Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
Bigwhy? Finest?

(Fanzine Enthousiaste & Curieux)

Film Culte: NOSFERATU de Friedrich Wilhelm Murnau (1922)

Publié le 4 Août 2016 par bigwhy in film, vampire, film complet, Bande annonce, allemagne

Film Culte: NOSFERATU de Friedrich Wilhelm Murnau (1922)

(film complet)

Pour nous apporter le frisson, en cette période caniculaire, on va parler de...........vampires. au menu des films, des livres, des oeuvre d'arts & des pin ups.

Pour le cinéma de vampire, il faut commencer par le commencement: Le Nosferatu de Murnau (muet 1922), & forcément sa meilleure adaptation, celle de 1979 par le duo brutal, Werner Herzog / Klaus Kinski, enfin l'etrange film danois de Carl Theodor Dreyer (1932) qui mélange le muet & le parlant...

Nosferatu est un film réalisé par Friedrich-Wilhelm Murnau en 1922, avec pour acteur principal Max Schreck.

En 1838, le jeune clerc de notaire Hutter (Gustav von Wangenheim) doit se rendre en Transylvanie pour conclure une transaction immobilière avec le Comte Orlok (Max Schreck). Sa jeune femme Ellen (Greta Schroeder) est très inquiète de ce voyage, mais le laisse partir. Hutter ne tarde pas à réaliser que le Comte Orlok est en réalité Nosferatu, vampire se nourissant du sang de ses victimes. Mais celui-ci, tombé par hasard sur un portrait d'Ellen, est décidé à acheter le bâtiment proposé par Hutter, situé juste en face de la maison du couple. Lors de son voyage, Nosferatu répand la terreur sur son passage.

Ce film est inspiré du roman de Bram Stoker Dracula publié en 1897. Il est connu pour être l'un des plus singuliers du cinéma muet. Murnau a été aidé par le fait que le livre semblait prêt à être adapté au cinéma: il est en effet peu prolixe en dialogues, mais riche en descriptions, ce qui correspond parfaitement au mode de narration visuel du cinéma muet.

De nombreux réalisateurs s'inspirent encore aujourd'hui de cette adaptation, ou lui rendent hommage, à l'instar de Tim Burton dans Batman, le défi dans lequel le personnage incarné par Christopher Walken s'appelle Max Schreck. Plus récemment, L'Ombre du vampire fut réalisé en 2000, traitant des coulisses de tournage du film, et mettant en avant les rumeurs que Max Schreck serait un véritable vampire...

Nosferatu est la première adaptation de Dracula mais était illégale à l'époque, Murnau n'ayant pas acheté les droits à la veuve de Bram Stoker. Cela lui valut de nombreux démêlés judiciaires, qui ne prirent fin qu'à la mort de Florence Stoker.

De nombreuses voix se sont élevées pour mettre en lumière la dimension politique et sociale de Nosferatu. Pour certains, le long métrage, tourné juste après la Première Guerre mondiale, préfigurerait ainsi les horreurs nazies à venir. Pour d'autres, Nosferatu serait au contraire une oeuvre antisémite. Le débat critique fit ainsi rage lors de la sortie du film (source: allocine). Il existe même des interprétations parfaitement imbéciles penchant pour la thèse que Murnau a voulu dépeindre un Nosferatu homosexuel refoulé. Ces trois théories sont loufoques et en tous points infondées.

Friedrich-Wilhelm Murnau a utilisé des filtres de couleurs pour son film. De fait, la pellicule possède une teinte jaunâtre et une teinte bleutée censées représenter les couleurs du jour et de la nuit. Il a même utilisé un filtre rosé pour l'aube. On peut en voir une illustration sur les photos et sur l'extrait vidéo de cet article.

Scènes intéressantes: Nosferatu se levant avec raideur de son cercueil et déambulant dans le château, jetant des ombres effrayantes sur son passage. Ainsi, bien entendu, que la scène finale.

L'oeuvre de Bram Stoker représentait une histoire reposant sur le conflit éternel entre lumière et obscurité; il n'était donc pas illogique d'en adapter une version au cinéma muet, lequel ne dispose presque exclusivement que de ces deux effets. Murnau a ainsi accouché d'une oeuvre expressionniste dégageant un certain contraste visuel selon l'état d'esprit des personnages principaux.

Pour dire un mot des acteurs il suffit de souligner que Max Schreck porte le film à lui tout seul; il est d'ailleurs amusant de relever que son nom signifie "terreur". Son jeu se développe tout en finesse: très économe de ses mouvements, les contractions de son visage ne s'en révèlent pas moins extrêmement convaincantes.

A son image, le film est intelligemment construit, développé en cinq actes conduisant graduellement le spectateur du suspense à la frayeur. Il faut en effet reconnaître que Murnau s'illustre particulièrement par sa réussite dans l'art de distordre la réalité: soit en utilisant des filtres soit en trichant avec le temps (accélérés récurrents), ou encore en jouant avec les effets de profondeur (jeux d'ombres). Murnau crée ainsi une ambiance claustrophobique et arrive à donner un effet absolument irréel aux évènements, mais aussi aux décors naturels. La scène finale renforcée par l'utilisation de filtres de couleurs est véritablement remarquable, baignée de terreur et de poésie. A l'époque, donc, on pouvait considérer ce film comme une petite prouesse de réalisation.

Film Culte: NOSFERATU de Friedrich Wilhelm Murnau (1922)

Le remake de Murnau par Herzog est un chef d’oeuvre malade dont l’austérité confine à l’épouvante. Brillant.

A Wismar, les habitants meurent par centaines d’un mal présumé être la peste. Cette hécatombe est, en fait, l’oeuvre du vampire Dracula qui vient de s’établir dans une maison abandonnée de la ville. Personne ne peut enrayer l’épidémie, mais Lucy est prête à tout sacrifier pour venir à bout du monstre, au lever du jour...

Anti commerciale au possible, la relecture du roman de Bram Stoker par Herzog a été un franc succès en 1979 avec pas moins de 933.000 entrées en France et des critiques dithyrambiques. Pas mal pour une oeuvre austère, faite d’errance et de solitude sur un ton dépressif et malade.
Cette coproduction franco-allemande, qui a vu la puissante Gaumont s’associer à FilmProduktion était pourtant loin d’être un pari gagné. Dracula, en perte de vitesse au box-office, pâtissait un peu de l’image gothique poussiéreuse donnée par la surexploitation du mythe du vampire pendant plusieurs décennies, notamment dans les productions de la Hammer. Et puis le titre renvoyait explicitement à la première adaptation par Murnau, chef d’oeuvre inégalable de l’expressionnisme (voir ICI). Osant avec audace l’exercice du remake impossible, Herzog réussit pourtant l’exploit, à savoir la réalisation d’un chef d’oeuvre personnel et intemporel.

Herzogienne jusqu’au bout, la version contemporaine rappelle beaucoup Aguirre du même auteur, non seulement de par la présence incarnée de Klaus Kinski, mais aussi dans ses thèmes d’errance funeste. L’impression est évidente notamment à l’arrivée de Bruno Ganz dans les Carpathes, au début du métrage sur le Rheingold Prelude de Wagner. L’homme redevient cette figure d’explorateur dans un monde hostile où la nature est morbide. Le comte Dracula, ombre métaphorique de la peste, vermine des cales comme un rat, devient lui-même voyageur jusqu’en Allemagne, sur un navire où la maladie a raison de l’équipage.

Evoqué comme "le Maître des rats", Nosferatu n’est plus ici l’incarnation du Mal comme dans le film original, mais bel et bien une figure désespérée de la solitude. Sa difformité physique, son teint blâfard, ses mains froides, son appétence pour la vie en s’abreuvant du sang de victimes, hommes ou femmes, comme une évocation de sa bisexualité, cette passion soudaine pour la belle Lucy, à la jeunesse écrasée par la prémonition (elle est elle-même étrangement pâle et croit aux pressentiments)... tout renvoie à la détresse de Dracula. Telle la maladie, l’éternel Nosferatu, créature nocturne pathétique, ne pourra jamais être aimé du monde diurne représentée par celle dont il s’est épris. Une tragédie grandiose.

Film Culte: NOSFERATU de Friedrich Wilhelm Murnau (1922)

(film complet)

David Gray arrive dans une auberge au crépuscule. Tout semble étrange. En pleine nuit, un vieil homme en robe de chambre surgit auprès de lui et lui confie un mystérieux paquet à n'ouvrir qu'en cas de décès. La vie de David bascule subitement. Il sort, suit des ombres, arrive dans une maison abandonnée, y fait d'inquiétantes rencontres. Il échoue finalement dans un château. C'est là qu'habite l'homme au paquet. L'une de ses filles, Léone, est gravement malade, peut-être même possédée...

Pour être capté par Vampyr, il faut oublier tous les films de vampires d'hier et d'aujourd'hui. Vampyr est une expérience surréaliste et subjective à laquelle le cinéaste danois conviait le spectateur en le plongeant dans le même cauchemar éveillé que celui de David Gray, son héros perdu, les yeux sans cesse écarquillés devant le mystère. Il décida même de filmer avec une caméra défectueuse, au vu de la première bobine dont l'image nébuleuse l'enthousiasma.

Du moment où ce chasseur de malédictions prend une chambre à l'auberge du village de Courtempierre, ce n'est pas une histoire qui s'ouvre, mais une déambulation dans des paysages brumeux, où les réponses, si elles existent, restent hors champ. On passe de plans muets en plans à peine parlants comme David Gray : sans jamais deviner ce qui suit. Une poignée de porte qui tourne, un unijambiste dans un escalier, un homme avec une faux, une danse d'ombres d'enfants ou une fille pâle soi-disant atteinte de somnambulisme qui regarde soudain sa soeur avec un regard dément, autant de plans qui semblent sortir d'outre-tombe ou de nos angoisses les plus intimes.

Commenter cet article