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Bigwhy? Finest?

(Fanzine Enthousiaste & Curieux)

One track a day: SHE SAID by Hasil Adkins

Publié le 9 Janvier 2017 par bigwhy in musique, video, rockabilly, 50's, trash, USA

One track a day: SHE SAID by Hasil Adkins

On l’imagine très bien se battant avec quelque poivrot de son acabit dans un rade paumé du Nebraska pour une histoire de bière renversée. Ou se biturant comme un polack pendant cinq jours d’affilée juste parce qu’il vient de toucher sa paye. Puis retournant au turbin illico avec une gueule de cadavre parce que les finances sont à sec. L’anti héros américain typique. De la trempe d’un Bukowski ou d’un Sony Barger. Braillard, crade, vicieux, menteur et salement psychopathe. Looser devant l’éternel même si animé d’une énergie absolue, presque surnaturelle.
Certains des bruits courant sur son compte semblent parfois un tantinet exagérés. On a du mal à croire, par exemple, qu’il s’enfilait quotidiennement ses 4 litres de vodka comme d’autres s’enfilent un jus d’orange. Qu’il était capable de passer plusieurs semaines sans dormir. Ou qu’il se nourrissait quasiment exclusivement de viande crue, stockée par quintaux entiers dans ses réfrigérateurs (informations pourtant relayées en masse sur les sites consacrés à l’intéressé). Ces faits là, même si présentés comme indiscutables, nous semblent légèrement sujets à caution. Exagérés. Ok, Hasil Adkins n’était pas n’importe qui. Tout sauf une tantouse. Un picoleur galactique et un cinglé sans équivalent. Mais quand même, faudrait voir à rester dans les limites du crédible.
Par contre, d’autres données, avérées celles-ci, achèvent de nous rendre le bonhomme éminemment sympathique. D’abord, il y a sa musique : 7000 chansons enregistrées dans sa caravane, sur un magnétophone acquis grâce à son salaire de mécano, et dotées d’un son cradingue inimitable. 7000 perles oscillant entre country débraillée et punk avant l’heure, rock à l’huile de vidange et rockabilly fantastique, et écrites dès le début des années 1950. Avec quelques hits absolus comme she said, hymne foutraque et primitif au désordre conjugal, ponctué de glapissement du plus bel effet reprise ensuite par les immortels Cramps, ou bien No more hot dogs dans laquelle il annonce à sa petite amie qu'il va lui couper la tête et l'accrocher à son mur afin qu'elle ne puisse plus en manger (des hot-dogs).
Alors que le rock est juste en train de naître, que Elvis et consorts chantent d’innocentes bluettes aux paroles niaises (en comparaison), les chansons d’Hasil Adkins sont d’épiques mélopées sanguinaires dans lesquelles se mêlent allégrement l’amour, la mort, la viande en boîte, la décapitation, les aliens, le suicide, les poulet, tout ça avec une hargne et une imagination gore insurpassables. D’où les paroles d’un célèbre critique rock affirmant, « l'année où naquit le rock'n roll, en 1955, il était déjà en train de le tuer ».

Et puis, pour achever de nous le rendre sympathique, il y a la folie absolue du personnage. Sorte de mégalo glandeur qui ne sortit jamais de sa Virginie natale, Adkins se mit à la musique après avoir entendu un concert de Hank Williams retransmis à la radio. Persuadé que ce dernier était tout seul à faire « tout ce boucan », il concocta immédiatement son « One man band », jouant de tout à la fois lors de ses performances, de la guitare à la batterie en passant par le chant, l’harmonica, l’orgue…
Les deux danses loufoques dont il fut autant le créateur que le promoteur, le Hunch (« recroquevillement ») et le Chicken Walk (Sorte de Danse des canards avec connotations sexuelles) confèrent à elles seule une place toute particulière dans notre panthéon personnel.à l’illustre Hasil Adkins, mort il y a quelques années et à coup sûr illico réincarné en hamburger graisseux servi dans un relais routier pour rednecks crasseux (Enfin, il nous semble).

http://observatoirenationaldukitsch.over-blog.com/
One track a day: SHE SAID by Hasil Adkins
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