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Bookcrossing: LA RAGE DE VIVRE de Milton Mezzrow

Publié le 15 Avril 2016 par bigwhy in livre, jazz, biographie, USA, musique

Bookcrossing: LA RAGE DE VIVRE de Milton Mezzrow

Henri Miller disait dans la préface "Je voudrais que des millions d’hommes lisent ce livre et reçoivent le message qu’il porte."

Américain d'origine juive, Milton Mezzrow éprouve dès son adolescence une passion absolue pour les afro-américains et leur musique. Cette passion fera de lui le « pont » entre les jazzmen noirs et blancs. Emprisonné pour trafic de drogue, il exigera d'être placé dans la section des noirs et créera un orchestre à l'occasion.

Il est un des tout premiers jazzmen à fonder, dès 1933, un orchestre mixte.

Il est probablement aussi le premier à assumer, dans cette autobiographie, un statut de « mauvais garçon » : séjours en prison, consommation intensive, puis vente de marijuana . Les pages où il décrit ses sensations la première fois où il joue « sous influence » auraient donné même à Herbert von Karajan l'envie d'essayer. Mais il tombe dans l'opiomanie, l'alcoolisme...

Il faut lire ce livre, comme l'un des témoignages les + poignants sur la condition de musicien & sur le désir de vivre sans condition sa passion.

C’est un classique de la littérature jazz. Le classique des classiques. Le livre incontournable que tout amateur de jazz se doit d’avoir lu au moins une fois dans sa vie. Je dis bien au moins une fois car il faut en effet régulièrement revenir à cette autobiographie écrite par le clarinettiste Mezz Mezzrow pour en découvrir toute son incroyable richesse. Non pas seulement pour ce qu’il raconte sur le jazz.

Car « La rage de Vivre » n’est pas seulement un livre de jazz, c’est aussi tout simplement une grande oeuvre littéraire.

Pas la peine de vous raconter ici la vie du clarinettiste qui participa à la Nouvelle Orléans mais surtout à Chicago à l’émergence de cette révolution musicale que fut le jazz. Pas besoin de vous raconter non plus par le menu ce que fut la ville dans les années 20, ce que furent les relations très troubles des musiciens avec la prohibition et les bordels de Capone. Pas besoin de vos raconter cette rage de jouer « jazz ». Cette rage d’exploser la musique comme celle de Louis Armstrong dont Mezz Mezzrow en fit assurément son idole avant qu'il ne devienne son ami. Pas besoin non plus de vous raconter la découverte de ces drogue venues de Chine ou du Mexique. L’expérience de la muta mais surtout celle de l’Opium qui donne à ce livre l’une des plus belles expériences psychédélique qu’il m’ait été donné de lire .

Pas besoin de vous le raconter, car il vous faut le lire.

La rage de vivre c'est aussi la rage de survivre chez Mezzrow. La rage de vivre sa musique, cette musique qui le prit un jour en entendant la grande Bessie Smith. C'est aussi la rage de devenir noir. La rage de se savoir blanc dans ce pays de "Jim Crow". Et Mezz Mezzrow dans son désir d'oublier sa condition de blanc comme s'il s'agissait d'une préalable pour acquérir le sens de swing, frôle la folie d'un racisme à l'envers, rigolant presque du bon tour fait à ses geôliers en leur demandant d'être incarcéré dans les cellules des noirs !

Il faut lire la "Rage de vivre" comme l'un des témoignages les plus poignants sur la condition de musicien, sur le désir de vivre sans limite et sans concession aucune son rêve de musicien d'un jazz des origines. La vie de Mezz Mzzrow nous prend aux tripes et à la gorge.

(critique de Jean-Marc Gelin)

Bookcrossing: LA RAGE DE VIVRE de Milton Mezzrow
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