Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
Bigwhy? Finest?

(Fanzine Enthousiaste & Curieux)

One track a day: MOTHER OF EARTH by Gun Club

Publié le 29 Mai 2016 par bigwhy in musique, video, rock, blues, USA

One track a day: MOTHER OF EARTH by Gun Club

En ce jour de fete des mères, une pensée pour Gaia, notre mère nature, que nous devrions honorer & respecter chaque jour!

Un morceau superbe du Mythique Gun Club.

Près de vingt ans après la mort d'un Jeffrey Lee Pierce hanté par les démons du blues, trois albums du Gun Club ressortent en version flambante. Dont “Miami”, chef d'oeuvre incandescent qui faisait rêver Noir Désir.

Jeffrey Lee Pierce se foutait éperdument d'une époque par laquelle il ne faisait que passer. A 37 ans, il avait déjà lâché la rampe. Mort d'une hémorragie cérébrale, à Salt Lake City dans l'Utah où il était parti couler des jours plus ou moins tranquilles (alcooliques anonymes, écriture d'un livre...) aux côtés de son père, une ancienne forte tête des syndicats californiens. On l'avait rencontré cinq ans avant et il était déjà moribond, avachi sur un lit lui-même effondré, dans un deux étoiles du quartier de la République. L'interview qui n'en était pas vraiment une avait duré une éternité, mais la plupart du temps, c'était sa femme japonaise qui faisait la conversation, affable et charmante, même si leur relation semblait tendue.

Par moments, le chanteur de Gun Club, qui ressemblait toujours plus au Brando flapi et flippant de Missouri Breaks, reprenait le fil d'un monologue filandreux. Avec le blues en point de mire. Toujours le blues. La littérature sur le blues (Albert Murray, LeRoi Jones...), Burroughs, Céline, la littérature du Sud (mais au fond, ça ne l'intéressait pas vraiment) et les disques à venir. Des reprises de blues (publiées en 1992 sous la bannière Ramblin Jeffrey Lee), notamment Bad luck and trouble (« la poisse et les emmerdes ») de Lightnin' Hopkins, un titre qui ne lui allait pas mal du tout.

Tout compte fait sa vie s'était mise à ressembler terriblement à celle des musiciens du Mississippi oubliés dans leur pays (et même des noirs trouvant le blues lourd à porter) et qui avaient échoué sur les routes d'Europe où il restait encore quelques admirateurs accueillants. Jeffrey Lee Pierce était adulé par les Noir Désir qui avaient calé leur musique sur la sienne ; Blondie, Nick Cave ou les Cramps chantaient ses louanges ; la presse s'efforçait de le suivre, mais lui y croyait à peine, se concentrait à peine plus sur les concerts et les enregistrements que sur ses interviews.

One track a day: MOTHER OF EARTH by Gun Club
One track a day: MOTHER OF EARTH by Gun Club

I've gone down the river of sadness
J'ai descendu la rivière de tristesse
I've gone down the river of pain
J'ai descendu la rivière de la douleur
in the dark, under the wires.
dans l'obscurité, sous les fils.
I hear them call my name
Je les entends appeler mon nom

I gave you the key to the highway
Je vous ai donné la clé de l'autoroute
and the key to my motel door
et la clé de la porte de ma motel
and I'm tired of leaving and leaving
et je suis fatigué de partir et de quitter
so, I won't come back no more
donc, je ne reviens plus jamais

Oh, my dark-eyed friend
Oh, mon ami aux yeux noirs
I'm recalling you again
Je vous rappelle encore une fois
soft voices that speak nothing
voix douces qui parlent rien
speak nothing to the end
parler rien à la fin

Oh, Mother of Earth
Oh, Mère de la Terre
the blind they call
les aveugles qu'ils appellent
but, yet stay behind the wall
mais, encore rester derrière le mur
their sadness grows like weeds
leur tristesse pousse comme des mauvaises herbes
upon my thighs and knees
sur mes cuisses et les genoux

Oh, Mother of Earth
Oh, Mère de la Terre
the wind is hot
le vent est chaud
I tried my best, but I could not
J'ai essayé de mon mieux, mais je ne pouvais pas
and my eyes fade from me
et mes yeux se fanent de moi
in this open country
dans ce pays ouvert

Commenter cet article