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Bigwhy? Finest?

(Fanzine Enthousiaste & Curieux)

Film Culte: CANDY MOUNTAIN de Robert Franck (1988)

Publié le 10 Mai 2016 par bigwhy in film, road movie, musique, france, canada, suisse, Bande annonce

Film Culte: CANDY MOUNTAIN de Robert Franck (1988)

Rêvant de devenir une rock star, Julius part à la recherche d’Elmore Silk, dont les guitares sont devenues inestimables depuis qu’il a fuit New York pour préserver son intégrité d’artiste. Son périple se déroule au rythme de chansons, à travers les cultures américaines et canadiennes.

Quand celui qui a révolutionné la photographie et l’imaginaire américain se met au cinéma, ça donne un road trip teinté de blues.

Lorsqu’il tourne Candy Mountain en 1987, le cinéaste Robert Frank a déjà une carrière conséquente derrière lui puisqu’il est un des plus grands photographes américain des années 50-60, ayant notamment symbolisé la Beat Generation et collaboré avec Jack Kerouac. A partir des années 70, Robert Frank délaisse son appareil photo et se passionne pour le cinéma dont il refuse les codes conventionnels. Il signe alors un nombre conséquent de courts et moyens métrages qui ne sont diffusés qu’à petite échelle (si l’on excepte son Cocksucker Blues sur les Rolling Stones en 1972). Avec Candy Mountain, cet artiste farouchement indépendant réalise donc son unique long-métrage programmable dans le cadre très restrictif de l’exploitation cinéma classique. Pour autant, l’auteur ne vend pas son âme au diable puisque le résultat final demeure indépendant jusqu’au bout des ongles.

Sur une trame narrative élaborée par son ami Rudy Wurlitzer (Pat Garrett et Billy le Kid tout de même), Robert Frank retrouve l’esprit de la Beat Generation en suivant les pas d’un jeune musicien à la recherche d’un luthier dont on ne retrouve plus la trace, alors même que ses guitares prennent de la valeur. Autant dire que l’on retrouve beaucoup de Robert Frank dans le portrait en creux de cet artiste en rupture de ban cherchant avant tout à disparaître aux yeux du monde pour pouvoir encore mieux se consacrer à son art. Si la plupart des critiques mettent en avant le lien entre Candy Mountain et le cinéma de Wim Wenders par les errances du personnage principal, la référence la plus pertinente semble être celle de Jim Jarmusch. On retrouve effectivement ici ce goût immodéré pour les grands espaces américains et surtout un état d’esprit coincé quelque part entre le rock des origines et le blues. Ce n’est pas un hasard si le film de Robert Frank est interprété par de nombreux musiciens aux horizons différents. On croise ainsi Joe Strummer des Clash, mais aussi Tom Waits, Leon Redbone ou encore Dr John qui, chacun, représentent un mouvement différent de la musique populaire américaine.

Pour autant, si la musique est bien au centre de Candy Mountain, elle n’est jamais intrusive et sert plutôt d’arrière-plan à un mode de vie marqué par la liberté et la volonté de s’affranchir des règles imposées par la société. Malheureusement, le film pâtit de sa structure en forme de road-movie et des séquences entières ne fonctionnent pas vraiment – on pense notamment à la scène de séquestration. De temps en temps, le réalisateur atteint pourtant un état de grâce, notamment lorsqu’il décrit de beaux personnages comme celui incarné avec pudeur par Bulle Ogier. Portrait en creux de l’Amérique – bien que tourné au Canada – ce long-métrage devrait passionner les amoureux des grands espaces qui retrouveront également le charme des productions indépendantes des années 80, au temps où ce pan de cinéma n’était pas encore récupéré par les majors.

Film Culte: CANDY MOUNTAIN de Robert Franck (1988)
Film Culte: CANDY MOUNTAIN de Robert Franck (1988)
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