interposent entre nous et l’abîme. Les lourds nuages renforcent le caractère oppressant et la démesure du paysage. Cette nature nue, infinie, débarrassée de l’homme, devient à la fois sublime… et effrayante.

Le peintre belge Léon Spilliaert va encore plus loin avec cette scène nocturne. Par un jeu subtil de nuances entre noir et gris, il crée une image à la limite de l’abstraction, qui nous place au fond du gouffre !

Les Vampires dans l'Art: Le Baiser du Sphinx

Franz von Stuck, né le 23 février 1863 à Tettenweis et mort le 30 août 1928 (à 65 ans) à Munich, est un peintresymboliste et expressionniste allemand membre fondateur de la Sécession de Munich ; il était aussi sculpteur,graveur et architecte.

Franz von Stuck est né à Tettenweis, en Bavière. Il suit les cours deFerdinand Barth (de) à la Kunstgewerbeschule (de) de Munich et ceux de Wilhelm von Lindenschmit der Jüngere (de) et de Ludwig von Löfftz à l'académie des beaux-arts de Munich.

Il a commencé à se faire un nom avec des illustrations pour le Fliegende Blätter (Les Feuilles volantes) et la création de vignettes pour la décoration des livres (1887-1892). Influencé par Arnold Böcklin, il se tourne vers la peinture à partir de 1889, année où il obtint une médaille d'or au Palais des glaces de Munich avec son premier tableau Le Gardien du paradis.

En 1892, il fait partie des membres fondateurs de la Sécession de Munich et son tableau Le péché fait sensation à l'exposition de 1893. Cette même année, il succède à Wilhelm von Lindenschmit à l'académie et commence à influencer une nouvelle génération de peintre parmi lesquels Josef Albers, Vassily Kandinsky et Paul Klee. Franz von Stuck fournit régulièrement des illustrations pour la magazine Jugend.

Son style en peinture est basé sur une grande maîtrise de la composition et serait plutôt sculptural que pictural. Ses sujets favoris sont de nature mythologique et allégorique. Toutefois le traitement des sujets classiques est généralement peu conventionnel. La statuette d'une athlète, dont des exemplaires en bronze se trouvent à Berlin, Budapest et Hambourg, montre son talent plastique.

Parmi ses tableaux les plus connus, on peut citer Le Péché et Guerre, à la Neue Pinakothek de Munich, Le Baiser du Sphinx, La Crucifixion, Les Rivaux, Paradis perdu, Œdipe, Tentation, Sisyphe et Lucifer. Il portait également une grande attention aux cadres de ses tableaux qui sont caractéristiques.

En 1906 Franz Stuck est anobli. Bien qu'il fût un des acteurs majeurs de la Sécession, il fut aussi professeur à l'Académie. Entre 1907 et 1913, Michel Fingesten fut son assistant.

En 1914, il fut un des signataires du Manifeste des 93 qui exprime une réaction des clercs allemands aux accusations d'exactions portées contre l'armée allemandeà la suite de l'invasion de la Belgique..

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