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Film a voir: LA COMTESSE de Julie Delpy (2009)

Publié le 8 Août 2016 par bigwhy in film, Bande annonce, vampire, histoire, biographie, hongrie, france

Film a voir: LA COMTESSE de Julie Delpy (2009)

Pour nous apporter le frisson, en cette période caniculaire, on va parler de...........vampires. au menu des films, des livres, des oeuvre d'arts & des pin ups. Alter ego de Dracula dans l'imaginaire vampirique, la comtesse de sang: Erzebeth Bathory dans un beau film de Julie Delpy.

Hongrie, XVIIe siècle. Depuis qu'elle est veuve, la comtesse Elizabeth Bathory gère son immense fortune. Aidée de sa confidente, la sorcière Anna Darvulia, Elizabeth devient rapidement la femme la plus puissante de Hongrie, suscitant crainte, admiration ou haine. Elle tombe éperdument amoureuse d'un séduisant jeune homme et entame une relation avec lui. Mais celui-ci l'abandonne. Certaine d'avoir été délaissée car elle n'était plus assez jeune, Elizabeth sombre dans la folie, persuadée que le sang de jeunes vierges appliqué sur son visage lui rendra sa beauté d'antan. C'est le début d'une longue série de crimes qui endeuillent la région...

Julie Delpy crée la surprise avec un film en costumes à la beauté austère, qu'elle a écrit, produit, interprété et réalisé. La Comtesse est une biographie d'Erzébeth Báthory (1560-1614), condamnée à être emmurée vivante dans son château pour avoir fait tuer des centaines de jeunes filles. Selon la légende, « la Comtesse Dracula » se serait baignée dans le sang de ses victimes dans l'espoir de rester jeune.

Sans nier l'existence de ces crimes, le film dépeint Erzébeth Báthory comme une grande amoureuse romantique, obsédée par sa passion pour un garçon de dix-neuf ans son cadet. Mais aussi comme une femme intelligente, cultivée, et puissante. Une féministe avant l'heure, capable - et coupable, aux yeux d'une société patriarcale - de tenir tête aux hommes, au clergé et au roi. La comtesse paie son indépendance d'esprit au prix fort. Elle fait l'objet d'une conspiration fomentée par les nobles pour saper son autorité, confisquer ses richesses et prouver au peuple que « les femmes ne peuvent accéder au pouvoir ».

Julie Delpy relaie cette « théorie du complot » - reconnue par certains historiens - dans un récit et une mise en scène au classicisme efficace. Mais le film séduit plus encore par sa description de la folie d'une femme terrifiée par la déchéance physique. Les images (superbe photo de Martin Ruhe) sont hantées par la putréfaction, sans jamais tomber dans l'esthétique grand-guignolesque. Et Julie Delpy impressionne dans ce rôle terrible, où son visage angélique peut, en un instant, se transformer en masque de haine. L'actrice assume sans complexes ni complaisance le passage du temps. Comme une troublante mise en abyme.

Film a voir: LA COMTESSE de Julie Delpy (2009)
Film a voir: LA COMTESSE de Julie Delpy (2009)

Erzébet Bathory est la plus légendaire des femmes criminelles et, qui sait, sans doute une des plus grandes sadiques hommes et femmes confondues de l'histoire du crime. Comtesse de rang, Erzébet Bathory est accusée d'avoir torturé avec un luxe d'imagination et de cruauté plus d'une centaine de jeunes femmes.

Erzsébet Báthory est née dans une propriété familiale à Nyírbátor, en Hongrie, le 7 août 1560. Elle est de sang royal, fille de György Báthory d'Ecsed et d'Anna Báthory de Somlyo, comptant dans ses proches parents un cousin-germain prince de Transylvanie, Sigismond Bathory, un oncle qui devint roi de Pologne, des gouverneurs de province, de hauts magistrats, des évêques et un cardinal.

A 11 ans, Erzsébet est promise en mariage à Ferenc Nádasdy et confiée à sa future belle-mère, Orsolya Nàdasdy, laquelle la prépare à son devoir d'épouse et de mère, le but étant de donner des Héritiers à la lignée des Nàdasdy. Elle déménage au château de Sárvár où elle est destinée à devenir une épouse soumise et pieuse. Cependant, elle connaît plusieurs aventures masculines avant son mariage et tombe enceinte d'un paysan. Elle parvient alors à s'extraire de l'emprise de sa future belle-mère au prétexte d'une visite chez sa mère Anna Bathory, qui aurait alors amené secrètement Elizabeth dans un de ses châteaux les plus éloignés, du côté de la Transylvanie, laissant courir le bruit que sa fille, atteinte d'une maladie contagieuse, avait besoin de repos et d'isolement absolus. Enfant illégitime, la petite Elizabeth a, selon les versions, soit été confiée à une femme de confiance du château, soit est mort-née.

Les noces d'Elisabeth Báthory et de Ferencz Nàdasdy sont célébrées le 8 mai 1575. Elizabeth a quinze ans, et son mari en a vingt et un. L'empereur Maximilien de Habsbourg assista lui-même au mariage. Le roi Matthias de Hongrie et l'archiduc d'Autriche envoyèrent de somptueux cadeaux aux nouveaux époux. Le cadeau de mariage que lui offre Ferenc est le château de Cachtice, situé dans les Carpates, entouré d'un village et de champs. Nádasdy l'a acheté à l'empereur Rodolphe II du Saint-Empire, ce qui en fait une propriété de la famille.

En 1578, Nádasdy est devenu commandeur en chef des troupes hongroises, qu'il mène durant la guerre contre les Turcs. On le considère comme un homme courageux, mais cruel. Pendant les absences de son mari, Erzsébet Báthory gère le domaine. Pendant les dix premières années de leur mariage, Erzsébet n'eut aucun enfant parce qu'elle et Ferenc étaient rarement ensemble. En 1585, une fille, Anna, naît. Une fille Orsolya et un fils Andrei suivront, mais tous les deux mourront en bas âge. Pour finir, une fille Katarina et un fils Pál naquirent, ce dernier en 1598.

Erzsébet est une femme cultivée, sachant lire et écrire en quatre langues. D'après les lettres qu'elle a laissées, on connaît plusieurs cas où elle intervint en faveur de femmes destituées, notamment une femme dont le mari avait été capturé par les Turcs, ainsi qu'une femme dont la fille avait été violée et mise enceinte.

Quant a-t-elle commencé à torturer ? nul ne peut le dater mais elle pratiquait déjà les sévices lorsque son mari était vivant. Car l'obsession d'Elizabeth, depuis son plus jeune âge, est sa beauté. La vieillesse lui était insupportable tout comme les fraîches jeunes filles de la contrée qui la renvoyaient à sa propre déchéance physique.

Un jour qu'elle avait frappé une servante assez violemment pour la faire saigner du nez, du sang de la jeune fille tomba sur son poignet, dont la peau une fois nettoyé lui parût plus blanche et plus douce. Elle se baigna le visage avec le sang d'une des victimes de ses orgies et son visage lui sembla rajeuni et revivifié par le traitement. Il n'en fallait pas plus pour qu'elle imagine pouvoir indéfiniment préserver sa beauté grâce à du sang frais de jeunes filles, de préférence vierges, donc revêtues de cette aura magique que confère la virginité.

Une sinistre équipe se forma autour de la comtesse : la nourrice Jo Ilona, sa servante Dorko, chargées de recruter les malheureuses et de se débarasser des corps, un homme à tout faire, Ficzko, une lavandière, Katalin Beniezky, et enfin, Darvulia sorcière de son état. Les plus belles filles de Transylvanie et de Hongrie, lorsqu'elles étaient repérées par les émissaires de la comtesse, prenaient le chemin du château de Csejthe. Tous les moyens étaient bons : menaces, intimidation, promesses d'argent, achat pur et simple dans certaines familles pauvres. Mais la plupart d'entre elles ne ressortaient jamais plus de la sinistre forteresse.

Les filles étaient frappées avec violence. Certaines avaient le cou percé. D'autres étaient liées avec des cordes qu'on tordait ensuite afin qu'elles puissent s'enfoncer dans les chairs, ce qui permettait de leur ouvrir les veines et de faire jaillir le sang sur la comtesse. Les descriptions de tortures qui furent mises en évidences durant le procès furent souvent basées sur le ouï-dire. Parmi les atrocités décrites et probables, on cite notamment de longs passages à tabac, entraînant souvent la mort, des brûlures et mutilations des mains, parfois aussi sur les visages et les parties génitales, des morsures estropiant des parties de peau du visage, des bras et du corps, le plongeon des filles dans de l'eau glacée jusqu'à la mort ou une mise à mort par dénutrition.

On prétend même qu'on remplissait parfois des baignoires de sang et qu'Elizabeth s'y baignait avec ravissement, mais comme sa peau délicate ne supportait pas d'être essuyée avec des serviettes, ce sont d'autres filles qui devaient la débarrasser du sang en lui léchant tout le corps avec leurs langues. Celles qui, ne supportant pas une telle horreur, s'évanouissaient, étaient ensuite sévèrement châtiées avant de servir de victimes à leur tour.

Seulement, au bout d'un certain temps, les familles de ces jeunes filles se demandaient ce que devenaient leurs enfants, car aucune nouvelle ne leur parvenait, et ce fut le déclencheur des premiers doutes au sujet de ce que pouvait mijoter la Comtesse. le prêtre luthérien István Magyari, vient à se plaindre à la cour de Vienne des atrocités commises par Erzsébet Báthory.

Les autorités prennent un certain temps avant de répondre aux plaintes de Magyari. Le roi Matthias II de Hongrie décida de prendre l'affaire en main et ordonna une enquête qu'il confia au gouverneur de la province, lui-même cousin d'Erzébeth. Le gouverneur se rendit secrètement à Csejthe et s'informa auprès de certaines personnes de confiance, en particulier le pasteur Andras Berthoni qui avait rédigé un long mémoire dans lequel il accusait Erzébeth d'avoir fait mettre à mort neuf jeunes filles et de l'avoir contraint à les enterrer pendant la nuit. L'envoyé du roi Matthias fut très vite édifié, et, lorsqu'il eut fait son rapport, le roi ordonna l'arrestation de la comtesse Bathory et tous ses complices. Et cette tâche, il la confia à un autre cousin d'Erzébeth, son premier ministre le comte Gyorgy Thurzo, qui avait aussi été son amant.

Le 29 décembre 1610, à la tête d'une troupe armée et accompagné du curé de Csejthe et en présence des deux gendres d'Elizabeth, le comte Thurzo, le cousin d'Elizabeth pénétra dans le grand château au moment même où se déroulait l'une de ces orgies sanglantes.

Ils découvrirent plusieurs douzaines de jeunes filles, d'adolescentes et de jeunes femmes. Certaines étaient affaiblies, presque complètement vidées de leur sang; d'autres, dans un état d'hébétude totale, étaient encore intactes : c'était le bétail réservé aux prochaines orgies. Par la suite, on exhuma une cinquantaine de cadavres de jeunes filles dans les cours, les dépendances du château et les sous sols. Lorsque le comte Thurzo se présenta devant elle, elle ne songea pas un seul instant à nier l'évidence. Aux accusations que lui porta légalement son cousin, la comtesse s'enferma dans un mutisme hautain.

Un procès, préparé à la hâte, se tient le 7 janvier 1611, présidé par le Juge de la Cour Royale Suprême, Theodosious Syrmiensis de Szuló, et 20 juges associés. Erzsébet elle-même ne prend pas part au procès. Les témoignages collectés s'élèvent à un total de plus de 300. Ses victimes étaient de jeunes paysannes de la région, attirées par des offres de travail bien payé pour être servantes au château. Plus tard, elle aurait commencé à tuer des filles de la petite noblesse, envoyées chez elle par leurs parents pour y apprendre l'étiquette. Des rapts ont également été pratiqués.

Selon les confessions des accusés, Erzsébet Báthory aurait non seulement torturé et tué ses victimes à Cachtice, mais également dans ses propriétés à Bécko, Sárvár, Deutschkreutz, Bratislava et Vienne - et même, sur le chemin entre ces différents lieux.

Le nombre total de jeunes filles torturées et tuées par Báthory reste inconnu, bien qu'on en mentionnât une centaine, entre les années 1585 et 1610. Les estimations diffèrent grandement. Szentes et Fickó en rapportent respectivement 36 et 37 au cours de leur période de service. Les accusés estiment le nombre à une cinquantaine ou plus. Le personnel du château de Sárvár évalue le nombre de corps retirés du château à 100, peut-être même 200. Un témoin au tribunal mentionna un carnet, dans lequel un total de 650 victimes aurait été consigné par Báthory elle-même. Ce carnet n'a été mentionné nulle part ailleurs, et n'a jamais été découvert ; cependant, ce nombre est devenu part de la légende entourant Báthory.

Il n'est cependant pas exclu que les témoins aient inventé ou exagéré des faits dans le seul but de mettre fin à leur supplice. En 1984, l'historien hongrois László Nagy avança une théorie selon laquelle Erzsébet Báthory n'aurait pas commis ces crimes et aurait été victime d'une conspiration. Il est possible que les chefs d'accusations aient été inventés par certains membres de la famille pour soustraire Erzsébet à l'accusation suprême de haute trahison, car elle voulait contribuer avec ses gens d'armes et avec sa fortune personnelle à la lutte de son cousin Gabriel Báthory, prince de Transylvanie, contre les Hasbourg. Pour dissimuler l'action politique de la comtesse et pour éviter ainsi que la famille ne fut compromise, on a préféré qu'elle fut accusée de crimes de droit commun.

Matthias était résolu à condamner la comtesse à mort, quels que fussent ses liens avec l'illustre famille des Báthory. Gyorgy Thurzo s'y opposa ; il estima qu'en dépit des crimes que la comtesse avait commis, il fallait songer à sa descendance, et il affirma : "Ce n'est pas parce qu'une branche est pourrie qu'il faut abattre tout l'arbre".

Dorkó, Ilona et Ficzkó sont désignés coupables et exécutés. Dorkó et Ilona ont les doigts arrachés, avant d'être jetées au feu, tandis que Ficzkó, dont la culpabilité est jugée moindre en raison de son jeune âge, est décapité avant d'être jeté aux flammes. Un échafaud public est érigé près du château pour montrer que justice a été rendue. Katalin Benická est condamnée à une sentence de prison à vie, car elle a agi uniquement sous la contrainte et l'intimidation des autres, comme en attestent les témoignages.

Elizabeth fut condamnée à être murée vive dans ses appartements privés du petit château de Csejthe : sous la surveillance des juges et du comte Thurzo, des maçons murèrent donc les fenêtres et les portes de ses appartements, laissant le miroir, et qu'une petite ouverture par laquelle on passerait tous les jours de l'eau et de la nourriture. Elizabeth se laissa enfermer sans prononcer une parole.

Elle mourut le 21 août 1614. Aux dires de ceux qui la virent dans son dernier sommeil, en dépit de son âge - très avancé pour l'époque - de cinquante-quatre ans, sa beauté était inaltérée. Elle avait rédigé un testament quelque temps auparavant, léguant deux de ses châteaux à sa fille Katharina mais Pal étant l'unique héritier mâle, c'est à lui que revinrent tous les biens d'Erszebeth. Le château de Csejthe est resté maudit. Il est aujourd'hui en ruines et on le dit hanté par la comtesse sanglante, qui continuerait de commettre ses crimes. Ces croyances persistantes font qu'elle est souvent considérée comme un vampire et non comme une femme cruelle obsédée par la vieillesse.

Le cas d'Erzsébet Báthory inspira de nombreuses légendes, au cours des XVIIIe et XIXe siècles. La comtesse continue de figurer, de nos jours, comme personnage de fiction en musique, dans les films, les livres, les jeux et les jouets. Elle fut aussi source d'inspiration de personnages similaires.

Virginie IKKY pour Greffier Noir

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