Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
Bigwhy? Finest?

(Fanzine Enthousiaste & Curieux)

Film a voir: DIG! de Ondi Timoner (2004)

Publié le 10 Juin 2016 par bigwhy in film, documentaire, biographie, rock, Bande annonce, USA

Film a voir: DIG! de Ondi Timoner (2004)

Comme le Brian Jonestown Massacre passe bientot en ville, c'est la bonne occaz de revoir ce documentaire assez bien foutu!

Le portrait croisé, filmé sur sept ans, de deux groupes de pop psychédélique aux destins divergents : The Dandy Warhols et The Brian Jonestown Massacre. Proches au début, les deux groupes deviennent peu à peu rivaux, les premiers obtiennent le succès et les seconds passent leur temps à saboter leur carrière. En revanche, si c'est le leader des Dandy Warhols qui se prête au jeu, comme narrateur en voix off, c'est plutôt le groupe d'Anton Newcombe, leader charismatique et cyclothymique du B.J.M, qui est valorisé dans le film, à la fois pour son incroyable productivité (en 1996 le groupe sort trois albums autoproduits) et pour ses frasques à répétition - violentes bagarres sur scènes, conflits d'ego à répétition, problèmes de drogue...

A ma droite, Courtney Taylor et ses Dandy Warhols, de Portland. A ma gauche, Anton Newcombe et son Brian Jonestown Massacre, de San Francisco. On est en 1995, et aucun des deux groupes n'a encore percé. Leur style musical a un air de famille : néosixties à embardées psychédéliques frotté de dépression postpunk (BJM) ou de pose glam (DW). Mais ce qui les lie est plus complexe : Newcombe et Taylor sont frères ennemis, l'un se nourrissant de la créativité de l'autre et l'autre essayant de puiser l'énergie de l'un. La lutte est sans suspense, et les amateurs en connaissent l'issue. Les Dandys ont gagné, même s'ils sont devenus depuis des outsiders (et bientôt des has been ?). Ondi Timoner a pris un parti courageux et inédit : traquer sans relâche les faits et gestes de ses cobayes, sur une période de sept ans. Avec voracité documentaire et neutralité de rigueur. Elle n'a cependant pas pu ne pas voir ce qui crève l'écran : Newcombe semble avoir endossé la panoplie du loser mythique avant même de maîtriser ses instruments. Taylor paraît prêt à tout pour arriver à ses fins. Le prétendu génie du premier, vanté ici et là, saute moins aux yeux que son terrible caractère. L'arrogance du second, transpirant même dans l'éloge du rival déchu, ne le rend pas plus sympathique. Compatissant sur le sort du pauvre Newcombe, la réalisatrice donne au nanti Taylor le douteux privilège de conter l'histoire en off. Le music business les a départagés, était-ce la peine d'en rajouter ? Fort en matériau brut sur l'ordinaire du rock, Dig ! laisse un goût amer : sa quête de vérité finit par témoigner d'une impuissance face aux clichés - celle de ses sujets mais la sienne aussi.

François Gorin

Film a voir: DIG! de Ondi Timoner (2004)
Commenter cet article