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Bigwhy? Finest?

Fanzine Enthousiaste & Curieux

Bookcrossing: LA VILLE DES PRODIGES de Eduardo Mendoza

Publié le 8 Avril 2016 par bigwhy in livre, espagne, invitation au voyage

Bookcrossing: LA VILLE DES PRODIGES de Eduardo Mendoza

Un bouquin tomber un peu par hasard dans mes mains & quand je l'ai eu fini, je suis parti dans l'heure à Barcelone ( que je connaissais déja, mais qui est très chère à mon coeur, les prétextes pour la visiter, quels qu'ils soient, sont toujours valables!)

La ville des prodiges, c’est l’histoire d’Onofre Bouvila qui a treize ans débarque de sa vallée. Mais c’est surtout l’histoire de Barcelone, qui le temps de deux expositions universelles (1888 et 1929) devient ce qu’il est commun d’appeler une ville moderne. A quel prix et comment s’est fait ce passage, c’est ce qu’Eduardo Mendoza raconte à travers Onofre dont le parcours reflète celui de la ville : parti de rien, il devient un des hommes les plus riches qui soient, à force de crimes et de délits.

Tout commence dans la pure tradition picaresque avec un petit gars de rien du tout qui doit faire sa place dans le monde pour ne pas crever de faim. Personne pour l’aider, ce n’est qu’à lui seul qu’il doit de réussir enfin, après une semaine de veine recherches à décrocher un poste de distributeur de tracs anarchistes. Car Barcelone, la ville des prodiges, en 1887 est propice à l’agitation sociale et politique : les ouvriers et manœuvres accourent de partout pour édifier la prochaine exposition universelle.

Mais Onofre trouve qu’il s’agite beaucoup pour bien peu de profit. Il décide donc de se faire voleur, d’abord de lotions capillaires qu’il vend ensuite au bagout sur les chantiers, puis des différentes pièces envoyées par les entrepreneurs pour l’exposition. Habile, le jeune garçon met sur pied un efficace réseau d’enfants-voleurs. Ce ne sont là que les débuts d’Onofre Bouvila dans le monde de la pègre qu’il fréquentera dès lors toute sa vie. Pour s’assurer une place dans ce milieu, il organise une guerre des gangs dont il sort vainqueur. Plus tard, alors que Barcelone est en plein développement, il se lance dans la spéculation immobilière et dans le trafic d’armes durant la Première Guerre mondiale. Autant dire qu’il n’a ni scrupules ni considération pour qui que ce soit, si ce n’est son géant ami Efrén Castells.

Emporté par la veine quasi intarissable de Mendoza, le lecteur de La ville des prodiges suit Onofre à différentes époques de sa vie, séparées par de longues ellipses, mais aussi une infinie galerie de personnages tous plus loufoques les uns que les autres. Ils font généralement l’objet de longues digressions qui noient parfois le lecteur dans des avalanches de détails parfois très annexes.

Son écriture reproduit le fourmillement d’une ville en ébullition constante où l’on croise les personnages les plus excentriques, les destins les plus farfelus. C’est là et seulement là, que la moche et plate Delfina a pu devenir une star rondouillarde du cinéma muet, grâce à Onofre bien sûr. Eduardo Mendoza nous invite à découvrir comment s’est construit un homme et comment s’est construite une ville, dans l’absolu, ça n’est pas bien beau, mais c’est humain et terriblement romanesque.

Bookcrossing: LA VILLE DES PRODIGES de Eduardo Mendoza
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