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Bigwhy? Finest?

Fanzine Enthousiaste & Curieux

One track a day:Lady D'Arbanville by Cat Stevens

Publié le 5 Juillet 2016 par bigwhy in musique, video, folk, 70's, UK, maroc

One track a day:Lady D'Arbanville by Cat Stevens

Cat Stevens représente probablement le retournement de veste le plus fort de toute l'histoire du rock. Celui qui connut la gloire dans la seconde moitié des sixties et la première moitié des seventies, qui a mené une vie dissolue - presque caricaturale - de rockstar, qui a goûté à quasiment tous les plaisirs dangereux et interdits s'est converti à l'islam en 1977 après avoir cherché son Dieu pendant des années. La vie de Steven Demetre Gergiou, né à Londres de parents immigrés grecs et sudéois en 1948, a été tout sauf un fleuve tranquille. S'il connait tôt la réussite avec son premier album Matthew and Son (1967) c'est à ses talents de musicien qu'il le doit. Il manie avec autant d'aisance la guitare que la flûte, le bouzouki, la mandoline, la basse ou les percussions. Rapidement, il adopte de sobriquet Cat Stevens (ndlr Cat parce qu'une fille lui a dit un jour qu'il avait le regard d'un chat) et puise son inspiration chez Bob Dylan, Simon & Garfunkel, Leonard Cohen et Pete Seeger. Un second album, New Master (1967), sort rapidement mais, en 1969, il contracte la tuberculose, frôle la mort et est contraint au repos forcé pendant plusieurs mois. Il arrête sa carrière jusqu'en 1970. A cette époque, il fréquente une jeune actrice débutante, Patricia d'Arbanville. Sa carrière est balbutiante et elle doit se rendre en France pour trouver son premier vrai rôle, celui d'une étudiante américaine qui vient troubler la vie d'un professeur retraité, campé par Michel Simon, dans La Maison (1970), de Michel Brach. Alors qu'il prépare son retour musical, Stevens compose une chanson d'amour pour Patty d'Arbanville. Simplement titré My Lady d'Arbanville, elle se veut le reflet d'une situation que le chanteur trouve amère; il est éperdument amoureux, elle l'est nettement moins ! Plusieurs strophes du texte (Mais ton coeur semble si silencieux - Tes lèvres sont comme l'hiver -Pourquoi cela me rend-t-il si triste) expriment ce sentiment. En fait, pour écrire sa chanson, Cat Stevens transpose son amour pour Patti d'Arbanville à la situation d'un homme qui vient de perdre sa chérie, emportée par la mort. Dans sa tombe, elle ne peut plus lui rendre son amour, ses baisers et ses émotions... c'est ce qu'il ressent avec Patti d'Arbanville.

Forte de son expérience française, l'actrice retourne dans l'Hexagone où elle tourne sous la direction de Claude Mulot La Saignée, qui sortira en 1971, avec Gabriele Tinti et Charles Southwood. Ce nouvel éloignement aura raison de sa relation avec Cat Stevens. My Lady d'Arbanville est-elle à peine livrée au public, à l'été 1970, que la relation qui l'a inspirée n'existe plus. L'album Mona Bone Jakon qui l'abrite est un réel succès tout comme sa plage principale qui sera disque d'or aux Etats-Unis et en Angleterre. Pour échapper à la mélancolie, Cat Stevens se réfugie dans le travail et dans le mysticisme. La chose religieuse l'a toujours interpelée, sa longue hospitalisation pendant sa tuberculose l'a amené vers l'introspection et la spiritualité, mais il ne trouve pas sa voie. Il compose plusieurs chansons pour le filmHarold et Maude, d'Al Ashby, que l'on retrouvera également dans la foulée sur l'album Tea for the Tillerman qui sort en novembre 1970. Pour compléter cette plaque, Cat Stevens compose une autre chanson dédiée à Patty d'Arbanville, Wild World qui sera également un énorme tube. Ainsi donc, Cat Stevens doit deux de ses plus gros succès à la femme qui les a inspiré, Patty d'Arbanville.

De succès en réussites - Father and son (1970), Sad Lisa (1970), Peace Train (1971), Moon Shadow(1971)... sont d'énormes tubes - Stevens vend quelque 60 millions d'albums à travers le monde. Mais cette réussite est tempérée par divers excès et, surtout, par cette recherche de spiritualité qui ne le quitte pas. Il lit la bible, s'informe sur le boudhisme et s'intéresse même au tarot et à la numérologie. En 1976, à Malibu alors qu'il se baigne seul il est emporté par une vague qui l'entraine vers le fond. Il confesse avoir prié et imploré Dieu juste avant qu'une autre vague ne le ramène sur le rivage. Sa quète de Dieu s'amplifie après cet événement. L'année suivante, son frère David lui ramène de Jérusalem une traduction du Coran que Cat Stevens lit avec passion. Il fait énormément de recherches sur l'islam et décide de se convertir à cette religion, elle est ce qu'il cherchait sans le trouver depuis plusieurs années... Plus que jamais, il veut fuir la vie qu'il juge superficielle du show-business pour se consacrer à la spiritualité. Sa conversion a lieu, à Londres, le 23 décembre 1977 sous le nom de Yusuf Islam. Il se tourne alors vers l'aide aux démunis et ne chante plus que des chants religieux à l'exception d'un concert au bénéfice de l'UNICEF à Wembley, en 1979.

Entre 1985 et 2005, il sort cependant fréquemment de se retraite spirituelle pour participer à des actions caritatives pour les enfants victimes de la guerre, pour les victimes du tsunami dans l'Océan Indien, au profit de victimes du terrorisme... Et pourtant, Yusuf islam est accusé d'islamisme radical à cause d'un homonyme et est interdit d'accès sur le sol américain de 2004 à 2006. En 2005, il est fait Docteur Honoris Causa de l'Université du Gloucestershire pour ses actions en faveur de l'éducation, deux ans plus tard il le devient également de l'Université d'Exeter pour l'ensemble de son action humanitaire. Dans la seconde moitié des années 2000, il réalise que rock et l'islam ne sont pas forcément incompatible et revient avec deux albums folk/rock : Another Cup (2006) et Roadsinger (2009). Chaque année, la vente des albums de Cat Stevens rapporte encore 1,5 millions de dollars à Yusuf Islam. Une partie important - plus de la moitie sans que l'on ne sache avec précision - est injectée dans des actions à vocation humanitaire.

http://acta-diurna.over-blog.com/

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