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Bigwhy? Finest?

Fanzine Enthousiaste & Curieux

Film à voir: THE BEST OFFER de Guiseppe Tornatore (2013)

Publié le 7 Juillet 2016 par bigwhy in film, polar, art, italie

Film à voir: THE BEST OFFER de Guiseppe Tornatore (2013)

Un thriller hypnotique, qui brille par l’intensité de ses mystères, porté par l’excellence d’une mise en scène aux ressorts spiraux, en prise au vertige des arts...

Virgil Oldman est un commissaire priseur de renom. Véritable institution dans le milieu de l’art et misogyne assumé, il n’a de relation intime qu’avec la collection de tableaux qu’il a su constituer secrètement au cours des années. Personne ne le connaît vraiment, même pas son vieil ami marchand d’art Billy. Lorsqu’une cliente lui demande une expertise mais n’accepte de lui parler qu’au téléphone, Virgil est piqué de curiosité et ne peut se résoudre à laisser tomber l’affaire. Quand il la voit pour la première fois il tombe violemment sous son charme.

Le cinéma de Giuseppe Tornatore ne cesse de nous surprendre dans les différents genres qu’il aborde. Celui qui s’était fait remarquer jusqu’en Amérique avec Cinema Paradiso à la fin des années 80, n’a pas perdu de sa perspicacité cinématographique, avec son dernier long, The Best offer, qui est une proposition de cinéma visuellement époustouflante, épousant les mystères du cinéma de fantômes espagnol, l’audace froide des œuvres italiennes de Paolo Sorrentino et la sinuosité du cinéma hichcockien...

Vibrant hommage à son pays dans sa représentation grandiose de l’art qui est présent de façon névrotique à l’écran (le personnage principal fait office de ponte parmi les commissaires priseurs), Tornatore, dans sa volonté de perdre le spectateur dans les noirceurs de mystères insondables, semblerait presque vouloir provoquer un sentiment d’oppression ou de vertige de Stendhal tant le poids des décors qu’il sublime, constitué de toiles et de sculptures, écrase parfois la vision du film.
La beauté des images, toujours élégantes, parfois d’un froid clinique dans le rapport des deux personnages principaux, tourtereaux atypiques, incapables d’aller vers l’autre, en raison de névroses qui les dépassent. Le protagoniste du commissaire priseur ne se sépare jamais de ses gants quand la jeune femme dont il va tomber amoureux et dont il est chargé de s’occuper de vendre l’impressionnant patrimoine, souffre de son côté d’une agoraphobie exacerbée qui la cloître dans un palais en décrépitude, derrière des murs fissurés qui laissent apparaître des secrets et des rebondissements qui, dans la seconde partie du film, gâchent un peu l’extase de la contemplation des premiers instants.
Évoquant irrémédiablement Les conséquences de l’amour avec Geoffrey Rush, impeccable, dans un rôle très proche de l’autiste solitaire qu’incarne Toni Servillo dans le célèbre film de Sorrentino, The best offer évolue peu à peu, au fil des rencontres avec l’inconnu. La psychologie des personnages n’est jamais arrêtée et donne lieu à des twists qui ne sont peut-être pas à la hauteur, dans leur buts triviaux, des vertiges provoqués par toute l’introduction du film, mais qu’importe, cette "Grande Bellezza", sans meurtre et sans tueurs, mais avec de lugubres dissimulations, est un thriller de haute volée qui laisse en tête des souvenirs d’un cinéma d’une ampleur rare, parfois élevé par la musique du revenant Ennio Morricone, que n’aurait pas renié David Lynch s’il avait été italien.

Film à voir: THE BEST OFFER de Guiseppe Tornatore (2013)
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