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Bigwhy? Finest?

Fanzine Enthousiaste & Curieux

Bookcrossing: "Je suis un Dragon" de Martin Page

Publié le 11 Décembre 2015 par bigwhy in livre, science fiction, fantastique, france, internet

Bookcrossing: "Je suis un Dragon" de Martin Page

Chaque enfant rêve de devenir un super-héros. Dans les cours de récréation, Superman s’amuse avec Batman et Spiderman. C’est normal. Et puis, en grandissant, les rêves deviennent moins grands. C’est d’ailleurs ça, grandir : renoncer à une partie de ses rêves, et prendre en compte le principe de réalité. En grandissant, on comprend qu’on ne deviendra pas Wonder Woman.

Pourtant, Margot, elle, est véritablement une super-héroïne. Orpheline, timide et solitaire, elle dessine des dragons. Mais un jour, face à une agression, elle laisse apparaître sa véritable nature : dotée de super-pouvoirs, elle dézingue de manière peu charitable ses agresseurs, qui finissent en tartare. Les services secrets, qui la récupèrent, lui demandent alors de mettre ses facultés au service de l’ordre et de la justice. Enfin, en tout cas, de ce qu’ils considèrent être l’ordre et la justice. Mais les hommes sont stupides, mesquins, méchants. Et Margot grandit.

J’avoue que ce roman complètement loufoque m’a pas mal déconcertée, mais dans le bon sens du terme : c’est d’une originalité décoiffante, on s’amuse beaucoup, mais en même temps c’est très subtil. Martin Page nous propose un personnage particulièrement attachant : Margot est une adolescente à la fois fragile et forte, mais surtout déterminée, et à travers sa différence, qui fait d’elle un être supérieur, l’auteur ausculte la société. Une société en perte de repères, et qui a bien besoin de se rassurer grâce aux super-héros : Margot, sous le nom de Dragongirl, devient donc l’équivalent d’une déesse, adulée et adorée, même si elle devient rapidement l’enjeu de luttes politiques. Comme tout super-héros qui se respecte, elle a la panoplie qui va bien, et toute l’imagerie qui va avec, parce que c’est important : nom, photographies, costume dessiné par des couturiers et qui comprend obligatoirement une cape inutile mais, voyez-vous, « elle faisait partie de la panoplie ridicule et nécessaire de tous les superhéros ».

Ce roman, au final, est une très jolie fable sur le passage à l’âge adulte. Une sorte de roman d’apprentissage. Apprendre à être soi et non ce que les autres veulent. Apprendre, aussi, à renoncer à la toute-puissance. Apprendre à aimer. Un très beau roman donc, original et lumineux, drôle et profond, à mettre entre toutes les mains !

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