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Bigwhy? Finest?

(Fanzine Enthousiaste & Curieux)

Bookcrossing: SECHERESSE de J G Ballard

Publié le 16 Mars 2016 par bigwhy in livre, science fiction, UK

Bookcrossing: SECHERESSE de J G Ballard

APOCALYPSES

Le lecteur néophyte des œuvres de l’écrivain anglais et qui a en mémoire le film The day after sera nécessairement surpris par le traitement onirique et poétique de cette thématique.
En effet, Ballard rompt les amarres avec les lois du genre : pas de Cassandre annonciatrice de la catastrophe, pas de scènes de déluges ou de glaciations, pas de terre promise à un petit nombre d’élus. Dans cette histoire de fin de monde, les personnages baignent dans une stase temporelle, indifférents à l’impératif de survie. Ils ne s’opposent pas à leur nouvel environnement, ils s’y installent. Leurs motivations nous semblent incompréhensibles.
Cette rupture est d’autant plus remarquable qu’elle correspond au début de la carrière littéraire de l’auteur de L’empire du soleil.

L’activité industrielle humaine a eu pour conséquence de recouvrir la surface des océans d’une pellicule grasse qui contrarie l’évaporation de l’eau et la formation de pluie. L’Europe se transforme progressivement en désert.


Près du village de Hamilton, le docteur Ransom attend tranquillement la fin du monde dans sa péniche, péniche qui bientôt ne lui sera plus d’aucune utilité puisqu’ aussi bien le fleuve que le lac sont en cours d’assèchement. Les réserves d’eau baissant il se rend à Hamilton puis dans la ville de Mount Royal. C’est le début d’une errance en compagnie d’un jeune homme Philip Jordan et d’une zoologiste, qui aboutit sur une plage.

Peu de péripéties dans ce roman, si ce n’est la description de personnages pittoresques comme le révérend Johnston qui tente d’enrayer la fuite des habitants de Hamilton ou de Jonas, pêcheur illuminé, à la recherche d’ un nouveau fleuve.

Le roman est découpé en de courts chapitres qui ont pour effet de briser la continuité narrative en de multiples instantanés et suggèrent un univers pictural.

LES MONTRES MOLLES DE DALI, cette toile de peinture n’est pas la seule citée dans Sécheresse. Mais elle illustre bien les deux thèmes qui sous-tendent la narration : une réflexion sur le Temps, une démarche picturale. Sécheresse met en scène une stase temporelle. Le fleuve asséché constitue la métaphore de l’arrêt de l’écoulement du temps. Les liens sociaux disparaissent, de petits groupes humains se forment autour des rares points d’eau. La plage où s’entassent les foules qui tentent de distiller l’eau de mer symbolise aussi la dernière frontière, celle qui nous sépare d’un très lointain passé amphibien.

Si jamais un tel événement se produisait — et pourquoi pas ? — il se pourrait que tout se passe exactement ainsi. Ce roman est donc, comme Ballard l'a dit de ses oeuvres les plus récentes, « une métaphore extrême ou encore, en termes scientifiques, une hypothèse extrême correspondant à un problème extrême ».

Bookcrossing: SECHERESSE de J G Ballard
(quand la réalité dépasse la fiction- mer d'Aral)
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