Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
Bigwhy? Finest?

Enthousiaste & Curieux

Film à voir: LES APPRENTIS de Pierre Salvadori (1995)

Publié le 5 Juillet 2016 par bigwhy in film, comédie, Bande annonce

Film à voir: LES APPRENTIS de Pierre Salvadori (1995)

De boulots minables en cambriolages calamiteux, d'expériences érotiques "épiques" en terribles désillusions amoureuses, "Les apprentis" décrivent les aventures ou les mésaventures de deux amis, l'apprentissage parfois douloureux d'un quotidien où l'amour, l'amitié ou tout simplement la proximité de l'autre est la plus belle des richesses.Un film qui capte le large spectre du dérisoire humain, du rire aux larmes.

Math sup Math spé? Une pensée pour clairette qui ma fait découvrir ce film (presque culte) profondément humaniste.

I'm a loser baby, so why dont you kill me?

Antoine et Fred habitent le même logement, où de persistantes difficultés financières les ont conduits. Antoine tente de gagner un peu d'argent en travaillant occasionnellement pour diverses publications, tandis que Fred vit de menus larcins. Antoine supporte de moins en moins sa situation, d'autant qu'il ne sait pas comment renouer avec son ex-petite amie. De son côté, Fred, parfaitement à son aise, s'efforce d'aider son ami. Antoine, pourtant, se laisse peu à peu envahir par la dépression. Jeté à la rue, il dérobe une somme dérisoire dans les locaux d'un magazine de karaté qui l'emploie parfois. Il oublie ses clefs sur les lieux du cambriolage et doit rendre l'argent, non sans s'être vu administrer une bonne raclée..

Deux nazes. Sans boulot, sans appart, sans copines. De quoi pleurer. Mais Les Apprentis est dans le ton des comédies italiennes de la grande époque, qui faisaient rire de choses pas gaies. Face à face, donc, un stressé (Fran-çois Cluzet) et un glandeur (Guillau-me Depardieu). Antoine et Fred sont comme l'eau et le feu. L'un est réfléchi, angoissé, et se remet mal d'un échec sentimental. L'autre ne réfléchit surtout pas, reste décontracté et attend le grand amour. L'un aime la littérature, l'autre reste fasciné des heures entières par la photo d'un moteur. Tout les sépare. Mais ils restent ensemble ! Comme disait Pierre Desproges, in-contournable ces temps-ci, « on peut rire de tout mais pas avec n'importe qui ». C'est un peu le principe de ce film très ten- dre sur ces deux pique-assiettes, voleurs, menteurs... mais qui ont un coeur gros comme ça et cherchent à s'en sortir en s'entraidant. Ces apprentis petites frap-pes ? Des types plutôt bien, finalement. Cette comédie de caractère est réjouissante, grâce à ses dialogues percutants et ses situations incongrues (un hold-up est menacé de foirage par un chat qui, soudain, miaule comme un tigre...). Avec, au détour d'une scène, un gag loufoque : à l'instant où un amoureux voit son rêve brisé, la vitrine d'un magasin dégringole ! Avec aussi d'étranges personnages : une employée d'agence immobilière qui en vient à materner ceux qu'elle doit mettre à la porte ou une vieille dame avec qui tout dialogue se révèle impossible. Le scénario, épatant, est cosigné par Philippe Harel (Un été sans histoires) et Pierre Salvadori. On retrouve la façon qu'a le premier d'observer le quotidien à la loupe, avec une drôlerie confinant à l'absurde ; le second perfectionne ici la mécanique d'enchaînements et de rebondissements qui faisaient l'efficacité de son premier long métrage, Cible émouvante. Les Apprentis exploite ainsi différentes veines comiques... sans jamais lâcher ses personnages. Apprentis, les deux garçons le sont parce qu'ils apprennent et apprennent sans cesse, non pas, comme ils l'espèrent, à réussir dans la vie mais, sans qu'ils s'en aperçoivent, à réussir leur impossible amitié. Ils s'apprivoisent. A contrecoeur. Mais c'est grâce à cette amitié, et à elle seule, qu'ils s'en sortent. Un conte ? Pas vraiment, car, après les petites scènes tragi-comiques de la vie quotidienne, survient la grosse tuile. Antoine ne se sort pas indemne de sa déprime chronique, et Salvadori ne cherche pas à biaiser avec le drame. Seulement, il préfère encore en faire sourire. Dans Les Apprentis, l'appétit de vivre triomphe. Le bonheur n'est pas dans le pré, mais au coin de la rue. Et l'on sort du film, heureux, en apprentis du bonheur - Philippe Piazzo

Film à voir: LES APPRENTIS de Pierre Salvadori (1995)
Commenter cet article